Earth Defense Force : World Brothers (Nintendo Switch) – Le test

C’est la guerre, soldat ! Mais la Earth Defense Force ne pliera jamais devant les forces du mal qui veulent conquérir notre si belle planète bleue ! Alors il est temps pour nous de reprendre les armes dans ce dernier épisode en date de la série, débutée en 2004 sur une Playstation 2, qui depuis a atteint sa majorité, et qui a donc techniquement le droit de vote, mais c’est une autre histoire. Saurons-nous unir tous les peuples du monde pour repousser les envahisseurs avant la prochaine itération de la licence ? Saurons-nous faire fi des défis qui viendront émailler notre quête de vengeance ? Et surtout, surtout, y’aura-t-il assez de tofu pour la soupe miso ? La réponse ne viendra qu’en fin de test…

La terre, champ de bataille

La série des Earth Defense Force a vu le jour en 2004 avec son premier opus : Monster Attack. Régulièrement pourvu en suites et spin-off, la saga en est déjà à son sixième épisode principal et ce World Brothers peut être considéré comme le neuvième titre de l’univers étendu. Tout en gardant ce qui faisait l’ADN de sa licence, l’éditeur D3 Publisher ne s’est pas limité à une équipe de développement et offre régulièrement à un nouveau studio de s’occuper de sa série. C’est au tour du studio japonais Yuke’s, déjà responsable du dernier épisode en date EDF : Iron Rain sur PS4, de proposer son spin-off.

Rendant hommage aux séries Z et aux films dans lesquels les héros doivent venir à bout d’insectes géants et/ou de robots extraterrestres, le scénario des Earth Defense Force tient généralement sur une feuille A4 pliée plusieurs fois et tenant davantage du timbre-poste. La Terre est attaquée ! Par qui ? Des méchants. Pourquoi ? Euh, parce que ! Mais que pouvons-nous faire ? Envoyer l’équipe la plus bad ass que nous avons pu trouver, et non Harley Quinn n’en fait pas partie, je parle évidemment de la Earth Defense Force !

Au fur et à mesure des itérations, différents protagonistes sont venus se confronter à nos héros : les Agressors, les Ravagers ou encore les Invaders. Leur point commun, ils ne nous aiment pas. Mêlant fourmis géantes, araignées géantes et autres robots… géants, le bestiaire est varié si ce n’est en termes de taille. Peu importe l’épisode, nous sommes toujours confrontés à des êtres surdimensionnés qui, si nous considérons que leur cerveau est de taille proportionnelle à celui de leur corps, n’ont inexplicablement toujours pas compris le principe de rencontre pacifique.

Cet opus quitte les représentations « réalistes » des épisodes canons pour un moteur graphique en Voxel. Le rendu est forcément plus cartoon et le ton général du titre est lui aussi en adéquation avec ce choix. Oui la situation est désespérée, mais ce n’est pas grave, l’important se situe dans les détails. Quitte à sauver le monde, il ne faudrait pas risquer à manquer de tofu pour la soupe miso, et pour cela nous pouvons bien accomplir quatre missions rien que sur cet ingrédient.

Tous les dialogues jouent sur cette dualité fin du monde / humour décalé et cela marche parfaitement. Loin de nanars cultes tels que Starship Troopers, auquel la série principale fait forcément penser, nous sommes plus proches d’une ambiance à la Teen Titans Go ! La Terre a été morcelée par Dark Tyrant qui, pour cela, a fait participer les ennemis des épisodes précédents. Qu’à cela ne tienne, avec nos amis de tous les continents, nous allons remettre la Terre en état et surtout en un seul et unique morceau. Rien de plus facile, il suffit de détruire les six vaisseaux mères des forces ennemis avant de régler son compte au grand méchant.

Enfants de tous pays, tendez vos mains meurtries

Pour venir à bout de cette terrible catastrophe écologique que représente l’annihilation de la planète, nous aurons à disposition une équipe de 4 soldats. Ces unités ont bien sûr différentes capacités qu’il nous faudra exploiter au mieux suivant les situations, d’autant plus que nous pouvons en changer à la volée. Ainsi, en pleine action, si notre chargeur est vide, nous pouvons changer de héros le temps que le premier recharge son arme. De même, il est possible de changer de soldat si la vie de celui-ci est un peu trop basse, ou encore si le nombre d’ennemis est trop important et que le combat nécessite une arme plus appropriée. Tous les prétextes sont bons pour qu’aucun temps mort ne vienne gâcher notre expérience et c’est une vraie réussite.

