Astro Aqua Kitty (Nintendo Switch) – Le test

Les p’tits chats sont partout, dans nos ordis, dans nos télés, voire même pour les plus incontrôlables : dans nos salons ! Et cette invasion continue sans tambour ni trompette, cette infiltration latente de notre société qui modifie nos us et coutumes, dans le seul but de mettre la gente féline en haut de l’échelle alimentaire, arrive depuis quelque temps déjà sur nos écrans de consoles. Oublions les RPG de la série Cat Quest et les enquêtes sombres de Blacksad, car Astro Aqua Kitty s’attaque au Shoot’em Up mâtiné d’exploration, et oui ce genre existe. Alors accueillons les bras ouverts ce nouveau représentant du peuple des boules de poils, car être conquis n’aura jamais été un tel plaisir.

Chat ch’est vraiment toi

Après un premier épisode, sobrement nommé Aqua Kitty et injustement décrié par le chef, qui rendait hommage à Defender, un jeu de Shoot’em Up à défilement horizontal libre, arrive aujourd’hui sa suite Astro Aqua Kitty. Après avoir sauvé le peuple des chats en leur permettant de récolter le lait des fonds marins de leur planète, plus rien n’a freiné leur expansion spatiale. Nous les retrouvons donc en pleine exploitation d’une ceinture d’astéroïde. Ces cailloux stellaires sont remplis d’eau et ça tombe bien, car nous sommes toujours aux commandes d’un sous-marin surarmé. Il nous faudra aider les exploitants locaux pour leur permettre de mener à bien leurs missions de récolte. Comme son prédécesseur, Astro Aqua Kitty ne brille pas forcément par son scénario, mais ce n’est franchement pas ce qu’on lui demande et son côté décalé assumé le place plutôt dans le haut du panier des jeux de tir.

Dès le début de la partie, nous devons sélectionner un pilote et un mécano pour notre navette. Ceux-ci ont des capacités et des statistiques différentes qu’il nous faut étudier pour naviguer avec un équipage qui correspond à notre façon de jouer. Faut-il privilégier la vitesse, l’armure, l’énergie ou l’utilisation de gadget ? C’est au joueur de décider. Cela ne changera pas en profondeur le gameplay, mais, dès le début de la partie, cette composante RPG pose les bases de la transformation qu’a subi Aqua Kitty. Fini l’action frénétique allant de gauche à droite, il va falloir faire progresser notre vaisseau et utiliser au mieux les capacités de ses membres pour pouvoir sortir vivant de nos aventures.

Si le premier épisode avait su faire la joie des amateurs de gameplay à l’ancienne en lui ajoutant un côté meugnon tout plein et une composante multijoueur en le rendant jouable à deux sur un même écran, celui que nous testons en ce jour change complètement la donne. Oublié l’hommage à Defender, nous sommes bien plus proches de ce que proposait en son temps Aquaria. Nous déplacerons donc notre sous-marin dans de vastes niveaux en deux dimensions, oubliant ainsi le défilement horizontal. Notre liberté est bien plus grande que dans l’opus précédent et elle rend le titre de Tikipod bien moins linéaire. Il est tout à fait possible que notre chemin choisi ainsi que la façon de l’aborder soit différent de ce que décidera un autre joueur. Pour éviter de nous perdre, une carte, disponible dans le menu, ainsi que sa miniature, affichée dans l’écran de jeu, nous aidera à nous orienter.

Dans ces astéroïdes, nous rencontrerons notre lot d’ennemis belliqueux qui ne cherchent qu’à ralentir la progression du peuple chat, mais ceux-là ne savent pas que la seule façon de disposer d’un félin, c’est de disposer d’une pelote de laine, hors chacun sait qu’un tel item magique ne se trouve pas au beau milieu d’un aérolithe. Ces ennemis sont assez variés et demandent à chaque fois de connaître leurs mouvements et leurs attaques pour pouvoir s’en défaire sans perdre trop de vie. La tâche est d’autant plus ardue qu’ils se déplacent toujours en groupe. L’arrivée dans une nouvelle zone de la carte est toujours un moment de tension qu’il faut gérer intelligemment.

 

Chat roule !

Pour cela nous avons à notre disposition plusieurs dispositifs. Tout d’abord, nous pouvons nous équiper de deux armes parmi une petite dizaine disponible à l’achat ou lootable sur le cadavre des pauvres hères s’étant mis sur notre chemin. Ces armes consomment plus ou moins d’énergie, ont un stock plus ou moins grand, une fréquence de tir… plus ou moins rapide et pour finir font des dégâts plus ou moins puissants. Beaucoup de plus et de moins qu’il nous faut équilibrer pour ne pas nous retrouver à court de munitions en plein milieu d’une bataille.

