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Dracamar (Nintendo Switch) – Le test

Hadratoze par Hadratoze
16 mai 2026
dans Tests Nintendo Switch
Temps de lecture: 17 mins
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Dracamar
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Dracamar est un titre de plateforme à l’esthétique colorée et entraînante qui débarque sur Nintendo Switch pour offrir une aventure dynamique aux amateurs du genre. Le jeu est le fruit d’une collaboration entre 3Cat et le studio barcelonais Petoons Studio, ce dernier assurant également le rôle d’éditeur. Il est sorti le 30 avril 2026 et il est disponible sur l’eShop au prix de 24,99 € .

Basé à Barcelone (Sant Joan Despí), en Espagne, 3Cat (la Corporation Catalane de Médias Audiovisuels) est un acteur majeur de la culture et des médias, qui s’aventure ici dans le monde du jeu vidéo avec peut-être l’ambition de proposer une expérience transmédia avec cette série.

Basé à Barcelone, en Espagne, Petoons Studio s’est forgé une solide réputation internationale grâce à son expertise en animation et en développement de jeux « familiaux » et d’action (notamment avec des titres comme Curse of the Sea Rats ou My Friend Peppa Pig). Fort de leur savoir-faire technique et créatif, ils accompagnent 3Cat dans cette aventure en apportant leur maîtrise du gameplay de plateforme et leur rigueur éditoriale pour faire Dracamar.

Une prise en main facile qui reprend de nombreux plateformers

DracamarVous avez le choix entre trois personnages. Bien que ce changement soit purement esthétique : seules l’apparence et la voix diffèrent lors des cinématiques. Le scénario, très classique, sert avant tout de prétexte à l’aventure. Vous y découvrez l’antagoniste Roi Crad cherchant à dominer le monde en transformant les Okis, d’inoffensives créatures de l’archipel de Dracamar, en Mokis agressifs. Vos héros disposent de base de trois points de vie et de vies illimitées, la mort n’enlèvera que des étoiles récemment obtenues. Le menu vous permet de suivre votre progression pour les balles de Mokis, les étoiles, les badges, les graines ainsi que le nombre de cages à trouver.

Côté gameplay, l’arsenal rappelle les grands classiques de la plateforme 3D : double saut, attaque tourbillon (au sol ou en l’air), l’attaque écrase-face pour activer des boutons, course et roulade. Vous serez également accompagné tout au long de l’aventure par Iko, un petit Oki aux multiples ressources. En interagissant avec des objets spécifiques, Iko peut se transformer pour modifier l’environnement : il devient alors un ressort, un grappin, ou encore un boomerang. Ces transformations servent davantage au level design qu’aux capacités propres de votre héros, dictant la manière dont vous progressez à travers les obstacles du jeu.

Si la maniabilité du saut et de la toupie rend l’exploration accessible, les combats sont plus inégaux. Bien que certaines attaques soient indispensables face à des ennemis spécifiques, des hitboxes parfois capricieuses peuvent rendre certains coups encaissés injustes. Vous noterez d’ailleurs que s’accroupir s’avère vite inutile, la roulade étant bien plus efficace pour franchir les passages étroits. Le bouton qui vous sert à vous accroupir permet également d’interagir avec les PNJ et divers éléments du décor. Ces personnages sont plutôt amusants et vous dévoilent quelques bribes de l’univers, sans pour autant que les échanges soient forcément très intéressants.

La course, quant à elle, demande un certain temps d’adaptation : sans un léger élan préalable, votre impulsion initiale sera réduite, ce qui peut s’avérer fatal lors d’un saut de précision. Heureusement, le système de mouvement cache une vraie profondeur : en sautant pendant une roulade, vous déclenchez un « super saut » à la hauteur inégalée. Combiné au double saut et à la toupie — qui permet de planer momentanément tout en infligeant des dommages — ce mouvement devient essentiel pour atteindre les zones les plus éloignées et même des zones qui ne devraient pas être explorables.
Les mouvements sont particulièrement agréables une fois pris en main. Bien qu’un temps d’adaptation soit nécessaire pour pallier certains défauts, maîtriser totalement votre personnage vous permettra de parcourir les niveaux à votre guise.

