Dans la longue liste des jeux Nintendo, Tomodachi Life, sorti en 2015 sur 3DS occupe une place contestée. Adoré par de nombreux joueurs, vendu à quatre millions de joueurs, c’est aussi un titre honni par une partie des fans du développeur japonais. Onze ans après, Tomodachi Life est de retour pour conclure l’épopée Nintendo Switch, avec un titre sobrement appelé Une vie de rêve. Est-ce que ce jeu, disponible sur l’eShop comme en physique le 16 avril 2026 à soixante euros, est un dernier must have pour l’une des consoles les plus vendues de l’Histoire ?
Le retour de cette licence qu’on aime tant !
Tomodachi Life : Une vie de rêve est un titre qui ne révolutionne pas sa formule. Nous sommes dans une simulation de vie où, un peu à la manière des Sims, nous créons des personnages que nous allons faire prospérer.
Dans Tomodachi Life : Une vie de rêve, contrairement à la licence d’Electronic Arts, l’accent est mis sur la créativité (ainsi que l’humour absurde) : nous sommes responsables de la création entière de l’île, en débutant par ses habitants.
Pour cet opus, le jeu ressuscite les Mii et nous propose un outil de création accessible et complet qui permet vraiment de créer le personnage de nos rêves. Nous avons plusieurs formes de visages, un nombre de coiffures impressionnant (il est possible de les personnaliser un peu), et surtout, un outil qui permet de « maquiller » nos Mii.
Le maquillage n’est pas à proprement parler du maquillage, en réalité, cette option permet de dessiner sur le visage de nos habitants afin de créer des combinaisons aussi étranges qu’intéressantes. Nous pouvons aussi bien dessiner un tatouage ou des mignonnes oreilles pour recréer Évoli. La seule limite (outre notre imagination) est la 2D qui donne parfois des résultats étonnants.
La personnalisation ne se limite pas au visage : nous pouvons aussi régler la voix de nos Mii. Voulons-nous une voix grave digne de Barry White ? Une voix robotique ? Ou quelque chose de plus « normal » ? Tomodachi Life : Une vie de rêve propose une palette intéressante pour créer la voix de nos rêves.
Finalement, nous allons pouvoir attribuer à notre Mii quelques informations de base (genre, nom, âge, mais aussi préférences amoureuses) ainsi qu’une personnalité qui fonctionne un peu comme le MBTI. Nous pouvons avoir seize différents profils sur notre île, du meneur au charismatique en passant par le perfectionniste ou l’aventureux.
Comme pour l’opus sur 3DS, et peut-être encore plus, Tomodachi Life : Une vie de rêve permet de créer des Mii aussi divers que variés dans lesquels peuvent aussi bien se côtoyer des personnes de notre quotidien (famille, amis, etc.) que des personnages historiques, mythologiques, des célébrités, ou même des animaux ! Par exemple, sur notre île, Bouddha, une orque, Louis XIV, Kronk de Kuzco ou même l’actrice des années 20 Janet Gaynor arpentent les rues.
C’est absurde, c’est étrange, et on s’amuse
Une fois installés sur l’île, nos Mii vont pouvoir déambuler librement dans le décor et notre objectif, bien qu’il soit diffus, est de réussir à augmenter le niveau de bonheur de nos créations.
Pour ce faire, nous pouvons leur donner à manger. Les repas sont variés, et comme chaque Mii a ses propres goûts, ils apprécieront plus ou moins nos offrandes. Certains sauteront de joie en mangeant des sucreries là où d’autres se régaleront avec de la charcuterie.
Il y a plusieurs moyens de récupérer de la nourriture, mais la façon la plus simple reste la supérette. Cette boutique permet chaque jour d’acheter quatre plats différents, tout en sachant qu’une fois que nous avons acheté (ou découvert) un aliment, il devient disponible pour toujours.