À aucun moment, dans aucune des plus de cinquante missions nécessaires à l’éradication du mal, nous n’avons eu droit à un temps mort. Il faut sans cesse bouger, tirer, consulter la carte, passer au-dessus d’un immeuble, sauver une pauvre âme en détresse, récupérer de la vie ou utiliser nos capacités spéciales. Earth Defense Force est un défouloir qui se joue aussi bien en sessions courtes d’une mission, durant une quinzaine de minutes, qu’en sessions longues pendant lesquelles les niveaux défilent sans que le temps qui passe ne se fasse sentir.

Durant nos missions, nous pourrons découvrir sur la carte des alliés dans le besoin. Ceux-ci, une fois sauvés, sont recrutables pour les prochaines missions. Apparaissant de manière aléatoire, il est possible de récupérer un allié que nous avons déjà récupéré. Dans ce cas de figure, celui-ci gagnera tout simplement un niveau. Ce gain lui permettra alors d’avoir accès à une nouvelle catégorie d’armes ainsi qu’à un niveau d’armure plus élevé. Il faudra, tout au long de nos parties, faire un tour dans le menu héros pour déterminer s’il est nécessaire de mettre à jour notre équipe. Loin d’être anecdotique, ce loot de personnages apporte toujours un petit peu d’excitation à chaque nouveau level et obtenir un personnage déjà présent dans notre équipe en présence déclenche toujours un gros YES.

Les armes disponibles s’obtiennent aussi via le loot durant les niveaux. Elles sont  upgradables de la même façon. Très variées, aussi bien en termes de genre que de dégâts, elles permettent réellement une optimisation de nos équipes avec laquelle n’importe quel joueur pourra se faire plaisir. De l’équipe variée comprenant du sniper, de la mitraillette, du buff d’attaque ou de défense, du heal, du corps à corps et bien d’autres encore, il est possible de se fabriquer une team plus spécifique, toutes les fantaisies de composition sont possibles. Et là, il faudra en plus tenir compte des capacités secondaires, telles que les grenades, l’appel d’un bombardier ou encore l’esquive, ainsi que des capacités spéciales comme l’appel de la garde royale ou l’apparition d’un moulin destructeur.

Chacune des unités à notre disposition viendra d’une nation dévastée et aura sa propre spécificité et son propre design. De la marchande de tulipes hollandaise au vampire roumain en passant par le chevalier français, le ninja japonais ou le cowboy américain, tous les poncifs y passent, certes, mais avec beaucoup d’humour et de bienveillance. Ces caricatures ne sont jamais méchantes gratuitement et n’appuient jamais là où cela pourrait blesser. Tout est très bon enfant.

La technique qui tient la route ?

Avec une sortie simultanée sur Pc, Ps4 et Nintendo Switch, la partie technique du titre de Yuke’s sur notre console hybride est forcément regardée à la loupe. Même si le parti pris graphique semble facile à faire tourner, il faut stipuler que tout ce qui dépasse un tant soit peu du sol est destructible. Les voitures, les arbres, les barrières et bien sûr les bâtiments, tout est susceptible de partir en petits morceaux. Les immeubles notamment subissent les foudres des tirs ennemis et alliés de manière plutôt convaincante. Ils commencent par perdre un morceau à l’endroit touché par une arme, ce bout en moins nous offre alors un abri pratique contre les ennemis trop entreprenants, jusqu’à ce que, victime d’un tir plus soutenu, ce soit tout l’immeuble qui s’effondre.

Les lieux visités sont très variés et nous emmènent aux quatre coins du monde. Nous visiterons ainsi un Paris dans lequel l’Arc de Triomphe n’aura qu’à bien se tenir, ou encore un Osaka aux demeures séculaires qui risquent elles aussi de prendre cher. Les maps sont de tailles moyennes qui permettent de se déplacer sans jamais sentir de lassitude, tout en restreignant quand même notre champ d’action pour éviter une dispersion trop grande des ennemis. Colorés et amusants, les graphismes sont vraiment agréables, nous regrettons juste l’impression de flou dans le lointain sur grand écran en mode docké, même si en mode nomade, ce problème disparaît complètement.

