Une récente analyse des cartouches MIO Game Card de la Nintendo Switch 2, menée par Spawn Wave, révèle des indices sur la stratégie tarifaire de Nintendo face à l’augmentation des coûts de production.
Les marquages des puces mémoire des cartes étudiées indiquent que Rohm (identifié par le code « R20R ») en serait le fabricant, tandis que la mention « G4 » suggère une capacité de 16 Go. Ces observations, croisées avec les prix de vente de plusieurs jeux physiques indépendants sur Switch 2, ont conduit à des estimations de coûts pour les éditeurs :
- 16 Go : environ 10 $ par carte
- 64 Go : environ 15 $ par carte
Si ces chiffres s’avèrent exacts, ils pourraient signifier que Nintendo assume une partie des surcoûts liés à la NAND et à la mémoire, plutôt que de les répercuter intégralement sur les éditeurs tiers. Cette approche contraste avec les pratiques observées sur d’autres plateformes, où les coûts de fabrication des supports physiques sont souvent reportés sur les développeurs.
Macronix absent des premières cartes Switch 2
L’analyse souligne également l’absence de Macronix – un fournisseur historique des cartouches Switch 1 – parmi les fabricants des premières cartes Switch 2. Cette situation s’expliquerait par des problèmes de production ou un réajustement des priorités mémoire chez le fabricant taïwanais. Les déclarations de Miin Wu, président de Macronix, lors de la conférence des résultats du T4 2025, confirment cette hypothèse. Bien que l’entreprise soit officiellement « certifiée comme fournisseur Switch 2 » et que son « contrôleur ROM soit en cours de certification », aucun volume de production n’a encore été atteint en décembre 2025.
Un slide présenté lors de cette conférence illustre d’ailleurs la baisse des revenus liés aux ROM pour la Switch 1, qualifiée de « dernière année de génération » – une formulation qui, selon l’analyse, ne doit pas être interprétée littéralement. Macronix précise par ailleurs que les ROM utilisées pour les cartouches Switch reposent sur de la NAND MLC (Multi-Level Cell), un choix justifié par sa durabilité supérieure à celle des TLC (Triple-Level Cell) ou QLC (Quad-Level Cell), mais dont la densité moindre entraîne des coûts unitaires plus élevés. Cette caractéristique pourrait expliquer, en partie, les prix élevés des cartes de jeu, même si Nintendo semble en atténuer l’impact pour les éditeurs.

Implications pour l’écosystème Switch 2
Ces révélations soulèvent plusieurs questions sur la stratégie industrielle de Nintendo :
- Pourquoi Rohm plutôt que Macronix ? Le recours à un nouveau partenaire pourrait refléter une volonté de diversifier les sources d’approvisionnement ou une réponse à des contraintes techniques spécifiques à la Switch 2.
- Quels impacts sur les prix des jeux physiques ? Si Nintendo absorbe effectivement une partie des coûts, cela pourrait limiter les hausses de prix pour les consommateurs, malgré la demande croissante en capacité mémoire (les jeux modernes nécessitant souvent plus de 16 Go).
- Quelle place pour les cartes de plus grande capacité ? Les rumeurs évoquent des modèles 32 Go, mais leur adoption dépendra probablement de leur rentabilité pour Nintendo et les éditeurs.
En l’état, cette analyse suggère que Nintendo optimise ses coûts de production tout en maintenant un équilibre entre accessibilité pour les éditeurs et viabilité économique pour sa nouvelle console. La confirmation (ou non) de ces hypothèses dépendra des prochains rapports financiers des fabricants de mémoire et des annonces officielles de Nintendo.





