Ghostrunner (Nintendo Switch) – Le test

Le studio polonais One More Level nous présente son premier jeu, Ghostrunner, un jeu dont le titre ambitieux s’impose comme l’une des sensations indé de cette fin d’année. L’univers de Ghostrunner nous plonge dans un monde cyberpunk futuriste où l’unique rempart qu’il reste à l’Homme est une tour gigantesque à travers laquelle les derniers humains se battent pour survivre.

Comme dans la plupart des dystopies, la tour incarne la hiérarchie de la société, sous la joute stricte du Maître des Clefs. Néanmoins cette organisation hiérarchique, plus proche d’une dictature qu’autre chose, ne s’est pas mise en place sans incident. Vous le découvrez par ailleurs au travers d’une cinématique dans laquelle notre héros, engagé dans la rébellion, est jeté du haut de la tour.

Notre personnage alors amnésique, se réveille et se voit guidé par une voix mystérieuse qui lui demandera de la libérer et reprendre le combat contre le Maître des Clefs. Mais ce ne sera pas chose aisée, puisque de rudes épreuves attendent notre héros telles que des soldats, des obstacles, des menaces en tout genre qui ne feront que se dresser sur sa route.

Si le scénario semble assez simple et loin d’être original en premier lieu, cela ne nous empêche pas d’être transporté par l’univers et les différentes intrigues.

  • Un Mirror’s Edge à la sauce Cyberpunk

Ghostrunner ne fait pas dans la demi-mesure, vous serez tout de suite mis dans l’ambiance avec le premier niveau du jeu qui sert de tutoriel. Attention cependant, le parkour est très punitif et comporte peu d’indications, même s’il loin d’être représentatif du reste de l’aventure. Vous l’aurez compris, le tutoriel vous forcera à tâtonner avec le peu d’informations que vous recevrez pour tenter de progresser dans le jeu.

Ghostrunner est un avant tout un jeu de parkour un peu à la manière d’un Mirror’s Edge, mais le tout dans une version beaucoup plus punitive et frénétique. En effet, le jeu vous met dans le bain immédiatement avec sa règle du « one shot, one kill » faites-vous toucher une seule fois et c’est la mort. Ça pique, n’est-ce pas ?

Afin de progresser, il vous faudra donc sprinter, sauter, enchaîner les plateformes et trancher les ennemis à coup de katana à un rythme particulièrement soutenu, sauce fast FPS. Le mot d’ordre dans Ghostrunner : la frénésie, tout va donc très vite et doit aller très vite, même votre mort… Vous vous retrouverez donc parfois à devoir recommencer une bonne dizaine de fois les parcours pour comprendre comment enchaîner la séquence correctement ou trouver quelle parade est la bonne pour massacrer les ennemis tout en slidant sur les murs. Le ‘die and retry’ est très mis en avant dans le jeu et vous ne pourrez pas relâcher la pression sous aucun moment. Patience et retenue seront vos maîtres mots ! En ligne droite comptez une dizaine d’heures pour finir la vingtaine de niveaux de Ghostrunner, mais dans les faits, trouver la bonne manière de traverser chaque séquence allongera bien la durée de vie du jeu.

Au fur et à mesure que vous progresserez dans les étages de la tour, la difficulté s’intensifiera de manière parfaitement maitrisée. Les simples soldats seront rapidement remplacés par des unités d’élite aux capacités propres. Pour un premier jet, One More Level a fait preuve d’une excellente maitrise à ce niveau.

Progresser vous demandera une excellente maitrise des touches, car il ne suffira pas de sauter d’un mur à l’autre, il vous faudra également éviter les balles qui fuseront de part et d’autre, car comme indiqué plus haut : une balle et c’est la mort assurée.

Pour se faire, vous pourrez alors compter sur votre capacité à ralentir le temps, en mode bullet time, afin de vous permettre d’éviter étroitement les tirs de balles, mais aussi pour vous retrouver au plus près des ennemis et les trancher en deux. Cette même compétence vous permettra de sauter plus loin, d’aller plus vite ou tout simplement d’atteindre une plateforme mal placée. Mais ici encore patience sera de mise pour maitriser cette capacité, sinon cela vous coûtera de nombreuses morts. Heureusement pour vous, le héros réapparait vite, vous laissant la possibilité d’enchaîner les tentatives rapidement.

Tout au long de la progression, vous pourrez débloquer de nouvelles compétences lors de passages dans le CyberVoid. Il s’agit d’un monde virtuel de niveaux intermédiaires – oui, des niveaux dans les niveaux – mélangeant séquences de plateformes et d’énigmes. Les phases du CyberVoid feront plus office de moments de pause tant le contraste est important avec le reste du titre en termes d’exigence et de pression. Ainsi les nouvelles compétences obtenues pourront vous permettre d’utiliser un grappin afin de progresser plus vite dans l’ascension de la tour, mais aussi de vous téléporter à la vitesse éclair derrière un ennemi pour le tuer. En effet, le jeu imposant un rythme effréné d’attaques et d’esquives pour venir à bout des adversaire, les compétences que vous acquerrez telles que telle que la vague d’énergie découpant plusieurs sbires d’un coup seront plus que les bienvenues !

