2001, la PlayStation 2 vient à peine de s’installer dans nos salons et Omega Force sort un jeu qui va poser les fondations de tout un genre : Dynasty Warriors 3. Vingt-cinq ans plus tard, pour fêter l’anniversaire de la licence, Koei Tecmo ressort ce monument dans une version qui regroupe le jeu de base et son extension Xtreme Legends, le tout refait sous Unreal Engine 5. Mais est-ce qu’un musou de 2001, même rafraîchi, peut encore tenir la route face à Dynasty Warriors: Origins ? Eh bien, on sort notre plus belle hallebarde, on selle le Lièvre Rouge, et c’est parti pour Dynasty Warriors 3: Complete Edition Remastered !
Les Trois Royaumes
Pour ceux qui n’auraient jamais mis les pieds dans la licence, l’histoire prend place en Chine à la fin de la dynastie Han. Tout commence en 184 avec la rébellion des Turbans Jaunes menée par Zhang Jiao, un chef religieux qui se proclame « Général du Ciel » et qui va ébranler un empire déjà bien fragile. S’en suit une longue période de guerres entre seigneurs qui aboutira à la séparation du pays en trois royaumes : Wei, porté par Cao Cao, Shu, mené par Liu Bei et ses frères jurés Guan Yu et Zhang Fei, et Wu, tenu par la famille Sun.
Le jeu s’appuie très largement sur le roman Les Trois Royaumes, avec les grandes batailles que tout amateur de la période connaît par cœur : la porte de Hu Lao, Guan Du, Chang Ban, la célèbre falaise rouge de Chi Bi, Yi Ling ou encore les plaines de Wu Zhang. Une vingtaine de batailles qui s’étalent de 184 à 234 et qui nous font traverser cinquante ans d’histoire en défonçant des adversaires par centaines.
La narration n’a jamais été le point fort de ce troisième épisode. Le mode Musou nous fait choisir un officier et suivre les batailles qui lui sont liées, avec des cinématiques courtes et une progression linéaire. Si les cinématiques sont plus belles qu’à l’époque, elles restent quand même très peu intéressantes et on sent qu’elles datent de 2001 dans leur construction. Les libertés prises avec l’Histoire sont nombreuses, certains personnages morts depuis longtemps continuant tranquillement à se battre dans les batailles suivantes, mais c’est un choix assumé pour que chaque héros profite d’un maximum de champs de bataille. On retrouve aussi ce mélange de faits historiques et de mysticisme propre à la série, avec des personnages comme Zhuge Liang, Sima Yi ou Zhang Jiao qui manient carrément la magie, et un Lu Bu dépeint comme un démon quasiment invincible, dont la simple apparition à Hu Lao suffisait à nous faire trembler la manette à l’époque, et du coup… toujours aujourd’hui !
Le mode Libre lui est simple. En rejouant une bataille avec un officier qui n’y était pas prévu, les cinématiques s’adaptent et donnent lieu à des situations totalement improbables, comme Zhang Liao qui se retrouve dans les rangs de Shu sur le pont de Chang Ban, ou Sima Yi qui affronte l’armée de Wei. Rien de bien sérieux, mais c’est typiquement le genre de petite folie qui faisait le charme de ce 3ème opus.
Et surtout, le Remastered ajoute trois scénarios inédits, un par royaume, construits sur le principe du « et si ? ». Et si Guan Yu avait survécu à Fan et que Shu ne s’était pas effondré à Yi Ling ? Ces batailles sont plus longues, proposent plusieurs déroulements possibles et de nouvelles cinématiques, et sont plus difficiles que la bataille de Wu Zhang. Cependant, il faut les mériter : chacune se débloque en remplissant des conditions précises dans une bataille bien particulière, en difficile au minimum.
Un contre mille, la recette originelle
Le principe est simple et n’a presque pas bougé : on incarne un officier lâché au milieu d’un champ de bataille, avec pour objectif de remplir les conditions de victoire, le plus souvent vaincre le commandant adverse tout en gardant le nôtre en vie. Entre les deux, des centaines de soldats – bien plus nombreux qu’à l’époque d’ailleurs –, des officiers ennemis, des capitaines qui gardent les bases et des événements propres à chaque carte qui peuvent faire basculer la bataille.
Le moral est au cœur de tout. Chaque unité affiche désormais son moral sous forme d’étoiles : plus il y en a, plus elle frappe fort, et quand il s’effondre, elle finit par prendre la fuite. On passe donc son temps à surveiller la carte pour aller épauler un allié en difficulté avant que tout ne s’écroule. Les renforts ennemis, eux, arrivent par les bases gardées par un capitaine, alors le vaincre et prendre la base permet de couper l’arrivée de troupes fraîches. Une petite dimension tactique qui donne du sens à nos déplacements au-delà du simple massacre innommable.
