Sorti au début de l’année 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series X/S et PC, My Hero Academia: All’s Justice signe le retour de la franchise pour toujours plus d’action, de punch et de combats en arène. Pensé comme l’aboutissement de la formule initiée avec la saga des One’s Justice, le titre développé par Byking et édité par Bandai Namco s’invite désormais sur Nintendo Switch 2. Proposer une adaptation à la hauteur du grand final de l’œuvre d’Kōhei Horikoshi tout en relevant le défi de la portabilité, l’enjeu est de taille. Alors, pari réussi pour cet ultime baroud d’honneur ?
MY HERO ACADEMIA: All’s Justice est disponible en français depuis le 4 septembre 2026 sur l’eshop au prix de 69.99 euros, mais aussi en boutique.
Un final expéditif et un brin punitif
Après la diffusion du final de l’animé en décembre 2025, My Hero Academia: All’s Justice (abrégé en MHA: AJ, pour ce test) tente de transformer l’essai en offrant aux fans un ultime grand spectacle. Si le joueur averti sait à quoi s’attendre avec les adaptations de mangas — souvent accusées de privilégier la notoriété de la licence au détriment de la profondeur du gameplay —, cet opus promettait de relever la barre.
Entre un casting massif d’une soixantaine de personnages, des modes de jeu à foison et un portage hybride sur Switch 2 qui promet d’embarquer les affrontements partout avec soi, la promesse est séduisante. Mais derrière ses airs de fête d’adieu pour la classe 1-A, le jeu traîne de lourdes casseroles.
Le mode Histoire se concentre quasi exclusivement sur l’arc de la guerre finale, la toute dernière ligne droite de l’œuvre. On y suit la coalition des héros (Deku, Bakugo, Todoroki, Endeavor) face aux forces d’All for One et Shigaraki. La possibilité de vivre ces affrontements cruciaux à la fois du côté des défenseurs de la justice et du point de vue de Shigaraki apporte une perspective bienvenue.
L’expérience narrative se montre toutefois inégale dans sa forme : le jeu fait l’impasse sur une immense portion de l’histoire, ignorant purement et simplement les événements situés entre la saison 4 et le début de la saison 7. L’absence du conflit contre Re-Destro ou de l’affrontement face à Star ‘n Stripe (cette dernière étant honteusement reléguée au season pass payant) témoigne d’un manque d’ambition agaçant.
Sur la forme, la narration dans MHA: AJ alterne entre le très bon et le médiocre. Certaines scènes clés bénéficient de magnifiques séquences animées — dépassant parfois la qualité de la série télévisée — tandis que le reste du récit (la majorité) se contente d’images fixes tirées de l’animé (parfois légèrement mouvantes comme si l’on appuyait brièvement sur « lecture ») sur lesquelles s’ajoute du texte doublé en anglais ou japonais (bien évidemment, ce dernier est une régalade).
Pour couronner le tout, la difficulté du mode Histoire s’avère extrêmement mal équilibrée. Les IA lisent instantanément vos commandes pour contrer, et le boss final impose une épreuve punitive en sept rounds d’affilée sans aucun checkpoint, où l’ennemi enchaîne les attaques couvrant toute l’arène avec une super-armure abusive. Bon courage !
Un système 3v3 affiné et chaotique
Au-delà de la simple reprise des bases des épisodes précédents (MY HERO ONE’S JUSTICE ! 1 & 2), All’s Justice dépoussière les fondamentaux en délaissant le format classique 1 contre 1 (avec assistance) pour adopter un système de combat dynamique en 3 contre 3 avec relais (tag team).
Les deux coéquipiers ne servent plus de simples soutiens ponctuels, ils sont bel et bien au cœur de l’action et il est désormais possible de basculer instantanément de l’un à l’autre en plein combo. La prise en main s’articule autour de deux philosophies :
- Le mode Normal : destiné aux débutants, il automatise le chaînage des combos et l’exécution des compétences pour offrir un spectacle continu sans prise de tête.
- Le mode Manuel : plus exigeant mais indispensable pour saisir toute la subtilité du jeu, il requiert d’apprendre les séquences de touches propres à chaque combattant.
Chaque personnage dispose d’une attaque de base, de deux attaques liées à son Alter, de mécaniques d’esquive, de parade et de contre. C’est toutefois la nouvelle mécanique de « Rising » qui vient bousculer la dynamique des matchs dans ce MHA: AJ.
Une fois activée, cette jauge permet d’augmenter la puissance, mais surtout d’octroyer des capacités uniques à chaque combattant (invoquer des bombes dévastatrices avec Hatsume ou obtenir une invincibilité temporaire avec All for One). Associé à la possibilité de déclencher une triple attaque Plus Ultra en équipe, le système de combat gagne en profondeur visuelle ce qu’il perd parfois en équilibrage purement compétitif.
Le Rising tend parfois à dominer l’issue des matchs de manière excessive, ce qui réjouira les joueurs occasionnels lors de soirées entre amis mais agacera les adeptes du jeu en ligne classé, ou simplement les aficionados des jeux de baston en arène.
Un déluge d’effets un peu fades
Visuellement, MHA: AJ tire son épingle du jeu grâce à un style cel-shading très propre et une direction artistique chaleureuse. Toutefois, comparé aux autres plateformes, le titre sur Nintendo Switch 2 se montre légèrement plus fade dans ses couleurs, comme si un filtre ou un léger voile plus pâle recouvrait l’ensemble des éléments du jeu.
