Troisième jeu vidéo de la licence Horse Club, Ride West quitte les centres équestres habituels pour le Far West. On a parcouru le Wild River Ranch sur Nintendo Switch pour voir ce que vaut cette nouvelle aventure, pensée avant tout pour un jeune public.
Une balade western simple et reposante
Le jeu est développé par Wild River Games GmbH, un studio allemand installé près de Munich et créé en 2018. Il s’est spécialisé dans les jeux pour enfants et familiaux avec plusieurs adaptations de licences Schleich, dont Horse Club, Dinosaurs, Bayala ou Eldrador Creatures. Wild River Games détient la licence Horse Club depuis 2021 et signe ici son troisième opus, après Horse Club Adventures et Horse Club Adventures 2: Hazelwood Stories.
Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire d’avoir joué aux opus précédents pour comprendre Ride West. Certains personnages déjà rencontrés reviennent mais l’aventure reste indépendante.
On commence par créer sa cavalière. Le choix est limité au personnage féminin, ce qui peut décevoir certains jeunes garçons, passionnés eux aussi d’équitation. Plusieurs coiffures, vêtements et accessoires sont proposés et l’apparence reste modifiable plus tard. Petit détail ergonomique : un seul appui sur le bouton de validation peut clore l’éditeur un peu vite.
On rejoint ensuite Hanna, Sofia, Sarah et Lisa au Wild River Ranch, un domaine tenu par Nalya. Celle-ci confie d’abord Amber, sa jument, mais pas question de partir avec elle sans avoir fait ses preuves. En réalité, ce cheval nous initie aux bases : apprendre à monter, à passer du pas au trot, et du galop au triple galop.
L’histoire principale tourne autour de M. Michaels, un propriétaire voisin qui veut construire des immeubles dans la vallée. On doit aussi préparer le concours d’équitation western. Le récit reste simple mais il donne un fil conducteur aux balades et activités.
À cheval : allures, sabots et statistiques
Le cœur du jeu reste l’équitation. Chaque cheval possède cinq caractéristiques : vitesse, endurance, agilité, saut et lien. Elles progressent en utilisant la monture : galoper améliore la vitesse et l’endurance, sauter développe le saut, et les caresses ou le brossage renforcent le lien. Les sabots servent au triple galop, la vitesse maximale ; ils se vident à l’usage puis se rechargent automatiquement.
Au total, six chevaux sont disponibles. Au départ, certains sont plus rapides, plus endurants ou plus agiles mais on peut faire progresser leurs statistiques. Un équidé supplémentaire s’obtient via une quête secondaire. Le jeu demande aussi de s’occuper de sa monture : caresses, douche et brossage du pelage font partie de l’entretien.
On récolte également des ingrédients pour Nalya, souvent derrière la maison ou près des objectifs de quête. Le ranch ne se limite donc pas à la selle : il faut aussi rendre service et explorer les environs.
Un monde ouvert pensé pour la promenade
Ride West propose un monde ouvert avec canyons, plaines arides, cours d’eau, cascades et mines abandonnées. L’ambiance western est visible partout, jusque dans les tenues et les décors. On peut suivre l’histoire mais aussi discuter avec les habitants pour obtenir des quêtes secondaires : retrouver des salamandres, chercher un trésor ou rendre divers services.
Les mini-jeux sont nombreux : environ 75 répartis sur la carte pour six types d’activités. On retrouve des courses, des slaloms entre poteaux, des parcours d’obstacles, du tir à l’arc, de la peinture ou de la guitare en jeu de rythme. Ces activités rapportent de l’argent et des éléments de personnalisation. Certains cosmétiques se débloquent aussi par des quêtes secondaires.
La personnalisation est plutôt généreuse, avec plus de 100 options combinables pour la cavalière et les chevaux. Le système de jour et de nuit permet de rentrer, de manger et de dormir, mais rien n’oblige à aller se coucher : on peut continuer à explorer ou profiter du coucher de soleil.
Comptez environ cinq heures pour terminer l’aventure principale. Le jeu reste court mais les quêtes secondaires, les défis et les mini-jeux prolongent l’expérience. Les objectifs internes sont simples à comprendre et encouragent à revenir explorer après la fin de l’histoire.
Agréable en selle, capricieuse à la caméra
L’équitation est l’une des bonnes surprises. Le cheval répond correctement, les allures se contrôlent sans difficulté et le jeu ajoute un dérapage contrôlé, le sliding stop, pour s’arrêter net ou prendre des virages serrés. Les sauts demandent un minimum de timing via une jauge : un mauvais déclenchement ne bloque pas l’épreuve mais rapporte moins de points.
La caméra, en revanche, complique parfois l’expérience. Elle doit être replacée régulièrement, les axes peuvent être inversés dans les options mais la sensibilité des joysticks n’est pas réglable. Pour les plus jeunes, cela demande un temps d’adaptation.
Le suivi des quêtes pose aussi problème : impossible de consulter proprement les missions dans le menu. Les objectifs apparaissent surtout lorsqu’on s’approche de la zone concernée. On ne peut pas placer de repères sur la carte et aucun voyage rapide n’est disponible. Lors des missions où l’on suit un personnage, celui-ci s’arrête net si on s’éloigne trop. L’intelligence artificielle reste très rudimentaire.
On a également relevé pas mal de bugs et des chutes de fluidité (framerate) avec des éléments qui apparaissent tard à l’écran, des chevaux bloqués par un petit obstacle et, plus rarement, une perte temporaire des commandes, ce qui nous oblige à relancer le jeu.
Visuellement, Ride West adopte un rendu cartoon aux couleurs vives, proche d’un dessin animé. Les décors western sont chaleureux et cohérents même si les maisons ne sont pas visitables (seule l’écurie l’est). Les chevaux se distinguent surtout par leur apparence et leur caractère dans les cinématiques ; leurs différences de conduite restent limitées.
La bande originale signée Winifred Phillips apporte une couleur western sans être forcément mémorable. Le doublage est entièrement en français avec un narrateur qui résume certaines actions. Un vrai plus pour les enfants qui lisent encore peu.
Conclusion
HORSE CLUB Ride West ne cherche pas à révolutionner le jeu équestre. Il propose une aventure simple, sans violence, avec une équitation agréable, un univers western coloré et suffisamment d’activités pour occuper les plus jeunes après l’histoire principale. Les défauts d’ergonomie, la caméra capricieuse et l’absence de journal de quêtes ou de voyage rapide pèsent parfois sur le confort mais ne cassent pas l’ensemble.Pour un enfant passionné de chevaux ou pour une première expérience en monde ouvert, le jeu remplit plutôt bien sa mission. Les joueurs plus expérimentés le trouveront court et répétitif, mais ce n’est pas vraiment le public visé.
LES PLUS
- L’ambiance western et les balades libres
- Le doublage français
- Les six chevaux à faire progresser
- La personnalisation généreuse
- Une aventure indépendante des précédents jeux
LES MOINS
- La caméra pénible et la sensibilité non réglable
- L’absence de journal de quêtes et de repères sur la carte
- Pas de voyage rapide
- Une histoire principale courte
- Des bugs, du pop-in et des chutes de framerate