La diversité des ennemis force à adapter votre stratégie : certains Mokis sont insensibles aux coups de face, tandis que d’autres ne craignent que l’écrase-face. Vous croiserez également des unités attaquant à distance ou des ennemis plus vifs nécessitant plusieurs frappes. Mention spéciale au crabe, sans doute le plus redoutable : il vous faudra renvoyer sa vague d’eau avec une attaque tourbillon. Bien qu’une petite cinématique introduise ce mouvement, l’explication manque de clarté et pourra en surprendre plus d’un. Malgré tout, la plupart des ennemis auront du mal à vous éliminer. Des caisses sont présentes absolument partout, et chacune d’elles contient un cœur et une étoile, vous évitant ainsi de rester longtemps avec un seul point de vie.

L’expérience gagne encore en richesse avec l’introduction de nouveaux types d’ennemis à peu près à chaque monde, évitant ainsi tout sentiment de répétitivité.

Les boss représentent un véritable défi : bien qu’ils ne soient pas insurmontables, ils vous obligent à réfléchir à vos actions. Néanmoins, vous trouverez souvent des cœurs pour panser vos blessures, ce qui facilite les affrontements. Chaque boss possède ses propres particularités, et même si certaines mécaniques se répètent, ils restent globalement uniques et adaptés au public visé.

La difficulté est globalement abordable. Entre les dialogues enfantins, le scénario simpliste du méchant « pas gentil » et l’abondance de ressources de soin ou de points de contrôle, le jeu s’adresse clairement aux débutants et aux plus jeunes. Il remplit d’ailleurs très bien son rôle : ni trop dur, ni trop simple, il vous permet d’acquérir les bases du jeu de plateforme et il propose un contenu varié.

Une aventure variée et plaisante

 

Entre chaque mission, vous naviguerez sur une carte du monde assez vaste, bien que moins complexe qu’un véritable niveau. Ce hub se présente comme un grand plateau où vos capacités sont limitées aux contrôles de base : la course et le double saut. Notez qu’il est possible de tomber à l’eau et d’en mourir, ce qui n’entraîne aucune réelle conséquence à part une légère perte de temps. Les niveaux s’enchainent sauf quand le jeu propose une alternative telle qu’un boss ou un niveau bonus. Le titre offre une belle diversité d’activités. Vous devrez notamment affronter sept boss majeurs pour obtenir les graines dorées nécessaires à la fin du jeu. Certains combats, comme celui contre le Tatanet — une chenille géante — vous plongeront dans des phases de shoot ’em up simplifiées où il faudra bien esquiver et tirer pour débloquer de nouveaux coloris pour vos héros.

DracamarAprès presque chaque boss, un magasin ouvre ses portes pour vous proposer des objets cosmétiques ainsi qu’une des graines indispensables à la construction du pont vers le monde suivant, le tout en échange d’étoiles. Pour progresser, vous devrez récolter un certain nombre de graines (une à deux par niveau), mais aussi collecter des « boules Moki » qui s’obtiennent en éliminant les ennemis contaminés. Il est également nécessaire de collecter les médailles si vous souhaitez affronter les Tatanets, car l’accès à ces derniers est verrouillé par un certain palier à atteindre.

Chaque monde dispose également de deux fermes pour faire éclore vos graines. C’est un choix de design assez curieux : au-delà de l’aspect collection, cette activité ne rapporte que des étoiles. Or, ces dernières étant omniprésentes dans les niveaux, vous n’en manquerez que très rarement, rendant le passage par le jardin assez anecdotique, mais obligatoire vu que certains des ponts demandent que les graines soient déjà éclos.

La progression est bien pensée : des panneaux sur la carte du monde et des points de contrôle dans les niveaux vous permettent de changer de garde-robe ou de personnage à tout moment. Chaque niveau possède sa propre identité visuelle et ses propres pièges. Si vous retrouvez des classiques comme le verglas, le jeu introduit aussi des mécaniques éphémères comme le lance-pierre.

Iko n’est pas en reste avec ses transformations variées : ressort, deltaplane, bouée ou mini-hélicoptère renouvellent constamment l’expérience. Bien que les niveaux soient relativement ouverts, l’interface vous guide efficacement pour savoir s’il reste des Okis à libérer, des médailles ou des graines à collecter, en indiquant même l’ordre logique de leur obtention (sauf pour les Okis). Pour éviter toute monotonie, chaque niveau propose une mécanique spécifique, qu’elle soit éphémère ou permanente. Le bestiaire est varié, bien que la plupart des créatures n’aient pas de nom officiel, à l’exception des fameux Okis — le terme Mokis désigne toute créature contaminée par le Roi Crad.
Concernant les collectibles, ils sont relativement simples à dénicher. C’est particulièrement vrai pour les graines, seul élément indispensable à la progression. Le reste des objets — médailles ou cages — s’adresse avant tout aux amateurs de personnalisation ou à ceux qui visent le 100 %.

