Il faut remonter à 2013 et Call of Duty: Ghosts sur Wii U pour se rappeler d’un Call of Duty sur une console Nintendo. Il faut remonter encore plus loin et revenir en 2011 pour se rappeler de Modern Warfare 3. C’est donc avec un enthousiasme non feint mais aussi une pointe d’appréhension que nous avons été reçus par Activision, Infinity Ward et Digital Legends pour découvrir Call of Duty: Modern Warfare 4, disponible le 23 octobre 2026 à quatre-vingts euros en physique comme sur l’eShop. À l’occasion de la sortie officielle de la campagne pour ceux qui ont précommandé le jeu, voici notre retour sur les nouvelles aventures de John Price.
Une campagne au gameplay varié et de nombreux décors

Call of Duty: Modern Warfare 4 nous amène en Corée. Alors que l’ancien dictateur de Corée du Nord vient de décéder, son fils prend le pouvoir et envahit son voisin du Sud. En plus de cette attaque surprise, nous découvrons que ce pays, aidé par le ministre de la Défense russe (incarné par Mads Mikkelsen), possède une arme impressionnante capable de neutraliser tous les systèmes électriques d’une large zone.
Dans ce contexte, nous incarnons à la fois un groupe de jeunes Coréens (et quelques Marines) qui se retrouvent face à la réalité de la guerre alors qu’ils sont en plein service militaire ainsi que John Price, prêt à tout pour restaurer la paix dans le monde.
Manette en main, la campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4 surprend par sa variété dans les missions. Le gameplay reste classique : nous arpentons les niveaux en tuant tous les adversaires que nous trouvons sur notre chemin. Cependant, les développeurs nous proposent de varier les plaisirs en échangeant régulièrement les points de vue, et par la même occasion, le style de jeu.
Nous alternons les combats et nous aurons à la fois à nous battre dans des tranchées, dans les rues de Paris, dans une voiture, un hélicoptère, et dans des bâtiments aussi variés les uns que les autres. Cependant, le jeu ne s’arrête pas là et nous allons aussi alterner ces phases de tir avec de véritables phases d’infiltration, de combats à mains nues et même de parkour.
La prise en main est par ailleurs très accessible et même si vous n’avez pas joué à Call of Duty depuis l’opus Wii U, il est possible de comprendre toutes les mécaniques en quelques instants. Le choix des armes est varié et même si une arme de départ ne nous convient pas, nous pouvons récupérer rapidement les affaires des ennemis tués.
Nous avons le choix entre plusieurs types d’armes qui, comme dans la plupart des jeux de tir, ont des forces et des faiblesses classiques : la mitrailleuse est efficace à courte distance, le sniper est lent mais puissant et précis alors que le fusil d’assaut offre un compromis intéressant.
Le jeu est entrecoupé par de nombreuses cinématiques doublées en français (sauf quand un personnage parle en coréen ou dans sa langue natale) qui, sur Nintendo Switch 2, sont graphiquement intéressantes.
Un portage réussi malgré des passages inégaux

La campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4 est une bonne mise en bouche pour le jeu. Nous avons pris du plaisir à parcourir toutes les missions et sa variété dans les actions à réaliser nous permet un amusement quasi-constant pendant toute l’aventure.
Le jeu alterne intelligemment les différentes phases de gameplay, et nous sommes aussi bien tendus lorsque nous devons fuir une zone militarisée avec un personnage sans grande capacité en combat qu’extatiques lorsque nous détruisons toutes les défenses ennemies dans notre hélicoptère.
Le nombre de checkpoints et d’options de difficulté renforce cette accessibilité : peu importe le joueur qui pose ses mains sur la campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4, il pourra trouver son compte, soit avec une difficulté très élevée (dans laquelle la moindre erreur est punie), soit avec une difficulté plus simple qui permet de s’amuser sans se frustrer.
L’histoire, même si toujours très « américaine » avec son manichéisme permanent (qui ne gênera pas les fans de la licence), se suit assez bien. Les cinématiques sont réussies, et surtout, le doublage des comédiens en langue originale est irréprochable.
Sur Nintendo Switch 2, Call of Duty: Modern Warfare 4 (sa campagne) s’en tire honorablement. Même si l’expérience connaît un downgrade conséquent par rapport aux autres versions, le plaisir est là, avec un jeu fluide en toute circonstance. Certaines cinématiques sont par ailleurs sublimes et rivalisent même avec certains des meilleurs portages de la console (comme Cyberpunk 2077).
Call of Duty: Modern Warfare 4 propose de nombreuses options qui exploitent parfaitement la console, permettant de jouer aussi bien à la manette, en mode souris ou au gyroscope (pour bouger entièrement notre caméra à la Splatoon ou uniquement notre arme). Ce nombre d’options est vraiment agréable et permet de trouver le style qui nous correspond.
Cette campagne, malgré d’indéniables qualités, possède aussi des défauts marqués qui pourraient rebuter les joueurs. Si la multiplication des points de vue permet un gameplay toujours renouvelé pour encore plus d’action, cette dernière a des conséquences néfastes pour un scénario poussif dont le traitement risque de décevoir les joueurs.
Mais un scénario qui manque de force

