Nous le répétons régulièrement, mais le roguelike est certainement le genre de jeu le plus versatile qui existe. Capable de se mélanger aussi bien au jeu de gestion (Cult of the Lamb), au dungeon crawler (Hades I & II), au poker (Balatro) et même au match-3 (Lucky Hunter), c’est un genre qui semble presque « sans limite ». Clutchtime: Basketball Deckbuilder, comme son nom l’indique clairement, nous propose un mélange créatif et inédit à notre connaissance : le mélange entre le roguelike deckbuilder et le sport. Que nous donne ce titre, disponible sur l’eShop depuis le 18 décembre 2025 au prix de quinze euros ?
Let’s Get Ready to Rumble!
Clutchtime: Basketball Deckbuilder est un jeu qui ne laisse aucune ambiguïté sur son concept : nous sommes dans un roguelike deckbuilder autour du basketball ! Le concept est très simple : que nous fassions une saison, un tournoi, des playoffs ou une saison complète (avec playoffs), le but est de créer le meilleur deck possible pour remporter les matchs puis la compétition.
Chaque match se déroule de la même façon : nous avons des cartes en main qui représentent des actions. Ces dernières peuvent être des cartes offensives (pour tirer), des mouvements (pour l’endurance ou piocher d’autres cartes), des cartes défensives, des soutiens mais aussi des cartes « équipes » (aux effets variés). Chacune de ces cartes possède un coût et il faudra gérer astucieusement à la fois notre deck, notre endurance, le bruit de la salle… mais aussi le temps restant dans chaque quart-temps !
Les cartes offensives sont des cartes tirs. Les fans de basket ne seront pas dépaysés : nous avons le trois points, le deux points, mais aussi des cartes offensives aux talents variés, comme le dunk qui augmente le bruit de la salle (ou la refroidit à l’extérieur), ou encore le floater qui, en plus d’être inarrêtable, permet de piocher une carte.
Niveau mouvement, les possibilités sont aussi variées. Nous avons par exemple le double-double, qui double notre endurance, le rebond qui permet de piocher et de gagner de l’endurance ou encore le crossover qui nous permet de piocher un tir et de réduire le coût de tous nos tirs dans notre main.
Les cartes défensives sont assez évidentes : nous avons la faute ou le contre pour stopper les tirs adverses, le « vol » (interception) qui nous rajoute une carte de contre rapide dans notre deck (pour gagner de l’endurance), ou encore le double marquage qui ajoute une « brique » dans le deck de l’adversaire (qui défausse tous les tirs de sa main).
Les cartes soutien sont globalement des cartes passes qui permettent de simplifier nos tirs et de contourner la défense, alors que les cartes équipes sont des bonus variés qui impactent le match. Nous avons par exemple le meneur remplaçant qui crée une carte soutien aléatoire ou la mascotte qui augmente le bruit dans la salle.
Un gameplay aux mécaniques intelligentes
Dans Clutchtime: Basketball Deckbuilder, utiliser une carte avance le chronomètre de quinze secondes. Il faudra donc gérer chaque quart-temps avec intelligence pour que notre adversaire puisse avoir le moins de temps possible pour s’exprimer. Par exemple, comme nous sommes les premiers à jouer à chaque quart-temps, nous pouvons dépenser des cartes peu coûteuses qui nous permettent de gêner l’adversaire.
Les cartes peuvent aussi avoir des effets variés qui doivent être pris en compte. Une carte « instantanée », par exemple, ne consomme pas de temps ; une carte « préférée », elle, se trouve dans notre deck au début de chaque quart-temps alors que la « collante » reste dans la main après la fin du tour.
Nous avons le choix entre deux nouvelles cartes à chaque quart-temps. Ces ajouts peuvent radicalement changer l’issue d’un match parfois mal embarqué. À la fin de chaque match, nous ne pouvons garder qu’une seule des cartes offertes. À nous de voir ce qui nous avantage le plus.
Finalement, même si c’est presque facultatif, il faut prendre en compte que chaque carte est reliée à un joueur spécifique de notre roster. Par exemple, si nous prenons un tir à trois points avec une carte « AR », alors le jeu considérera que notre arrière vient de marquer à trois points. Ces statistiques peuvent être utiles car, en ayant au moins un joueur dans le top 10 de chaque statistique, nous avons une carte de plus à choisir.
Une fois que les mécaniques des cartes et du quart-temps sont maîtrisées (oui, ça fait beaucoup), il faut gérer le bruit dans la salle. Vous l’avez certainement compris, mais certaines cartes permettent d’augmenter (à domicile) ou de refroidir (à l’extérieur) l’ambiance de la salle. Celle-ci permet de gagner une pioche et de l’endurance supplémentaires.
Clutchtime: Basketball Deckbuilder est un jeu de sport sans licence, et par conséquent, ne vous attendez pas à tomber sur des franchises iconiques comme les Knicks ou les Celtics. Le développeur a cependant eu la bonne idée d’ajouter les grandes villes (en termes de basket) de chaque continent, ce qui nous permet tout de même de « rêver » un peu. Les compétitions sont identiques sur chaque continent, à une petite différence pour les États-Unis où les quart-temps durent douze minutes au lieu de dix.