Nous pouvons aussi habiller nos Mii ! Là encore, ces derniers ont leurs propres goûts, et si certains sont bien heureux dans un costume trois pièces, d’autres vont s’épanouir dans des tenues très… originales, comme un déguisement de canard. Ces tenues sont souvent source d’humour : comment ne pas rire en voyant l’illustre Roi-Soleil ou Bouddha affublés d’une tenue totalement inadaptée ?
Nos Mii vivent la belle vie sans nous, mais nous avons une grande responsabilité dans leurs affinités. Ces derniers viendront régulièrement nous demander des conseils relationnels. Doivent-ils devenir amis avec un autre résident ? Doivent-ils tenter une colocation avec un ami ? Et surtout, est-ce que cette petite chose qui brûle en leur for intérieur est de l’amour ?
Comme le précédent opus, une grosse partie de Tomodachi Life : Une vie de rêve tourne autour des relations, notamment amoureuses, de nos résidents. Nous aidons nos Mii dans leur vie, en les guidant dans leurs choix, mais aussi en choisissant leurs sujets de conversation !
Bien que les sujets de conversation n’aient pas de réel impact sur la réussite ou non d’une relation, nous prenons un malin plaisir à créer des conversations absurdes avec des thématiques liées à nos personnages. Louis XIV devient par exemple ami de tous ceux qui parlent du château de Versailles, là où Bébé Schtroumpf raconte avec passion son amour pour le schtroumpf.
Ces sujets de conversation entrent ensuite dans le lexique de l’île et n’importe quel Mii peut les récupérer pour son usage. Par exemple, nous avons régulièrement des Mii qui se sont approprié le sujet préféré de notre vampire, « boire du sang », et qui en viennent à réclamer du sang dans leur sommeil.
Des outils de création complets et accessibles
Les Mii peuvent tomber amoureux, se marier… et avoir des enfants. Génétique oblige, chaque enfant aura des traits partagés entre son père et sa mère, ce qui peut là encore créer des mélanges assez invraisemblables.
Aider les Mii avec leurs relations augmente aussi le niveau de bonheur. Ce bonheur permet de personnaliser les Mii, en leur offrant des objets, des mimiques et bien d’autres choses amusantes qu’ils utiliseront dans leur quotidien.
Le bonheur augmente aussi le niveau de notre fontaine à vœux, un endroit qui va notamment nous permettre de débloquer des objets de personnalisation sur notre île. Car la vraie nouveauté de Tomodachi Life : Une vie de rêve est peut-être là : nous pouvons créer l’île de nos rêves de A à Z.
Le nombre d’éléments de personnalisation est assez grand et l’outil pour modifier notre bout de terre est à l’image de celui pour créer nos Mii, à la fois complet et accessible. Nous ne voulons pas vous gâcher la surprise, mais il est vraiment possible de créer une île qui nous ressemble notamment grâce au centre d’urbanisme qui permet d’inventer les éléments de notre choix !
L’argent est une donnée importante dans Tomodachi Life : Une vie de rêve. Pour acheter tous ces biens, que ce soient la nourriture, les vêtements ou même les décorations pour les appartements, il faut de l’argent.
Il y a globalement deux moyens de gagner de l’argent : en rendant heureux nos Mii, ces derniers nous donneront un petit pécule pour nous remercier. Nous pouvons aussi récupérer divers trésors que nous pouvons soit donner à nos Mii… soit vendre ! Avez-vous besoin d’un peu d’argent ou voulez-vous voir vos Mii en train d’interagir avec des objets parfois insolites ?
Nous pouvons récupérer des trésors grâce aux rêves des résidents mais aussi grâce à divers mini-jeux que nous proposent sporadiquement nos résidents. Nous avons par exemple un mini-jeu qui nous demande de reconnaître nos Mii uniquement grâce à leur ombre, ou un étrange bowling où nos Mii deviennent des quilles.
Pour conclure ce long inventaire du gameplay, Tomodachi Life : Une vie de rêve propose aussi de nombreuses saynètes assez amusantes qui viennent agrémenter notre partie. Nous ne dirons rien pour vous garder le plaisir de la découverte, mais certaines sont vraiment très amusantes !
