La saga Skautfold revient pour un nouveau volet, préparez vos invocations et votre sabre, cette fois c’est au Japon qu’on va botter du démon…
Skautfold return
Skautfold: Moonless Knight est le quatrième opus de la saga Skautfold. Nous avions d’ailleurs eu l’occasion de vous parler de Skautfold: Shrouded in Sanity (avec une ambiance proche d’un survival horror) ainsi que de Skautfold: Usurper qui se rapprochait d’un metroidvania en 2D vue de côté. Ce nouvel épisode reprend la vue du dessus (un peu « à la Zelda ») et y ajoute la touche Skautfold… Mais avant d’en dire plus, revenons rapidement sur l’univers et l’histoire.
L’aventure se déroule toujours dans une uchronie aux environs des années 1900, dans l’Empire angélique de Britannia, où la Grande-Bretagne a maté la rébellion de Washington, avant de s’étendre vers d’autres contrées comme le Japon. C’est justement au Japon que l’impératrice Eleanor envoie Gray, son deuxième chevalier, en mission diplomatique auprès de « l’Empire de l’Aube » (le Japon). À son arrivée, Gray découvre que l’empereur a été « remplacé » et ce qui était une simple mission diplomatique devient une quête contre les membres d’une secte appelée les Lunatics. Ces derniers vénèrent une mystérieuse divinité lunaire et se sont lancés dans un coup d’État religieux. L’empereur japonais est renversé et le pays sombre dans le chaos. Gray doit alors s’enfoncer dans le palais impérial des Oda, afin de faire la lumière sur le complot contre l’Empire de l’Aube. Ce faisant, il se retrouvera en quête d’un artefact mystérieux et devra tout mettre en œuvre pour empêcher une catastrophe d’ordre cosmique (forcément quand il y a un peu de Lovecraft dans l’histoire).
Au fil de sa progression, il découvrira que les anciens empereurs ont conclu des pactes avec des entités surnaturelles et que sous le palais se cache un ancien pouvoir lié à la Lune… Nous n’en dirons pas plus sur l’histoire qui est plutôt intéressante (même s’il faut un niveau moyen d’anglais pour tout comprendre).
À moi la garde !
Skautfold: Moonless Knight est un action-RPG vu du dessus, avec un soupçon de Souls-like. On déplace donc Gray, notre personnage, dans toutes les directions. Notre personnage est capable d’attaquer et d’esquiver les attaques, mais aussi (et c’est sans doute le plus important) de se protéger. À l’image de l’épisode précédent, Moonless Knight reprend le système de parade avec les blocages et/ou les esquives. En effet, notre personnage est doté de deux barres, une pour la garde et une pour la vie. Lorsque vous êtes attaqués par un ennemi, c’est d’abord votre barre de garde qui prend un coup. Lorsque celle-ci est vide, c’est alors la barre de vie qui commence à se réduire. Fort heureusement, si vous parvenez à parer ou à esquiver au bon moment, cela aura pour effet de ne pas réduire votre barre de garde et vous pourrez alors profiter de ce court temps d’esquive pour tenter une contre-attaque contre vos adversaires. Malheureusement, les ennemis sont à la même enseigne et disposent donc de la même capacité. Il faudra donc vider leur barre de garde en leur donnant des coups au bon moment (sous peine de faire réduire trop rapidement votre barre de garde) afin de faire baisser leur barre de vie. La barre de garde fait également figure de barre d’endurance (à l’image de ce que l’on retrouve dans la majorité des souls-like). On comprendra alors que foncer dans le tas aura (dans la très grosse majorité des cas) pour effet de vous faire passer de vie à trépas. Bien évidemment, il sera préférable de n’avoir qu’un seul adversaire à la fois pour essayer de rester en vie le plus longtemps possible.
Ce système de contre n’est pas expliqué durant la partie et il faut soit le connaître (pour avoir joué au jeu précédent), ou alors fouiller dans les menus pour trouver un tutoriel (en anglais) qui explique ces différentes mécaniques. Pour l’accessibilité, on aurait aimé un petit tuto interactif face à quelques ennemis de base… Mais finalement c’est aussi dans l’esprit des souls que d’être un peu « lâché dans la fosse », sans recevoir trop d’explications. Bon, on va quand même vous donner un sacré indice pour éviter de tourner en rond au début du jeu ! Dans la toute première pièce, il y a un ascenseur (on a mis la capture sous ce paragraphe), utilisez-le pour commencer votre progression !