Clutchtime: Basketball Deckbuilder est une très belle surprise, un jeu qui réussit parfaitement à saisir l’esprit du basket (et du sport en général) pour le transposer à la sauce roguelike. Le gameplay est complexe, surtout au début, mais une fois que nous comprenons les mécaniques, il y a un vrai plaisir à enchaîner les trois points et à remporter toutes les compétitions possibles avec notre ville préférée.
Un concept novateur… et bien exécuté
Certains détails sont bien pensés et nous sentons que le développeur solo serbe Bigosaur aime le basketball. Les effets des cartes sont en quelque sorte « logiques ». Il est normal qu’un crossover permette de mieux tirer ou qu’un tir du logo soit inarrêtable et chauffe le public. Dans la même veine, nous apprécions la mécanique autour des fautes, qui empêche un panier en temps normal mais qui crée un « And one » face à un tir inarrêtable (le « And one » chauffe le public).
Nous avons pris énormément de plaisir sur le jeu, à découvrir les nouvelles cartes et à expérimenter les différents styles possibles. Les parties sont addictives et il est dur de s’arrêter une fois la compétition lancée.
Même si les mécaniques semblent parfaitement adaptées pour ceux qui suivent le basketball, le jeu est aussi accessible pour les néophytes. Même les joueurs qui ne savent pas grand-chose de ce sport peuvent s’amuser dessus, même s’il est forcément bien plus intéressant pour les fans.
Clutchtime: Basketball Deckbuilder a malgré tout des défauts importants à mentionner, à commencer par sa traduction. Nous avons typiquement la traduction « Google trad » avec des termes qui, bien qu’ils restent compréhensibles, sont étonnants. Le pivot a une traduction littérale de l’anglais et devient un « centre », et l’interception devient un vol. Cela reste compréhensible même s’il faut parfois se creuser les méninges pour comprendre l’intention originale (ou passer le jeu en anglais).
Des défauts encore marqués qui empêchent d’être un must have
Malgré un gameplay complet, le jeu est répétitif et peu équilibré : il suffit de quelques cartes bien pensées, comme le duo entraîneur adjoint (qui nous rajoute des cartes quand notre main est vide) et le crossover pour enchaîner un nombre de tirs incalculables. Nous avons régulièrement eu des situations où notre deck était si fort que l’adversaire ne pouvait pas jouer du quart-temps (les difficultés supérieures ajoutent une limite de carte) ! Même si ce fut agréable manette en main, un meilleur équilibrage ou un système de pièges à la Yu-Gi-Oh! aurait pu compenser cette problématique.
Les modes de difficulté auraient pu être mieux conçus. Il faut gagner les tournois dans toutes les difficultés pour gagner de nouvelles cartes et il faut remporter les saisons dans toutes les difficultés pour débloquer la saison complète (et qu’est-ce que c’est long !). Il est aussi dommage que la difficulté donne juste à l’adversaire plus d’endurance et une plus grande pioche au lieu d’augmenter son niveau intrinsèque.
Finalement, même si Clutchtime: Basketball Deckbuilder est un jeu sur lequel nous avons pris beaucoup de plaisir, c’est aussi une expérience encore « brute » où nous sentons encore les possibles améliorations. Par exemple, bien que ce ne soit pas gênant, il y a clairement quelque chose à faire avec les cartes liées à chaque poste afin de créer des rosters originaux.
La durée de vie dépend de votre investissement. Techniquement, vous pouvez passer des dizaines d’heures sur Clutchtime: Basketball Deckbuilder si vous appréciez l’expérience. Cependant, nous considérons que le prix de quinze euros est un peu élevé pour le contenu proposé : nous vous conseillons d’attendre une promotion pour profiter de l’expérience.
Les graphismes sont neutres : nous avons des cartes de plusieurs couleurs en fonction du type, et des dessins qui représentent la carte… et c’est tout. Malgré ce minimalisme peu enthousiasmant, les graphismes permettent de comprendre tout ce qui se passe à l’écran sans être perdu, ce qui reste le plus important pour un deckbuilder.
La bande-son, en revanche, est ratée. Il y avait vraiment un potentiel autour du thème du basketball, même avec des musiques libres de droits ; cependant, Clutchtime: Basketball Deckbuilder offre un bruit de foule plus ou moins modéré en fonction de l’ambiance de la salle ainsi qu’une musique d’introduction très répétitive… et c’est tout. Dommage.
Nous vous joignons une vidéo de quarante minutes enregistrée par nos soins.
Conclusion
Clutchtime: Basketball Deckbuilder est un roguelike deckbuilder original et réussi autour du basket ! Le gameplay est complet, addictif, accessible, et promet de longues heures de jeu pour remporter toutes les compétitions possibles. Malheureusement, le jeu est aussi un peu « brut de décoffrage », avec un gameplay perfectible, un équilibrage douteux, une traduction « Google trad » et une répétitivité assez présente. Finalement, Clutchtime: Basketball Deckbuilder est un jeu que nous vous conseillons… en promotion.
LES PLUS
- Un deckbuilder autour du sport, quelle idée géniale !
- Une idée géniale très bien exécutée
- Une idée géniale très bien exécutée
- Des mécaniques intelligentes et logiques en termes de basket
- Un jeu créé par quelqu’un qui aime le basket
- Une durée de vie, en théorie, quasi illimitée
LES MOINS
- Une traduction « Google trad »
- Un équilibrage pas exceptionnel
- Une bande-son ratée
- Un gameplay encore perfectible
- Des modes de difficulté mal conçus





