Persona 5 Strikers (Nintendo Switch) – Le test

Il n’y a pas une journée où un fan de RPG ne rêve pas d’un portage de Persona 5 sur Switch, voire même de Persona 4 Golden, mais pour le moment ce n’est pas le cas. Pour nous donner tout de même un petit quelque chose, Atlus nous fournit en Europe et en français : Persona 5 Strikers ! Alors, enfilez vos plus beaux masques et préparer votre plus belle Persona, c’est parti pour une aventure au côté des Voleurs Fantômes !

La suite en vacances

En premier lieu nous sommes obligés de vous parler de Persona 5. Si ce dernier est, pour l’instant, indisponible sur Switch, il n’est pas à exclure dans la compréhension complète de Strikers. Si P5 est un plus pour comprendre Strikers, il n’est quand même pas indispensable. Strikers est la véritable suite (plus ou moins canonique, nous reviendrons dessus) de Persona 5, et non un simple Spin-Off qui exploite la licence comme les Dancing.

Pour rappel, Persona 5 nous raconte l’histoire de Voleurs Fantômes, une bande qui va grandir au fur et à mesure du jeu. Ils ont la faculté de se rendre dans le Metaverse, et plus particulièrement les Palaces, des palais mentaux qui représentent une version pervertie et malsaine d’une personne. Ils vont alors parcourir ces palais pour vaincre le monarque, pour lui faire reprendre ses esprits et avouer ses crimes dans le monde réel. À la fin de Persona 5, nos Voleurs Fantômes n’ont plus accès au Metaverse et décident de laisser les gens s’occuper de leurs propres affaires pour retourner à leurs vies d’étudiants.

Persona 5 Strikers emboîte directement le pas, 6 mois après Persona 5, mais vous prêterez attention que je ne cite jamais Persona 5 Royal, car Strikers est la suite de Persona 5 et vous n’aurez donc aucune mention de Kasumi ou Maruki. Ryuji, nostalgique, décide d’organiser une réunion de toute la bande pour passer les vacances d’été, sauf que, vous vous en doutez, tout ne va pas être aussi simple. Après leurs retrouvailles, la première nuit, notre héros (que vous pouvez nommer à votre guise) va à nouveau se retrouver dans la Velvet Room, où Lavenza va le prévenir que quelque chose va arriver.

Le lendemain, le groupe décide d’installer EMMA, un tout nouveau logiciel, qui, à l’instar de SIRI ou OK GOOGLE permet de faire un peu tout, te donner le meilleur itinéraire pour aller quelque part, te donner le meilleur restaurant du coin, ou, dans notre, cas nous dire quelles sont les choses indispensables à acheter pour organiser un camping barbecue avec ses amis. Lors de leurs balades en ville, la bande se retrouve nez à nez avec un événement public autour d’une idol (star japonaise, souvent de la chanson) : Alice Hiiragi ! Alice donne à notre héros une carte avec un code pour l’ajouter sur EMMA afin de discuter avec elle (à comparer cela avec Discord par exemple). Mais alors qu’ils entrent le code, Morgana, Ryuji et notre héros se retrouvent transportés dans un monde parallèle, hé oui … retour dans le Metaverse qu’ils pensaient disparu.

Cependant ce Metaverse est différent d’avant, nous ne sommes plus dans la folie d’une personne, mais dans un monde où le monarque vole les désirs des gens afin de les manipuler. En effet, Alice n’est pas devenue aussi populaire en si peu de temps naturellement, mais elle oblige les gens à l’aimer, voire à l’idolâtrer ! À l’arrivée dans sa prison, prison qui remplace les palais, nos amis font connaissance avec Sophie. Sophie est une IA qui a pour seule consigne d’être l’amie de l’humanité. Elle est une sorte d’incarnation personnifiée d’EMMA,qui va alors grandir et apprendre l’être humain au contact de nos Voleurs Fantômes.

Allez hop en prison !

