Dark Scrolls est un titre d’action-plateforme et de roguelite sorti le 22 juin 2026. Il est disponible sur l’eShop de la Nintendo Switch au prix de 9,99 €.
Le jeu est développé par Doinksoft, un studio indépendant basé à Portland, aux États-Unis. Dark Scrolls constitue leur nouveau projet d’envergure après quelques créations rétro très remarquées à l’image de Gato Roboto et Gunbrella. Avec ce titre, le studio continue de s’imposer sur le marché des consoles en se concentrant sur une expérience de jeu axée sur l’action frénétique.
Le titre est quant à lui édité par Devolver Digital, un éditeur de premier plan basé à Austin, aux États-Unis. Fondée en 2009, la structure s’est rapidement imposée comme l’un des piliers les plus influents du jeu vidéo indépendant, notamment après avoir propulsé le succès planétaire de Hotline Miami.
Très simple à comprendre, difficile à maîtriser
L’histoire se résume rapidement : vous êtes parti en quête du Dark Scroll à la demande d’un chevalier qui a sollicité l’aide de nos trois protagonistes. Mais après avoir vaincu le dragon à trois têtes et récupéré le fameux parchemin, le chevalier vous trahit. Étrangement, vous revenez à la vie indéfiniment pour mener à bien votre quête de vengeance.
Vous pouvez contrôler jusqu’à trois personnages différents de base et vous en débloquerez d’autres. Chacun possède un tir et un double saut uniques, avec leurs propres forces et faiblesses. Le but est de tirer sans relâche tout en esquivant la foison d’ennemis qui vous attaquent. Vous pouvez tirer en continu en restant appuyé sur le bouton, sauter, ou infliger des dégâts grâce au double saut. Enfin, une fois votre jauge d’étoile remplie, vous pouvez déclencher votre attaque spéciale.
Le gameplay est simple à comprendre mais difficile à prendre en main, car l’écran se retrouve vite submergé par vos propres projectiles. De plus, votre arsenal de coups n’étant pas ultra varié, il vous faudra maîtriser vos outils de base. Tous les personnages disposent d’une particularité : par exemple, Émerys le magicien peut effectuer un tir chargé à la Mega Man en maintenant le bouton enfoncé pour relâcher trois balles d’énergie supplémentaire. Chacun a ses spécificités, à vous de les découvrir !
Au fond, chaque personnage paraît aussi unique que similaire. Ils partagent les mêmes outils de base, mais chacun envoie son projectile différemment et possède un double saut unique. Sans atteindre la complexité d’un jeu de combat, chacun propose sa propre manière d’être joué. C’est tout ce que vous pouvez faire, mais la complexité vient de la maîtrise des particularités de chaque personnage et de la bonne gestion de leurs attributs. Ce qui demandera le maximum de votre attention, c’est l’esquive des attaques, l’utilisation de vos capacités spéciales et le fait de ne pas vous faire bloquer dans un passage trop étroit saturé d’ennemis. La structure rappelle vraiment celle des vieux jeux de l’époque : ils étaient si difficiles que vous n’avanciez qu’à force de trouver de petites « astuces » au fil des parties, sans quoi vous ne les finissiez jamais.
Il y a de nombreuses choses à débloquer, comme des bonus passifs et des attributs qui s’adoptent en accomplissant certaines actions ou simplement en les achetant dans le HUB du jeu. D’ailleurs, ce HUB propose une salle d’entraînement où vous pouvez tabasser un sac de frappe qui vous octroiera des bonus si vous lui infligez un total de dégâts accumulés important. Vous y trouverez aussi le mode multijoueur (local et en ligne), ainsi qu’un magasin pour acheter de nouveaux personnages et des attributs bonus. C’est tout ! Il n’y a que très peu d’explications et elles ne sont pas immédiatement claires : le jeu ne vous prendra que très rarement par la main pour vous expliquer ce que vous devez faire pour obtenir votre vengeance.
Les attributs s’achètent généralement dans ce magasin. Vous n’en possédez que quelques-uns au début, mais plus vous réussissez de runs (ou mourez en ayant accumulé un maximum d’argent), plus vous obtiendrez de cristaux. Ces derniers servent de monnaie globale pour le magasin du HUB.
Des niveaux bien construits tout en respectant une configuration assez classique
Les niveaux se déroulent en défilement horizontal automatique : si vous vous retrouvez bloqué entre un mur et le bord de l’écran, c’est la mort. Le level design tire intelligemment parti des ennemis et des pièges du biome actuel. Bien qu’ils ne soient pas toujours hyper variés, leurs patterns s’accordent parfaitement avec la structure du niveau pour rendre le tout plutôt difficile. Grâce à une génération aléatoire, chaque run sera différente, même si les variations restent plus légères que dans d’autres roguelites.
