Roller Coaster Tycoon 3 : Complete Edition (Nintendo Switch) – Le test

Nombreux joueurs gardent, au creux de leur mémoire, le souvenir d’un jeu de gestion savoureux et addictif, un jeu où il était possible de concevoir de très nombreux parcs d’attractions, malmenant parfois certains visiteurs pour leur plus grand plaisir. Difficile d’évoquer ce type de jeux sans citer deux gros mastodontes des années 90/2000 : le célèbre Theme Park, disponible sur SNES, vous rappelle probablement de beaux souvenirs… Tandis que d’autres seront émus à l’évocation du célèbre Roller Coaster Tycoon (les « Tycoon » à toutes les sauces fleurissaient presque à outrance à l’époque !). Si les premiers peuvent se rabattre sur les émulateurs, les seconds seront heureux d’appendre le grand retour de la licence Roller Coaster sur Nintendo Switch (faisons l’impasse sur Roller Coaster Tycoon Adventures qui ne mérite pas forcément que nous nous étalions à son sujet). Si les montagnes russes à l’origine des pires vomitos, les glaces à la fraise hors de prix et les sodas à côté des toilettes publiques ne vous posent aucun problème, peut-être avez vous le talent d’un fin bâtisseur de parcs d’attractions ? Vérifions donc tout cela…

Sorti en 1999 sur Mac et PC, Roller Coaster Tycoon premier du titre est rapidement devenu l’une des références des jeux de gestions de parcs d’attractions. Salué par les joueurs, notre équipe chez Nintendo-Town n’a pas échappé à cette effervescence de pirouettes et de cabrioles dans de petites carlingues à roulettes : nous étions aussi de fervents admirateurs de ces montagnes russes par dizaines ! Quelle joie d’apprendre alors la sortie du troisième opus de cette licence sur la Switch… mais serions-nous aussi friands de ces stands de glaces aux fils d’attentes improbables ? Les Madeleine de Proust sont si rudes à trouver…

À l’occasion de la sortie sur Switch de cet opus, le titre propose les deux contenus additionnels, « Délires Aquatiques » et « Distractions Sauvages », inclus. De quoi décupler les possibilités… Chic chic chic ! Sans plus attendre, lançons-nous enfin !

Sans fioriture, le jeu s’ouvre rapidement sur un menu simple mais coloré. Le choix sera rapide à ce stade : êtes-vous plutôt attiré par l’ambitieuse carrière ou le reposant bac à sable ? L’un et l’autre proposent des modes de jeux assez distincts malgré tout puisque le premier comportera bon nombre de défis, tandis que le second laisse totalement libre votre imagination, sans limite financière (waaaaaaaa). Nous reviendrons par la suite sur les menus consacrés à l’édition pure (et dure).

Une carrière pleine de rebondissements

Tout comme son prédécesseur original, le mode carrière vous propose de vous mettre au défi dans différentes situations plus ou moins délicates. Si le premier cas de figure fait davantage office de tutoriel, les suivants vous demanderont rapidement une bonne prise en main du jeu et une logique implacable pour devenir apprenti, entrepreneur et enfin magnat (le grand kéké du jeu) . Chacun de ces titres sera acquis suite à des missions qu’il vous faudra accomplir parfois avec une contrainte de temps : nombre de visiteurs, valeur du parc, récompenses, classement de votre parc… Les scénarios sont multiples et nombreux (18 campagnes dédiées au Roller Coaster traditionnel, 9 pour le délire aquatique et 12 pour les distractions sauvages). Certaines missions seront donc davantage axées sur le monde sauvage, tandis que d’autres s’attarderont davantage sur le complexe aquatique. Tout le monde trouvera donc un thème adapté à ses goûts ainsi qu’à son niveau.