Les modèles 3D sont malgré tout très soignés et les attaques sont rythmées par des onomatopées imprimées à l’écran façon comics, renforçant le dynamisme des impacts. Vous allez vous régaler et en prendre plein les rétines lors de l’affichage des “WHIP, COOL, SMAASSH, PLUS ULTRA”, etc…Le dynamisme est donc à l’attendu, tant par les effets visuels que par les animations, mais rassurez-vous, les bruitages et musiques ne sont pas en reste. Nous avons notamment une version revisitée du thème de l’anime « You Say Run » particulièrement efficace, et la chanson « We Rise ! » qui vient accompagner à merveille nos flamboyants combats durant le jeu.
Sur Nintendo Switch 2, le titre fait le choix d’un 30 FPS verrouillé, contrairement aux 60 FPS des autres supports. Ce framerate, s’il est plus bas sur le papier, brille par une stabilité absolue, sans la moindre chute de fluidité même lors des effets visuels les plus chargés. Le rendu reste très net malgré un aliasing légèrement plus présent et des arrière-plans un peu moins détaillés. L’expérience nomade est idéale pour enchaîner quelques duels rapidement, mais pas forcément pendant longtemps tant la batterie de la Switch 2 fond comme neige au soleil avec ce jeu.
Un casting géant dans un cocon vide
Avec 68 personnages jouables, le roster est incontestablement le gros point fort de MHA: AJ. Byking a fait un réel effort pour personnaliser les mécaniques de son jeu, par exemple Gentle dispose de barrières rebondissantes, Lady Nagant se joue comme un véritable sniper à distance.
L’ensemble de la classe 1-A, la classe 1-B, le lycée Shiketsu, ainsi que les principaux héros professionnels et super-vilains (avec quelques déclinaisons pour les figures majeures comme Deku ou Shigaraki) répondent présent. C’est difficile de ne pas trouver son bonheur dans ce casting, même si certains personnages parleront plus aux fans qu’à un joueur néophyte de la licence.
C’est par contre sur le plan des modes de jeu et des environnements que le bât blesse. En dehors du mode Histoire, le mode Missions Team Up, présenté comme un monde ouvert virtuel où l’on incarne Deku et ses camarades pour accomplir des tâches, se révèle être un champ stérile. Les quêtes annexes consistent à faire des allers-retours ou battre des vagues de monstres dotés d’une super-armure agaçante, imposant un grind répétitif pour débloquer du contenu.
Les Combats Flashback permettent, quant à eux, de rejouer des duels historiques de la série et d’accéder à certains costumes exclusifs très sympathiques. Malheureusement, le nombre d’arènes est famélique, le jeu n’en proposant que 9, ce qui devient très vite redondant. Aussi, la personnalisation est en baisse. Bien qu’il y ait des couleurs et tenues à débloquer, le système d’édition de costume est nettement moins poussé que dans One’s Justice 2.
Le titre possède un mode multijoueur, en local pour 2 joueurs et en ligne. Bien que l’équilibrage du gameplay limite ses ambitions sur la scène compétitive, cela reste un incontournable pour tout jeu de combat qui se respecte et celui-ci ne déroge pas à la règle. Nous regrettons qu’il n’y ait pas la présence d’un mode plus arcade, ou pourquoi pas un mode tournoi.
Aussi, nous déplorons que les DLC de ce MHA: AJ ne soient pas inclus. Il faudra donc passer à la caisse et dépenser quelques deniers supplémentaires pour obtenir certains personnages, comme Izuku Midoriya Overlay intégral, Nana Shimura, Star and Stripe, et d’autres…
Conclusion
My Hero Academia: All’s Justice est un titre cabossé mais sympathique. S'il offre un plaisir immédiat en multijoueur local grâce à sa prise en main instantanée et son casting colossal, il déçoit fortement sur son contenu solo. Entre un mode Histoire mal équilibré aux pans narratifs amputés, un pseudo monde ouvert stérile, des séquences cinématiques au rabais la plupart du temps et une esthétique avec un léger voile qui restreint l’explosion chaleureuse et saturée en couleurs, le titre n’est pas toujours satisfaisant. La version Switch 2 s'en sort cependant très honorablement avec un 30 FPS d'une stabilité exemplaire parfaitement adapté au jeu portable. Toujours spectaculaire et très fidèle, le jeu sait exploiter la fibre nostalgique et passionnée des fans. My Hero Academia: All’s Justice ne sera pas celui qui permettra de faire rivaliser le jeu de combat en arène 3D avec les cadors du genre ou ceux de la baston 2D, mais il n'en reste pas moins le meilleur jeu de la franchise à ce jour.
LES PLUS
- Casting gargantuesque de 68 personnages aux mécaniques individualisées.
- Prise en main immédiate et très amusante à plusieurs.
- Direction artistique fidèle à l'anime…
- Les onomatopées façon comics.
- Les quelques rares séquences animées sont divines…
- Version Switch 2 parfaitement stable à 30 FPS en toute circonstance.
- Les doublages japonais.
- Système de combat 3v3 dynamique.
- Les attaques Plus Ultra jouissives.
- Des musiques emblématiques.
LES MOINS
- Mode Histoire très limité amputé de plusieurs arcs narratifs majeurs.
- …mais avec une narration en images fixes diaporama, tirées de l'anime le reste du temps.
- Équilibrage injuste et punitif sur la fin de la campagne.
- Mode Missions en monde ouvert ennuyeux, répétitif et artificiel.
- Seulement 9 arènes disponibles.
- Options de personnalisation en retrait par rapport à One's Justice 2.
- Les Missions Team Up vite répétitives avec beaucoup de grind.
- Équilibrage chaotique lié au système Rising.
- …mais plus fade visuellement sur Switch 2.
- Une batterie à bout de souffle en mode portable.
- Du DLC et encore du DLC.







