Dojo System et Disaster Games lanceront Morkull Ascend to the Gods le 2 avril 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series, Switch et PC via Steam. Cette suite de Morkull Ragast’s Rage ramène le charismatique Dieu de la Mort dans un jeu d’action 2D entièrement structuré autour de combats de boss, où la métafiction et l’animation traditionnelle image par image forment l’identité distinctive du titre.
Le pitch initial tord immédiatement les conventions narratives. Morkull se retrouve enfermé dans l’univers du jeu original Ragast’s Rage, pleinement conscient qu’il est prisonnier d’un nouveau jeu vidéo. Cette lucidité métafictionnelle transforme les joueurs en complices involontaires : vous devez l’aider à s’échapper pour qu’il puisse accomplir ses plans maléfiques visant à dominer le monde et soumettre chacun à sa volonté. Oui, y compris vous qui tenez la manette.
Cette rupture assumée du quatrième mur imprègne l’intégralité de l’expérience. Le charisme, caractère et personnalité de Morkull créent une atmosphère légère constante malgré la difficulté des affrontements. Les blagues douteuses, références et mèmes ancrés dans la culture pop saturent les dialogues et situations. C’est comme avoir un ami jouant à vos côtés, sauf que cet ami est un dieu psychopathe cherchant littéralement à asservir l’humanité et qu’il commente sarcastiquement chacune de vos erreurs.
Le gameplay se concentre exclusivement sur une série sélective de batailles contre sbires, serviteurs et dieux composant l’Olympe du Royaume de Midaldus. Aucun remplissage entre les boss : chaque affrontement constitue un événement majeur exigeant maîtrise et adaptation. Cette structure épurée rappelle des titres comme Furi ou Titan Souls où l’intégralité de la progression repose sur le dépassement de duels monumentaux.
Incarner le Dieu de la Mort et des Ténèbres procure un sentiment de puissance accompagné de son poids. Morkull dispose d’une large gamme de combos, compétences et charmes à débloquer, équiper et construire selon les préférences avant chaque bataille. Cette personnalisation pré-combat permet d’adapter stratégiquement son loadout aux particularités de chaque adversaire, théorisant la meilleure configuration pour exploiter leurs faiblesses.
Cependant, les développeurs préviennent avec une franchise rafraîchissante : « Vous mourrez aussi une bonne poignée de fois. » Cette mort répétée fait intrinsèquement partie de l’apprentissage de chaque pattern de boss. L’atmosphère légère maintenue par les commentaires incessants de Morkull sert précisément à atténuer la frustration inhérente aux multiples game over. Difficile de ragequit quand le protagoniste lui-même se moque de vos échecs avec autodérision.
La direction artistique perpétue l’approche artisanale du premier opus. Morkull Ascend to the Gods est entièrement dessiné et animé à la main, image par image, avec un soin méticuleux. Cette animation traditionnelle confère aux mouvements des personnages un naturel et une vie impossibles à reproduire via des techniques procédurales ou squelettiques. Chaque attaque, esquive et réaction bénéficie d’une fluidité organique résultant de centaines d’heures de travail manuel.
Le style se distingue par des personnages stylisés et une large palette chromatique. Contrairement au premier jeu confiné principalement à Ragast, cette suite explore d’autres environnements appartenant au Royaume de Midaldus. Ces nouvelles zones visuellement distinctes enrichissent la mythologie du monde tout en variant les arrière-plans des affrontements, évitant la monotonie esthétique parfois problématique dans les boss rush purs.
L’animation image par image représente un choix de développement audacieux à l’ère où la majorité des studios 2D privilégient l’animation squelettique pour des raisons économiques. Disaster Games assume délibérément cette approche chronophage et coûteuse, convaincu que le résultat visuel justifie l’investissement. Les mouvements gagnent une expressivité et un poids impossibles via d’autres méthodes, renforçant l’impact de chaque coup échangé.
La personnalité de Morkull transcende le simple comic relief. Son existence métafictionnelle consciente génère des situations où il commente directement les mécaniques de jeu, critique les décisions de design, ou interpelle le joueur sur ses compétences. Cette posture narrative post-moderne transforme potentiellement chaque session en dialogue absurde entre un dieu fictif cherchant à s’émanciper et le joueur réel contrôlant son destin.
Le Royaume de Midaldus abrite un panthéon complet de divinités et créatures formant l’Olympe local. Chaque boss incarne vraisemblablement un aspect spécifique de cet univers mythologique, les affrontements servant simultanément de progression narrative et d’exposition worldbuilding. Vaincre ces adversaires démantèle progressivement la hiérarchie divine emprisonnant Morkull, se rapprochant de la liberté qu’il convoite.
La cause machiavélique de Morkull recrute cyniquement les joueurs dans ses rangs. En l’aidant à s’échapper, vous devenez complice de son projet de domination mondiale. Cette complicité forcée par la structure même du jeu vidéo où progresser signifie accomplir les objectifs du protagoniste, même lorsque ces objectifs sont ouvertement maléfiques, interroge la nature même de l’agentivité du joueur dans les médias interactifs. Bien sûr, tout cela reste enrobé dans suffisamment d’humour absurde pour ne jamais devenir pompeux.
Morkull Ascend to the Gods sortira le 2 avril 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series, Nintendo Switch et PC via Steam.