Il existe encore beaucoup de choses sur le jeu, comme le journal télévisé, le studio photo, les anniversaires et de nombreuses situations étranges, mais nous préférons vous laisser le plaisir de la découverte.
Un mélange graphique entre Mii et réalisme toujours réussi
Tomodachi Life : Une vie de rêve est une suite qui fait plaisir, un jeu absurde à consommer… avec modération. Nous avons pris énormément de plaisir à créer nos Mii, à les voir interagir et coexister ensemble. L’humour fonctionne toujours autant, et les nombreuses saynètes et les situations étranges sont toujours aussi efficaces.
Les outils de création sont à la fois accessibles pour les plus paresseux mais complets pour ceux qui veulent aller dans le détail. Nous ne nous attendions pas à prendre autant de plaisir à créer et imaginer nos Mii là où nous récupérions allégrement les QR codes sur l’opus Nintendo 3DS.
Plus généralement, il y a toujours un plaisir à voir évoluer nos Mii, à voir les relations qui se tissent entre eux, et les conversations absurdes autour des sujets que nous inventons sont toujours aussi jubilatoires. Les interactions de nos Mii avec les objets de notre île sont aussi amusantes et peuvent continuer à nous faire rire même quand elles se répètent.
C’est un détail qu’on oublie très souvent quand on pense à ce jeu, mais Tomodachi Life : Une vie de rêve est aussi une source de savoir. Il y a un vrai plaisir à découvrir les plats du monde entier et nous ne comptons pas le nombre de fois où nous sommes allés sur Internet pour découvrir la composition de certains aliments consommés par nos Mii !
Si nous avons apprécié le temps passé sur Tomodachi Life : Une vie de rêve, le jeu nous laisse finalement un avis mitigé. Oui nous nous amusons sur le jeu. Oui, l’humour est efficace et ne manque pas de nous faire rire. Mais nous avons aussi la sensation que l’expérience manque cruellement de contenu pour faire tenir le joueur dans la durée.
Les saynètes se répètent très rapidement, les conversations finissent par se ressembler, et seules l’évolution des relations entre nos Mii et les quelques nouveautés journalières (tenues, plats) nous motivent pour revenir jour après jour.
La plupart des mini-jeux finissent par devenir rébarbatifs, voire frustrants, comme le jeu des silhouettes autour des plats. Dans celui-ci, il est impossible de différencier l’ombre des plats qui sont placés dans le même contenant, ce qui nous gêne au plus haut point. Notons tout de même que le mini-jeu « pas deux fois » sort du lot.
… Mais une sensation générale de manque de contenu
Nous avons parfois la sensation que la liberté donnée aux joueurs, même si l’idée est géniale, amenuise le cœur du gameplay. C’est simple, nous pouvons inventer énormément de choses, concevoir l’île comme nous voulons, mais les interactions entre les Mii et nos inventions sont quasiment nulles. Pourquoi passer de nombreuses heures à utiliser notre créativité si elle ne sert à rien à nos habitants ?
Nous aurions préféré un jeu avec peut-être moins de liberté mais qui nous offre un contenu plus conséquent en termes d’interaction pour nos Mii, afin que les conversations et les saynètes ne se répètent pas aussi rapidement. L’enthousiasme énoncé dans notre preview est doucement retombé, donnant la sensation d’un jeu au potentiel énorme mais inexploité.
Tomodachi Life : Une vie de rêve reste un bon jeu sur lequel nous avons passé un très bon moment. Nous nous sommes amusés à explorer toutes les facettes offertes par le gameplay mais nous ressentons aussi que l’expérience n’exploite pas pleinement son potentiel, et que les fans de l’opus Nintendo 3DS pourraient ressentir presque une « régression » par rapport au titre originel.
