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Mina the Hollower (Nintendo Switch 2) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
10 juillet 2026
dans Tests Nintendo Switch 2
Temps de lecture: 11 mins
0
Mina the Hollower
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Après avoir enchanté la planète rétro avec Shovel Knight en 2014 et ses multiples extensions, le développeur américain Yacht Club Games revient avec une toute nouvelle propriété intellectuelle : Mina the Hollower. Fini le saut à la Mario, place à l’aventure vue de haut, dans la droite lignée des Zelda classiques, saupoudrée d’une ambiance gothique à la Castlevania et de quelques clins d’œil appuyés aux Souls. Après six ans de gestation et une campagne Kickstarter triomphale en 2022, le titre débarque aujourd’hui sur Switch 2. Alors, la petite souris héroïque tient-elle ses promesses ? On plonge la tête la première dans les souterrains de Tenebrous Isle pour le vérifier.

Un but simple, une île à rallumer

Mina the Hollower (undefined)

Yacht Club Games n’est plus à présenter. Ce studio indépendant californien a bâti sa réputation sur un amour inconditionnel du jeu vidéo 8 bits et une capacité rare à moderniser les formules d’antan sans les dénaturer. Avec Shovel Knight, ils ont réussi l’exploit de livrer une expérience de plateforme aussi exigeante qu’accessible. Mina the Hollower est leur premier titre à s’éloigner résolument du royaume champignon pour embrasser l’héritage de The Legend of Zelda, en particulier les épisodes Link’s Awakening et Oracle of Ages/Seasons, tout en y injectant une patte bien à eux. Le tout est rendu possible par une équipe qui maîtrise aussi bien la direction artistique que le game design au cordeau.

On incarne Mina, une souris inventrice et membre de la guilde des Hollowers, spécialistes de l’étude des profondeurs terrestres. L’histoire nous amène sur l’île de Tenebrous, jadis prospère grâce aux Générateurs d’Étincelles – des tours fournissant une énergie révolutionnaire – mais désormais plongée dans les ténèbres. Appelée par son vieil ami le Baron Lionel, Mina a pour mission de parcourir l’île, de réparer les six tours défaillantes et de découvrir pourquoi cette technologie qu’elle a elle-même conçue périclite. Ceci posé, le jeu ne nous tient pas par la main. On est libre d’explorer les régions alentour dans l’ordre souhaité, en se fiant aux dialogues des PNJ, aux panneaux indicateurs et au journal local qui distille des indices.

L’intrigue principale reste relativement linéaire dans son déroulé, mais elle est généreusement enrichie par des quêtes annexes et des rencontres marquantes. On croise régulièrement la route d’un rival masqué, Thorne, dont l’opposition à la mission de Mina ajoute une couche de mystère. Le récit ne cherche pas à surprendre par des twists retentissants ; il brille par son atmosphère singulière, à la fois mignonne et macabre. Les personnages anthropomorphes, aux dialogues souvent savoureux, évoluent dans un monde victorien où la noirceur suinte de chaque pixel. Certains passages sont véritablement inquiétants, et même les zones à priori paisibles finissent par instiller un sentiment de danger diffus. On ne s’y sent jamais totalement en sécurité, et c’est une réussite.

Entre Zelda et Bloodborne, la souris creuse son sillon

Mina the Hollower (undefined)

Le cœur du jeu, c’est l’exploration et le combat en vue de dessus. Mina attaque dans les quatre directions cardinales avec une arme principale choisie en début de partie (fouet, dagues, marteau massif, etc.) et peut compter sur des armes secondaires, les « sidearms », comme des haches, des bombes ou des potions de soin. Mais ce qui fait tout le sel de l’expérience, c’est le « hollowing » : la capacité de s’enfouir dans le sol. En creusant, on peut esquiver des attaques, passer sous certains obstacles, dénicher des passages secrets ou encore déclencher des sauts plus puissants en ressortant brusquement de terre. La maîtrise de cette mécanique est indispensable, car les énigmes et les phases de plateforme s’appuient massivement dessus.