De nouvelles interactions avec l’environnement seront-elles aussi les bienvenues puisque les premiers niveaux seront assez pauvres sur ce plan-là. Au bout d’un moment, vous pourrez réaliser des sauts vertigineux, lancer des shurikens pour désactiver des mécanismes électroniques ou encore vous suspendre à des rails pour glisser à toute vitesse. Malheureusement il vous faudra patienter jusqu’à la seconde moitié du jeu pour profiter de toute cette richesse en matière de level design, qui jusque-là sera plutôt classique mais malgré tout très bon. Et si la difficulté et l’exigence de Ghostrunner pourrait nous rebuter, on a tendance à en redemander encore et encore tels de parfaits masochistes !

Ghostrunner est loin d’être un titre simple et facile, mais on se laisse prendre au jeu. On prend goût à l’adrénaline, à la tension qui se créer, on désire toujours aller plus loin et surtout, finir le niveau pour pouvoir sauvegarder. En effet, il ne sera pas possible de quitter la partie à un checkpoint en pensant y revenir. Puisque lorsque vous relancerez le jeu, vous serez automatiquement téléporté au début du niveau. Pervers, n’est-ce pas ? Et c’est certainement le défaut le plus frustrant du jeu.

  • L’ambiance et le visuel dans tout ça ?

Ghostrunner nous bluffera par la beauté et la qualité de ses graphismes, et ce, dès l’écran titre. On ne pourra que tirer notre chapeau à One More Level, qui pour une production de taille moyenne, aura su rendre le jeu particulièrement beau. Même si l’univers cyberpunk est plutôt pas mal exploité ces temps-ci, le jeu parvient malgré tout à exploiter sa propre identité visuelle, nous dévoilant des décors rudement bien travaillés, pour peu qu’on prenne le temps de s’y attarder. Bien que les interactions avec l’environnement soient plutôt limitées, celui-ci se trouve être riche en détails. Le jeu dévoilera par ailleurs tout son potentiel visuel qu’au bout d’un certain nombre de niveaux, avec des ambiances plus travaillées, contrairement aux premiers niveaux à l’ambiance plus industriel et donc moins unique.

Toute l’aventure du jeu sera rythmée par une ambiance musicale des plus fines et soignée. One More Level a bien évidemment opté pour des morceaux électro très rythmés qui ne font qu’honorer l’univers cyberpunk, mais aussi la nervosité et l’intensité du gameplay. Toutefois la bande son peut s’avérer parfois un brin répétitif au bout d’un moment.

Conclusion
One More Level aura placé la barre haut pour leur première réalisation avec Ghostrunner. Le jeu nous permet de nous défouler de manière subtile et intelligente dans laquelle nos reflexes seront mis à rude épreuves, au même titre que nos nerfs, le tout dans un univers futuriste et ultra frénétique. Le rythme vous fera parfois rager, suer des mains et vous demander à quel point vous êtes si talentueux ou au contraire si merdique. Il vous faudra alors bien appréhender les maps, mémoriser la séquence à réaliser, retenir la position des ennemis, enchainer les phases de plateformes, le tout le plus rapidement possible, encore et encore. Mais s’il est autant exigeant, Ghostrunner se montre également extrêmement addictif ! Il faut dire, l’univers et l’ambiance musicale y jouent beaucoup. Outre sa difficulté et son système de sauvegarde contraignant, difficile de lui trouver d’autre points négatifs. Quant à la différence de graphismes d’une console à une autre, celle-ci n’est pas comparable et n’entre donc pas en compte. Un excellent jeu dans lequel l’ivresse de la vitesse couplée à nos reflexes et notre maitrise parfaite des contrôles nous poussera à nous surpasser pour gravir le sommet de cette tour au plus vite !
Points positifs
  • De la vitesse et de l’action survoltée
  • La difficulté croissante
  • Gameplay très exigeant mais maitrisable et maitrisé
  • Bande son intense et plaisante
  • Combats sanglants
  • Temps de chargement rapide
  • Univers cyberpunk de toute beauté
  • Le souci du détail dans le décor
  • Bonne gestion de l’arbre de compétences
Points négatifs
  • Très difficile
  • Très punitif
  • One shot, one kill
  • Système de sauvegarde contraignant
  • Prix un peu trop élevé
8.1
Génial
Gameplay - 8.5
Graphismes - 7.75
Bande-son - 8
Contenu - 8.5
Intérêt - 7.5
Ivy
Ecrit par
Passionnée de jeux vidéo depuis l'enfance, ils m'aident à surmonter les épreuves de la vie. Ils me permettent de m'évader et ils m'aident à respirer.

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