Côté combat, on retrouve le fameux système d’attaques normales et d’attaques chargées, avec Y et X sur Switch 2. Selon le nombre de coups normaux placés avant la charge, l’attaque finale change : briser la garde, projeter en l’air, étourdir, frapper en zone, lancer l’adversaire très haut pour enchaîner, jusqu’au dernier coup propre à chaque officier, comme la rafale d’estocs de Zhao Yun. Rien de bien sorcier, mais ce n’est pas non plus du simple martèlement de bouton. La jauge Musou, que l’on peut remplir en maintenant la touche A, permet de déclencher une rafale dévastatrice, et si notre barre de vie est au plus bas, elle se transforme en Musou ultime qui brule les ennemis. Ajoutons l’arc, les attaques à cheval avec une petite accélération, et la possibilité, enfin, de contrôler la caméra et de verrouiller un officier. Nous n’avons cependant pas trouvé l’arc intéressant, comme à l’époque quoi.
Mais Omega Force n’a pas simplement voulu remettre au goût du jour sous Unreal Engine 5 son jeu. Il a aussi rajouté quelques fonctionnalités qui rendent le jeu plus moderne. En premier lieu l’esquive, totalement absente de l’original. Esquiver au moment où un ennemi lance une attaque puissante déclenche une esquive parfaite qui ralentit l’action, et une pression sur l’attaque normale permet de fondre sur lui pour continuer à le frapper. Le timing est plutôt permissif. La garde a elle aussi été repensée : un coup placé juste après un blocage repousse l’adversaire pour se faire un peu d’air, et une frappe parfaitement synchronisée pendant la garde permet de contrer et d’étourdir l’ennemi dans la foulée. Attention cependant, quand on commence à se prendre une volée par l’adversaire, il est assez difficile de se remettre sur ses pieds sans perdre plus de la moitié de notre barre de vie.
Les officiers adverses ont été retravaillés en conséquence. Ils peuvent désormais charger une frappe ou un tir d’arc, signalé par un cercle qui apparaît autour d’eux. Impossible à bloquer une fois lancée, cette attaque peut en revanche être interrompue si on les frappe avec une attaque chargée ou un Musou dès l’apparition du cercle, ce qui les laisse sonnés. Même principe pour leurs Musou : l’officier crie avant de le déclencher, et lancer le nôtre à ce moment précis le repousse et l’étourdit. Si on s’y prend trop tard, on retombe sur le fameux choc des armes de l’original, un duel où il faut marteler le bouton pour prendre l’avantage, sous peine de se retrouver à la merci de l’adversaire. Tout ça donne enfin du relief aux affrontements contre les généraux, là où l’original se résumait souvent à qui frappait le premier.
Pour ceux qui voudraient retrouver les sensations brutes de 2001, un réglage « classique » est aussi proposé pour jouer dans des conditions proches de l’original. Une attention agréable, qui contentera à la fois les nostalgiques et les nouveaux venus. On peut retirer les aides, ou rendre l’arc aussi punitif qu’à l’époque, etc.
Le camp, la forge et les gardes du corps
La progression reste fidèle à celle de 2001. Chaque bataille rapporte du mérite qui fait monter notre officier en grade et relève le plafond de sa vie, de sa jauge Musou, de son attaque et de sa défense. Les officiers et les capitaines vaincus laissent toujours tomber des bonus de statistiques, de quoi faire un peu de farm pour les batailles les plus corsées de la fin. Grosse amélioration de confort : tout se gère désormais depuis un camp entre les batailles. Autre petit détail qui change la vie : il est maintenant possible de quitter une bataille en cours et de la reprendre plus tard là où on l’avait laissée.
Les armes se ramassent sur les officiers vaincus ou dans les caisses en bois dispersées sur les cartes, de niveau 1 à 3, chacune avec ses propres effets. Les fameuses armes de niveau 4 et 5 demandent quant à elles de jouer dans les difficultés les plus élevées et de remplir des conditions précises. Le jeu a la bonne idée d’indiquer directement ce qu’on peut débloquer dans ces batailles, là où il fallait autrefois écumer le plus profond des internets.
La grosse nouveauté, c’est la fusion d’armes. Les armes de niveau 1 à 3 dont on n’a plus besoin peuvent être sacrifiées pour transférer leurs effets sur une autre arme du même type, jusqu’aux armes de niveau 5, en choisissant quel effet ajouter ou remplacer. Les matériaux doivent correspondre à l’officier concerné et un même effet ne peut pas être appliqué deux fois.
Les gardes du corps personnalisables, introduits par Xtreme Legends, reviennent en version enrichie : quatre apparences au choix et la possibilité de renommer l’unité comme chacun de ses membres.
Complete Edition, vraiment complète
On retrouve les 41 officiers d’origine, parmi lesquels des arrivées de l’époque devenues des piliers de la série. Xtreme Legends offrait en plus un mode Musou aux sept personnages qui n’appartenaient à aucun des trois royaumes comme Lu Bu ou Diao Chan. À ce casting vient s’ajouter Ziluan, le héros de Dynasty Warriors: Origins, adapté au style de combat de l’époque et doté de nouvelles répliques. Il faudra cependant le mériter mais on ne vous dira rien de plus (psst, faut presque tout finir), il ne sera d’ailleurs disponible qu’en mode Libre.