Les zones sont généralement pleines d’ennemis, même si l’on ne dépasse jamais 5 à 7 adversaires simultanément à l’écran. Entre vos tirs qui fusent et rebondissent partout, l’action devient vite confuse. Attention toutefois : si les ennemis peuvent être submergés par vos tirs, un mauvais angle de tir ou des dégâts insuffisants peuvent rendre leur élimination plus difficile que prévue. Si le premier niveau est relativement simple (deux ou trois types d’ennemis et des pièges faciles à enjamber), les suivants se corsent rapidement. Entre les opposants plus rapides aux patterns complexes et les pièges positionnés aux pires endroits, vous vous retrouverez vite bloqué. Et votre barre de vie n’est pas éternelle !
En éliminant les monstres, vous récolterez des pièces et, plus rarement, des cœurs pour récupérer de la vie. Les pièces vous serviront tout au long de l’aventure pour acheter diverses améliorations entre les niveaux.
À la moitié du niveau, un combat obligatoire se déclenchera généralement : vous devrez y vaincre une vague de monstres spécifiques à la zone. Si vous survivez, vous obtiendrez un coffre contenant de l’argent et une potion restaurant toute votre vie. De plus, si vous éliminez tous les ennemis dans le temps imparti (30 secondes), vous toucherez ces mêmes récompenses, mais débloquerez également un canon vous offrant un raccourci direct vers le magasin situé un peu plus loin.
Vous rencontrerez régulièrement des magasins se situant un peu avant le boss de chaque niveau. Ils permettent d’acheter des attributs bonus (attaques élémentaires, vitesse d’attaque, etc.). Il faudra alors choisir le palier de votre barre étoiles requis, allant de 0 à 5 étoiles, pour activer la capacité : si votre jauge atteint le niveau choisi, le bonus s’activera et durera dix secondes. Déclencher l’attaque spéciale activera d’ailleurs temporairement tous vos attributs obtenus.
À la fin de chaque niveau, vous affronterez un boss. Encore une fois, la difficulté est assez variable. Il faut le submerger d’attaques, ce qui peut parfois masquer ses propres projectiles si vos yeux ne sont pas habitués au défilé de dizaines de projectiles à l’écran. Heureusement, cela reste largement plus lisible qu’un véritable shoot ’em up. Plus on avance, plus les boss sont difficiles, mais ils ne sont pas la principale difficulté. Ce sont plutôt les niveaux eux-mêmes qui seront la cause de votre défaite, car vous y êtes constamment attaqué, contrairement aux boss qui vous laissent un peu plus de répit.
Après un boss, vous arriverez dans un petit camp qui soignera toutes vos blessures. Vous y trouverez aussi un puits dans lequel vous pourrez jeter votre argent durement gagné ; cela débloquera de nouveaux éléments, la liste des choses obtenables est longue donc on vous laisse la deviner ! Ensuite, un PNJ fera généralement son apparition pour vous proposer différents services, comme un nouveau passage ou une amélioration d’arme. Comme vous trouverez toujours un PNJ entre deux niveaux, si vous n’avez pas pu vous offrir ce qu’il proposait lors d’une de vos précédentes runs, il suffira de penser à économiser votre argent plutôt que de le jeter dans le puits.
Des graphismes harmonieux et inspirés
Le jeu est relativement beau, arborant un pixel art soigné qui s’inspire des années 80 et 90. Cela lui donne une identité visuelle assez reconnaissable, avec une nette inspiration de Ghosts ‘n Goblins, que ce soit à travers le bestiaire, les environnements ou surtout la carte du monde. Les animations sont fluides, organiques et pleines de charme, qu’il s’agisse des attaques ou des mouvements des personnages. Encore une fois, bien que les héros partagent des contrôles similaires, leur personnalité est très bien retranscrite à l’écran, ce qui rend l’alternance entre chaque personnage super agréable.
Malgré tout, quelques défauts viennent ternir ce joli tableau. Il peut arriver que votre personnage disparaisse tel un fantôme sans véritable raison ; rien de dramatique, le bug se règle généralement dans les secondes qui suivent. Enfin, certains textes sont trop longs, en particulier dans la boutique : vous pouvez voir l’effet de l’objet mais pas son coût, ce qui s’avère gênant quand un achat vide instantanément toutes vos économies sans que vous l’ayez anticipé.
