1993 Shenandoah (Nintendo Switch) – Le test

09 juillet 2020, la Nintendo Switch accueille, en exclusivité consoles, un nouveau shoot them up à défilement horizontal. Nouveau est un bien grand mot puisque, comme son nom l’indique, 1993 Shenandoah est vieux de 27 ans. Enterré au dernier moment par ses concepteurs suite à des querelles amoureuses, c’est sur Amiga que le titre était initialement prévu. Embarquez avec nous dans le vaisseau pour une sorte de rétro vers le futur hors du commun.

Histoires stellaires

Vers la fin des guerres interstellaires, une bande de mercenaires, dirigée par le colonel Nestor, profite du chaos ambiant pour s’emparer du Shenandoah, une machine qui sert à terraformer les planètes stériles. Avec cet outil ultime, Nestor et sa bande d’affreux ont en tête de conquérir l’univers, mettant en péril la plupart des systèmes stellaires connus. C’est là que nous intervenons, pour contrecarrer les plans du colonel.

 

 

Loot them up

En lançant une nouvelle partie, nous devons choisir parmi trois slots de sauvegarde, puis ensuite la difficulté : Rookie, Skilled ou Hardcore. Les deux premiers bénéficient d’un nombre trois vies avec continues infinis et d’un bouclier que nous ne retrouverons pas en mode difficile qui, pour couronner le tout, ne vous donne que 3 vies seulement, sans continue. Il faut savoir que lorsqu’un niveau de difficulté est choisi, il ne sera plus possible de le modifier. Il faudra prendre une nouvelle sauvegarde pour ça et nous vous expliquerons pourquoi un peu plus bas.

Au démarrage, nous disposons de six cents pièces d’or et nous devons acheter un vaisseau, parmi neuf au choix. Six vaisseaux de classe 1 qui, ça tombe bien, coûtent juste le montant actuel de notre bourse et puis trois vaisseaux de classe 2, coûtant chacun deux mille cinq cents pièces.

Durant nos missions, nous gagnerons de l’argent en ramassant des items dédiés et lâchés par les ennemis tués. Ils sont représentés par de petits cristaux et suivant leurs couleurs, nous pourrons amasser de vingt-cinq à cent cinquante pièces d’un coup, échelonnées par tranche de vingt-cinq. Dans 1993 Shenandoah, la monnaie ne nous servira pas qu’à acheter des vaisseaux. Il est possible d’équiper ces derniers avec des modules et, suivant la classe de notre engin, nous pourrons en ajouter de deux à quatre. Ces modules sont dotés de canons divers et variés que nous pourrons placer au-dessus, au-dessous, devant ou derrière le vaisseau et il y en a plus d’une vingtaine. Toujours moyennant finances, chaque vaisseau et module peuvent évoluer de trois niveaux. Il est possible de farmer de la monnaie à volonté et ainsi de s’acheter l’intégralité de ce que propose la boutique, puisque le jeu sauvegarde notre progression et qu’il est possible de rejouer les tableaux autant de fois que nous le voulons, même après avoir fini le jeu. Plus nous jouons, plus nous nous équipons et plus c’est over-cheaté, mais ce n’est pas pour nous déplaire. En revanche, il n’est pas possible de s’équiper jusqu’aux dents en mode facile pour revenir tout dégommer en mode hardcore, puisque le mode de difficulté est choisi au moment de la première sauvegarde. En plus de faire nos Crésus de l’espace, d’autres items sont récupérables durant nos bastons spatiales ; cela reste classique avec des bombes, des upgrades, ou de la recharge de boucliers. Ces derniers sont représentés par de petites boulettes blanches, qui disparaissent à chaque impact, formant un arc de cercle plus ou moins grand suivant le type de vaisseau. Il protège des petites blessures, mais pas des gros lasers et autres armes sadiques que l’on peut trouver dans tout bon shump qui se respecte. Autre point qui intéressera les high-scorer, il y a cinq ennemis qui donnent des bonus de points au bout d’un certain nombre d’entre eux, éliminés à la chaîne. Enfin, pour en finir avec les loot et le gameplay, il est possible de jouer à 4 simultanément et comme pour pimenter les parties muliplayers, l’argent récolté ne tombe pas dans un pot commun.