L’aspect Soulslike ne s’arrête pas à la structure interconnectée du monde. La jauge de vie se régénère via un système de Plasma : frapper les ennemis remplit une jauge jaune, que l’on peut ensuite convertir en points de vie réels à l’aide d’une fiole. Cela encourage une approche agressive, quitte à prendre des risques. À chaque mort, on perd ses os (la monnaie du jeu) et il faut retourner sur les lieux pour les récupérer, sous peine de les voir disparaître définitivement. Les sidearms sont également perdus au trépas, ce qui renforce la tension. Heureusement, des « Underlabs » font office de points de sauvegarde où l’on peut changer d’équipement et convertir sa monnaie en Bonestone, ressource stable non perdue à la mort.

La dimension RPG se traduit par un leveling appelé « boning up », qui permet d’augmenter les dégâts, la défense ou les sidearms. On peut aussi équiper des breloques (trinkets), sortes de badges modifiant le gameplay : laisser une traînée acide en creusant, résister à la foudre, créer des toiles d’araignée temporaires au-dessus du vide, etc. Avec plus de soixante breloques à dénicher, les possibilités de build sont nombreuses. Cette richesse mécanique est toutefois livrée sans tutoriaux lourds ; le jeu nous laisse découvrir par nous-mêmes, en s’appuyant sur un manuel intégré dans les menus. Une philosophie rafraîchissante, même si l’on peut parfois se sentir un peu perdu dans les premières heures.

Une accessibilité comme on en voit rarement

Mina the Hollower (undefined)

Mina se contrôle avec une croix directionnelle pour le déplacement à huit directions, mais l’attaque reste cantonnée aux quatre points cardinaux. Ce choix, typique des jeux Game Boy Color, peut sembler rigide. On peste souvent contre un ennemi volant que l’on n’arrive pas à aligner correctement. L’enfouissement compense en partie ce défaut, car il permet de se repositionner rapidement, mais le temps de latence pour creuser et ressortir demande un vrai doigté. Les sauts, pilier des phases de plateforme, sont également soumis à cette rigueur : il faut souvent doser son élan et exploiter le rebond offert par l’émergence du sol. Les boss, redoutables, exigent de mémoriser leurs patterns et de parfaitement synchroniser esquives et contre-attaques. On peut toutefois adapter l’expérience via un nombre hallucinant de modificateurs.

Yacht Club Games a inclus un menu de « Modifiers » absolument pléthorique. Il est possible d’y régler la vitesse du jeu, d’activer un saut automatique près des fossés, de réduire les dégâts subis, d’augmenter le nombre de points de sauvegarde ou même de rendre Mina invincible. Une fois le jeu terminé, ce sont près de 239 options farfelues qui se débloquent, dont un mode voyageur temporel laissant une traînée de feu derrière soi. Ces aides désactivent les succès, mais elles ouvrent grand les portes aux joueurs moins à l’aise avec la difficulté, ou simplement curieux d’expérimenter. On se surprend à bidouiller pour simplement profiter de l’univers sans frustration, ou au contraire pour corser encore l’aventure. C’est une leçon d’inclusion donnée par un studio qui respecte son public.

Game Boy Color dans toute sa splendeur

Mina the Hollower (undefined)

Visuellement, Mina the Hollower fait un choix fort : un pixel art strictement limité à quatre couleurs par tuile, comme sur la portable de Nintendo. Le résultat est superbe. L’île de Tenebrous, malgré cette contrainte apparente, regorge de détails : défilement parallaxe pour donner de la profondeur, jeux de lumière sur les écrans HDR de la Switch 2, et un design des créatures à la fois mignon et glauque. Sur l’écran portable, les pixels épais prennent tout leur sens ; en mode docké, le jeu tient fièrement la cadence avec un 120 fps d’une fluidité exemplaire et une stabilité à toute épreuve, même dans les affrontements les plus chargés. Le seul petit défaut tient à la lisibilité : avec la vue de dessus, il n’est pas toujours évident de distinguer ce qui se situe au premier plan de ce qui est en contrebas. On finit par s’y faire, mais cela peut dérouter au début.