Chroniques lunatiques
Le titre a également une autre spécificité dans sa progression et justement dans l’évolution des compétences pour les différents attributs de notre personnage, comme les points de vie, les points de défense et les points de puissance des armes… La particularité étant qu’ils évolueront au fur et à mesure de leur utilisation. Ainsi, on vous recommandera de choisir l’arme qui vous convient le mieux et de la conserver pour votre partie, car plus vous l’utiliserez, plus elle gagnera en niveau. Concernant les points de garde et de vie, ils évolueront naturellement au fil de vos échecs et de vos contres. Soyez cependant rassurés, votre personnage est « immortel », chaque mort vous ramènera à votre point de départ, tout en conservant votre argent et les améliorations gagnées, cependant les ennemis reviendront à la vie et vous serez également « maudit ». La malédiction a deux effets… Le premier, négatif, c’est que les ennemis vous feront plus de dégâts en vous touchant (même si le système de garde reste actif). Le second, positif, vous permettra de gagner plus d’or sur les cadavres des adversaires et vous rendra plus puissant… de plus, la malédiction vous donnera des hallucinations permettant de découvrir des objets invisibles pour quelqu’un qui n’est pas maudit. Il est toutefois possible de retirer la malédiction qui s’est abattue sur vous en allant méditer. Cette mécanique est intéressante, mais il faut toujours composer avec les combats qui restent toujours aussi coriaces si on en vient à affronter plus de deux adversaires en même temps.
Pour le reste, le jeu s’en sort convenablement d’un point de vue graphique, c’est du pixel art sympa mais l’ensemble est assez inégal. Certaines zones sont assez neutres et on a parfois du mal à distinguer un trou d’une tour qui se dresse devant nous… alors que d’autres sont plutôt jolies et inspirées. On garde à l’esprit que le tout a été développé par une seule personne (Steve GAL) et il faut dire que pour cela, ça force tout de même le respect ! La bande sonore est du même acabit, ce n’est pas toujours parfait, mais certaines pistes sortent du lot et s’avèrent agréables à l’oreille. L’ambiance lovecraftienne est présente et apporte un véritable plus à l’univers… Que ce soit dans les rencontres que l’on fait ou encore le « Familier » qui nous accompagne.
Au final et à l’image du système de garde, le jeu est mi-figue, mi-raisin… Si vous connaissez la saga, vous y trouverez votre compte, pour les autres, l’ensemble paraît un peu moyen et il ne manque qu’un tout petit quelque chose pour rendre le jeu vraiment plaisant… Cela pourrait commencer par une traduction des textes en français et une aide plus claire pour véritablement accueillir les nouveaux joueurs.
Skautfold: Moonless Knight est disponible au prix de 14,99 euros sur l’eShop.
Conclusion
Ce dernier volet de la saga Skautfold est en demi-teinte. Reprenant le concept de ses aînés avec le système de garde et d’évolution à l’usage, on trouve qu’au fil des parties l’ensemble a du mal à se renouveler. On se retrouve à frapper, à retourner en arrière et à remettre un coup… Dommage, l’histoire a un côté intéressant avec son inspiration « lovecraftienne », mais pour le reste on a un peu de mal à être totalement emporté par cette aventure, notamment par ce côté répétitif évoqué plus haut. Si vous avez fait et aimé les précédents volets, celui-ci devrait vous convenir sans forcément vous surprendre. Pour les autres, il y a peut-être lieu d’y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l’aventure.
LES PLUS
- Le système d’évolution par l’utilisation
- Certains décors
- L’ambiance lovecraftienne
- Le côté un peu « souls-like »
- Le système de garde
- La liberté de parcourir la carte comme on le souhaite
LES MOINS
- Textes en anglais
- Pas toujours évident de savoir où aller
- Le système d’évolution
- Le manque de renouvellement du système de garde
- Difficile contre plus d'un ennemi