Le plan de votre carrière s’avère particulièrement vaste et laborieux. De très nombreuses structures attendent de vous un travail colossal, avec des objectifs précis et parfois assez complexes à décrocher. Fort heureusement, le nombre très correct de scénarios permet de passer d’une structure à une autre, et éviter ainsi de rester immanquablement sur le même parc. Néanmoins, sachez que nombreux scénarios ne seront pas accessibles dès le début et qu’il conviendra de terminer les missions précédentes pour pouvoir les découvrir.

La quiétude du bac à sable

Tel un enfant insouciant, vous retrouverez avec bonheur le bac à sable pour construire vraisemblablement le parc d’attractions de vos rêves avec l’immense satisfaction de finances illimitées. Libre alors à vous de construire avec soin des zones consacrées aux attractions les plus calmes, non loin des plus abracadabrantes, ou encore une complexe aquatique immense… et pourquoi pas un safari géant ? Les possibilités sont multiples (sans attendre dans ce cas de figure les résultats des nombreux plans de recherche permettant de débloquer la majorité des capacités du jeu !) et vous aurez le bonheur de constater l’important choix d’attractions disponibles. Certains tracés de montagnes russes demanderont néanmoins d’avoir terminé quelques missions, mais qu’importe… puisqu’il vous est possible de réaliser vous-même vos propres trains fous !

L’édition en question

Véritable fer de lance de la licence, la conception de ses propres montagnes russes représente l’un des points forts des jeux Roller Coaster. Cette faculté est donc, bien entendu, disponible dans cet opus et les possibilités restent énormes… Attention tout de même à ne pas concevoir une attraction dangereuse pour vos visiteurs… Quelle très mauvaise image de marque qu’un accident dans votre parc !

Afin de réaliser le train fou de vos rêves, le soft met à votre disposition une multitude de rails, de rampes, d’accélérations et de freins, mais aussi de trains et de wagonnets en tous genres, afin de coller sans difficulté au thème de votre parc. Chacun pourra concevoir la montagne russe de son choix, à condition tout de même de faire preuve d’un peu de patience.

La conception ressemble fortement à celle d’ores et déjà disponible sur PC. Le joueur est invité à monter sa structure rail par rail, tout en prenant soin à la bonne logique générale : n’hésitez pas à multiplier les crémaillères (ces petites chaînettes qui traînent le train sans effort) pour permettre à votre train de monter sans difficulté les montées les plus folles, ajoutez-y quelques effets au fil du parcours, et surtout soignez vos décors… le choix est vaste. Bien entendu, vous êtes libre de choisir les couleurs de tout cela, sans vous empêtrer dans les pots de peintures ! Sur le papier, l’idée est excellente. Dans les faits, la conception s’avère assez vite laborieuse, avec des manipulation à la manette pas toujours très agréable… Il vous faudra assurément beaucoup de patience pour mettre au point la montagne russe dont vous rêvez, le soft ne manquant pas de vous rendre chèvre lors de certaines manipulations. Une fois votre conception enfin terminée, vient le moment de la sauvegarder en vue de la faire trôner au centre de votre prochain parc. Nous vous souhaitons plus de chance que nous n’en avons eu : une erreur nous a conduit automatiquement au menu général de la Switch. Nous avons perdu notre beau tracé ! Une seconde tentative a cette fois-ci fonctionné… mais force est de reconnaître que nous avons mis moins de cœur à l’ouvrage, de crainte de tout perdre une seconde fois.

Si la réalisation de montagnes russes reste assurément la plus intéressante du soft (sans pour autant être chose aisée), elle n’est pourtant pas la seule disponible au sein du menu dédié à l’édition. En effet, il vous est aussi possible d’imaginer un visiteur ou toute une famille (ou groupe d’amis) : choisissez le physique général des personnages, mais aussi leur look et leurs préférences en terme d’attractions… un petit plus mignon mais dont l’esthétisme n’est assurément pas à son paroxysme sur Nintendo Switch… Les personnages sont en effet particulièrement cubiques et ne reflètent en aucun cas les compétences de la console. Une édition qui pourrait néanmoins amuser les plus jeunes… tandis que les adultes s’attarderont davantage sur les montagnes russes ! Certes, il est fort rigolo de retrouver ses propres petits personnages ensuite dans le parc… mais cela ne vous changera pas grand-chose au jeu !

