Annoncé au départ sur les consoles de salon plus puissantes, nous avions un peu fait notre deuil de le voir arriver sur Switch 2. Mais un beau jour de Nintendo Direct, le 9 juin, Onimusha: Way of the Sword était annoncé sur Switch 2 aux côtés de ses compères Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen et Devil May Cry 5. Quelle joie à la rédaction de se dire que nous allions aussi pouvoir profiter de ce titre qui était plutôt attendu. Capcom a su nous rassurer cette année avec ses sorties de Resident Evil Requiem, Pragmata, Monster Hunter Stories 3: Twisted Reflection ou encore Devil May Cry 5. Aucun de ces jeux n’a réellement à rougir face à ses homologues sur machine plus puissante, certes, des concessions sont présentes, mais rien de vraiment méchant. Est-ce qu’Onimusha va bénéficier du même travail de qualité ? Eh bien, nous allons voir ça ensemble. Alors préparez votre plus beau gantelet Oni et aiguisez votre plus belle lame, c’est parti pour Onimusha: Way of the Sword !
Une histoire de samouraï
Nous sommes Miyamoto Musashi, un samouraï qui se bat pour être le meilleur. Notre aventure débute par l’affrontement contre le maître d’une école de sabre. Vaincu, l’école nous poursuit. Fuyant dans la forêt, nous croisons Ganryu Sasaki, autoproclamé notre rival. Mais notre rencontre sera brève : à peine le rencontrons-nous qu’il se fait tuer par un monstre humanoïde. Nous le rejoignons rapidement de l’autre côté du trépas. Fin du jeu, merci au revoir.
Bien sûr que non, ce n’est que le début. Un mystérieux homme en blanc nous fournit un gantelet, bien connu de la licence, c’est le gantelet Oni, qui permet de stocker et récupérer des âmes, mais surtout de nous permettre de rester vivant tant que nous le portons. De toute façon, il est impossible de s’en défaire.
Nous revenons donc à la vie. Le mystérieux gantelet finit par nous parler et nous demande de rejoindre un certain Takamura à Kyoto. C’est en le retrouvant que nous rencontrons Okuni, une jeune danseuse de kabuki. Et c’est là que nous découvrons la première grande surprise de Way of the Sword : Takamura possède lui aussi un gantelet Oni ! C’est la première fois dans la licence qu’un autre gantelet est disponible simultanément avec celui de notre protagoniste. Peu après, nous retrouvons aussi Ganryu, qui porte lui aussi un gantelet au bras.
L’homme en blanc les distribue donc à tous, ou presque. Nous apprenons rapidement qu’il nourrit des ambitions peu bénéfiques envers Kyoto. Notre rôle sera dès lors d’aider Takamura à protéger la ville pendant qu’il maintient fermée la porte Oni, celle qui relie Kyoto aux enfers. Nous devrons vaincre les monstres apparus en ville via les miasmes, des créatures humanoïdes appelées Genma.
Notons que comme tous les autres jeux Onimusha, notre héros est encore un personnage historique issu de l’ère Edo, un samouraï ayant réellement existé au XVIIe siècle. Et surtout modélisé autour d’un acteur réel, Toshirō Mifune, acteur décédé en 1997 avec pas moins de 130 films au compteur pendant près de 50 ans de carrière.
Un Souls-like pour débutant
Il est tentant de ranger Onimusha: Way of the Sword parmi les Souls-like, bien qu’il ne reprenne pas tous leurs codes. Impossible pourtant de ne pas en parler, tellement le jeu puise dans ces mécaniques fondamentales. Pas mal de boss sont présents, souvent en 1v1, et il faudra faire preuve de parades et d’esquives pour les vaincre. Pour vous soigner, vous disposez de haricots à charge limitée qui se rechargent quand vous activez un sanctuaire. Ces derniers réactivent aussi les adversaires dans la zone. Voilà pourquoi nous sommes un peu obligés de le classer dans les Souls-like. Mis à part ça, nous ne sommes pas vraiment dans cet univers sombre et pesant. Nous nous rapprochons finalement plus d’un action-RPG plutôt classique.
