Shakes on a Plane (Nintendo Switch) – Le test

NT test express à votre écoute, un test pour Shakes on a Plane, très bien. Et c’est un … party-game, je le note. Oui aucun souci, c’est le huitième cette semaine, on a l’habitude maintenant, on va vous faire ça aux petits oignons. Quelques infos à nous donner avant que l’on se lance dans l’aventure. C’est un clone non dissimulé d’Overcooked. Ça devrait être fun alors ? Réponse à la faim … du test.

J’ai glissé sous le vent…

Shakes on a Plane c’est d’abord un scénario. Nous incarnons une bande d’extraterrestres ayant encore perdu l’équivalent d’un top-chef intergalactique. Bien évidemment nous ne pouvons rester sur cette défaite infamante et cherchons de quoi améliorer nos productions culinaires. Ça tombe bien, car sur une petite planète bleue se trouve un mets encore jamais vu dans cette partie de la galaxie : le Hamburger ! Et ce délice est servi dans un lieu bien improbable : un avion. Il nous faudra donc prendre la place du personnel de cabine pour découvrir les secrets de cette recette encore jamais vue.

Une histoire qui ne ressemble à rien et qui est donc parfaitement adaptée à un party-game. La réalisation de l’introduction est un peu datée, mais elle s’efface rapidement pour nous mettre dans l’ambiance. Nous nous retrouvons alors sur un vol New York- Paris pendant lequel il nous faudra distribuer des cafés et de l’eau (visiblement les passagers sont à la diète). Le principe du jeu est très simple, nous chargeons une commande sur la machine associée, puis une fois celle-ci réalisée, nous la servons au passager pour finir par le débarrasser de ses déchets.

Le système de jeu est entièrement copié sur celui d’Overcooked. Préparer, servir, débarrasser. La progression est bien assortie au thème vu qu’elle se fait via un tour du monde à réaliser sur différents vols. Les débuts du titre de Huu Games semblent vraiment prometteurs. L’action est omniprésente, d’autant plus que très rapidement des obstacles viendront se mettre entre nous et nos missions. Ces obstacles peuvent aller du chariot bringuebalant au passager qui ne sait pas rester assis. C’est très vite un beau bordel dans lequel il faudra mettre un peu d’ordre sous peine de se faire déborder.

Comme un avion sans aile…

Sur le papier nous avons droit à un Overcooked-like qui a son propre univers tout aussi décalé et des mécaniques qui semblent bien assorties aux thèmes et qui fonctionnent forcément, vu qu’elles fonctionnent avec Overcooked.

Malheureusement pour lui, Shakes on a Plane, du fait de son thème, offre un level design bien plus encombré que son glorieux modèle. Là où les cuisines désopilantes avaient un certain ordre dans Overcooked, l’habitacle d’un avion est bien plus rempli et sa densité est bien plus importante. Il faut donc constamment se faufiler entre les sièges. Si jusqu’à deux joueurs, aucun problème ne se fait ressentir, à trois ou quatre joueurs, nous, nous marchons rapidement sur les pieds et des joueurs se retrouvent trop souvent à attendre le passage d’un ami pour pouvoir avancer. Le choix d’avoir placé une caméra en vue de trois quarts est assez étonnant et augmente la difficulté à se repérer précisément.

Les contrôles peu précis ne font rien pour aider. L’aire de jeu est bien remplie, alors lorsqu’il faut servir un client, très souvent, nous nous retrouvons avec un passager sur les bras pendant que notre plateau est au sol, à moitié caché, et que notre client n’est pas servi. Si la première fois c’est rigolo, au bout de la dixième, dans le même niveau, c’est extrêmement frustrant et l’envie de balancer les passagers par la fenêtre sans parachute (et sans assurance vie ayant pour bénéficiaire leurs petits enfants) est difficile à réprimer.

 Les balancements de notre avion accentuent les problèmes de lisibilité. Loin des avions de lignes classiques, ceux que nous empruntons ont tendance à monter, descendre et virer de bord assez souvent et de manière brutale. La caméra change alors de point de vue pour donner l’impression de mouvement, mais cela rend nos déplacements encore plus compliqués. Ce qui se présentait comme une bonne idée, ajouté à l’imprécision des contrôles et au level design saturé, devient rapidement une autre source de frustration.

Des événements tels que des turbulences mettant tout le monde à terre ou des chariots venant nous écraser viendront aussi agrémenter nos parties. Mais là encore, il est quasi impossible de les anticiper. Trop souvent, nous nous retrouvons dans l’impossibilité de jouer sans même avoir compris pourquoi. Le timing de ces événements s’accélère dans les fins de niveaux, ceux-ci deviennent alors très difficiles.

D’un point de vue graphique, Shakes on a Plane joue la carte cartoon de manière plutôt réussie. Tous les avions ont leur style propre, seul le ciel ne variera pas, difficile pour un ciel me direz-vous, certes, mais l’ajout d’animations rigolotes aurait pu enjoliver le tout. Les personnages jouables sont au nombre de quatre et c’est tout. Pas de tenues déblocables ou autres friandises cosmétiques. C’est là aussi dommage et c’est un peu casse-pied lorsqu’il faut choisir son personnage en famille : entre une fille qui veut ce personnage, un fils qui veut l’autre et une femme qui ne veut que celui-là, le dernier joueur doit attendre que tout ce beau monde ait choisi son avatar pour pouvoir entrer dans la partie et prendre le personnage restant.

La durée de vie est plutôt conséquente, avec ses vingt-sept niveaux répartis sur tous les continents, il faudra un temps important pour récolter les quatre-vingt-une étoiles nécessaires à la victoire lors du top-chef intergalactique. Chaque niveau introduira une nouvelle feature, ce qui renouvelle agréablement le jeu, par contre devoir revoir cette présentation à chaque fois est là encore gênant. Enfin, la musique est sympathique, mais elle se laisse vite oublier, tout comme les bruitages assez peu nombreux et très discrets.

Conclusion
Avec un univers cohérent et pas avare en contenu, Shakes on a Plane du Studio Huu Games avait tout pour réussir son entrée dans l’univers dense des party-games. Malheureusement, ses contrôles trop imprécis et son level design en font un titre qui se montre trop vite agaçant. Plus bordélique qu’un Overcooked, il ne renouvelle en rien le système mis en place et manque de variété cosmétique. Il n’en est pas moins sympathique, mais il est trop en deçà de son modèle pour en faire une alternative intéressante.
Points positifs
  • Graphismes cartoonesques plutôt réussis
  • Le gameplay est maîtrisé…
  • Une bonne durée de vie avec ses 27 niveaux
Points négatifs
  • … mais il est identique à celui proposé par Overcooked
  • Des contrôles imprécis
  • Un level design peu adapté à 4 joueurs
  • Les cosmétiques sont inexistants
  • Un choix de caméra discutable
6.2
Correct
Graphismes - 6
Musiques - 6
Gameplay - 8
Level-design - 5
Fun - 6
znicoboc NT
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW fut une révélation , le plaisir est encore plus fort qu'avant

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