Ça shoot dur ?

Pour terminer le jeu, il faudra parcourir six planètes divisées chacune en deux phases : une dans l’espace et l’autre en vol au-dessus de la planète. Au total donc, une douzaine de niveaux avec quelques autres qui viendront s’ajouter, soit en finissant le jeu, soit en les débusquant, car oui, il y a des niveaux cachés. Cela nous a pris une à deux heures en mode Rookie et Skilled où le jeu est extrêmement court et plus que facile. Cela reste des modes fun pour les débutants ou pour les joueurs qui adorent les shoots them up, mais qui n’y arrivent pas et cela permet tout de même de passer encore plus d’heures de jeux lorsque l’on veut acheter l’intégralité du magasin. En revanche, le mode Hardcore porte très bien son nom et s’adresse carrément aux habitués du genre.

Vamos Amiga

Graphiquement, nous retrouvons le style de l’époque, propre à l’Amiga, que beaucoup aiment appeler le style Bitmap Brothers, très en vogue dans les 90’s. Cela donne vraiment l’impression qu’aucune retouche n’a été faite depuis que la disquette de Shenandoah: Daughter of the Stars (titre original du jeu) a été retrouvée dans son grenier par son propriétaire. À coup sûr, cela titillera la corde sensible des anciens joueurs de l’Amiga 500 et son affichage de 32 couleurs maximum. Pour ceux qui n’ont pas connu, cela paraîtra, au mieux, comme du vintage et au pire, cela mettra en évidence le peu de moyens techniques disponibles de cette ère. De notre côté, nous savons que dans la même période où était prévue la sortie du jeu, d’autres concurrents on fait beaucoup mieux. Pour la bande-son, rien n’a été retouché non plus : les musiques et les bruitages, créés avec les trackers de l’époque, ont été conservés. Cela donne un rendu assez kitsch au niveau des pistes et avec des inégalités de réglages sonores entre le son des tirs et les explosions, par exemple. Du côté de la maniabilité, c’est correct et il y a une bonne ergonomie sur la répartition des boutons : un pour le shoot, l’autre pour les bombes et L et R pour orienter le bouclier.

Conclusion
La perspective de pouvoir jouer un shoot them up avorté, puis dépoussiéré et ressorti des cartons une vingtaine d’années plus tard, nous a tout de suite emballé. Surtout que le jeu était prévu sur une machine qui a marqué son temps avec des hits sortis la même année, comme Uridium 2 ou Disposable Hero. Malheureusement, si 1993 Shenandoah nous sert une certaine saveur de l’époque en ayant conservé ses caractéristiques techniques telles quelles, son goût est trop léger et dilué par le poids des années, mais surtout par une programmation basique d’adolescents amateurs depuis leur garage. Le jeu pourra être conseillé aux collectionneurs de shmup, aux anciens de l’Amiga ou à ceux qui aiment les jeux faciles pour chiller, mais à condition de guetter les promos fréquentes sur l’eShop qui le propose souvent à moins de 2 € tandis que le reste du temps il coûte quand même 12,99 €, ce qui n’est pas justifié.
Points positifs
  • Jouable à 4
  • Des niveaux cachés
  • Le nombre et la variété de modules à accrocher aux vaisseaux
Points négatifs
  • Pas de juste milieu dans les niveaux de difficulté
  • Une réalisation très moyenne même pour l’époque
  • Son prix (hors promos)
5.8
Moyen
Graphismes - 6
Bande-son - 5
Maniabilité - 8
Gameplay - 5
Difficulté - 5
Durée de vie - 6
Ecrit par
Joueur depuis la Nintendo Entertainement System, je n'ai jamais laché les manettes de la Firme Japonaise.

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