Le mélange plateforme et jeu à embranchements est très rare et seuls quelques titres, comme Cave Story ou encore Iconoclasts pour ne citer qu’eux, ont déjà opté pour ce mix. À cette liste, nous pouvons ajouter PEPPERED: An Existential Platformer, développé par le studio allemand Mostly Games et édité par Black Soup. L’idée du jeu est de nous laisser une seule chance pour chaque action avec un impact sur l’histoire. Alors, est-ce que ce nouveau concept arrive à nous séduire ? C’est ce que nous allons voir…
La Mort arrive
Alors, oui, le titre de cette première partie n’est pas ce qu’il y a de plus joyeux… Mais c’est aussi le pitch du jeu ! Nous y incarnons un personnage vêtu d’un long imperméable jaune, venu passer un entretien d’embauche dans une entreprise à l’ambiance morose pour un simple poste de stagiaire, préposé entre autres à la machine à café. Pendant ce temps, le monde s’apprête à célébrer le centième anniversaire de l’emprisonnement du Dieu de la Mort. Problème : Théodore, le héros censé maintenir l’entité enchaînée, a mystérieusement disparu et cette dernière est sur le point de se libérer.
Face à cette situation improbable, le jeu nous propose un premier choix qui déterminera la suite de l’aventure : voler l’Étoile de Vie, un objet qui se trouve justement dans cette entreprise permettant de sauver le monde ou accepter le poste pour lequel nous sommes venus, quitte à nous résigner à une existence monotone et à passer le reste de notre vie dans une firme qui semble avoir perdu toute once d’humanité.
Mais attention : en choisissant de voler l’Étoile de Vie, nous ne serons pas considérés comme des héros aux yeux du monde. Bien au contraire ! Nous voilà catalogués comme fugitif, paria, voire terroriste, avec la population et la police à nos trousses. Une situation pour le moins ironique puisque notre volonté de sauver l’humanité fait de nous son ennemi.
Un jeu de plateforme qui ne laisse pas de deuxième chance
PEPPERED: An Existential Platformer n’est pas un jeu de plateforme comme les autres et les notions de « héros » et de « réussite » sont complètement remises en question. Contrairement aux titres « traditionnels » où mourir rime avec retour au dernier checkpoint, ici l’échec sera définitif.
En effet, si l’on se fait repérer par un officier de police, ce dernier se souviendra de nous. Si nous échouons à un combat de boss, il n’y aura pas de seconde chance, le jeu continuera. Si un PNJ nous offre la possibilité de choisir entre deux choses, cela aura un impact sur la suite. Bref, tous nos choix et une grande partie de nos actions auront une incidence sur le reste du récit et le dénouement final.
Pour terminer l’histoire de PEPPERED: An Existential Platformer, comptez en moyenne deux à trois heures. Cette durée dépendra de nos choix car certains nous feront finir notre aventure plus vite que prévu. Avec pas moins de onze fins différentes, le titre de Mostly Games nous offre une rejouabilité très intéressante puisque les développeurs nous invitent à explorer les conséquences de nos choix et offrent une bonne raison de repartir à l’aventure pour en découvrir les différentes fins possibles.
Une ambiance soignée et un gameplay varié
PEPPERED: An Existential Platformer brille également par sa direction artistique et le choix du pixel art. Les développeurs nous offrent un univers magnifique et visuellement très détaillé, avec des personnages si expressifs qu’ils arrivent à nous transmettre leurs émotions ou les animations extrêmement bien réussies qui viennent renforcer l’absurde de certaines situations. À cela s’ajoutent des décors variés et totalement différents d’une zone à l’autre. Il s’agit là d’une vraie réussite.
Nous avons droit à une bande-son aux petits oignons qui retranscrit merveilleusement bien les différentes situations que nous rencontrons, telle qu’une musique plus calme sur les parties existentielles du récit ou beaucoup plus rythmée lors d’une poursuite ou d’un combat de boss. Les effets sonores amplifient le ton tragicomique du jeu et viennent ponctuer différentes situations que nous vivons au cours de notre aventure.
Du côté de la prise en main, les séquences de plateforme proposées sont tout de même relativement simples, ce qui risque de décourager les amateurs de challenge. Cependant, ces phases varient très fréquemment entre chaque section. Dans la première, nous pouvons avoir une phase classique, puis se retrouver dans une seconde à l’arrière d’un caddie, ce qui nous permet de sauter de plateforme en plateforme à toute vitesse, ou dans une troisième, devoir trouver un lieu ombragé afin de ne pas être exposé au soleil trop longtemps sous peine de mort. Bref, cette variété permet de contrebalancer le côté simpliste des phases de plateforme.
Conclusion
PEPPERED: An Existential Platformer est un jeu qui nous livre une satire grinçante du capitalisme et du monde de l'entreprise avec un ton complétement décalé dans un univers tragicomique où l'humour noir est de rigueur, tout en posant des questions existentielles. L'écriture, la bande-son ainsi que la direction artistique sont vraiment des réussites. Chaque choix modifie la suite de l'histoire et nous avons cette envie de savoir ce qui aurait pu se passer si nous avions agi différemment. Ce sentiment accentue la rejouabilité du titre, et ce malgré une partie plateforme un peu trop simple et que l'on aurait aimée plus ardue par moments. Bref, PEPPERED: An Existential Platformerr est une excellente pioche pour les amateurs de jeu de plateforme et d'histoire à embranchements.
LES PLUS
- Une réalisation aux petits oignons
- Le rendu des graphismes en pixel art
- La rejouabilité pour découvrir les onze fins
- Prise en main du jeu facile
- La variété des décors
LES MOINS
- Le côté plateforme un peu trop facile
- Durée de vie courte si nous ne cherchons pas toutes les fins










