Filmechanism (Nintendo Switch) – Le test

Filmechanism du studio Chemical Pudding est un jeu de réflexion/plateforme débarquant sur nos Nintendo Switch dans un silence qu’il ne mérite absolument pas. Avec son concept d’une simplicité extrême, mais diablement efficace, il va nous entraîner dans son univers graphique rappelant la Nes et la Gameboy. Mais arrive maintenant le temps de développer toutes les qualités qui font de ce jeu un titre intéressant pour les amateurs de casse-tête, attention, à vos marques, prêt, feu, filmez !

Tout est dans la mécanique

Qui dit jeu de réflexion, dit généralement absence de scénario. Filmechanism ne déroge pas à cette règle et nous propose une histoire qui doit sans doute tenir sur un post-it plié en cinq, puis découpé en deux avant d’être déchiqueté par le chat et mâché par le chien pour enfin être retrouvé derrière le frigo lors du nettoyage annuel. Bref, il va falloir aider Rec, notre avatar, à aller là où il le souhaite. Pourquoi ? Seul Rec le sait et nous lui laissons ce savoir sans rien lui demander de plus tant le plaisir est ailleurs.

Une fois la partie lancée, nous commençons avec cinq niveaux nous dévoilant les subtilités du gameplay, à savoir : déplacer et faire sauter notre personnage pour atteindre le drapeau synonyme de fin de niveau. Ça, c’est facile. Notre Rec peut sauter d’une hauteur d’un carreau et sur une distance de trois. Sa maniabilité est irréprochable et nous ne sommes que rarement obligés de retenter un saut. Seuls quelques niveaux demandent vraiment un appui sur le bouton au dernier moment.

La seconde mécanique de gameplay que nous apprenons à utiliser concerne les pouvoirs bien particuliers de Rec. En effet, celui-ci, une fois en possession d’une pellicule, peut mémoriser la position de certains objets avant de les déplacer puis de les replacer à leur position enregistrée. L’utilisation de pellicules étant limitée à une par bobine, il va falloir faire attention à la position des objets que nous voulons sauvegarder.

Cette simple mécanique régit tout notre parcours. Il nous faudra savoir décrypter le level design en fonction de cette possibilité de rembobinage tout en gardant à l’esprit les possibilités de déplacement de Rec. C’est un mix de qualité entre réflexions et plateforme qui nous est offert avec Filmechanism. D’autant que la courbe de difficulté est plutôt intéressante.

La courbe de difficulté en ligne droite

En effet, pour venir à bout du titre de Chemical Pudding, nous devrons réussir à compléter les niveaux sur les trois niveaux de difficulté proposés. Si le niveau normal, composé de 77 tableaux se répartissant sur six mondes, se boucle en moins de deux heures sans trop nous faire souffrir,

la suite, gentiment nommée, Hard est quant à elle plus intéressante, sans parler de la version encore supérieure, appelée cette fois-ci Hell. Chaque tableau, une fois comprit, se boucle en une trentaine de secondes, mais il faut beaucoup de tentatives infructueuses pour en arriver là.

La répartition de ces niveaux est vraiment intéressante puisque dès le premier tableau d’un monde terminé, nous pouvons choisir d’emprunter la voie que nous souhaitons découvrir. Si celle-ci nous semble trop difficile, il est tout à fait possible de revenir sur un chemin moins difficile. Notre progression n’est jamais bloquée par un tableau. C’est au joueur de choisir sa courbe de difficulté. Malheureusement, à l’intérieur d’un chemin, celle-ci peut toutefois se montrer très inégale et c’est rarement le dernier tableau d’un monde qui se révèle être le plus difficile.

Chaque nouveau monde apporte son lot de nouveautés. S’il nous faut maîtriser juste les mécaniques de bases dans le premier monde, ce sont, par la suite, des plateformes instables, des leviers, des switchs, des trampolines ou encore des chariots automatiques que nous devrons comprendre et utiliser convenablement pour trouver un moyen de sortir du niveau en rejoignant le drapeau. Dans le cas où la difficulté semblerait trop grande, nous pouvons débloquer des indices grâce aux pièces gagnées en finissant d’autres tableaux.

Mais t’es pas là, t’es où ?

Les tableaux plus difficiles demandent à la fois réflexion et réflexes. Il faut prendre la photo au bon moment, avec des objets en plein déplacement, tout en prévoyant un déplacement enchaîné sous peine de se retrouver bloqué ou mort. Il est, en effet impossible de prendre une photo sans stopper notre avatar. De même, la remise en place des éléments demande un petit temps mort, il nous faut apprendre à gérer ses contraintes pour réussir à compléter les niveaux.

Comme tous les jeux de réflexion, la difficulté croissante peut frustrer et il faut être capable de faire une pause de temps pour laisser à notre cerveau la possibilité de faire apparaître la solution au détour d’une bonne nuit de repos. Les graphismes et la bande-son ne sont pas en reste avec ce besoin de pause. Les décors, s’ils sont différents d’un monde à l’autre, se répètent toutefois, d’un tableau à l’autre, énormément tout comme la bande-son qui tournera en boucle dans nos têtes du début à la fin du jeu.

Le dernier point à aborder concerne la disponibilité du titre de Chemical Pudding. Il n’apparaît pas pour l’instant sur l’eshop français malgré une traduction disponible dans la langue de Molière. Il faut donc passer par l’eshop US pour le trouver à 17 $. Cela changera peut-être, mais pour l’instant nous n’avons aucune information sur l’apparition de Filmechanism en Europe.

Post Scriptum : Filmechanism est désormais disponible sur l’eshop FR, alors faites chauffer vos méninges.

Conclusion
Mélangeant avec talent réflexion et plateforme, les développeurs de Chemical Pudding nous offrent avec Filmechanism un jeu très bien équilibré. Sa difficulté répartie sur trois chemins en fait un titre à la courbe de progression jamais frustrante. Ses mécaniques se renouvellent agréablement tout au long des six mondes que nous parcourons et ses graphismes hommages aux productions que nous trouvions sur nos vénérables NES sont agréables à parcourir. Seule la bande-son peine à se renouveler dans le temps, mais elle n’est jamais pour autant pénible. Un jeu agréable fait pour les amateurs de casse-tête jouissant d’une bonne aisance sur les jeux de plateformes. Il est juste dommage de devoir, pour l’instant, passer par l’eshop US pour l’acquérir malgré une traduction en français disponible.
Points positifs
  • La bande-son s’écoute agréablement…
  • Les graphismes hommages à la Nes et la Gameboy sont détaillés
  • Le mélange plateforme/réflexion fonctionne très bien
  • Le level design est maîtrisé de bout en bout
  • La courbe de difficulté est très bien pensée
  • Les indices achetés permettent de se sortir des niveaux les plus complexes
  • La prise en main est immédiate
Points négatifs
  • … même si elle tourne très vite en rond
7.5
Bon
Graphismes - 7
Gameplay - 8
Prise en main - 7
Level design - 9
Difficulté - 8
Musique - 6
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

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