Présenté pour la première fois en juin 2024 lors d’un Nintendo Direct où il aura su marquer les esprits, MIO: Memories in Orbit est désormais aux portes de nos consoles… Alors, est-ce un nouveau metroidvania sans âme… ou possède-t-il une âme de silicone ?
Bienvenue en orbite
MIO: Memories in Orbit est la deuxième réalisation du studio Douze Dixièmes. En effet, on doit déjà à ce studio français (oui oui, cocorico comme on dit !), le très bon Shady Part of Me qui a quand même reçu le Pégase du meilleur premier jeu vidéo (ce n’est pas rien !). Pour ce nouveau titre, le studio change de genre et s’attaque désormais au metroidvania… C’est donc une équipe d’un peu moins de 15 personnes qui a façonné cette nouvelle expérience vidéoludique.
Cette fois, l’histoire se déroule dans ce qui semble être l’espace, sur un vaisseau appelé l’Arche. On assiste au réveil d’une robot (oui car c’est une fille), par l’intermédiaire d’une impulsion électrique ayant une pseudo-apparence avec une tête, deux bras et deux jambes que nous devons diriger à travers quelques tableaux pour se familiariser avec les commandes du jeu… Puis, l’impulsion rejoint un corps (robotique) et voilà que la vie lui est insufflée ! Très poétique dans son introduction, celle-ci donne directement le ton que l’on retrouvera tout au long du jeu. MIO se réveille et découvre d’autres machines douées de conscience, comme elle. En discutant avec Shii la gardienne de l’épine, colonne vertébrale du vaisseau, elle apprendra que certaines machines sont devenues hors de contrôle et que c’est tout l’équilibre de l’Arche qui est compromis… MIO est donc chargée de sauver le vaisseau et ses occupants… enfin si c’est la bonne chose à faire…
Nous n’en dirons pas plus sur l’histoire qui peut sembler de prime abord assez classique avec le côté « élue » de MIO, celle-ci s’avère plutôt intéressante surtout de par la manière dont elle est racontée. Point de cinématiques à outrance ou de séquences à rallonge, les différentes pièces de la carte mère se mettront en place au fil de votre exploration ou à travers des notes que vous ramasserez, ou encore des rencontres que vous ferez. L’immersion est de mise et finalement on se plait à deviner ce qui a bien pu se passer sur l’Arche…
Danser le MIO
Comme nous l’avons évoqué en introduction, le jeu est un metroidvania et il se déroule comme tel. Comprendre que notre personnage est au début dépourvu de capacités, mais qu’il va progressivement en gagner au fil de notre avancée. À vous donc les doubles sauts (disponibles nativement), mais aussi les sauts contre des bulles d’énergies et les déplacements à l’aide de l’épingle (que l’on peut comparer à un grappin pour prendre un peu d’élan à certains endroits – où en s’agrippant à des ennemis).
MIO peut donc se déplacer et sauter dans toutes les directions et croyez-nous, elle obéit au doigt et à l’œil. La maniabilité est parfaite et notre héroïne répond parfaitement. Si vous loupez un saut ou une esquive, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même !
Outre l’épingle, ce sont 7 capacités passives que MIO pourra obtenir durant la partie, mais ça ne s’arrête pas là. Robot oblige, notre personnage est équipé d’une matrice d’attribution (ou une carte mère si vous préférez rester dans un domaine plus « informatique »). Cette matrice (carte) dispose d’un certain nombre de slots dans lesquels vous pouvez insérer des modificateurs. Ces modificateurs vous donneront alors des capacités actives (ou passives) comme le fait d’afficher la barre de vie de notre personnage à l’écran ou encore celle de nos adversaires ! Bien évidemment d’autres capacités sont disponibles, comme la possibilité de donner des coups plus puissants ou de booster certains pouvoirs. Attention cependant, car votre matrice a une taille limitée et certains modificateurs prennent pas mal de place ! Est-ce que j’ai vraiment besoin d’afficher ma barre de vie et celle de mon adversaire, sachant qu’avec l’économie faite, je peux me mettre un modificateur qui donne une trainée d’énergie à mon épingle ? Certains modificateurs proposeront encore des choix plus cornéliens… Seriez-vous prêts à abandonner un point de vie pour gagner 15 emplacements ? Cette gestion donne un côté un peu RPG au jeu et amène à des configurations à la carte en fonction des actions à venir, par exemple avant d’aller affronter un boss.
