Ni no Kuni II: Revenant Kingdom – The Prince’s Edition (Nintendo Switch) – Le test

Deux ans. Voilà ce qui sépare les deux opus de Ni No Kuni sur Nintendo Switch. Deux ans quasiment jour pour jour. Après avoir émerveillé beaucoup d’entre nous avec son premier essai, sous forme d’un conte enchanteur nous entraînant dans deux mondes distincts, Level-5 remet le couvert et nous offre une suite qui n’aspire qu’à une chose : se renouveler. Car les bases de l’univers ont beau demeurer strictement identiques, ce qui constituait ses forces et faiblesses s’est tout simplement inversé. Ni No Kuni 2 parvient-il pour autant à se tailler la part du lion parmi la multitude de J-RPG qu’accueille notre console préférée ? OUI, mille fois oui et voici pourquoi.

[Mode remise à zéro ON]

L’arrivée de Ni No Kuni 2 : Revenant Kingdom sur PS4 et Pc, en mars 2018, n’avait laissé personne indifférent. Le premier épisode ayant marqué toute une génération de joueurs, encore époustouflée par la collaboration fructueuse entre Level-5 et le mythique Studio Ghibli, cette suite se devait de relever le défi d’une expérience au moins aussi accrocheuse, malgré la fin de l’idylle entre les studios. Elle nous arrive aujourd’hui dans son édition princière, qui nous offre de profiter du contenu de base agrémenté des trois DLC que sont le Pack Aventure, le Dédale du Roi Fantôme, ainsi que la Légende de l’Almanach.

Si le départ du studio entre autres fondé par Hayao Miyazaki, le papa de Totoro, et Isao Takhata, le génie responsable du Tombeau des Lucioles, avait à tort laissé craindre le pire pour la franchise, il faut bien avouer que ces réserves se sont avérées, en partie justifiées. Certes Ni No Kuni 2 possède un nombre incroyable de qualités que nous ne manquerons pas d’égrener amoureusement, mais il a perdu dans l’intervalle la plus grande qualité de son aîné : la magie. Cette magie que seul le studio d’animation sait insuffler à ses créations. L’aventure, plus conventionnelle, s’est délestée de son soupçon de féerie originel, bien qu’elle ne manque en rien de charme.

Plus de 100 ans après les événements du premier épisode, nous abordons l’histoire de Roland et d’Evan. Le premier disparaît de notre monde lorsqu’une explosion rase pour bonne part sa ville de résidence. Il est alors projeté dans l’autre monde, Ni No Kuni donc, au moment précis où le second, le jeune Evan futur roi de Carabas, subit un coup d’Etat ourdi par l’ancien conseiller de son père – nous apprendrons qu’il l’a d’ailleurs empoisonné -, le bien nommé Ratoléon. Échappant de justesse au traquenard, Evan entame son périple avec la ferme intention d’ériger un nouveau royaume, sous l’égide duquel restaurer l’harmonie entre les peuples réunifiés.

Plus question dans cette itération de basculer d’un univers à l’autre pour mieux appréhender l’évolution d’un protagoniste, en fonction du monde qu’il habite : l’action s’inscrit désormais exclusivement dans un cadre fantasy comme il en existe tant, ici celui de Ni No Kuni, ce qui ne va pas sans bouleverser la narration ; l’ADN fondateur de la licence ne subsiste plus qu’en Roland. L’histoire, bien plus mature, ne manque pas pour autant d’intérêt et n’hésite pas à aborder des thèmes forts tels que la politique, la mixité sociale, l’économie ou la défense. Le propos toutefois assez gentillet, ne devrait pas gâcher le plaisir d’un enfant de neuf ans, pas plus que le nôtre au vu du changement d’orientation scénaristique d’ampleur qu’il implique, renouvelant avec brio les enjeux de la saga.

Des genres qui s’entremêlent

Ni No Kuni 2 tente en outre de renverser la progression assez balisée de son prédécesseur, à l’univers enchanteur mais au système de combat manquant cruellement de mordant, en superposant non pas une mais trois couches de gameplay. Ces dernières s’articulent à la perfection tout au long de notre aventure et, titillant nos Joy-Con, requièrent de notre part une large palette de compétences pour être maîtrisées.

