Le magazine Famitsu a annoncé le décès de Yoshihisa Kishimoto, survenu le 2 avril 2026. La triste nouvelle a été confirmée par son fils Ryūbō via Facebook : « Je suis navré de vous informer que mon père s’est éteint le 2 avril 2026. Merci pour tout ce que vous avez fait pour lui de son vivant. Je vous demande pardon de ne tenir qu’une cérémonie funèbre en famille. J’espère que vous continuerez à apprécier les œuvres de mon père, notamment Kunio-kun. » La cause du décès n’a pas été divulguée. Yoshihisa Kishimoto avait 64 ans.
Avec lui disparaît l’une des figures les plus importantes de l’histoire du beat’em up, un genre dont il est souvent considéré comme l’un des pères fondateurs. Né le 17 septembre 1961 à Tokyo, Kishimoto a eu une adolescence marquée par les bagarres de lycée, une passion pour Bruce Lee et le cinéma, et une pratique musicale au sein d’un groupe nommé Prophet — nom qu’il réutilisera plus tard comme pseudonyme professionnel.
Sa carrière dans le jeu vidéo débute au début des années 80 chez Data East, où il travaille sur les jeux arcade en LaserDisc Cobra Command — aussi connu sous le nom Thunder Storm — et Road Blaster. C’est un ami programmeur, Tomiyama, parti de Data East pour rejoindre Technos Japan, qui lui propose de le suivre. Kishimoto avait déjà en tête le projet qui deviendra Kunio-kun, mais Data East ne voulait pas le laisser le développer.
C’est chez Technos Japan que Kishimoto laissera son empreinte la plus durable. Il conçoit Nekketsu Kōha Kunio-kun, connu en Occident sous le titre Renegade, en s’inspirant directement de ses propres expériences de lycéen bagarreur. Dans les versions occidentales, tous les costumes et décors ont dû être modifiés pour adapter le jeu au marché américain, l’univers d’origine étant jugé trop ancré dans la culture japonaise. Le titre est considéré comme l’une des pierres fondatrices du genre beat’em up à défilement horizontal.
Son projet suivant lui vaudra une renommée encore plus grande. Double Dragon, sorti en 1987, est l’une des bornes d’arcade les plus célèbres de tous les temps. Il a engendré de nombreuses suites, des comics, des jouets et même un film hollywoodien. La franchise est toujours active aujourd’hui. Parmi ses autres créations chez Technos figurent China Gate (1988), WWF Superstars (1989), WWF WrestleFest (1991) et The Combatribes (1992).
Technos Japan ayant fait faillite en 1995, Kishimoto quitte le studio dans les années 90 et entame une carrière de freelance sous le pseudonyme Plophet, nom inspiré de son ancien groupe musical. Il développe des jeux à petit budget pour plusieurs sociétés et conçoit notamment un système de jeux à la demande pour des chaînes de restauration familiale japonaises. Le 1er avril 2010, il fonde officiellement Plophet Co., Ltd. Il revient ensuite à ses racines en servant de consultant créatif pour Double Dragon Neon en 2012, puis pour River City Ransom: Underground.
Kishimoto se définissait lui-même comme le grand-père du beat’em up, revendiquant pour Technos Japan le titre de premiers spécialistes du jeu de bagarre en défilement latéral. Sa philosophie de conception était claire : placer le joueur au centre du jeu, lui permettre de s’identifier au héros — « Je joue à Double Dragon et je suis Bruce Lee, c’est moi qui contrôle le jeu » — sans jamais briser cette immersion par des artifices qui casseraient le plaisir.