Car oui, il y a des affrontements contre des boss dans le jeu et certains seront loin d’être aisés et nécessiteront de bien apprendre les patterns pour en venir à bout ! Encore une fois, si vous vous faites toucher, difficile de mettre la maniabilité en cause, car MIO répond parfaitement bien… Le meilleur conseil que l’on peut vous donner, c’est de ne pas confondre vitesse et précipitation ! Il faut savoir prendre son temps, quitte à ne filer qu’un seul coup pour éviter une attaque vous faisant perdre un précieux point de vie.
Ne vous en faites pas, il est possible de refaire le plein en allant s’abriter dans les bras rassurants d’une superviseuse (qui par la même occasion en profitera pour sauvegarder votre partie). L’autre point important à surveiller, c’est le nacre (la monnaie d’échange du jeu). Chaque robot est alimenté par une perle, quand il est vaincu il laisse s’échapper des gouttes de nacre (automatiquement collectées par notre personnage), par contre là où ça devient un peu plus tendu, c’est qu’une fois que notre personnage meurt, son nacre est définitivement perdu ! Et quand on se retrouve avec 400 nacres en poche, on y réfléchit à deux fois avant de pousser l’exploration dans une zone inconnue, au prix de perdre notre précieuse cargaison. Fort heureusement, il est possible de cristalliser son nacre, afin de le conserver, même en cas d’échec (il existe même un modificateur qui permet de cristalliser automatiquement une partie du nacre récolté).
Par chance, les développeurs ont pensé à l’accessibilité du titre, ainsi, les combats contre les boss sont généralement toujours proches d’un point de sauvegarde (pour éviter d’avoir à traverser une quinzaine de tableaux avant de remettre le couvert). Dans le même ordre d’idées, on trouve souvent des fontaines pour recharger son énergie pas loin des zones où l’on est susceptible d’en perdre… Preuve en est que les développeurs eux-mêmes se sont dit que le passage à traverser s’annonce plutôt corsé ! Enfin, il est possible d’activer 3 options d’assistance différentes. Boss usés qui permet de rendre les affrontements contre les boss retors un peu plus faciles au fil de vos essais. Pacifiste qui empêchera les autres ennemis de vous attaquer, tant que vous ne les attaquez pas, et enfin Guérison au sol qui vous octroie la possibilité de recharger un point de vie (et un seul) de façon automatique. Ces assistances de prime abord assez insignifiantes, apporteront pourtant un bol d’air bienvenu pour les joueurs débutants.
L’Arche est plutôt immense, mais rassurez-vous, comme dans tout bon metroidvania qui se respecte, vous pourrez débloquer des points de téléportation pour rejoindre en quelques secondes une zone éloignée et éviter ainsi la dangerosité de certains passages.