Evan doit d’abord reconstruire son royaume, et ce ne sont pas de vains mots, puisqu’il nous faudra véritablement rebâtir une ville depuis le néant. Aussi aurons-nous à rigoureusement administrer notre économie dans l’objectif d’édifier des bâtiments utiles à notre quête, en sus d’y affecter les personnes adéquates, par le biais d’un mode spécifique relevant du jeu de gestion. Avec plus d’une centaine de citoyens à recruter tout au long de notre parcours, chacun doté d’un talent particulier qu’il nous faudra exploiter intelligemment, ces phases de gameplay s’imbriquent parfaitement au cœur de nos déambulations de rôlistes. Jamais rébarbatives ni redondantes, les heures de jeu passées à optimiser les affaires de notre royaume, depuis lequel nous pouvons améliorer notre équipement, nos capacités, ainsi que nos unités, ne rendent que plus essentielle la quête d’Evan à notre future réussite.

La seconde couche de gameplay prend la forme d’un petit jeu de stratégie en temps réel, consistant à protéger son royaume des envahisseurs. Durant ces batailles, trois unités gravitent autour d’Evan : à nous de les faire pivoter pour au mieux les orienter, selon la direction d’où provient l’ennemi, tout en lui opposant nos escadrons les plus adaptés à la situation. Sur le modèle d’un « pierre-feuille-ciseau », les affrontements, vite tactiques, exigent dès les prémices concentration et dextérité, sous peine d’y laisser une phalange entière. A mesure que nous parcourons la carte, il nous faut au-delà des contingents ennemis, venir aussi à bout de fortifications, canons et autres archers postés en haut d’une tour. Sans doute la partie du gameplay la plus dure à maîtriser, qui ne plaira pas aux plus jeunes et se renouvelle difficilement, en-dehors d’une difficulté de plus en plus corsée. Elle s’ancre toutefois, à l’instar de la gestion du royaume, parfaitement dans le scénario, lui conférent une diversité bienvenue.

La dernière strate de gameplay a évidemment trait au RPG, indissociable de cette série de jeux de rôle avant tout. La destinée de Roland et son équipe comporte son lot de rebondissements et retournements de situation. Voyageant de ville en ville, nous alternons entre phases d’exploration en monde ouvert et arpentage de donjons qui s’achèvent systématiquement sur un combat de boss dantesque, suivi d’une cinématique nous introduisant notre prochain objectif. Rien de vraiment transcendant dans cette partie, Level-5 se contentant de cocher toutes les cases du cahier des charges du parfait J-RPG. Difficile donc de lui reprocher quoi que ce soit, si ce n’est encore une fois l’absence de cette touche singulière caractéristique du studio Ghibli. Parmi les environnements assez classiques que nous traversons, des égouts aux montagnes en passant par des grottes mal famées, rien ne surprendra les amateurs du genre, mais les novices se régaleront d’un monde enchanteur, parfaitement calibré pour l’évasion.

Des combats et du contenu en nomade

Que serait un J-RPG sans un bon système de combat ? Conformément à sa volonté de proposer une expérience radicalement différente de Ni No Kuni premier du nom, le cadet en remaniant profondément la logique de ses affrontements, nous soumet à des épreuves beaucoup plus orientées action. Chaque rencontre avec un monstre déclenche l’ouverture d’une mini-arène, combat que l’on peut fuir en patientant un court instant en lisière de la zone – un besoin qui se fait rarement ressentir. Nous profitons de mécaniques bien plus proches d’un action-RPG, qui nous autorisent à nous déplacer, sauter et effectuer deux types d’attaques au corps-à-corps : rapide ou forte, avec la possibilité de changer d’arme active en plein combat, charger ladite arme afin d’en maximiser les dégâts, déclencher des attaques spéciales, et utiliser une arme à distance. Nous disposons toujours d’une équipe dont nous contrôlons l’un des trois personnages, les deux autres dépendant de l’IA, tout en gardant un œil attentif sur nos jauges de PV et de PM pour maximiser nos dégâts au moment d’y recourir, sans les dilapider.