Nous précisons aussi que l’expérience, comme le premier opus, n’est pas adaptée à tous les publics : si les amateurs de bizarreries vont s’amuser sur le titre, les esprits plus terre à terre risquent de détester ce jeu et n’y trouver aucun intérêt.
Est-ce que le jeu vaut ses soixante euros ? Difficile à dire. Si vous cherchez à créer des Mii et à aménager votre île, alors Tomodachi Life : Une vie de rêve propose un contenu conséquent qui justifie facilement son prix. Si vous cherchez de l’humour étrange à foison alors peut-être vous ressentirez le même sentiment mitigé que nous.
Notons aussi, et ce n’est pas rien, que nous n’avons pas testé le jeu à plusieurs, et que cela peut parfaitement biaiser notre avis. Sur le premier opus, il y avait un plaisir à échanger nos Mii entre amis et à voir certains de nos habitants vivre sous d’autres toits. Cet aspect social n’est pas négligeable et il se peut que l’expérience avec un proche soit différente avec ce point de vue en plus.
Les graphismes, en revanche, sont toujours aussi réussis. Le mélange entre les Mii (et ce style graphique particulier) et les photographies d’éléments réels crée un ensemble étrange à souhait qui fonctionne parfaitement. Le décalage est souvent très réussi, et notre ventre a souvent réclamé les mêmes petits plats que nos Mii.
La bande-son est agréable, notamment grâce aux nombreuses voix de nos résidents qui créent des contrastes qui fonctionnent très régulièrement. Les musiques sont reconnaissables, restent en tête, mais elles ne termineront pas non plus dans votre playlist. Nous avons été en revanche déçus par les quelques chansons qui, par rapport à l’opus 3DS, ne sont pas chantées par nos Mii ! Finalement, la bande-son est à l’image du jeu, sympathique, mais elle peut donner une sensation de « pas assez ».
En termes de performance, le jeu est parfaitement fluide sur Nintendo Switch, permettant soixante-dix Mii sur notre île. Bien que ce nombre soit plus petit par rapport à la version 3DS (une centaine), ce n’est pas vraiment gênant. Le seul point de frustration est celui déjà évoqué lors de la preview : seuls les outils de création sont tactiles, et nous aurions adoré jouer au bowling avec nos doigts ou récupérer nos Mii à la main.
Conclusion
Nous attendions avec beaucoup d’impatience Tomodachi Life : Une vie de rêve, et le titre nous a comblé... en partie. Le plaisir est immédiat ; créer ses Mii est vraiment agréable et nous avons adoré les voir évoluer sur notre île. Les saynètes sont toujours aussi étranges et amusantes, et nous avons bien ri en regardant nos résidents qui s’approprient nos sujets de conversation. Les options de construction, pour nos Mii comme pour notre île, sont variées, accessibles et complètes. Malgré tout, nous avons la sensation que le jeu souffre d’un cruel manque de contenu. Nous faisons vite le tour des possibilités du titre, et nous finissons frustrés par le manque d’interaction de nos Mii avec toutes nos belles constructions. Le jeu reste sympathique, amusant pendant une dizaine d’heures, mais il pourrait finir par lasser les joueurs qui attendaient depuis si longtemps cette suite.
LES PLUS
- Un jeu toujours aussi drôle et étrange
- Des saynètes amusantes et des conversations absurdes à souhait
- Un plaisir quasi instantané
- Toujours aussi amusant de voir les relations qui se développent
- Des outils de création à la fois accessibles et complets
- Un nombre conséquent de possibilités pour créer l’île de nos rêves
- Un décalage graphique toujours aussi efficace entre réalisme et Mii
- La voix des Mii, toujours aussi drôle
- Sans crier garde, le jeu nous apprend de nouveaux plats des quatre coins du monde
LES MOINS
- Un nombre de saynètes assez limité
- Une sensation d’avoir fait le tour assez rapidement
- Un manque d’interaction entre les Mii et nos créations
- Tactile que sur certaines phases de jeu
- Des chansons… que nos Mii ne chantent pas