Les ennemis, qui apparaissent toujours par vagues, peuvent être d’un nombre assez impressionnant et d’une taille qui l’est encore plus. Et pourtant, malgré toutes ces contraintes nos Switchs ne subissent jamais de baisse de framerate, seuls quelques éphémères et très courts freezes se sont fait sentir durant nos sessions de jeu. N’apparaissant jamais au moment où l’action est la plus frénétique, ils n’ont jamais constitué une gêne durant les sessions de jeu, que ce soit en mode solo ou en mode en ligne. Le plus dur avec Earth Defense Force, c’est donc de réussir à s’arrêter de jouer.

Il est aussi possible de prendre le contrôle de véhicules lors de certaines missions, du tank en passant par le robot géant. Ces phases sont rigolotes mais la puissance gagnée se fait au détriment de la maniabilité et, la plupart du temps, il est plus agréable de parcourir le titre à pied ou dans les airs avec les unités volantes. Nous avons la possibilité de jouer en mode classique ou en mode gyroscopique. En contrôle classique, nous déplaçons notre groupe avec le stick droit et le gauche sert à la visée, le reste des touches, plutôt bien pensé, permettant d’attaquer avec nos diverses armes et capacités, de switcher le membre actif ou encore de regrouper toute notre équipe. Très agréables, toutes les mécaniques du jeu se laissent maîtriser très facilement.

Malheureusement, le gyro est une catastrophe. L’absence de remise à zéro de la position de départ rend ces contrôles complètement injouables. Être assis devant sa télé, joy-con en main, oblige à tenir nos manettes d’une façon douloureuse pour les poignets, tandis qu’en mode nomade, il faut tenir notre console bien à la verticale sous peine de regarder le ciel ou ses pieds. Espérons qu’un patch vienne améliorer la situation rapidement, car pour l’instant, les fans de Splatoon ne retrouveront en rien le plaisir que ce dernier donne en termes de déplacement et de précision de visée.

Dernier point technique à aborder, le jeu à plusieurs. L’absence d’un mode coopération en écran splitté est dommageable, car Earth Defense Force est un jeu qui prend toute son ampleur lors des parties en multi. Il faudra faire avec le mode en ligne, dont le nombre de participants est faible à l’heure actuelle, ou avec le mode multi local regroupant des amis possédant une Switch et le jeu sur leur console. Une fois lancées, ces parties peuvent accueillir jusqu’à quatre joueurs possédants chacun leur équipe de quatre. Autant dire que les dégâts sont à la hauteur du nombre de participants.

Ces modes permettent d’envisager plus facilement les niveaux de difficulté plus élevés du titre de Yuke’s. Si la campagne se finit sans trop de problèmes en normal, passer au mode infernal demandera des équipes vraiment optimisées ainsi qu’une maîtrise profonde des mécaniques du titre. Passer en mode en ligne à ce moment permet d’adoucir les angles pour en venir à bout et débloquer les derniers emblèmes.

Conclusion
Addictif, drôle, nanardesque et techniquement plus que correct sur nos Nintendo Switch, Earth Defense Force : World Brothers est le parfait défouloir qui ne se prend pas au sérieux. Offrant un contenu énorme fait de combattants aux capacités et aux armes toutes différentes et de missions qui se ressemblent un peu trop, le titre de Yuke’s possède une durée de vie plus que conséquente. Il ne lui manque que des sous-titres en français et une refonte des contrôles gyroscopiques pour atteindre le panthéon des shooters en 3D. En attendant, les amateurs de fun peuvent se jeter sur le dernier-né de la série des EDF sans risque.
Points positifs
  • Le scénario ne se prend jamais au sérieux et c’est très drôle
  • Les dialogues sont toujours merveilleux de décalage
  • Cette version Switch tient très bien la route graphiquement
  • Les contrôles sont parfaitement adaptés aux mécaniques …
  • La musique accompagne parfaitement l’action tout au long des aventures
  • La durée de vie est énorme entre les missions et l’amélioration des unités
  • Les possibilités de personnalisation d’équipe sont quasi infinies
  • Toujours fluide malgré la tonne d’ennemis et la totale destructivité de l’environnement
  • Les situations varient souvent, atténuant ainsi la répétitivité de ce type de jeu
Points négatifs
  • … sauf en mode gyroscopique
  • Un peu flou en mode docké
  • Pas de sous-titres en français
7.7
Bon
Graphismes - 8
Musiques - 7
Scénario / Humour - 9
Gameplay - 9
Contrôles - 6
Multi - 7
Prix/Durée de vie - 8
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

Laisser un commentaire

Mot de passe perdu

Veuillez entrer votre nom d’utilisateur ou votre adresse e-mail. Vous recevrez un lien pour créer un nouveau mot de passe par e-mail.

S'inscrire