Vous l’aurez compris, comme dans un Persona classique, l’histoire est très importante, et constitue d’ailleurs près de la moitié du jeu, voire même plus (selon votre vitesse de lecture). Les phases de jeux sont finalement, comme à chaque fois, presque une excuse pour justifier l’histoire. Persona 5 est à la limite d’un visual novel, avec énormément de textes, donc forcément si vous voulez de l’action pure ce n’est peut-être pas pour vous.

Mais revenons à l’action. Lorsque vous lancez le jeu, vous vous retrouvez directement dans un combat, comme dans Persona 5. C’est déstabilisant, vous ne savez pas quoi faire, mais nous allons vous l’expliquer, vous arrivez dans une zone avec des tonnes d’ennemis, OK nous sommes bien dans un Musou … mais non pas vraiment.

Le studio derrière Persona 5 est Omega Force, connu pour ses « Warriors ». S’ils ont réussi à adapter à merveille leurs principes de Musou ces dernières années avec Fire Emblem Warriors, Hyrule Warriors ou encore Dragon Quest Heroes, c’est parce qu’ils respectent énormément l’univers d’origine de l’adaptation. D’ailleurs, Dragon Quest Heroes a une composante RPG assez poussée, avec une histoire élaborée, c’est peut-être celui qui se rapprocherait le plus de Persona 5 Strikers.

Persona 5 Strikers est un Musou, certes, mais pas que. Il est peut-être même plus Persona 5 que Musou, et nous allons voir cela en détail. Dans un Musou vous êtes lâchés sur une grande map, avec des points stratégiques à défendre et à vous emparer, pour au final vous battre contre le lieutenant, avec au passage des hordes de plusieurs dizaines d’ennemis disséminés un peu partout. Strikers, lui, a plus une composante de RPG classique. Les ennemis vont être indiqués par un ennemi unique sur la map et qui patrouille, et lorsqu’il vous voit, il va alors lancer le combat, se multiplier et se transformer en adversaires que vous allez devoir battre. Ces derniers vont être une petite dizaine d’ennemis faibles, parfois des plus puissants, voire même des mini-boss. En bref, un combat Musou se lance alors. Vous n’aurez alors qu’à enchaîner les coups faibles, les combos avec les coups forts, et vous aurez aussi à votre disposition votre arme à distance, mais, et surtout, accès à votre Persona, ce qui va grandement influer sur le combat.

Au cœur de la licence Shin Megami Tensei, et donc Persona, se cache un principe de faiblesse, quand vous toucher la faiblesse d’un ennemi vous avez alors accès à un second tour, car l’ennemi est sonné. Ici tout est en temps réel, alors si vous touchez la faiblesse élémentaire d’un ennemi, vous pourrez effectuer une attaque de groupe qui va alors (pour la plupart du temps) vaincre tous les ennemis présents dans un périmètre. C’est donc toute la difficulté de Persona 5 Strikers qui est présente avec ce principe : si vous n’exploitez pas les faiblesses des ennemis, qui sont des sacs à PV, cela peut être long voire très compliqué, car globalement eux n’hésitent pas à lancer des sorts (donc attention à votre faiblesse élémentaire, car vous prendrez de grosses châtaignes). Mais, comme toujours, vos PC (équipement de PM) sont limités, alors attention.

Persona 5 Strikers est donc à mi-chemin entre le Musou et le RPG. Si les combats sont bien en temps réel et en Musou, ils incluent tout de même des composantes de RPG. L’exploration quant à elle, est très classique, elle va vous demander d’aller à un certain endroit pour débloquer quelque chose (souvent après avoir battu un mini-boss), ce qui va déclencher un autre événement ailleurs ou dans le monde réel. Par la force des choses, vous finirez par apprendre un peu par cœur les différentes prisons du jeu. Ces dernières sont construites sous forme de quartiers et représentent en général une ville :  Shibuya, Sendai, Sapporo (…). Ces villes vont être à l’image de leurs monarques, et nous vous laissons le plaisir de les découvrir.