Affronter des adversaires vous donne des âmes rouges, qui permettent d’acheter divers objets et d’apprendre des capacités dans un arbre de compétences plutôt réduit. Vaincre de gros ennemis (type boss) vous procure des matériaux comme du coton et des lingots de fer, utiles pour améliorer votre tenue et votre épée, afin d’augmenter votre vie et votre endurance, ainsi que vos dégâts. Certaines capacités de l’arbre de talent exigent plutôt des Pierres d’Oni et des Pierres d’esprit, obtenues la plupart du temps comme récompenses de quêtes.
La progression est plutôt linéaire et classique. Avancer dans le jeu vous permet de trouver naturellement bon nombre de ces ressources, suffisamment en tout cas pour ne pas trop souffrir pendant l’aventure. L’exploration et la complétion de quêtes secondaires sont bien récompensées, ce qui nous donne envie de tout faire sur la carte.
Cette carte est d’ailleurs plutôt réduite : nous avons seulement Kyoto et quelques zones externes comme des châteaux ou un énorme labo souterrain. Kyoto est une zone ouverte, les autres sont plutôt des couloirs, voire parfois des labyrinthes avec énigmes, rien de bien compliqué. Nous sommes plutôt bien guidés et avançons en suivant un chemin balisé. Ce qui pourrait être un défaut pour certains est positif pour nous : c’est d’ailleurs une marque de fabrique de Capcom ces derniers temps, la plupart de leurs jeux privilégient la progression en couloir avec un accent sur l’histoire et le développement des protagonistes.
Bien que la progression soit linéaire, elle vous permet de débloquer progressivement l’accès à Kyoto dans son ensemble. Au départ, on croit à une mécanique type Assassin’s Creed où libérer le miasme des zones les dévérrouille, mais dans la réalité, tout est bien plus verrouillé par la progression narrative. Ce n’est pas grave, mais un peu frustrant, nous n’avons pas vraiment cette possibilité de découvrir la ville librement. On finit par la découvrir au gré de l’histoire, et peu d’intérêt à s’y balader ensuite.
Parlons aussi des quêtes secondaires, classées en trois types. Les premières sont des quêtes classiques : quelqu’un a un souci, on l’aide, on obtient des ressources. Le schéma est toujours identique : se rendre quelque part, massacrer des genmas, revenir au donneur. Les secondes sont liées à un personnage secondaire, Dame Murasaki, qui, ne pouvant se déplacer et travaillant comme écrivaine, vous demande de résoudre des missions. Là aussi, nous finissons par tabasser du méchant pour la satisfaire. Les dernières, toujours liées à ce même personnage, vous demandent de retrouver des Komainus (petits chiens) sur la carte, un peu comme des collectibles dans la plupart des jeux. Ils sont indiqués sur la carte, c’est plutôt facile à trouver. Ces trois types sont finalement assez répétitifs, et l’écriture globalement légère, voire inutile et mauvaise. Sauf peut-être celles de Murasaki qui sont un peu travaillées, sans être réellement intéressantes.
Le cœur du jeu reste les combats
Le système de combat est clairement le cœur d’Onimusha: Way of the Sword. Au menu, des affrontements au sabre contre des genmas et autres boss plus puissants. Pour y arriver, vous disposez d’une panoplie de mouvements suffisante pour tout faire. Une attaque simple se fera via X, un coup d’épée rapide, pas forcément très puissant, mais votre coup de base. Avec A, vous pouvez faire une attaque à deux mains, plus lente mais plus puissante. Avec R, vous utilisez une des reliques, les premières sont des dagues jumelles, puis vous trouverez une naginata qui crée des tornades, etc. Ces techniques requièrent la jauge Oni que vous récupérez en combattant et en absorbant les âmes bleues.
