Yono and the Celestial Elephants (Nintendo Switch) – Le test (deuxième avis)

Dans la pensée collective, l’éléphant est un animal mythique et mystérieux, parfois même doté d’une telle aura qu’il convient de lui rendre honneur. Si les plus jeunes bambins connaissent déjà le nom de cet imposant pachyderme, c’est sans surprise qu’on le retrouve dans diverses œuvres, qu’il s’agisse du célèbre Dumbo au cinéma ou encore du magistral Babar qui a su accompagner la jeunesse des adultes parcourant ce test. Le maître incontestable des grandes oreilles revient aujourd’hui dans un jeu vidéo qui le met tout particulièrement à l’honneur, entre croyances et jeux de pouvoir, le tout dans un univers bien plus enfantin que son histoire.

Développé par Neckbolt et édité par Plug In Digital, Yono and the Celestial Elephants propose aux joueurs une aventure richement colorée, pleine de douceur mais aussi d’enjeux politiques. On pourrait résumer le soft en un curieux mélange des genres, surprenant, sans doute peu aguicheur dans son histoire pour les plus jeunes mais pourtant irrésistible dans ses graphismes pour petits et grands.

Une histoire de pouvoir et d’enjeux pour la paix

Votre aventure débute par un petit miracle : Yono, charmant et déjà imposant jeune éléphant, vient tout bonnement de tomber du ciel ! Venant des étoiles, il s’avère être un peu perdu dans cet univers qu’il découvre. Il n’a alors qu’un seul objectif : aider autrui. Dans sa quête altruiste, il rencontre rapidement Sundura, une jeune fille semblable à une drôle de poupée de chiffon, qui a une épaisse soif d’aventures. Ensemble, vous voilà prêts à parcourir bien des contrées et à rencontrer toutes sortes de personnages, robots et joyeux morts vivants (trois mots improbables cote à cote !). Votre aventure vous conduira, en effet, dans plusieurs villages, détenant chacun une âme propre. Ainsi, si le peuple de Ventcolline vous semble plutôt « classique », votre rencontre prochaine dans un jardin où les morts sortent de terre devrait vous sembler un peu plus originale. Quant aux robots qui sont en plein conflit politique, nous vous laissons libre de juger ! Le soft laisse donc une place importante à son histoire, et ne peut en aucun cas se résumer à une aventure de puzzles et de casse tête. Le joueur est amené à lire nombre de dialogues, le tout en français, et à prendre le temps de fouiner les villages afin de répondre aux requêtes de chacun (et dégommer toutes les jarres au passage !).

Un éléphant, ça trompe énormément, et quoi d’autre ?

Afin d’avancer dans cette histoire moins légère qu’elle n’y paraît, Yono devra parcourir faire fi des dangers et des obstacles. Notre fidèle éléphant dispose pour cela de quelques actions indispensables. Elle pourra tout d’abord foncer droit devant afin de donner un énorme coup de tête. Et vu l’ampleur de la tête de l’animal, nul doute que l’impact doit être violent ! Il lui sera possible aussi de porter sur son dos toutes sortes de choses, plus ou moins utiles. Eh oui, pas d’inventaire ici, notre Yono ne pourra prendre qu’un seul objet à la fois !

A distance, elle fera usage de sa trompe comme bon vous semble ! En effet, cette dernière sera tout autant utile pour asperger de l’eau (qu’il vous faudra au préalable récupérer bien entendu), souffler sur un tas de feuilles automnales (ou sur quelques pissenlits, comme c’est charmant), ou encore lancer quelques cacahuètes tel un as de la sarbacane.

Chaque action se réalise avec une touche. Si le concept est simple, une erreur de touche est vite arrivée et sera souvent fatal. Fort heureusement, la mort est peu punitive et les contrôles sont rappelés dans le menu pause.La maniabilité de notre Yono est correcte dans son ensemble, même si elle pourrait être améliorée. En effet, le pachyderme peut sembler un peu lourd à manier (et pour cause…) et glisse parfois un peu trop sur les rebords des précipices. Néanmoins, rien de bien affreux qui ne nuise trop au jeu. Et puis il s’agit d’un éléphant tout de même !

Une aventure pour le plaisir de vos méninges

Les différentes endroits dans lesquels vous vous aventurerez, plein de courage et de bravoure, vous demanderont de mettre en action vos méninges. En effet, les casse-têtes sont le cœur même du jeu et se résument le plus souvent à déplacer des caisses convenablement, à utiliser des interrupteurs et à faire preuve d’un brin de jugeote pour comprendre ce qu’il convient de faire. Toutefois, la difficulté, plutôt accessible pour les adultes, pourra  néanmoins être plus difficile à gérer pour les enfants lors de certains passages. Une bonne observation permet de résoudre bien des énigmes… Chaque environnement détient ses propres codes et votre aventure se complexifiera légèrement au gré des heures. La glace, le feu, la roche et l’eau, autant d’éléments qui devront être manipuler avec intelligence.

