Si les jeux de plateformes à la sauce rétro vous font toujours un peu de l’œil…

Si vous n’avez pas peur de fouiner des niveaux en quête de quelques artefacts…

Si vous êtes friands des jeux d’arcade…

Bingo. Par ici les amis !

Rad Rodgers nous propose de retrouver la ferveur d’antan des jeux de plateformes, tout en plaçant le joueur dans la peau d’un petit garçon malicieux et dont les oreilles sont loin d’être chastes…

Tout débute par une scène ô combien classique. À 12 ans, vautré dans votre chambre, vous dégommez quelques ennemis sur votre console favorite. L’heure commence à se faire malvenue pour un petit garçon, et votre mère vient s’en tarder vous rappeler à l’ordre : jeune homme Ricardo Rodriguez, il faut aller vous coucher et fissa ! Sinon, la punition et la confiscation de votre jeu favori rôdent. Finalement pas si rebelle que cela, vous éteignez bien sagement le fruit de ce conflit de générations, et sombrez pour le pays des songes. Alors que la nuit est déjà bien avancée, vous êtes réveillé en sursaut par l’écran de la télévision qui s’allume et brille fortement tel un jumanji des temps modernes, vous voilà aspiré par la petite lucarne et visiblement prêt à en découdre avec ceux qui vous chercheraient des noises. Pour vous venir en aide, Rusty est là, votre console devenue votre sac à dos, prête à vous servir et à faire usage de ses bras puissants et d’une longueur hors norme (surtout pour une console). À peine arrivé qu’un gros pistolet arrive dans vos bras. Si avec tous ça vous n’arrivez pas à vos fins…!

La cinématique introductive est plutôt réussie. Soulignons tout de même qu’elle est en anglais, non traduite, mais les dessins et les bruitages permettent de bien comprendre ce qu’il se trame, même sans capter le moindre mot de la langue de Shakespeare. Maintenant que tout est fin prêt, lançons nous dans le vif du sujet.

Gameplay et Jouabilité :

Jeu de plateformes et d’arcade par excellence, la prise en main est plutôt rapide. La jouabilité est correcte mais l’absence du double saut se fait souvent sentir et l’atteinte de certaines plateformes peut s’avérer laborieuse. Sans subtilité pourtant, il vous suffit le plus souvent d’insister, de persévérer, pour l’atteindre enfin. Un poil frustrant lorsqu’un simple manque de jouabilité un peu rigide oblige le joueur à reproduire les mêmes gestes simplement pour arriver à ses fins.

Au fil de votre avancée, vous récolterez différentes armes. Grâce au système de lock (sauf en mode difficile) des ennemis, vous ne devriez pas rencontrer trop de soucis à les zigouiller rapidement. Pour les plus réticents, il vous suffira simplement de vous placer avec finesse sur une plateforme un peu isolée et de les bombarder de tirs jusqu’à leur mise à mort. Certains ennemis pourraient en revanche vous faire quelques faibles frayeurs, à surgir par surprise de l’écran. Rien de bien affreux, quelques tirs bien placés et nous n’en parlons déjà plus.

Votre objectif est très simple : atteindre la fin du niveau tout en récoltant tout ce que vous croiserez en chemin et notamment des pièces de puzzles. Réunir l’ensemble des pièces est indispensable pour espérer ouvrir la porte menant au niveau suivant. Oui, vous allez devoir faire quelques allés retours au sein d’un même tableau !

Nombreux bonus sont éparpillés partout dans chaque niveau, les passages secrets sont tout aussi multiples et relativement simples à découvrir. Si vous êtes habitués à toutes les petites astuces classiques des jeux de plateformes pour camoufler tel ou tel chemin, les retours en arrière au début des stages et les passages derrière des gros cailloux, les zones secrètes ne seront qu’une simple formalité pour vous.

Petit ajout appréciable en cours de route : de nombreux bonnets sont disséminés dans les zones les plus « secrètes ». Inutiles, ils vous permettront de frimer un peu et de changer de chapeaux en fonction de vos humeurs.

Au cours de votre chemin, vous pourrez faire quelques rencontres (nous y reviendrons, et plus particulièrement sur leur langage…) et inviter quelques compatriotes de jeux vidéo à vous rejoindre. Avec joie, ou pas, vous pourrez dès lors devenir Lo Wang ou encore Duke Nukem et bien d’autres ! Chaque personnage dispose de ses petites subtilités mais rien de bien distinctif, vous pourrez prendre votre chouchou sans vous poser trop de questions.

Enfin, votre parcours sera rythmé par de très nombreux passages où Dusty rentre en jeu : afin de palier à un bug du système, vous entrez dans le codage et allez remettre de l’ordre dans tout ça. Sombres et plutôt faciles, ces passages vous permettront de débloquer certaines zones, faire sauter de gros rochers ou encore faire apparaître de nouvelles plateformes. Bref, c’est indispensable ! L’idée de nous faire rentrer dans le monde lugubre de la programmation (en imagée hein…) est particulièrement bien pensée !

Univers et ambiance de jeu :

Les graphismes sont mitigés : ils semblent de loin assez réussis et colorés. Pourtant de près, la texture est parfois baveuse et sans précision. Certains passages manquent clairement de rigueur, difficile de savoir si la plateforme existe ou bien s’il ne s’agit que du décor en second plan ; c’est parti pour le saut de l’ange pour découvrir ce qu’il en est !