À force d’alterner les points de vue, nous connaissons très rapidement tous les tenants et les aboutissants de l’histoire. Tous les nœuds dramatiques (évènements scénaristiques) en perdent alors en force car les rebondissements deviennent prévisibles et sans saveur.
Le potentiel était là, avec un début sur les chapeaux de roue et une nouvelle équipe de soldats sud-coréens attachante, mais le développement de chaque personnage, peu importe le camp, reste superficiel. Les méchants sont méchants sans raison apparente et nous aimerions mieux connaître leurs motivations pour pouvoir vibrer avec les héros.
Le gameplay est parfois mal calibré et le climax manque de tension. Sans divulgâcher le récit, les combats à la fin du jeu sont trop simples et nous ressortons frustrés par la facilité des boss de fin qui n’en sont finalement pas. Il y a aussi un vrai décalage entre toutes les promesses du jeu qui nous accrochent dès le début et le traitement de celles-ci. C’est peut-être aussi là où Call of Duty: Modern Warfare 4 pèche : en voulant s’attaquer à tous les sujets, les scénaristes se perdent en chemin.
Le portage, même s’il est parfois de très grande qualité (et qu’il nous bluffe vraiment par moments !), est inégal. Certains passages sont magnifiques alors que d’autres sont pixelisés et mal rendus. L’expérience reste fluide mais le décalage graphique surprend et nous décontenance. Le doublage est excellent en anglais mais le résultat est plus mitigé en français. Nous sentons les comédiens derrière un micro au lieu de ressentir des personnages, même si la présence d’un doublage dans notre langue est un bonus non négligeable. Nous recommandons tout de même la version originale sous-titrée.
La durée de vie est assez courte en ligne droite : en fonction de la difficulté choisie, nous pouvons arpenter le titre entre six et neuf heures. La rejouabilité est faible, même si les acharnés pourront essayer de débloquer la difficulté ultime.
Malgré les défauts, la campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4 reste agréable. Nous aurions espéré plus, notamment avec ce rythme démarré sur les chapeaux de roue, mais nous restons sur une expérience solide qui remplit (presque trop) parfaitement le cahier des charges.
Impressions
La campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4 est une expérience inégale, assez courte en ligne droite mais qui reste agréable. Nous avons apprécié la variété dans le gameplay (et les décors) qui propose de nombreuses missions qui se renouvellent régulièrement ainsi que le doublage irréprochable en version originale. Le portage sur Nintendo Switch 2 connaît un downgrade évident, cependant certains passages sont bluffants techniquement avec des cinématiques sublimes ainsi que des décors détaillés. La campagne est par ailleurs parfaitement jouable en docké comme en portable avec une fluidité constante. Malgré ces importantes qualités, la campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4 possède aussi de nombreux défauts. Scénaristiquement, malgré les promesses initiales, le jeu alterne trop de points de vue pour que nous ayons de l’empathie pour les personnages. Nous savons trop rapidement les tenants et les aboutissants, ce qui nous empêche d’apprécier les nombreux rebondissements de l’histoire. En termes de gameplay, les combats en fin de partie sont trop faciles, créant un déséquilibre au moment du climax. Pour conclure, le portage, malgré sa fluidité constante et certains passages exceptionnels, connaît des baisses graphiques parfois inattendues au cœur d’une même séquence. La campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4 reste une belle expérience, facile à prendre en main et jouissive par moments, mais à force de vouloir faire les choses en grand, elle se perd parfois en chemin.