Le mode Défi passe de quatre à six épreuves avec une force ennemie fixe : tenir le plus longtemps possible, abattre cent ennemis le plus vite possible, rejoindre un point de la carte contre la montre, envoyer un maximum d’adversaires au tapis dans le temps imparti, enchaîner les plus beaux combos, et une épreuve finale qui en cumule trois d’affilée pour le meilleur score global.
La coopération est disponible dans les modes Musou et Libre, et le mode Versus propose huit arènes bien pensées, du duel à Jie Ting à la course au sceau impérial, en passant par l’assaut du mont Ding Jun ou le labyrinthe de pierre, avec des statistiques figées pour que seule l’habileté fasse la différence. Pour l’instant tout se joue en local, mais une mise à jour après la sortie doit ajouter la coopération en ligne.
Remastered
Visuellement c’est assez compliqué à jauger. Si vous le prenez comme un jeu de 2026, c’est laid, la maniabilité est lourde, les temps de chargement son longs, les graphismes vraiment « basiques ». La caméra est très proche ce qui donne une impression de visibilité très peu profonde.
Cependant, si nous le prenons comme un jeu de 2001 qui revient en 2026, c’est une tout autre histoire. Visuellement il est sublimé par rapport à l’époque, il y a bien plus d’adversaires à l’écran qu’il était possible de le faire en 2001. Les officiers et les cinématiques sont tous refaits ; c’est le jour et la nuit par rapport à l’époque.
Mais malgré tout ça, la structure du jeu est vieillotte, beaucoup de farming, une difficulté parfois totalement débile et absurde, une quantité énorme de niveaux, mais qui finissent rapidement par se ressembler, étant donné que le principe du jeu tient sur un post-it.
Le jeu ne rivalise pas du tout avec Dynasty Warriors: Origins qui est bien plus moderne sur tous les points.
Côté musique, on retrouve ce côté rock un peu kitch à l’ancienne qui a fait la grandeur de la licence, avec ses touches de musique traditionnelle qui nous fait plonger dans une époque où le 5.1 coutait un prix impossible pour nous à avoir.
Conclusion
Dynasty Warriors 3: Complete Edition Remastered est un pari audacieux. Ressortir un musou de 2001 en 2026, c'était prendre le risque de proposer une pièce de musée pour les nostalgiques, mais compliqué à supporter de nos jours, mais Omega Force a su trouver un bel équilibre entre fidélité et modernité. Le cœur du jeu est intact, on fonce toujours dans le tas, on enchaîne les combos et on renverse des armées entières avec le même plaisir un peu bête qu'à l'époque, mais l'esquive, la garde parfaite, les interruptions d'attaques chargées et la fusion d'armes apportent juste ce qu'il faut de profondeur pour que le tout ne paraisse pas dépassé. Le contenu est généreux, avec l'extension Xtreme Legends intégrée, les défis cachés d'époque, trois scénarios inédits et un mode Défi étoffé. En revanche il ne change pas les défauts réels de l'époque : une narration sommaire, une répétitivité qui s'installe bien trop vite, et un sentiment d'évolution de nos officiers presque absent. Rajoutez à tout ça que le jeu n'est pas traduit en français, malgré son petit prix de 39,99 €, il est assez difficile de le proposer aux joueurs qui ne connaissent pas la licence, il restera finalement presque réservé aux fans de l'époque en besoin de nostalgie. Et pour ces gens-là, le jeu remplit parfaitement son contrat.
LES PLUS
- Dynasty Warriors 3 et Xtreme Legends enfin réunis
- Toujours 41 officiers jouables, plus Ziluan en invité
- L'esquive, la garde parfaite et les interruptions qui modernisent les duels
- La fusion d'armes qui nous occupe entre les batailles
- 3 scénarios en plus
- Mode Défi plus complet
- Possibilité de basculer en réglage « classique » pour un plaisir d'antan
- Un coup de jeune aux visuels qui efface enfin le brouillard d'époque
LES MOINS
- Mais quand même pas magnifique pour 2026
- Une narration toujours aussi sommaire
- Une répétitivité liée au musou plus présente que dans les jeux plus modernes
- Franchement long et compliqué pour débloquer Ziluan et dispo qu'en mode Libre
- Globalement daté dans sa réalisation
- C'est un jeu de 2001 enrobé en plus récent, mais qui ne fait pas illusion
- À réserver surtout aux nostalgiques de l'ère PS2








déçu on a même pas droit a un sous titre en francais ou est l’intérêt de acheté le jeux si il sont que faire pour les francophones moi de mon coter et mes amis qui ont aimé le jeux pas le passer on achètera pas le jeux et ces domage car ces un jeux qui nous avait marqué
Clairement c’est un peu un effort minimum pour la sortie en Europe. Mais c’est quand même interessant et un bel effort de leurs part d’avoir autant retouché le jeux de base pour qu’il soit agréable en 2026. Cependant on reste un peu sur notre faim, j’était un grand fan du jeu à l’époque (d’où le fait que je le compare pas mal dans la test) et j’ai quand même passé un moment agréable sur ce remastered, sans pour autant l’apprécié autant qu’un jeu moderne.