Mais voici la partie importante, celle qui nous fait penser aux Souls-like : la parade et l’esquive. Y vous permet de contrer, et avec le bon timing, non seulement vous ne prenez pas de dégâts, mais vous mettez aussi l’adversaire en difficulté pour faire baisser son endurance. B vous permet d’esquiver et, là aussi, le timing adéquat permet de contrer une prise ou de désavantager les adversaires.
Quand nous parlions de Souls-like pour débutants, c’est qu’il n’y a pas obligatoirement cette courbe d’apprentissage dédiée à mémoriser les mouvements d’un adversaire pour savoir quand parer ou esquiver. Ici, les actions requises sont indiquées à l’écran par la touche adéquate, ce qui vous permet simplement de suivre et de réagir. Il faudra quand même les placer avec le bon timing pour éviter de vous faire avoir. Agréable pour les joueurs occasionnels et complètement désactivable dans les options si vous préférez plus de défi.
Les boss sont assez nombreux et agréables, avec des timings et des mouvements variés. De plus, ils sont globalement très beaux et bien modélisés, parfois hyper classe, parfois plus répugnants. Ils s’inscrivent complètement dans l’univers japonais, la culture des yokais et des oni. Si vous êtes fan de la licence, vous ne serez pas surpris, on retrouve cette esthétique qui a fait d’Onimusha ce que l’on aime tant.
On regrettera cependant le manque de diversité dans les genmas de base. Toutefois, plus on avance, plus les adversaires se renforcent, ce qui rend les combats toujours un peu challengeants. Même si progresser dans les arbres de talents rend progressivement les genmas de base de simples sources d’âmes.
Les âmes existent en trois couleurs : jaune pour redonner de la vie, bleu pour recharger le pouvoir Oni, et rouge comme ressource à dépenser. Dans les anciens Onimusha, ne pas collecter rapidement les âmes faisait ressusciter les adversaires. Ici, ce n’est plus le cas, mais en revanche ils peuvent les absorber et se renforcer, double peine : moins d’âmes pour vous et ils deviennent plus puissants. Les boss deviennent redoutables quand ça arrive. Les âmes jaunes sont heureusement généreuses, après chaque combat, vous pouvez généralement vous régénérer complètement, ce qui lors des boss peut vous permettre de tenir un peu plus longtemps. Mais si vous n’êtes pas doué à la parade, vous prenez très très cher.
Techniquement inégal
Allez, on le sait, c’est la partie qui vous intéresse : la qualité du portage et ce que donne le jeu techniquement sur notre Switch 2. Crevons l’abcès tout de suite : c’est super, si vous n’avez pas d’autre support disponible.
Là où Pragmata s’en sortait très bien, c’est grâce à ses environnements plutôt cubiques et épurés, sans trop de végétation et sans trop de cheveux/barbes, même si nous souffrions à chaque vision des cheveux de la petite Diana. Onimusha: Way of the Sword dispose d’un environnement bien plus ouvert, avec beaucoup de végétation, ce qui tend à pixéliser globalement le jeu. Les textures sont parfois un peu floues (on soupçonne plutôt des soucis de chargement), mais surtout les cheveux et la barbe sont catastrophiques. Le personnage de Takamura en paie le prix fort — on sent un beau travail au niveau des vêtements et des accessoires, la peau est de qualité, mais les cheveux et la barbe nous ramènent à une époque bien plus proche de la PS3 que de la PS5. C’est simple, la qualité capillaire est au niveau de ce qu’on avait en début de Switch. On sent vraiment que le RE Engine n’y arrive pas sur Switch 2 à ce niveau. Si ce n’était visible qu’occasionnellement, ça passerait inaperçu, mais il y a bien trop de cinématiques en moteur pour nous le rappeler, notamment avec notre héros aux cheveux longs.