Une autre capacité s’ajoute à ces options déjà très variées : la gestion des mousses, d’adorables créatures susceptibles de nous prêter main-forte en engrangeant de plus en plus de puissance au fil des confrontations, jusqu’à la libérer une fois son plein potentiel atteint. Une équipe de trois mousses, à la composition modulable au gré des rencontres et de l’expansion de notre royaume, fera ainsi route à nos côtés. Chacun d’eux se voit attribuer un élément, par exemple le feu ou l’eau, ainsi qu’une capacité spéciale à déclencher, attaque ou sort de soin. Mieux, les mousses peuvent être chargés à même une arme afin d’exploiter leur élément respectif : un système ultra-complet qui renforce encore le dynamisme des affrontements !

Les ennemis terrassés laissent enfin échapper une part de butin à réinvestir dans l’amélioration de notre ville ou de notre équipement. La présence d’un labyrinthe au fonctionnement très particulier concourt en outre à assouplir les phases de farming, si envahissantes et redondantes dans les J-RPG traditionnels. Généré de manière aléatoire et minuté, un détail primordial puisque la difficulté augmente d’un niveau à chaque palier temporel franchi, ce dédale regorge de monstres à passer par le fil de l’épée, en récompense de quoi vous récolterez de précieux orbes roses indispensables à l’ouverture des coffres, au rechargement du chrono ou s’octroyer l’appui, parfois traître, de PNJ rencontrés en chemin. Bien plus prenante que de vaines heures de farming intensif, l’expérience nous plonge non seulement dans l’incapacité d’anticiper ce qui nous attend au détour du prochain corridor, mais également dans l’absolue nécessité de composer avec le temps imparti et les orbes en notre possession.

Une version ultra complète

Cette version princière des aventures d’Evan débarque sur Switch flanquée de ses trois extensions. Très fournies, ces dernières, accessibles bien que bridées tout au long de l’aventure, s’intègrent brillamment à l’histoire, l’enrichissant autant en contenu narratif qu’en éléments de gameplay supplémentaires. La Légende de l’Almanach remet ainsi à l’honneur notre ami le lièvre mystérieux, de l’épisode précédent, qui nous emmène dans nos songes à la découverte du passé des personnages cruciaux de l’épopée. Malgré sa structure répétitive – donjon, boss, révélation -, ce DLC a le mérite d’étendre encore un peu plus le lore, d’ajouter du contenu high level en fin de partie et des capacités de combat basées sur des QTE.

Reprenant le concept du labyrinthe, le Dédale du Roi Fantôme, s’il opère de la même façon, se concentre en revanche sur une nouvelle méthode de combat, contribuant à diversifier des affrontements déjà très variés. Les ennemis s’abritent en effet derrière un bouclier régénérant que seules nos nouvelles capacités sont capables de briser. Ce dédale, fonctionnant lui aussi par palier, est accessible dès le début de l’aventure, si bien qu’on jurerait qu’il s’agit non pas d’un ajout a posteriori, mais d’un segment du jeu de base.

Quant à l’empreinte du studio Ghibli, qui n’est certes plus aux manettes, elle continue d’imprégner la direction artistique, notamment dans le design des personnages. Cette version débarquant sur notre Switch n’a d’ailleurs absolument pas à rougir face à ses concurrentes, se hissant à leur hauteur en nomade comme en mode docké, avec ses graphismes toujours aussi fins et une distance d’affichage identique en extérieur. Seules de petites baisses de framerate se font parfois ressentir. Une expérience de jeu assez similaire aux moutures Pc et Ps4 donc, à la différence près qu’elle se vit désormais en tout lieu !

Toujours à la baguette sur le plan musical, Joe Hisashi livre sans surprise des compositions irréprochables qui nous accompagnent en parfaite harmonie tout au long de nos péripéties. Les puristes se rabattront néanmoins rapidement sur les modes difficile et expert en raison d’un challenge de base adapté à tout type de joueurs, enfants de 10 ans compris, qui pourront ainsi s’adonner aux joies d’un RPG ultra complet. Malgré une durée de vie estimée à 50 heures en ligne droite, misez plutôt sur une centaine d’heures, DLC exclus, tant la gestion du royaume et la complétion des quêtes annexes s’avèrent passionnantes.

