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SOMA (Nintendo Switch 2) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
4 août 2026
dans Tests Nintendo Switch 2
Temps de lecture: 8 mins
1
SOMA
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Il existe des jeux d’horreur qui ne cherchent qu’à faire sursauter, à remplir chaque couloir de créatures répugnantes et à saturer les enceintes de bruits stridents. SOMA n’est pas de ceux-là. Derrière ses couloirs inondés et ses machines au regard vide, le titre de Frictional Games trimballe depuis 2015 une terreur bien plus insidieuse, celle qui s’accroche à l’esprit longtemps après le générique de fin. Onze ans plus tard, cette édition Nintendo Switch 2 lui offre une nouvelle jeunesse, et l’occasion de mesurer à quel point ses questions sur l’identité, la conscience et notre rapport à la technologie n’ont jamais été aussi actuelles.

Plongée en eaux troubles

SOMA

Avant SOMA, le studio suédois Frictional Games avait déjà traumatisé toute une génération de joueurs avec Amnesia: The Dark Descent, véritable jalon du survival horror à la première personne. Avec SOMA, l’équipe a choisi d’emmener son savoir-faire bien au-delà du simple frisson : l’horreur devient ici le véhicule d’une réflexion philosophique rare dans le médium. Cette version Switch 2, portée avec soin par Abylight Studios, ne réinvente rien, mais elle permet au chef-d’œuvre de Frictional de briller comme jamais sur console portable.

L’histoire débute en 2015. On y incarne Simon Jarrett, un jeune homme qui survit tant bien que mal à un grave accident de voiture. Les séquelles cérébrales le poussent à accepter un scanner expérimental, une cartographie complète de son cerveau destinée à modéliser l’effet de futurs traitements. La machine se referme sur lui, et lorsque Simon rouvre les yeux, rien n’est plus pareil. Le laboratoire a disparu, remplacé par les coursives délabrées d’une station sous-marine, PATHOS-II. Nous ne sommes plus en 2015, mais en 2104. Le monde de la surface n’est plus qu’un souvenir, et l’océan Atlantique écrase de toute sa masse ce qui reste de l’humanité.

Très vite, Simon croise Catherine, une scientifique dont l’esprit a été transféré dans un corps robotique, puis dans l’Omni-Tool que l’on porte au poignet. À deux, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé à la station, à ses habitants, et peut-être de sauver ce qui peut encore l’être. Le scénario distille ses révélations avec une maîtrise impressionnante, chaque terminal d’ordinateur, chaque enregistrement audio, chaque échange entre Simon et Catherine venant grignoter nos certitudes. Les dilemmes moraux s’accumulent, et les choix que l’on fait – ou que l’on croit faire – s’accrochent à la conscience bien après la partie. On ressort de SOMA lessivé, le cœur lourd, mais avec la sensation rare d’avoir traversé une œuvre qui nous a véritablement parlé.

Survivre, c’est renoncer à combattre

Côté gameplay, SOMA assume son minimalisme. Pas d’armes, pas de compétences à débloquer, pas de barre d’endurance à gérer. On se déplace dans les environnements en vue subjective, on explore, on lit, on écoute. Les puzzles émaillent la progression sans jamais la bloquer : rétablir le courant, rediriger des systèmes, ouvrir des portes verrouillées, tout passe par des interactions physiques qui renforcent l’immersion. On attrape une chaise, on la lance contre une vitre pour se frayer un chemin ; on jette un objet métallique à l’autre bout d’une salle pour détourner l’attention d’une créature.

Car il y a des créatures, justement. Des êtres mécaniques déformés, hybrides de chair et d’acier, qui hantent certaines sections de PATHOS-II. Face à elles, une seule règle : la discrétion. Se cacher, retenir son souffle, observer leurs déplacements et prier pour qu’elles ne se retournent pas. Ces séquences de fuite et d’évitement installent une tension palpable, et lorsque l’intelligence artificielle se montre imprévisible, la panique devient viscérale. Certaines rencontres s’essoufflent toutefois un peu, la faute à des patterns trop lisibles qui transforment l’angoisse en simple contretemps. Heureusement, le mode Sûr est là pour ceux qui préfèrent se concentrer sur la narration : les monstres restent présents, menaçants dans leur apparence, mais ils ne tuent plus. Une option bienvenue, qui ne trahit en rien l’atmosphère du jeu.

