Quand on a appris que Starsand Island allait sortir sur Nintendo Switch 2, on a d’abord eu un élan d’enthousiasme. La console hybride est un terrain de jeu idéal pour les simulations de vie à la Stardew Valley, et pouvoir s’installer confortablement dans un canapé, écouteurs sur les oreilles, pour lancer une nouvelle existence d’agriculteur avait tout pour plaire. Malheureusement, cette version Nintendo Switch 2 s’est révélée être l’un des portages les plus bâclés qu’on ait pu voir. On a rapidement compris que le rêve allait virer au cauchemar technique.
Du cliché dès l’intro
Starsand Island est développé par le studio Seed Sparkle Lab. On ne dispose pas d’une longue feuille de route publique sur ce studio, mais il signe ici un simulateur de vie agricole qui tente de mélanger exploration, professions, relations sociales et construction sur une île colorée. Le projet a de l’ambition, mais cette mouture Nintendo Switch 2 ne lui rend clairement pas justice.
Le principe de base est familier : après dix ans d’absence, on revient sur l’île et une amie d’enfance, Solara, nous confie la restauration d’un jardin qu’elle associe à ses souvenirs de jeunesse. Passé ce court préambule, le joueur est libre de choisir une profession parmi cinq (artisan, fermier, pêcheur, etc.), chacune ayant son mentor, ses quêtes et ses possibilités de romance. Le but est de faire prospérer sa ferme, d’apprendre de nouveaux métiers et de développer ses relations avec les habitants.
L’histoire, en revanche, ne brille pas par sa profondeur. Les personnages sont des archétypes assez génériques, avec des poses et des designs très proches les uns des autres. Il n’y a pas de véritable fil narratif qui donne envie de s’investir dans la vie de ces individus. On se retrouve plus souvent à enchaîner des tâches qu’à suivre une aventure prenante.
Du gameplay classique mais fonctionnel
Sur le papier, Starsand Island propose une boucle de jeu riche. On peut cultiver des récoltes, s’occuper d’animaux, pêcher, cuisiner, attraper des insectes et même explorer un donjon léger avec un système de combat très basique. Le système de professions et d’arbres de compétences donne une impression de progression, et les quêtes des mentors, le tableau communautaire et les défis du téléphone in-game offrent toujours quelque chose à cocher. C’est agréable pour les joueurs qui aiment les longues listes d’objectifs.
Cependant, la plupart de ces systèmes restent superficiels. Le skateboard, censé être un moyen de déplacement rapide, est totalement raté : il zigzague sans raison et, comble du ridicule, son modèle n’a même pas de roues à l’écran. Les véhicules se comportent comme s’ils n’adhéraient pas au sol, et le combat se résume à tirer au lance-pierre jusqu’à ce que la barre de vie de l’ennemi se vide. On est loin d’une simulation aboutie.
La technique ramasse des fraises
Les personnages ne sont pas correctement ancrés au sol : dès qu’on aborde une pente, ils s’enfoncent dans le décor. Le skateboard, introduit au début comme un moyen de se déplacer plus vite, est si buggé qu’il part en zigzag et se révèle incontrôlable. Les véhicules, quant à eux, foncent dans des clôtures qui n’ont pas eu le temps d’apparaître et se plantent dans la moindre pente. La prise en main est globalement laborieuse et frustrante, alors que le jeu se veut cosy et accessible.
Graphiquement, Starsand Island adopte une direction cel-shading colorée qui peut sembler charmante sur les captures d’écran. Sur Nintendo Switch 2, la réalité est très différente. Le mode Performance fait chuter la résolution à un niveau proche de la 480p sans améliorer la fluidité, tandis que le mode Qualité applique un flou généralisé et ne règle rien. Le popping d’objets est omniprésent, surtout en véhicule, où l’on percute des obstacles qui apparaissent seulement après coup. Les temps de chargement sont interminables, atteignant régulièrement quatre à cinq minutes. On est très, très loin de la qualité visuelle mise en avant sur l’eShop. Techniquement, cette version se rapproche de ce qu’on a pu voir sur Steam Deck, avec les mêmes défauts d’optimisation, voire pire.
Quand bug ne veut pas dire insecte
La bande-son est plutôt agréable et correspond bien à l’ambiance cosy du titre. Malheureusement, des bugs sonores viennent gâcher l’expérience : des effets se superposent, certains bruitages continuent après la fin d’une animation, et on assiste parfois à des répétitions gênantes. Rien d’insurmontable, mais cela s’ajoute à un tableau déjà bien chargé.
Les bugs ne sont pas anecdotiques : ils sont insupportables. On a vu disparaître des équipements entiers — forges, scieries, coffres de rangement — sans aucune raison, parfois simplement en revenant sur la partie. Un capybara se promène tranquillement sous l’eau (voir l’image ci-dessus). Le sol de la maison peut perdre sa collision, empêchant d’interagir avec le lit et de terminer la journée, ce qui oblige à relancer le jeu. Le personnage peut se retrouver sans visage au réveil, ou carrément disparaître en laissant flotter ses cheveux et son outil. Certains PNJ restent bloqués en T-pose. Bref, chaque session apporte son lot de bugs qui imposent un redémarrage et donc de se retaper les très longs temps de chargement.
Autre point noir : le jeu est uniquement en anglais. Les joueurs francophones devront composer avec une interface et des dialogues non localisés, ce qui est d’autant plus regrettable pour un genre qui repose beaucoup sur la lecture et la compréhension des quêtes. Difficile d’évaluer précisément la durée de vie tant les bugs obligent à relancer régulièrement. Le contenu de fond semble généreux, avec de nombreuses quêtes, professions et défis, mais impossible de s’y investir dans ces conditions. En l’état, on ne peut pas recommander l’achat, même aux plus grands fans du genre.
Conclusion
Starsand Island avait des idées intéressantes, une direction artistique sympathique et une bande-son solide. Mais le portage Nintendo Switch 2 est un désastre technique. Entre les bugs qui suppriment des équipements, les véhicules incontrôlables, les temps de chargement interminables et l’absence de localisation française, on se demande comment cette version a pu être validée. Si vous cherchez une simulation de vie sur Nintendo Switch 2, tournez-vous vers Stardew Valley ou Story of Seasons: Grand Bazaar, bien mieux (et logiquement) optimisés. En espérant qu’un correctif vienne sauver ce naufrage.
LES PLUS
- Graphiquement pas moche
- Bande-son pas inoubliable mais qui fait le travail
LES MOINS
- On est très très loin de la qualité des screen sur l'eShop
- Le mode performance est encore pire
- Uniquement en anglais
- Une distance d'affichage (popping) très visible
- Les temps de chargement très très long
- Des bugs insupportables












bonjour, c’est toujours critique l’état de ce jeu avec la mise a jour v1.02 ? svp
toujours cata