Si la cinématique du début est propre et bien dessinée, l’ensemble de l’univers du jeu reste correct mais sans grande finesse.

Les musiques quant à elles sont plutôt réussies, ainsi que les bruitages.

Quelques lignes désormais sur le langage du jeu. Soulignons avant toute chose qu’il est demandé en début de partie s’il s’agit d’un joueur enfant, ou bien d’un adulte. Selon votre choix, le vocabulaire employé sera tout autre, et pour avoir choisi la version adulte, effectivement, ne laissez pas vos bambins lire les quelques lignes de dialogues ! Sans grande raison, il est rapidement question de blagues salaces, allant même jusqu’à évoquer (sans trop savoir pourquoi) l’usage d’un plug anal (vous êtes bien sur Nintendo Town, ne quittez pas !). Difficile de bien comprendre l’intérêt d’un tel langage… Notre héros peut parfaitement être un ado un peu rebelle mais de là à faire parler de pipis/cacas ses connaissances de parcours… L’intérêt nous a sans doute échappé. Quoiqu’il en soit, le jeu n’y gagne pas grand chose et dans la mesure où ces passages restent furtifs et camouflés, le soft ne semble même pas vraiment assumer son parti pris. C’est posé là, comme ça. Comme un caca finalement.

Autres modes de jeux disponibles :

Avec plaisir, nous découvrons la présence d’un mode multijoueurs et autres petits rajouts:

La possibilité de jouer à plusieurs lors d’une partie classique. Autant dire que pour le coup, les ennemis n’ont AUCUNE chance.

Bataille : affrontez votre poto de canapé dans un duel d’une minute en plusieurs manches. Plutôt vif (mise à part cette jouabilité encore hasardeuse), le concept est assez fun et permet de passer une dizaine de minutes en s’amusant avec un mode multijoueurs en local sans chichi mais sympa.

Au fil de votre profession, vous débloquerez quelques bonus disponibles dans le menu : quelques planches artistiques et autres petites trouvailles que vous prendrez le temps d’observer au moins une fois… ou pas.

Fun et amusement :

Tous les ingrédients sont présents. Mais une fois mixés ensemble, difficile de franchement s’amuser sur ce soft. Sans être désagréable non plus, il lui manque assurément un peu de fraîcheur, une jouabilité plus poussée, et un challenge autre que de parvenir à atteindre une plateforme capricieuse.

Les niveaux sont néanmoins clairsemés par des minis jeux, inégaux dans leur réalisation mais qui ont le mérite d’être là et de proposer d’autres modes de jeux aux joueurs et notamment du scoring. Faire le saut le plus haut alors que l’eau envahit l’écran, réaliser le meilleur score au flipper (mollasson le flipper), ou encore bombarder dans le bon ordre les ennemis, quelques exemples de minis jeux qui vous sont proposés après les premiers niveaux de jeux. Ne soyons pas médisants, ces mini jeux renforcent quelques peu la durée de vie du soft.

Une durée de vie qui se veut plutôt courte pour ceux qui aiment terminer les niveaux à toute vitesse ; un peu plus longue pour ceux qui aiment creuser chaque recoin dans l’espoir d’y découvrir tous les secrets. Enfin, votre temps est compté et vous pourrez augmenter votre score en cumulant l’ensemble des bonus dans un temps le plus court possible. À vous de relever vos propres défis !

[amazon_link asins=’B07LFWS7S2′ template=’ProductCarousel’ store=’nintendotownf-21′ marketplace=’FR’ link_id=’a195773e-6cf8-4580-b40f-b22a28b95539′]

Le saviez vous ?

Rad Rodgers est issu d’une campagne Kickstarter débutée le 6 septembre 2016 et clôturée un mois plus tard. La récolte a été particulièrement bonne puisque l’équipe a réuni auprès de ses fans 81 861€, bien assez pour terminer son projet. Le jeu a été mené à bien tout en gardant à l’esprit l’objectif initial : ramener à nos jours l’âge d’or des jeux vidéo que les développeurs ont connu étant enfants, tout en y ajoutant de nouvelles mécaniques de jeux efficaces et des graphismes nouveaux.

Conclusion

5.9 /10

Rad Rodgers : Radical Édition est un jeu de plateformes/arcade sans prétention, avec quelques bonnes idées mais une jouabilité parfois hasardeuse et un univers particulier. Si les graphismes restent corrects mais sans prétention, l’ambiance un peu vulgaire du soft peut surprendre mais reste dissimulée pour les enfants et peu fréquente pour les adultes. A quoi sert t-elle ? Mystère et boule de chewing-gum pour notre héros des cours d’école qui visiblement n’a pas froid au yeux... ni aux oreilles !

LES PLUS

  • Nombreux bonus, passages secrets et minis jeux
  • Quelques références à l’univers des jeux vidéos, notamment dans le choix des personnages jouables
  • Présence de modes multijoueurs
  • Un univers particulier...

LES MOINS

  • ... qui ne plaira pas à tout le monde
  • Quelques bugs à signaler
  • Jouabilité parfois hasardeuse
  • Minis jeux peu travaillés

Détail de la note

Partager :