Type:Rider (Nintendo Switch) – Le test

Arte, la chaîne de télévision culturelle lancée en 1992 n’a eu de cesse de se diversifier et s’est lancée en 2013, par le biais de sa branche Arte Expérience, dans la production et l’édition de jeux vidéo, avec un premier titre initialement sorti sur PC et sur smartphones intitulé Type : Rider (qui sera suivi de plusieurs autres dans la même veine). En 2019, ce jeu à vocation culturelle sort sur Switch. Que vaut-il sur la console hybride de Nintendo ?

Type : Rider est un jeu d’aventure avec des puzzles disséminés dans les niveaux qui vont nous faire découvrir l’histoire de la typographie. Le format jeu vidéo est un biais particulier pour acquérir de nouvelles connaissances. On connaît les “Serious Games”, ces jeux qui permettent aux entreprises le plus souvent de former leurs salariés de façon ludique. On connaît les jeux historiques qui apprennent aux joueurs différents éléments historiques d’une période donnée. Et là, avec Type : Rider c’est l’écriture, de sa naissance à son automatisation en passant par de nombreuses étapes intermédiaires, que l’on passe en revue. On se rend alors compte qu’on connaît plein de choses de façon implicite, et qu’il y a aussi plein de choses qu’on a à découvrir. On fait des liens entre des périodes de l’histoire et des moments d’évolution de l’écriture. Des peintures rupestres de la Grotte Chauvet au langage informatique, l’humanité en a fait du chemin.

On dirige donc deux petits points noirs dans des niveaux en deux dimensions avec des éléments de décors et des éléments de fond reprenant la typographie de l’époque traversée. Ainsi, lorsque l’on traverse la période “Gothique”, on a des lettres en caractère gothique à escalader et en fond, on voit des parchemins avec des enluminures et des moines copistes. Quand on traverse la période “Clarendon”, les fonds sont d’inspiration Western, et on se rend compte qu’effectivement, si ce lettrage nous dit quelque chose, c’est qu’on l’a vu sur les avis de recherche dans les westerns ou dans des bandes dessinées par exemple. On chemine donc à travers les niveaux à la recherche des vingt-six lettres de l’alphabet. A travers chaque niveau, on débloque des explications sur la période traversée : un petit encart sur Gutenberg, sur la machine à écrire, sur le constructivisme russe, sur le mouvement hippie, etc.

Il y a à certains moments de petites énigmes à résoudre, comme des objets à pousser, des mécanismes à débloquer, il y a aussi des passages qui donneront plus de fil à retordre que d’autres, mais rien d’insurmontable. En cas d’échec, on retrouve nos deux petites billes quelques secondes avant notre raté et on recommence. Attention, il n’y a pas de score, donc ce système de Die & Retry n’est pas un frein en soi, mais certains passages nécessitent de s’y reprendre un grand nombre de fois et ça peut être un peu frustrant à la longue. Une mention spéciale est à attribuer à la musique qui nous accompagne tout au long du jeu. Elle est calme et douce et colle parfaitement à l’ambiance zen du titre. Graphiquement, Type : Rider est très épuré, et on reconnaît très bien les polices de caractères que l’on traverse. Un vrai coup de cœur pour le niveau intitulé “Pixel” qui rend hommage à la typographie liée à l’informatique et qui inclut un certain nombre de clins d’œil à la culture geek : un casse brique, Tetris, Snake…

Conclusion
Il est rare de voir un jeu mêlant un gameplay profond et efficace avec une vraie expérience d’apprentissage. On ressort de ce jeu en ayant survolé l’écriture de sa naissance à nos jours avec des graphismes très beaux, une musique calme et douce parfaitement adaptée à l’expérience. Seul bémol, la durée de vie est très courte, on peut boucler le jeu en moins de deux heures. Et la rejouabilité n’est pas excellente car il n’y a pas de compteur de score, que ce soit en termes de points ou en termes de chrono. Dans tous les cas, pour un premier essai dans le monde du jeu vidéo, Type : Rider est une réussite de la part d’Arte.
Points positifs
  • Un mélange de jeu et de savoir très bien conçu
  • La musique d’ambiance
  • Les graphismes épurés
Points négatifs
  • Beaucoup de Die & Retry
  • Une durée de vie très courte
7
Bon
Graphismes - 8
Musique - 8
Gameplay - 7
Durée de vie - 5
Intérêt - 7
martien martien
Ecrit par
Fan de Big N depuis la Gameboy, j'ai débuté les JV sur Atari ST. Bref, je suis un vieux joueur, mais j'aime les nouveautés autant que les jeux rétros (sauf le mauvais pixel-art)

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