L’année dernière, le metroidvania Morkull Ragast’s Rage passait entre nos mains mais ne parvenait pas à nous convaincre, le jeu n’atteignant même pas la moyenne. Malgré tout, Morkull revient dans cette suite inattendue, et surprise, il ne s’agit plus d’un metroidvania mais d’un boss rush. Les développeurs en ont-ils profité pour corriger leurs erreurs ?
Un boss rush qui ne se presse pas
Suite directe de Ragast’s Rage, Morkull Ascend to the Gods met à nouveau en scène le personnage de Morkull, qui, dans un délire meta, est conscient d’être un personnage de jeu vidéo et cherche à s’en échapper en battant 8 boss, tout en brisant constamment le quatrième mur. Le jeu reprend exactement là où le précédent s’arrêtait mais ne s’embarrasse pas de rappeler les événements passés pour les nouveaux venus. C’est après une brève séquence de tutoriel que le jeu révèle sa nature de boss rush, avec en guise de mise en bouche un premier boss, un rectangle vert représentant une hitbox et qui s’appelle… BOXI. L’occasion de bien appréhender les contrôles qui se limitent à une attaque rapide et une attaque forte, sauter, parer, esquiver et s’accroupir (et faire pipi…).
Passé ce premier boss, le jeu présente son hub d’où il sera possible de renforcer Morkull de façon permanente ou lui équiper des amulettes offrant des pouvoirs qui renforceront ses compétences, par exemple lancer des boules de feu ou se soigner en parant les attaques. Ce hub représentant l’intérieur d’un PC n’est en fait qu’un couloir avec d’un côté les boss et de l’autres les options de personnalisation, ce qui force à faire des allers-retours de plus en plus longs au fil des boss vaincus. Et malheureusement la progression est beaucoup trop limitée (et limitante). D’une part parce que les mécaniques ne sont toutes débloquées qu’après avoir vaincu le troisième boss (ce qui ne laisse que cinq vrais boss au final), d’autre part parce que chaque élément s’achète avec les âmes de boss, chaque boss n’en détenant que six. La première s’obtient la première fois qu’un boss est vaincu, deux autres s’il est battu en dessous d’un temps donné, et trois encore s’il est vaincu sans que Morkull ne subisse de dégâts. Cela permet en principe de créer un build personnalisé, mais dans les faits cela crée la possibilité de se rendre le jeu trop dur en répartissant mal ses âmes, alors que les critères d’obtention obligent finalement à tout mettre dans les dégâts puisqu’il faut battre le chrono et ne pas se faire toucher pour en obtenir la plupart…
Les boss en question, malgré les visuels dessinés à la main, ne sont pas particulièrement originaux ni palpitants : leur palette d’attaques est très limitée, les arènes sont pauvres et il s’agit le plus souvent d’attendre une ouverture pour attaquer, ce qui en fait une épreuve d’endurance très ennuyante, les vaincre n’offrant même pas de satisfaction. Et ce n’est pas l’intrigue très pauvre ni l’humour meta qui vont nous garder éveillés, les répliques de Morkull qui casse le quatrième mur avant chaque boss deviennent vite insupportables et tournent en rond. Pour couronner le tout, le comportement du jeu n’est pas constant. Par exemple afin de créer une opportunité d’attaque chez certains boss, il faut parer la leur pour les assommer mais ça ne fonctionne pas à tous les coups. Il existe aussi quelques bugs bloquants, impossible de valider un message après avoir vaincu un boss, nous obligeant à relancer le jeu et recommencer…
La bande-son n’aide pas non plus à sauver la mise. Les bruitages génériques se ressemblent tous et les musiques, peu inspirées et parfaitement oubliables, tapent sur les nerfs : la musique du menu principal est particulièrement mauvaise et semble avoir été faite à la va-vite sur FL Studio avec des samples génériques gratuits. Le jeu a tout de même le mérite de profiter d’une traduction française qui plus est de bonne facture !
Conclusion
Ennuyant, pas très fun, mal pensé, pas drôle... que de défauts pour cette suite qui choisissait pourtant de se concentrer sur les boss au lieu se viser trop haut avec un metroidvania. En créant des systèmes de meta-progression trop limités et qui n'offrent pas de vraies possibilités de builds, les développeurs ont surtout trouvé le moyen d'allonger artificiellement la durée de vie, ne proposant que trop peu de boss et chacun pouvant être battu plutôt vite. Comme son ainé, il n'obtient pas la moyenne, le jeu étant vendu tout de même quinze euros. Il est très difficile de le recommander, même en réduction. Heureusement ce n'est pas bien long.
LES PLUS
- Les visuels dessinés à la main
- Traduction française !
LES MOINS
- Pas très original
- Peu de boss
- Progression poussive
- Inconstant
- Les systèmes agissent contre le joueur au lieu de permettre des builds personnalisés
- 15 euros tout de même