Jake Kaufman, compositeur attitré de la maison, livre une nouvelle fois une bande-son chiptune exceptionnelle. Accompagné du légendaire Yuzo Koshiro ( Streets of Rage, ActRaiser), il signe des mélodies entêtantes qui rappellent le meilleur des cartouches Game Boy tout en exploitant des sonorités plus modernes. Chaque biome possède son thème, et l’ensemble sonne à la fois rétro et vibrant. Les bruitages ne sont pas en reste, avec des « blips » et des « clics » parfaitement intégrés à l’action. Un sound test accessible dans le hub central permet même de réécouter les pistes à volonté – un petit plaisir qu’on ne boude pas.

Une première partie prendra entre 20 et 30 heures, selon le temps passé à fouiller chaque recoin. Le monde, composé de plus de 1 200 écrans interconnectés, fourmille de secrets, de boss optionnels et de quêtes annexes. Une fois le générique de fin atteint, le New Game + permet de relancer l’aventure jusqu’à sept reprises, avec des emplacements d’objets et d’ennemis remixés à chaque cycle. Les complétionnistes auront aussi une flopée d’achievements à débloquer, dont certains particulièrement corsés (finir le jeu sans utiliser les Underlabs, par exemple). L’absence de DLC annoncé pour l’instant laisse songeur, mais la densité de l’expérience de base console amplement.

Conclusion

8.8 /10

Mina the Hollower fait bien plus que singer ses illustres modèles. Il parvient à capturer l’essence des aventures 8 et 16 bits – ce mélange d’émerveillement, de solitude et de découverte – tout en l’enrichissant d’une mécanique d’enfouissement brillante et d’un système de personnalisation qui force le respect. Yacht Club Games signe un titre exigeant mais profondément gratifiant, porté par une direction artistique irréprochable et une bande-son entêtante. Oui, l’absence de carte en début de partie frustrera les impatients, et la rigidité des attaques cardinales peut agacer. Mais ce sont là des accrocs mineurs dans une aventure qui transpire la passion et l’intelligence de conception. Une petite souris, un immense terrain de jeu, et le sentiment d’avoir vécu un vrai voyage vidéoludique. On en redemande.

LES PLUS

  • Une direction artistique pixel parfait
  • Une bande-son entêtante
  • Un monde ouvert et interconnecté
  • Une durée de vie solide et une forte rejouabilité

LES MOINS

  • L’absence frustrante de carte
  • Des attaques cantonnées aux quatre directions cardinales
  • Une courbe de difficulté abrupte et un manque de prise en main
  • Une lisibilité visuelle parfois trompeuse
  • Un système de soin parfois frustrant

Détail de la note

  • Graphismes 0
  • Bande-son 0
  • Gameplay 0
  • Durée de vie 0
  • Accessibilité 0
  • Direction Artistique 0

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8.8
Mina the Hollower
Date de sortie : 29/05/2026
eShop

Note finale

8.8
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0
  • Gameplay 0
  • Durée de vie 0
  • Accessibilité 0
  • Direction Artistique 0

LES PLUS

  • Une direction artistique pixel parfait
  • Une bande-son entêtante
  • Un monde ouvert et interconnecté
  • Une durée de vie solide et une forte rejouabilité

LES MOINS

  • L’absence frustrante de carte
  • Des attaques cantonnées aux quatre directions cardinales
  • Une courbe de difficulté abrupte et un manque de prise en main
  • Une lisibilité visuelle parfois trompeuse
  • Un système de soin parfois frustrant

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