La Switch 2 lui va si bien

SOMA

La maniabilité sur Switch 2 ne souffre d’aucun défaut. Les contrôles, classiques pour un jeu à la première personne, répondent avec précision, que l’on joue en docké avec une manette Pro ou en mode portable. L’interface a été légèrement retravaillée pour gagner en lisibilité sur l’écran de la console, un détail qui prend tout son sens quand on lit des journaux dans la pénombre. On aurait aimé une utilisation du gyroscope pour ajuster la visée ou une option tactile pour naviguer dans les menus, mais le strict nécessaire est impeccablement exécuté.

Mikko Tarmia signe une partition d’une sobriété remarquable. La musique ne se manifeste que par touches, laissant le champ libre aux ambiances sonores qui font tout le sel de l’expérience. Goutte-à-goutte lancinant, échos mécaniques lointains, grincements de structures fatiguées, plaintes étouffées des créatures… Le sound design de SOMA est un modèle du genre, et il gagne encore à être vécu au casque. Le doublage anglais, porté par l’alchimie entre les deux interprètes principaux, donne une épaisseur bouleversante aux dialogues, et l’on salue la qualité de l’écriture qui ne verse jamais dans le mélodrame facile.

Techniquement, cette édition est un sans-faute. Le jeu tourne à 60 images par seconde, que l’on joue sur téléviseur ou en nomade, grâce à la mise à l’échelle de type DLSS propre à la machine. Les textures gagnent en finesse, l’éclairage amélioré donne encore plus de relief aux boyaux oppressants de PATHOS-II, et les temps de chargement ont été considérablement réduits. On circule d’une zone à l’autre sans coupure gênante, ce qui renforce l’immersion. Les fonds sous-marins, avec leurs jeux de lumière crépusculaires et leurs nuages de particules, profitent pleinement de cette cure de jouvence. L’ambiance visqueuse et désolée de la station reste intacte : le noir est toujours aussi profond, l’océan aussi écrasant.

Comptez entre sept et neuf heures pour atteindre la conclusion, en fonction de votre rythme de lecture et de votre affinité avec l’infiltration. La progression est linéaire, et même si l’on peut être tenté de relancer une partie pour éprouver certains choix moraux sous un autre angle, SOMA reste une expérience avant tout narrative, qu’on ne boude pas pour sa durée de vie relativement modeste. Chaque minute pèse son poids de réflexion.

Conclusion

7.3 /10

SOMA – Nintendo Switch 2 Edition ne cherche pas à réécrire son propre mythe, mais à le rendre plus accessible et plus beau que jamais. Cette version portable n’a rien à envier aux moutures précédentes, bien au contraire : la stabilité des 60 fps, la netteté des textures et la fluidité des transitions en font l’édition définitive pour qui veut emporter ce cauchemar philosophique partout avec soi.Au-delà de la technique, c’est le fond qui continue de hanter. À l’heure où les implants neuronaux et les intelligences artificielles génératives ne relèvent plus tout à fait de la science-fiction, SOMA n’a jamais semblé aussi prophétique. Peu de jeux osent poser des questions aussi dérangeantes sur la nature de l’humain, et encore moins y répondent avec autant de pudeur et d’intelligence. On en ressort ébranlé, le regard perdu dans le vide, un peu plus conscient de la fragilité de ce que l’on appelle « soi ». C’est bien la marque des très grandes œuvres.

LES PLUS

  • Une narration d’une puissance rare
  • Une atmosphère oppressante et immersive
  • Des puzzles physiques et cohérents
  • Performances exemplaires sur Switch 2
  • La meilleure version portable à ce jour

LES MOINS

  • Des phases d’infiltration inégales
  • Une durée de vie trop modeste
  • Pas d’utilisation du gyroscope ni de l’écran tactile
  • Un rythme parfois lent

Détail de la note

  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Gameplay 0
  • Graphismes 0
  • Durée de vie 0
  • Rejouabilité 0
  • Contrôles 0
  • Optimisation 0

Comments 1

  1. Juju says:
    16 minutes ago

    La meilleure version portable à ce jour…. et presque sur console ! A 30 fps sur ps4/5 (je ne sais pour pour les S/X).

    Répondre

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7.3
SOMA
Date de sortie : 24/07/2025
eShop

Note finale

7.3
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Gameplay 0
  • Graphismes 0
  • Durée de vie 0
  • Rejouabilité 0
  • Contrôles 0
  • Optimisation 0

LES PLUS

  • Une narration d’une puissance rare
  • Une atmosphère oppressante et immersive
  • Des puzzles physiques et cohérents
  • Performances exemplaires sur Switch 2
  • La meilleure version portable à ce jour

LES MOINS

  • Des phases d’infiltration inégales
  • Une durée de vie trop modeste
  • Pas d’utilisation du gyroscope ni de l’écran tactile
  • Un rythme parfois lent

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