Conclusion
Ni No Kuni a su se réinventer du tout au tout. Si la magie de la narration du premier épisode n’est plus, tout le reste s’est vu grandement rehaussé. L’histoire, plus prenante, les trois couches de gameplay que constituent la gestion du royaume, sa défense et l’aspect RPG des aventures d’Evan, s’entrelacent sans accroc, formant un ensemble cohérent auquel chacune des parties s'arrime naturellement. Les dizaines d’heures que nous passons aux côtés d’Evan filent à grande vitesse, la possibilité de les savourer dans une version Switch de haute volée, aussi bien en nomade qu’en docké, ajoutant encore au plaisir. Les amoureux de J-RPG peuvent ainsi se jeter les yeux fermés sur le titre de Level-5, qui se paie même le luxe d’incarner, à ce jour, l’entrée en matière idéale pour les moins expérimentés. Un must have de plus sur la console de Nintendo !
Points positifs
  • La direction artistique est toujours au top et s’inspire du premier épisode
  • Les combats sont très dynamiques
  • Adapté à tout âge, le titre constitue une parfaite porte d’entrée sur le genre, tout en demeurant très complet pour les puristes
  • Les trois couches de gameplay s’interconnectent parfaitement
  • La gestion du royaume est prenante
  • Le mode bataille est engageant
  • L’aspect RPG est envoûtant
  • Le tout est fascinant
  • Avec Joe Hisashi à la baguette, la bande-son est toujours aussi merveilleuse
  • Le donjon labyrinthique réinvente le farming tout en le rendant intéressant
  • Tous les DLC sont présents et s’intègrent avec brio à l’histoire
  • Cette version Switch n’a jamais à rougir de la concurrence
Points négatifs
  • La magie du premier a disparu...
  • … tout comme les passages d’un monde l’autre
9.1
Excellent
Graphismes - 10
Bande-son - 10
Gestion - 9
Bataille - 8
Combats - 10
Narration - 7
Prise en main - 9
Contenu - 10
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

17 commentaires

  1. Merci pour ce test d’un jeu non deja fait pour ma part et pour lequel je vais me laisser tenter

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  2. je risque fort de me faire tenter à un moment
    mais deja terminier eastward

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  3. Oh mon dieu ! Première fois qu’un J-RPG me tente !
    Le mélange jeu de gestion, de stratégie et action RPG m’attire beaucoup !

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    • attention, c’est d’abord et avant tout un RPG, la gestion et la stratégie viennent en plus et ne représente pas non plus le coeur du gameplay, ce n’est ni un strarcraft ni un theme hospital (désolé pour les ref de vieux)

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  4. Note scandaleuse !
    Avez-vous vraiment joué au jeu ?
    C’est une catastrophe visuellement avec une résolution autour des 400p et un aliasing de fou, qui rendent le jeu totalement injouable (au moins sur ma switch lite).

    Si le 1er Ni no Kuni tourne très bien sur switch, celui-là est vraiment à éviter, en attendant de futurs patches …
    c’est à cause de test comme le vôtre qu’on se fait carotter !!

    « ses graphismes toujours aussi fins » !!!! QUELLE HONTE D’ECRIRE CA !!

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  5. *** censure par fire_akuma ***

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    • bonjour benjamin, vous avez juste changer d’email, mais votre ip vous trahis. Lamentable. On ne force pas son point de vue en trichant.

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  6. *** censure par fire_akuma ***

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    • bonjour benjamin, vous avez juste changer d’email, mais votre ip vous trahis. Lamentable. On ne force pas son point de vue en trichant.

      Répondre
  7. Fire akuma.Euhh, vous faites erreur.On est pas la meme personne.Merci de laisser mon commentaire .

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  8. *** censure par fire_akuma ***

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    • *** censure par fire_akuma ***

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      • M’insulter ne changera rien. Et ce n’est certainement pas à un forceur dans ton genre qu’on va demandé qui mérite ou pas d’être modérateur.

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  9. *** censure par fire_akuma ***

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    • non on est pas pro, ça tombe bien, on est un site 100% amateur. Ton ip t’as trahis, comme tu le dit si bien : pathétique.

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  10. Très bon test, merci.
    Grâce à vous, je sais quel sera mon prochain rpg, une fois que j’aurais fini le premier bien sûr.

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