Enfin, il vous est aussi possible de concevoir dans ce menu dédié des bâtiments originaux avant de les inclure dans votre parc. Cette fois, vous voilà fin bâtisseur du BTP dans l’âme, en quête des bâtiments les plus fous. Les multiples éléments dédiés à cet effet sont ainsi disponibles dans le menu. Idéal pour concevoir des décors sans se soucier des visiteurs. Reconnaissons tout de même avoir cherché pendant de longues minutes comment sauvegarder nos réalisations… Petit indice : sélectionnez l’onglet « Plus », vous y trouverez le menu « Structures personnalisées ». Ne vous reste plus alors qu’à sélectionner la zone précise  de votre construction.

Constructions et désolations

L’ensemble du soft repose sur deux menus circulaires de part et d’autre de l’écran. Celui de droite est davantage dédié à la construction tandis que celui de gauche s’intéresse principalement à la gestion. L’un et l’autre permettent d’accéder à une multitude d’options qu’il vous faut gérer (ou bien laisser comme c’est, cela fonctionne aussi !). Dans la pratique, la prise en main demande un peu de temps, malgré un tutoriel assez lourd. Chaque onglet dispose néanmoins d’une petite étiquette afin de vous aider à naviguer dans l’ensemble de ces vastes menus.

Chacune de vos acquisitions sera source de multiples points à paramétrer (ou pas pour les plus feignants, pensez à ouvrir le stand tout de même !). Un simple café pourra alors avoir son propre petit nom, mais vous pourrez aussi choisir la composition de ce dernier en additionnant les carrés de sucre ou la crème fouettée… D’ailleurs, savez-vous ce que pensent les visiteurs de ce café ? Tout, vous saurez tout, et même ce dont vous n’avez pas grand-chose à faire !

Bien entendu, les paramètres sont d’autant plus nombreux qu’il s’agit d’attractions… Les développeurs ont en effet poussé la gestion à son paroxysme et nous avons vraiment eu l’agréable sensation de pouvoir concevoir un parc à notre image, surtout dans le bac à sable, sans être chapeauté par la tutelle des missions, cela va de soi.

Avec autant d’options disponibles, il est fort à prévoir que vous passerez beaucoup de temps dans les menus. Certaines manipulations restent néanmoins assez laborieuses, et nous aurions apprécié une intelligence un peu plus poussée du logiciel, notamment pour l’installation des chemins par exemple. Le mode tactile n’est malheureusement pas disponible…

Au cours de votre partie, il est possible de déplacer votre curseur comme s’il s’agissait davantage d’une souris d’ordinateur. Pour faire cela, appuyez simplement sur le joystick droit. Cette manipulation rapide permet parfois de se sortir de menus tortueux où la manette devient un frein évident. Un détail diront certains, un bon point tout de même d’avoir instauré ce petit plus.

Distractions sauvages discutables

Si la licence Roller Coaster a su nous charmer dans notre jeunesse, son homologue animalier Zoo Tycoon nous évoque tout autant de bons souvenirs. C’est donc avec une joie non dissimulée que nous avons recherché pareille excitation dans les enclos sauvages de notre test du jour. Si le nombre d’espèces disponibles peut s’avérer correct pour un contenu additionnel, sans pour autant être grandiose, l’agencement des enclos reste globalement très précaire. Fort heureusement, il vous sera possible d’user des décors consacrés au parc pour enjoliver quelque peu l’espace des animaux… mais de là à dire qu’ils répondent au bien être de ces espèces, il y a un pas de géant. Ainsi, le paramétrage des zones consacrées aux animaux reste bien trop succinct, malgré des naissances qui arrivent rapidement au sein de notre structure. Les plus foufous d’entre vous laisseront par curiosité les animaux dangereux s’évader en pleine foule… Allez, nous l’avons tous fait ! Nous vous laissons découvrir ce qu’il advient alors… Préparez vos flèches tranquillisantes les amis !