Il est vrai que par moments nous avons un peu ragé, surtout lorsqu’il était question de combiner l’utilisation de l’épingle pour s’accrocher à certains endroits, mais que ces mêmes endroits étaient proches d’une zone occupée par les plantes carnivores (ayant une appétence pour les robots), qui vous agrippent immédiatement quand vous passez trop proche d’elles… Cela devient d’autant plus compliqué quand il faut gérer la technique de la récolteuse qui consiste à récupérer de l’énergie pour enchainer un nouveau lancer d’épingles en tapant sur une bulle d’énergie en plein vol (car oui, le lancer d’épingle demande d’avoir une barre d’énergie pleine)… Oui c’est aussi compliqué à réaliser qu’à lire… Mais en trouvant le bon tempo, on finit par se sortir de (presque) toutes les situations. Dans le même ordre d’idées, si vous êtes bloqués, n’hésitez pas à retourner à des endroits que vous n’aviez pas fini d’explorer… Qui sait, avec des nouvelles capacités, c’est peut-être tout un nouveau monde qui s’offre à vous…
MIO, Belle et sympa
Mais MIO, c’est avant tout une ambiance… et quelle ambiance ! Même si les premiers instants peuvent un peu décontenancer de par l’aspect assez simple de notre personnage, on se plait finalement à suivre son évolution et surtout… surtout, on en prend plein la vue avec les magnifiques décors qui composent les différents tableaux que l’on traverse. Le parti pris très graphique, artistique, avec des couleurs aquarelle et ses crayonnés avec un léger cel-shading est vraiment agréable à l’œil.
Certaines zones inondent de couleurs et surtout de détails et ce à tous les plans ! On regrette même parfois de ne pas pouvoir explorer le monde qui nous est offert autrement qu’en 2 dimensions. La galerie de personnages et les boss que l’on croise tout au long de l’aventure s’avèrent tout aussi attachants… Malgré leur aspect mécanique et parfois « insectoïde », ils font tous montre d’une grande humanité…
Mais MIO ce n’est pas qu’une expérience graphique, c’est aussi un bonheur pour les oreilles. La bande-son est vraiment magnifique et colle parfaitement avec la beauté des tableaux que l’on parcourt. La musique change, s’arrête, s’adapte, devient plus vive et plus intense lors des affrontements contre les boss, mais elle est toujours parfaite et contribue à s’imprégner du côté très onirique du titre. Certains thèmes avec des chœurs donnent parfois juste l’envie de poser la manette et de contempler certains tableaux en profitant de la musique qui les accompagne. Les changements d’ambiance et de lieux sont fluides, les transitions se font de façon quasi transparente et on prend vraiment du plaisir à explorer les différentes zones de l’Arche. Le jeu est d’ailleurs plutôt riche et vous pouvez compter facilement près d’une trentaine d’heures de jeu pour en voir le bout… Rajoutez-en une bonne dizaine si vous voulez tout débloquer… Entre les courriers de Tomo, les numéros de série, les lettres des explorateurs et les 42 modificateurs à trouver, il y a de quoi faire… Et peut-être que vous y retournerez juste pour profiter d’un instant de dépaysement avec du bon son dans les oreilles, histoire de passer un moment hors du temps, confortablement assis dans votre canapé ou votre fauteuil de bureau…
MIO: Memories in Orbit a vraiment tout pour plaire et saura certainement séduire les amateurs de metroidvania, aussi bien les puristes que les débutants et c’est bien cela le plus important.
MIO: Memories in Orbit est disponible au prix de 19,99 euros sur l’eShop.
Conclusion
À l’image de la nacre qui fait vivre les robots sur l’Arche, MIO: Memories in Orbit est une petite perle au milieu des metroidvanias indépendants. Doté d’une identité qui lui est propre et d’une ambiance à même de vous faire voyager, que ce soit par la musique ou les tableaux (certains auraient toute leur place dans un musée). Nous pouvons déjà vous dire que ce titre est assurément en lice pour être LE jeu de ce début d’année ! Et il ne tient qu’à nous, joueurs, d’en faire le jeu de l’année ! N’hésitez pas, vous ne serez pas déçus.
LES PLUS
- Des tableaux dignes d’être dans un musée
- Maniabilité au top
- La bande-son
- Plutôt accessible malgré des passages difficiles
- La narration à travers les décors et les dialogues
- Certains robots que l’on croise
LES MOINS
- Certains passages où il faut jouer de la récolteuse