L’aspect RPG est renforcé par l’évolution de nos personnages, ils vont engranger de l’expérience pour prendre des niveaux, faisant apprendre à leurs Persona de nouvelles techniques. Vous pouvez également trouver des équipements (armes, armures et accessoires) ou bien en acheter. On vous le dit ! C’est un RPG. À force de renforcer votre amitié avec la bande (dans le monde réel et en combattant), vous obtiendrez de l’expérience de Liens, qui lors de leur augmentation de niveau vont vous permettre de débloquer tout un tas de choses qui vont vous aider au cours de votre aventure (ouvrir des coffres spécifiques, augmenter vos PV, avoir plus de munitions, gagner plus d’expérience à la fin d’un combat …).

On est quand même vacances !

Dans le monde réel vous allez également vivre l’histoire du jeu, si dans les prisons cela sera grandement basé sur l’action, dans le monde réel vous allez avoir la partie « visual novel » avec justement l’avancement de l’histoire.

Vous allez devoir effectuer des actions dans le monde réel, pour débloquer des choses dans les prisons. Vous pourrez aussi vous amuser à faire les boutiques pour acheter des objets et des accessoires, mais aussi des ingrédients de cuisine. Enfin, vous allez surtout vivre vos vacances, et très souvent notre équipe de Voleurs Fantômes va aller se détendre dans le monde réel, afin de se remettre de ce qu’ils vivent dans le Metaverse. C’est presque deux salles deux ambiances !

Vous allez manger de supers bons petits plats, et notre protagoniste avec son excellent sens du goût va alors apprendre à les reproduire. Vous pourrez ainsi, entre chaque passage dans le Metaverse, cuisiner des objets qui seront forts pratiques.

Des requêtes peuvent aussi arriver, et peuvent se faire soit en ville dans le monde réel, soit dans le Metaverse. Car oui, contrairement à Persona 5, vous pourrez retourner dans une prison déjà terminée (car elle est « virtuelle »), mais attention, il faut faire les requêtes avant de quitter une ville dans le monde réel, car nous ne pouvons pas retourner dans une ville déjà visitée.

C’est un Persona

Nous en avons déjà parlé plus tôt, mais Persona 5 Strikers est à la fois un Persona et un Warriors, mais clairement il lorgne beaucoup plus du côté de Persona. Dans l’esthétique tout est Persona, dans le gameplay finalement c’est très Musou, mais seulement en combat et dans la « forme » des combats, car tout le principe de faiblesses et résistances est totalement Persona-esque. Avec ’utilisation de Persona, de sorts et surtout d’armes à feu, clairement nous sommes dans l’univers de Persona 5 !

L’habillage visuel est totalement dans la veine de Persona 5, une dominance de Noir, Rouge et Blanc, ces aplats très esthétiques. Même les saynètes et tout ce qui fait apparaître des personnages sont totalement dans l’univers de Persona.

L’habillage sonore est du même acabit, tout dedans nous rappelle Persona, nous avons des musiques chantées pour le combat, ce qui est une marque de la licence, c’est étonnant au départ, mais nous nous y faisons (surtout si vous êtes habitués à Persona 5). Les effets sonores sont eux aussi ceux de Persona 5.

Le jeu est donc clairement une suite à Persona 5, et s’il peut se suffire à lui-même, si vous n’aimez pas le design et le parti pris de la licence, alors clairement il ne vous réconciliera pas avec elle. Mais si vous êtes friands de ce design alors vous allez vivre une superbe aventure.

Pour ancrer encore plus le jeu dans la licence, nous retrouvons toute la Velvet Room, c’est-à-dire Lavenza dans un premier temps, mais surtout le fait que notre protagoniste va pouvoir, avec le temps, changer de Persona. Si vous allez en loot en fin de combat, vous allez surtout pouvoir les fusionner pour les rendre plus puissantes, pouvoir dépenser des points pour les améliorer, bref tout ce qui fait l’essence de Persona côté protagoniste.

