Vigor (Nintendo Switch) – Le test

Depuis les sorties de PUBG (Player’s Unknown Battlegrounds) et de Fortnite, et depuis la domination de ces deux jeux sur les “Battle Royale”, il ne reste que des miettes pour les nouveaux concurrents qui se risquent sur ce terrain. Des miettes, peut-être, mais avec de nouvelles idées de gameplay, le pari de réunir plusieurs centaines de milliers de joueurs peut être tenté et tenu. C’est vraisemblablement le coup de poker gagnant qu’ont tenté et réussi les développeurs de Bohemia Interactive avec Vigor !

Ma cabane au Canada…

En Norvège, elle n’est pas au Canada notre cabane, elle est en Norvège. Et dans une Norvège post-apocalyptique avec des nuages radioactifs qui se déplacent çà et là au gré du vent. Dans tous les cas, la cabane est plutôt jolie. Un peu vieillotte, mais spacieuse et bien placée, un peu en hauteur au-dessus d’un lac. En fait, cette cabane est notre refuge, notre hub. Au lieu de simplement passer d’un menu à un autre pour accéder à notre progression, on se balade autour de notre refuge et on va dans un bunker pour améliorer ses armes, dans sa chambre pour changer de tenue, à l’entrée pour voir sa progression.

On peut par exemple aller s’entraîner au tir, à deux pas de notre maison. Et là, on se rend compte que ça ne va pas être du tir au pigeon que l’on va faire. La physique des armes est très bien rendue et lorsqu’on tire une rafale de mitraillette, le canon de notre arme a tendance à monter vers le ciel si on ne la tient pas fermement. C’est une petite chose, mais qui renforce le côté réaliste et rugueux du jeu.

Bien sûr, Vigor étant un free to play, il propose des mécaniques de jeu pour faire revenir le joueur chaque jour avec des missions qui changent et un système de progression par niveaux avec des cadeaux à chaque palier. On peut aussi personnaliser notre personnage avec des skins cosmétiques en vente dans la boutique du jeu. Ce système n’est pas intrusif et on peut jouer sans être contraint par les achats, ce qui est agréable.

…Est tapie au fond des bois…

Le but du jeu est de participer à des combats en ligne de trois types. On peut se lancer dans des expéditions pour récupérer des matériaux qui vont nous servir à améliorer notre camp de base et notre armement. Les expéditions se pratiquent seul, ou avec un exilé aléatoire ou mieux encore, avec un ami qui possède le jeu aussi. Les expéditions se jouent contre des adversaires au nombre de sept. Ces autres exilés sont comme nous, cherchent du loot et des ennemis à abattre, et ils peuvent comme nous quitter la partie dès qu’ils approchent d’une zone d’extraction. Chaque carte comporte plusieurs points d’exfiltration, ce qui permet de ne pas forcément croiser d’adversaires quand on essaie de fuir, ou plutôt de sauver tout le loot récupéré sur la carte.

Le jeu propose aussi des matchs à mort où il faut survivre face à cinq adversaires pendant dix minutes. On respawne à chaque mort jusqu’à la dernière minute où la mort devient définitive. Et enfin, un mode de jeu à élimination fait jouer par équipes avec plusieurs manches. On commence par un combat simple puis avant que ça ne s’éternise, on finit avec un mode capture de drapeau. Le jeu se joue en cinq manches gagnantes.

Le mode principal étant le mode expédition, il faut savoir qu’on peut s’y lancer de trois façons différentes. La première, on s’équipe, on fonce, on ramasse un maximum de loot et on tue les adversaires ou on est tué. Le vrai risque dans ce cas, c’est de perdre tout son équipement. La seconde façon, c’est de partir sans rien, pas d’armes, pas d’objets, et de se dire que si on trouve du matériel et qu’on réussit à s’extraire du jeu à temps, c’est gagné, mais que si on se fait repérer par un ennemi et tuer, on n’aura pas perdu grand-chose.

La troisième façon, c’est un mélange des deux précédentes. On s’équipe comme il faut pour être prêt à faire face en cas de mauvaise rencontre. On se prépare à récupérer un maximum de loot, mais surtout on s’assure moyennant finances, c’est-à-dire qu’on paie pour récupérer tout notre équipement en cas de mort prématurée. Mine de rien, cette idée est intéressante car on peut partir au combat avec une arme dernier cri que l’on vient de se construire sans avoir peur de la perdre. Dans tous les cas, la tension est palpable quand on se lance, quelle que soit sa façon de jouer. On part au combat, sans savoir si on va revenir et ça fait tout le sel du jeu.