De plus, il y a un énorme problème de synchronisation labiale. Takamura, par exemple, ouvre la bouche une fois et quatre phrases partent à l’audio. Si nous sommes ravis du doublage complet en VF, il n’en reste pas moins que c’est assez horrible à regarder, surtout en 2026, avec la barbe catastrophique autour. Et c’est le cas de tout le monde dans le jeu — la synchronisation labiale est inexistante et nous avons l’impression de jouer à un jeu d’un autre temps. C’est vraiment dommage.
En dehors de ces petits détails, le jeu est fluide en toute circonstance. Nous n’avons pas vraiment ressenti de chute de framerate, aucun plantage même lors de très longues sessions. Les 30 fps annoncés sont constants et stables. On sent une légère différence entre les vidéos enregistrées (qui sont plutôt qualité PS5/PC) et le moteur de la Switch 2, mais en dehors des cheveux/barbes, c’est globalement identique. Il manque évidemment du travail sur les ombres et la lumière, mais on ne peut pas demander la lune à une console qui fonctionne aussi en mode portable.
Côté ambiance, le jeu est excellent. On ressent la patte Onimusha, modernisée. C’est un soft reboot de la saga sans en dénaturer le contenu ni l’atmosphère — il pousse simplement le gameplay et l’ambiance vers quelque chose de plus contemporain. La multitude de personnages secondaires, la structure en couloirs et la possibilité de choisir la difficulté entre facile et normal rendent le tout plutôt agréable.
Le jeu est accessible, fluide et surtout très joli pour de la Switch 2. On se souvient de l’époque Switch où il était impossible de rêver d’un jeu « comme les autres ». Mais la Switch 2, malgré son côté portable et sa puissance plus modérée, fait taire beaucoup de critiques et nous permet d’avoir les jeux de Capcom au même moment que sur les autres plateformes. Plus de décalage, plus de versions réduites, juste des concessions graphiques légères, un peu moins de gestion de lumière, et surtout… des cheveux horribles.
Le jeu est encore plus beau en mode portable qu’en mode TV. La résolution plus faible et l’écran plus petit gomment bien des problèmes de pixélisation. Le pop-in est d’ailleurs quasi inexistant, nous ne l’avons pas ressenti une seule fois. Les temps de chargement lors des téléportations sont relativement faibles et globalement rien n’a gâché notre expérience.
Conclusion
Onimusha: Way of the Sword nous rappelle à quel point Capcom est un excellent studio et surtout qu'il aime la Switch 2. Le travail de portage du jeu sur notre console est admirable. Bien sûr, il reste des soucis comme les cheveux, mais Capcom a toujours excellé dans la représentation de la nourriture, les cheveux n'ont en tout cas jamais été leur point fort, et ici nous avons vraiment l'impression d'être à l'ère de la Wii. En dehors de cela, le jeu est soigné, fluide, les 30 FPS annoncés sont présents et constants. Nous n'avons eu aucun ralentissement et le jeu se montre même parfois réellement très beau. Les combats sont exigeants sans être impossibles. On regrettera l'écriture minimaliste des quêtes secondaires et une ville de Kyoto un peu pauvre en contenu et en diversité. Cependant, ne boudons pas notre plaisir, nous avons passé 20h aux côtés de Musashi pour terminer le jeu ainsi que toutes ses quêtes, et nous en avons savouré chaque minute. Capcom réussit à relancer une franchise qui n'était plus vraiment à la mode en modernisant à la fois l'histoire et le gameplay.
LES PLUS
- Des concessions visuelles finalement minimes
- Des graphismes magnifiques pour une console portable et de salon
- Un gameplay très agréable et qui fonctionne bien
- Une durée de vie convenable pour un jeu solo
- Un plaisir de retrouver cette licence
- Capcom continue de faire très bien les choses sur Switch 2
LES MOINS
- Mais mon dieu ces cheveux et cette barbe ce n'est pas possible
- Une histoire finalement assez classique et sans grande surprise
- Des quêtes secondaires qui sont Fedex et sans réel intérêt
- Une ville de Kyoto un peu tristoune