Retour dans le passé

Graphiquement… Aïe aïe aïe !

Si certains joueurs s’accrocheront pour la prise main à la manette de l’ensemble du jeu et se feront un point d’honneur à concevoir coûte que coûte leurs propres montagnes russes, difficile de ne pas tomber d’accord sur un manque évident d’esthétisme dans le choix graphique. Ce dernier ressemble lourdement à ceux proposés en 2004… Autant reconnaître rapidement qu’ils sont particulièrement cubiques, pour ne pas dire franchement laids. Les textures sont grossières et la découverte de vos attractions vues de l’intérieur devrait rapidement vous dégoûter (cette caméra embarquée, révolutionnaire à l’époque, n’est plus qu’un gadget aujourd’hui avec des graphismes aussi rétros !). Nous gardons un fâcheux souvenir de notre aquarium avec des poissons ressemblant plus à des poissons panés qu’à des poissons tropicaux.

Les graphismes risquent ainsi vraisemblablement de vous agresser la rétine au fil de vos multiples zooms au cœur de votre parc. La vue générale, relativement éloignée, reste plus propre.

La charte musicale reste, quant à elle, d’une qualité très discutable. Un détail certes, mais la puissance d’un parc d’attractions réside aussi dans son ambiance générale, une ambiance qui malgré nos multiples efforts, a bien eu du mal à prendre… comme un véritable pétard mouillé des années 2000 !

Roller Coaster Tycoon 3 : Complete Edition est disponible sur l’eShop de la Nintendo Switch au prix de 30 euros environ.

Le saviez-vous ?

Une telle licence donne lieu à de multiples anecdotes et records… Connaissez-vous par exemple l’exploit d’un certain Marcel sur le soft Roller Coaster Tycoon 2 ? Ce dernier est à l’origine d’une attraction qui dure, dans la vraie vie, pas moins de… 12 ans ! Utilisant avec talent les différents paramètres du jeu, ainsi qu’une bonne dose de malice, Marcel a détrôné le précédent record de 232 jours.

Sa création originale est à découvrir sur YouTube, via le lien ci dessous : Voir la vidéo

 

Conclusion
Notre constat final reste globalement mitigé sur ce Roller Coaster. Ne manquant assurément pas de contenu, il parviendra à satisfaire les plus amoureux de la licence qui ont fait leur première main sur cette série inoubliable. Ils y retrouveront la multitude d’attractions et de snacks, sans oublier les dizaines de décors à disséminer dans le parc de leur rêve. Néanmoins, la jouabilité très discutable et le manque assuré d’ergonomie du jeu à la manette (le temps passé dans les menus n’en est pas moins conséquent), auront raison des moins passionnés. Enfin, la tolérance aux graphismes cubiques et aux textures baveuses appartient à chacun... Même si les yeux de nombreux gamers risquent de saigner dans les séquences au plus proche des visiteurs !
Points positifs
  • Enfin un véritable Roller Coaster Tycoon sur Switch
  • Un contenu important pour concevoir le parc de ses rêves
  • Nombreuses missions et un bac à sable idéal pour se faire plaisir
  • Tout est paramétrable, ou presque !
Points négatifs
  • Jouabilité malheureusement toujours moins agréable qu’à la souris
  • Des graphismes forcément d’un autre temps
  • Des enclos pour animaux un peu trop simplistes...
  • Conception des montagnes russes pas toujours simple...
5.8
Moyen
Graphismes - 4
Jouabilité - 5
Contenu - 8
Fun - 6
Ecrit par
Deux passions dans la vie : le monde animal et le monde du gaming ! Adepte des belles plumes, je "switch" entre les poils et les manettes =) .

1 commentaire

  1. Oui mais est-ce que le jeu tourne bien, quand on fait un grand park? Et dans l’ensemble ca reste bien un rollercoaster tycoon pas comme l’autre version switch d’Atari dégueulasse?

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