Si Yono est costaud, il devra néanmoins faire preuve de courage pour affronter quelques ennemis belliqueux (mais pas franchement courageux) et quelques boss rebelles. Les ennemis requièrent simplement des coups de tête, tandis que les boss vous demanderont un peu plus de réflexion, tout en restant accessibles tout de même. Votre échelle de vie est représentée par de petits losanges rouges qu’il ne faudra pas laisser tomber à 0 pour éviter le Game Over (qui vous ramène non loin de là, rassurez-vous). À la manière de Link et de ses petits cœurs qui se multiplient, vous pourrez vous aussi accroître le nombre de losanges de vie en échange de quatre fragments de vie. Ces fragments sont disséminés un peu partout dans le jeu : dans les jarres à casser, dans des coffres ou encore en remerciement de vos bons et loyaux services. Afin de soulager le joueur de trajets fastidieux, Yono dispose d’un système de gares plutôt agréable qui permet de retourner rapidement dans les différents lieux stratégiques. Les quelques stations se débloquent au fil de l’aventure et rendent cette dernière moins rébarbative.

Un univers graphique et musical réussi

Le soft dispose d’une réalisation graphique sans chichi mais terriblement mignonne. Les couleurs y sont nombreuses et les dessins soignés. L’ensemble se révèle être une aventure pleine de poésie graphique, avec un coup de cœur pour le jardin des séparations qui s’avère être particulièrement réussi, perdu entre les tombes et les fleurs, les morts vivants et les squelettes. Le soft ne se perd pas dans des détails superflus, tout en conservant une certaine poésie. Ainsi, le vent viendra balayer quelques feuilles ou bien quelques pétales de fleurs. Autant de petites touches qui renforcent l’esthétisme du soft.

La cohérence musicale est tout aussi réussie. Les mélodies s’enchaînent au fil de vos déplacements, usant de charme et de notes singulières pour plonger le joueur dans l’ambiance. Les villes seront dès lors plus légères, le château plein de bravoure et cette fameuse contrée peuplée de morts rappellera les mélodies propres aux univers macabres sans tomber dans l’horreur ! Chacune des musiques vous accompagnera avec bonheur, et nul doute qu’elles ne vous agaceront jamais. Il arrivera  d’être surpris par leur qualité plus d’une fois, tandis que vous tenterez de résoudre un énième casse-tête.

Un éléphant pour compagnon ?

Proposé à près de 20 euros sur l’eshop de la Nintendo Switch (sensiblement au même prix dans une version physique), le soft mérite assurément une certaine reconnaissance des joueurs. Néanmoins, sa durée de vie reste un bémol qu’il convient de souligner. Comptez 6h pour atteindre le générique final (trop choupi aussi !) en prenant tout de même son temps. Et ne vous y trompez pas, malgré des graphismes enfantins, le soft se destine plutôt à un public adulte. Son histoire pas franchement rigolote et ses énigmes un poil trop compliquées pour les plus jeunes, pourraient bien refroidir plus d’une petite tête blonde. Néanmoins, les grands enfants devraient trouver à ce Yono un certain charme, tout en se laissant bercer par ses musiques parfaitement cohérentes à son univers.

Le saviez vous ?

Yono and the Celestial Elephants est d’autant plus admirable qu’il est l’œuvre d’une seule personne, Niklas Hallin, qui a su s’entourer d’un excellent compositeur, Burning Planète, pour offrir à son bébé des musiques dignes de son aventure. Celles ci sont d’ailleurs disponibles sur les plateformes d’écoute en ligne…

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Conclusion
Yono and the Celestial Elephants n’a guère à rougir face à ses concurrents. Doté d’un charme indéniable grâce à son univers soigné et cohérent jusqu’à la moindre petite note de musique, Yono parviendra à toucher les joueurs les plus sensibles. L’aventure ne sera guère très longue, mais néanmoins pourvue de nombreux casse-têtes qui auront l’élégance de ne pas nous laisser trop pantois devant notre écran. Les adultes avanceront sans grande difficulté, tandis que les enfants demanderont de l’aide pour certains passages.
Points positifs
  • Graphismes pleins de charme
  • Musiques particulièrement réussies et cohérentes avec chacun des univers
  • Énigmes accessibles pour les adultes
  • Totalement traduit en français
  • Véritable hommage aux éléphants
Points négatifs
  • Durée de vie moyenne
  • Quelques cafouillages dans les touches qui font perdre quelques points de vie bêtement
  • Une histoire pas très fun...
7.1
Bon
Graphismes - 7.5
Musiques - 9
Jouabilité - 7
Histoire - 6
Durée de vie / Tarif - 6
Ecrit par
Deux passions dans la vie : le monde animal et le monde du gaming ! Adepte des belles plumes, je "switch" entre les poils et les manettes =) .

1 commentaire

  1. C’est court mais mignon , pas sur que je me laisse tenter je ne suis pas vraiment le public

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