Parlons peu, parlons technique

Techniquement le jeu est propre sur Switch, nous avons beaucoup joué en portable, mais nous l’avons aussi bien évidemment lancé en docker. Le jeu est un peu moins « flou » en docker, mais l’aliasing est encore plus violent. C’est sûrement le point noir du jeu, l’aliasing, notamment au niveau des contours des personnages. C’est ce qu’il faut subir pour pouvoir jouer à un aussi grand jeu sur Switch.

En réalité il est possible de s’habituer à l’aliasing,  sans dire qu’il devient invisible avec le temps, mais nous pouvons nous y faire. Pareil pour le flou, qui est tout de même très léger, nous avons déjà subis bien pire sur Switch. Cependant le jeu est très fluide et fonctionne formidablement bien, même lorsqu’il y a beaucoup d’ennemis à l’écran il n’y a aucun ralentissement. Mais nous pouvons expérimenter pas mal de « popping », des choses apparaissent à l’écran au fur et à mesure de l’avancée, c’est dommage, car il n’y a souvent pas grand-chose à l’écran.

Les musiques et les bruitages sont clairement tirés de Persona 5 et sont formidables, de nouvelles musiques ont été créées pour ce jeu et c’est toujours un plaisir coupable de les écouter.

Les temps de chargement sont assez présents, parfois un peu longuets, mais ils restent cependant très acceptables dans l’ensemble. Leur profusion peut être un peu rageante lorsque nous voulons simplement retourner en ville pour acheter un objet puis retourner ensuite directement dans une prison.

Le jeu n’est pas simple, à vous de choisir votre niveau de difficulté, mais si vous vous attendiez à un jeu facile, vous allez en baver ! Nous ne pouvons que vous conseiller de vous faire la main sur le mode facile au départ. Les boss peuvent être vraiment retors, et vous y arriverez rarement du premier coup, mais heureusement la défaite n’est pas handicapante.

La durée de vie s’approche de 50 heures, ce qui est très agréable pour ce type de jeu et franchement appréciable. Les quêtes annexes, un mode new game + et une nouvelle difficulté (totalement insane) vous permettent de retourner jouer avec plaisir.

 

Conclusion
Persona 5 Strikers est la digne suite de Persona 5 (pas Royal), accessible à tous, encore plus kiffant pour ceux qui ont eu l’honneur de faire P5. Il vous emmènera dans une histoire pleine de rebondissements, un travail d’écriture encore une fois formidablement mené. Si vous n’avez jamais touché à un Persona alors votre vie va changer à jamais. À réserver tout de même aux grands lecteurs, car le jeu est très bavard mais il n’en reste pas moins un super RPG qui s’oriente vers l’action. TAKE YOUR HEART!
Points positifs
  • L’ambiance et l’habillage Persona 5
  • Une vraie suite à Persona 5
  • Une B.O. à tomber
  • Les deux personnages ajoutés de qualité (Zenkichi et Sophia)
  • Un travail d’écriture toujours aussi bon
  • L’adaptation de Persona 5 à un A-RPG
  • Fluide et agréable
  • Encore une fois le travail d’écriture !
Points négatifs
  • De l’aliasing en pagaille
  • Un peu de popping
  • Difficulté mal dosée
  • Des temps de chargement un peu longuets
  • Ce n’est pas simple de trouver du négatif
9.3
Excellent
Gameplay - 9
Graphismes - 8
Durée de vie - 10
Bande-son - 10
Lordo NT
Ecrit par
Fan de comics et de jeux vidéos, j'aime partager mon avis et débattre autours de mes deux passions.

2 commentaires

  1. Sebangel68

    cool le test.
    Il est déjà sortie le jeu ?

    Répondre
    • Lordo NT

      Il sort le 23 🙂 tu peux y jouer dès le 19 si tu prend la version deluxe en digital.

      Répondre

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