La fusion entre deux mondes, des héros colorés dans des paysages méditerranéens

 

Visuellement, le jeu est réussi et propose une esthétique proche des dessins animés actuels. Les personnages, hauts en couleur, affichent des traits typiques des séries pour enfants. À l’inverse, les décors s’inspirent des paysages et de la culture méditerranéenne, créant un contraste entre le réalisme des environnements et le design « cartoon » des héros. L’ensemble reste cohérent grâce à des graphismes assez lisses qui lient ces deux styles. Toutefois, les limitations de la Nintendo Switch se font sentir, notamment sur la gestion des ombres : bien qu’elles soient présentes et fonctionnelles, vous remarquerez vite les gros pixels qui les composent dès que vous y prêterez attention.

Les animations s’avèrent assez inégales : si certaines sont réussies, d’autres se montrent plus sommaires, ce qui se remarque malheureusement assez vite. Malgré cela, elles apportent une réelle personnalité à des personnages qui en manquent parfois. Puisque le scénario propose peu d’enjeux, c’est avant tout par le mouvement que s’expriment les particularités (ou « gimmicks ») de chaque protagoniste ou ennemi.

L’ensemble reste de qualité, malgré un souci technique lors des séquences de glisse (sur rails ou en bouée) : quand vous sautez, l’animation subit un décalage et semble s’interrompre brusquement. Cela se produit à chaque saut ; rien de dramatique, certes, mais cela fait tout de même tache dans un rendu globalement soigné.

Dans l’ensemble, le titre réussit ses visuels. Il possède cette identité propre aux jeux de plateforme qui sortent de nulle part des années 2000 : sans être transcendant, il s’avère très agréable à parcourir. C’est une expérience solide qui, sans être incroyable, remplit parfaitement son contrat.

Une ambiance sereine qui manque cependant d’audace

 

La musique semble s’inspirer de nombreux autres jeux de plateforme, particulièrement ceux des années 2000 comme Spyro ou Ty, le Tigre de Tasmanie. Les compositions sont légères et agréables, instaurant une ambiance apaisante tout en conservant une pointe de dynamisme pour l’exploration.

Les décors s’inspirent, comme mentionné plus haut, de la Méditerranée et de la culture catalane. Il est donc regrettable que la bande-son n’utilise pas d’instruments typiques de la région. Bien que la musique soit sympathique, elle conserve cet aspect « plateforme générique » qui, sans être de mauvaise qualité, peine à donner une identité unique à l’aventure.

DracamarVous noterez tout de même une certaine variété sonore selon les niveaux ou les situations. Les boss bénéficient de thèmes plus rythmés, surtout lorsque l’action s’intensifie, avant de laisser place à des mélodies plus paisibles une fois le calme revenu.

Concernant le sound design, l’ensemble est très réussi : les effets sont dynamiques et accompagnent parfaitement vos actions sans être envahissants. Cela apporte une véritable personnalité aux éléments qui pourraient en manquer. Le seul bémol concerne le doublage anglais, vous sentirez qu’il est un peu trop « scolaire ». Les acteurs semblent se contenter de lire leur texte sans y mettre d’intonation, un défaut accentué par la grande simplicité des dialogues. C’est d’autant plus regrettable que les rares dialogues ne se remarquent pas par leur qualité, mais plutôt par leur manque d’impact.

Taillé pour le finir en vitesse, mais pas d’intérêt de le 100 %

 

Proposé à 24,99 €, le jeu offre une aventure d’environ 5 à 8 heures pour une ligne droite, ce qui reste correct. Cependant, la rejouabilité est limitée. Le seul véritable intérêt résiderait dans le speedrun : le titre est assez permissif, tant par ses mouvements que par son level design, ce qui vous permet de vous déplacer à une vitesse démesurée et de sortir des sentiers battus, ce qui s’associe bien avec le speedrun.

Pour les complétistes, le défi consiste à vaincre les sept boss et à collecter une multitude d’objets : 34 graines (réparties en neuf jaunes, neuf rouges, neuf bleues et sept roses à faire éclore), 45 médailles (trois par niveau sur les 15 disponibles), 104 cages, ainsi que tous les objets de personnalisation et les cinq Tatanets. Malheureusement, atteindre les 100 % ne rapporte absolument rien. C’est d’autant plus frustrant que les cages ne possèdent même pas de compteur global pour suivre votre progression totale. Si vous tenez tout de même à atteindre les 100 %, l’aventure vous demandera approximativement 10 à 12 heures. C’est un peu regrettable, car ce manque de gratification pour un tel investissement de temps constitue l’un des points faibles du jeu.