…Il y a des écureuils sur le seuil

Graphiquement, le jeu est très beau. Les environnements qu’ils soient ensoleillés ou sous la neige ou la grisaille sont vraiment très réussis. La profondeur de champ est assez impressionnante, et couplée au fait qu’en cours de partie, il n’y a pas de musique mais simplement le bruit de nos pas, on est vraiment plongé au cœur des sombres forêts norvégiennes. Le sound design est très bon.

On entend les fougères craquer sous nos pieds, et on distingue surtout le son des balles de chaque arme du jeu. Chaque détonation est différente, et lorsqu’on les entend, on sait si un combat est proche ou loin de nous. Les maps sont variées et chacune propose des points d’intérêt à trouver. De plus quand on se lance dans une expédition, on ne sait jamais à quel endroit de la map on va se retrouver.

Le jeu propose une gestion très complète de son refuge, et c’est ce qui fait vraiment la différence avec un battle royale classique. Avec Vigor, le challenge va au-delà de simplement terminer premier. Il faut se poser la question de savoir si on veut vite progresser dans le pass de combat ou si on préfère améliorer son campement et ses armes en récupérant des matériaux.  Un autre système très ingénieux mis en place consiste avant le début d’une expédition à payer un peu d’argent du jeu pour avoir plus de butin ou avoir le contenu des coffres amélioré. Si chacun des huit joueurs y met de sa poche, la valeur du butin peut être augmentée de 500%. Un petit bémol concerne les temps d’attente pour se connecter aux parties qui prennent parfois jusqu’à quatre à cinq minutes.

Conclusion
On peut reconnaître un bon jeu quand, une fois la console éteinte, on y repense et on se dit : la prochaine fois, il faudra que je trouve absolument des clous et de l’essence pour améliorer mon campement. La prochaine fois, je prendrai un fusil d’assaut plutôt qu’une mitraillette. Vigor a cet effet là sur le joueur. On y pense entre les parties et on a envie d’y revenir. Pour faire mieux que la partie précédente. Vigor est plus qu’un battle royale, l’aspect gestion compte réellement, et il pourra intéresser bien plus de joueurs que les seuls fous de la gâchette.
Points positifs
  • Des graphismes somptueux
  • Un hub central bien conçu
  • Une Norvège post-apo réaliste
  • Un gameplay réaliste
  • Le côté gestion
  • Un mélange combat exploration réussi
  • Des expéditions sous tension
Points négatifs
  • Hélas pas mal d’attente pour rejoindre une partie
  • Un système financier de type free-to-play
9
Excellent
Graphismes - 10
Son / Musique - 8
Gameplay - 9
Durée de vie - 9
Fun - 9
martien martien
Ecrit par
Je joue depuis l'Atari ST et j'ai acheté la Gameboy Day One. Bref, je suis un vieux joueur, mais j'aime les nouveautés autant que les jeux rétros...

8 commentaires

  1. J’ai du mal à comprendre pourquoi un système financier F2P peut-être considéré comme un point négatif ?

    Répondre
    • Fire Akuma

      C’est l’avis du testeur ^^ Il a le droit d’avoir son avis =)

      Répondre
    • regarde juste league of legends…

      Répondre
  2. martien martien

    en tant que parent, je trouve les micro-transactions très désagréables dans le jeu. Les enfants ne se rendent pas compte du coût des éléments cosmétiques et les éditeurs en profitent.
    en tant que vieux joueur, j’ai vraiment du mal à comprendre l’intérêt d’acheter des skins pour son perso ou pour ses armes…

    Répondre
  3. Orchidia01

    Je ne suis pas du tout du même avis avec toi pour le graphisme ! Il est immonde ! Ils ont fait un patch pour le graphisme ? En tout cas tu as eu un sacré coup de coeur pour ce jeu ! Une chance qu’il passe en ftp ^^

    Répondre
    • martien martien

      merci pour ton commentaire Orchidia01 !
      oui les graphismes m’ont plu, j’en ai marre des jeux en pixel-art ou du style cartoon à la Fortnite, je trouve que Vigor fait plus mature que ce qu’on trouve habituellement sur Switch et ça fait du bien.
      Après tu sais ce qu’on dit du goût et des couleurs…

      Répondre
      • Orchidia01

        Oui oui je sais ^^ ( viens de voir ton commentaire que maintenant ^^”) Mais je parlais + de la qualité graphique que de l’aspect réaliste ou cartoon ^^

        Là il est devenu gratuit je vais le retester voir ce que ça donne ^^

        Répondre
  4. Le jeu est très beau à la base mais son passage sur switch est douloureux. Le jeu reste néanmoins appréciable, vivement une switch 2 pour remédier à ce souci.

    Répondre

Poster un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Mot de passe perdu

Please enter your username or email address. You will receive a link to create a new password via email.

S'inscrire