Une musique qui s’inspire encore et encore d’une époque nostalgique
La musique est composée de petites boucles, toujours inspirées par l’époque 80-90, qui s’adaptent à la situation. Qu’il s’agisse d’un combat intense, de l’ouverture d’un menu qui ralentit l’action ou simplement de la zone où vous vous trouvez, elle ajuste très bien son dynamisme constant selon le contexte. Les bruitages sont superbes et jamais trop intrusifs malgré l’explosion de projectiles à l’écran, tout en sachant être percutants lorsque vous touchez un adversaire. Les mouvements sont également mis en valeur par des effets sonores uniques qui rendent le tout assez harmonieux malgré le chaos ambiant. C’est une belle réussite, avec l’action qui ne s’essouffle jamais.
Quelques petits soucis sont tout de même à noter. Comme mentionné précédemment, les musiques ont des boucles courtes qui finissent par s’entendre à force de jouer. Elles ne sont pas agaçantes pour autant, car elles restent de qualité et évoluent avec l’action, mais mieux vaut éviter de s’attarder trop longtemps sur le menu pause. De plus, vous pourrez remarquer des pics sonores désagréables lorsque vous faites défiler rapidement un texte (si l’option est possible) ; un défaut un peu lourd, mais heureusement rare puisque les dialogues ne sont pas monnaie courante.
Un petit prix pour une petite durée de vie
L’aventure est plus ou moins longue : comptez à peu près 30 à 40 minutes pour une run, ce qui est assez classique pour un roguelite. Après, gardez en tête que pour finir le jeu, il faudra obtenir les Dark Scrolls, indispensables pour accéder à la fin tant convoitée. La progression vous demandera de faire des allers-retours entre certains lieux pour débloquer de nouvelles routes vers de nouveaux niveaux, mais aussi de jouer avec différents personnages. Il faudra d’ailleurs obligatoirement débloquer un héros spécifique au préalable sous peine de se retrouver bloqué au dénouement.
Le jeu n’expliquant quasiment rien, vous devrez récolter un maximum d’indices ou fouiller les vidéos et les forums pour comprendre comment accéder à certaines zones, car débloquer la suite est moins évident qu’on pourrait l’imaginer. Estimer précisément la durée de vie est donc difficile : elle dépendra de votre réussite face à un challenge relativement corsé. De plus, le titre vous force à varier les plaisirs : même si vous maîtrisez Pigeon (nom de la voleuse et c’est pas une blague) à la perfection, vous devrez obligatoirement passer par les autres personnages.
Pour donner une estimation globale, il faudra compter environ 8 à 10 heures de jeu. Cela prend en compte vos morts répétées avant de voir le bout d’une run, le temps nécessaire pour comprendre la démarche à suivre sans guide, ainsi que la nécessité d’accumuler assez d’argent pour accéder aux zones requises pour atteindre la fin de l’aventure. Autant dire que la tâche n’est pas évidente, et il est tout à fait possible que vous y passiez finalement plus de temps que prévu.
Le jeu ne propose pas réellement de New Game Plus ou de quête du 100 %, si ce n’est de débloquer tout le contenu disponible et d’atteindre la fin en vainquant votre ancien compagnon d’armes.
Conclusion
Dark Scrolls est une petite expérience assez riche. Le jeu est à la fois simple et suffisamment complexe pour ne pas décourager les joueurs, même les plus habitués. Vous ne dépensez que 9,99 € pour un titre qui propose une expérience rétro modernisée et teintée d'autodérision ; c'est tout simplement amusant le temps que ça dure. Le jeu n'est pas sans défauts, mais c'est une expérience un poil unique et en même temps déjà vue, qui fait très bien son travail à l'instar de nombreux autres roguelites. Vous ne prendrez pas trop de risques en vous le procurant et ce sera une excellente pioche, même en solo. Nous vous le recommandons donc chaudement !
LES PLUS
- Chaque personnage est unique malgré des contrôles simples
- Renouvellement constant des menaces à chaque nouveau biome
- Exploration à l'ancienne, sans guidage abusif
- Pixel art soigné et séduisant
- Bande-son interactive qui s'adapte à l'action
- Un prix minuscule pour une chouette expérience...
LES MOINS
- Glitch audio agaçant lorsqu'on fait défiler les dialogues
- Bugs d'affichage dans les menus et la boutique (prix cachés)
- ... Une expérience qui se traverse un poil trop vite
- Manque de clarté général qui peut perdre le joueur