Un manque de soin qui entache l’aventure

Malheureusement, le jeu souffre de nombreux bugs. Si certains sont inoffensifs, d’autres s’avèrent bien plus ennuyants. Les plateformes, de manière générale, semblent être de véritables gruyères : il est possible de passer à travers si un ennemi vous bouscule un peu trop fort. Dans un cas extrême, vous pourriez même être contraint de relancer totalement le jeu ; après que votre personnage fasse du clipping infini en tombant en boucle sous la carte, vous risquez de vous retrouver face à un écran noir en essayant de sortir du niveau.

Une variante moins sévère, mais tout aussi frustrante, peut vous empêcher d’interagir avec certains éléments, comme les cages qui deviennent impossible à briser sans raison apparente. Dans le même registre, si vous mourez sur un toboggan, il arrive que celui-ci devienne immatériel à votre retour, vous obligeant à recommencer le niveau et à perdre votre progression.

Enfin, quelques soucis techniques viennent entacher l’expérience sans la bloquer : vous pouvez rester coincé, temporairement, dans un mur, voir le bras de votre personnage se figer dans une position étrange (comme sur l’image) , ou encore des soucis d’audio (comme un des héros passant subitement de l’anglais à l’espagnol). Parfois, votre héros s’emballe et avance tout seul à toute vitesse, un problème qu’un simple accrochage à un rebord suffit à régler. Bien que ces incidents ne détruisent pas l’aventure, l’obligation de recommencer un niveau alors que vous aviez tout collecté reste une expérience frustrante, heureusement ils ne sont arrivés que rarement.

Conclusion

5.8 /10

Avec Dracamar, la Switch accueille une porte d’entrée idéale pour les néophytes et certainement l’un des titres les plus adaptés au jeune public. Oui, l’expérience n’est pas exempte de reproches techniques : des bugs frustrants viennent parfois jouer les trouble-fête, au point de menacer une bonne demi-heure de progression si on n'a pas de chance. Mais une fois ces trouble-fête réglés, ce qui reste, c’est une aventure d’une accessibilité exemplaire, portée par une ambiance chaleureuse et une prise en main immédiate, fidèle au savoir-faire habituel du studio.Parcourir cet univers est agréable, c’est exactement la proposition honnête qu’on attendait pour initier de nouveaux joueurs aux plateformers. Si vous cherchez un titre sympathique pour faire vos premiers pas sans trop de pression, ne passez pas à côté de ce Dracamar. On aurait simplement aimé que le plaisir dure un peu plus longtemps et que les bugs ne soient pas aussi gênants.

LES PLUS

  • Prise en main immédiate et intuitive
  • Style visuel réussi, mêlant réalisme et aspect cartoon
  • Bande-son plaisante et atmosphère apaisante
  • Difficulté bien dosée, ni trop simple ni frustrante
  • Renouvellement constant du gameplay et du level design

LES MOINS

  • Durée de vie un peu courte pour un prix de 24,99 €
  • Dialogues enfantins et doublage trop scolaire
  • Chasse aux objets frustrante car sans aucune récompense à la clé
  • Un peu trop de bugs, certains s’avérant très gênants, et une bonne partie étant inoffensifs

Détail de la note

  • Gameplay 0
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0
  • Accessibilité 0
  • Durée de vie 0
  • Performance 0
5.8
Dracamar
Date de sortie : 30/04/2026

Note finale

5.8
  • Gameplay 0
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0
  • Accessibilité 0
  • Durée de vie 0
  • Performance 0

LES PLUS

  • Prise en main immédiate et intuitive
  • Style visuel réussi, mêlant réalisme et aspect cartoon
  • Bande-son plaisante et atmosphère apaisante
  • Difficulté bien dosée, ni trop simple ni frustrante
  • Renouvellement constant du gameplay et du level design

LES MOINS

  • Durée de vie un peu courte pour un prix de 24,99 €
  • Dialogues enfantins et doublage trop scolaire
  • Chasse aux objets frustrante car sans aucune récompense à la clé
  • Un peu trop de bugs, certains s’avérant très gênants, et une bonne partie étant inoffensifs

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