À la fois accessible et exigeante en termes de gestion et d’équilibrage, cette mécanique fonctionne parfaitement et nous demande toujours de réfléchir à nos armes en fonction du type d’ennemi que nous allons rencontrer. Notre stock d’armes est toutefois limité. Il est rare de se promener avec plus de quatre armes différentes. Pourquoi ? Et bien tout simplement, car nous avons aussi quatre slots d’amélioration disponible. Là aussi, jouer avec six items est un maximum à ne pas dépasser sous peine de n’avoir plus de place disponible pour le loot.

Toutes ces marchandises sont achetables dans des magasins disséminés intelligemment sur la carte. Une fois acheté, il est possible d’en changer à la volée facilement en passant par le menu. De la même façon, dans les magasins, nous pouvons choisir d’upgrader notre vie, notre armure ou notre énergie. Tout cela coûtera des gemmes récupérées lors de nos tribulations. De manière générale, il n’est pas trop difficile, dans le mode normal, d’avoir les moyens de s’offrir tous les équipements max du niveau. Bien évidemment, ce sera plus compliqué dans les deux derniers modes de difficultés, vétéran et expert. Les amateurs de challenge pourront même opter pour une permadeath, chacun sa croix…

En parallèle de ce système basé sur les gemmes, nous avons aussi une jauge d’expérience qui se remplit en massacrant à tour de bras de l’ennemi. Cette expérience aura surtout le désavantage de caper le niveau des armes et items que nous pouvons utiliser. Globalement, la progression est très bien pensée. Il ne nous est jamais arrivé de survoler un niveau ou de le trouver trop difficile. Le challenge est toujours adapté. Si les débuts de level sont un peu plus difficiles, une fois un précieux niveau gagné, nous débloquons naturellement des armes que nous pouvons nous acheter facilement sans avoir à farmer du monstre inutilement.

Bien pensé dans son déroulement, les missions, qu’elles soient principales ou secondaires nous permettront d’avancer dans les niveaux et d’en découvrir tous les coins et recoins, pour augmenter notre pactole ainsi que notre expérience. À aucun moment un mur infranchissable n’est venu ternir notre plaisir. Pourtant loin d’être un jeu facile, notamment lors des phases de boss et de découvertes, Astro Aqua Kitty permet à tout joueur de trouver du plaisir et de progresser naturellement sans lui demander des réflexes hors du commun.

Un jeu qui se lisse le poil

Cessons un moment de nous émerveiller devant ces boules de poils et tâchons de retrouver un peu d’objectivité ! Oui, Astro Aqua Kitty propose un gameplay complet dans un univers attachant, mais les équipes de Tikipod ont-elles fignolé leur jeu pour en faire un modèle du genre ? La réponse est un grand oui ! Tout dans leur titre respire la volonté de bien faire. Commençons par le level design. Si tous les niveaux se déroulent à l’intérieur d’astéroïdes, nous ne nous contentons pas de parcourir des cavernes sous-marines se ressemblant toutes. Si certaines s’explorent librement, d’autres offriront une visite plus labyrinthique. Toutefois la présence de raccourci à débloquer nous permet de sauvegarder régulièrement. Ces niveaux sont vraiment grands, compte tenu de la petitesse de notre vaisseau. Ils n’en sont pour autant pas vide tant ils regorgent d’une vie agressive.

D’un point de vue graphique, tout en pixel art, Astrio Aqua Kitty joue avec son côté mignon pour offrir une palanquée de personnages tous plus choupi les uns que les autres. Ceux-ci évoluent dans un univers aquatique et les revêtus de leur scaphandre est vraiment sympathique. Nous croiserons aussi des vaisseaux de minage ou d’exploration, ceux-ci sont tout aussi réussis. Leur animation ne souffre d’aucun problème, tout comme celles de notre sous-marin et des différentes bullets que nous croiserons. Les différents astéroïdes dont nous avons la charge ont des décors qui varient, ces variations sont surtout mises en place via la faune, la flore et les constructions. Nous évoluons dans un monde de pierres qui restent la norme.

Nos ennemis ont eux aussi des sprites bien différents les uns des autres et ils se renouvellent à chaque nouveau level. En allant du crabe mécanique à la méduse tueuse en passant par la fleur lanceuse de missile, nous affronterons un bestiaire varié. Les boss viendront eux aussi tenter de nous mettre des bâtons dans les roues. S’ils respectent à la lettre le cahier des charges du gros méchant de fin de niveau par leur taille et leur variation, ils restent dans la norme de ce que proposent les shoot’em up.

Les contrôles du titre de Tikipod permettent de prendre un plaisir immédiat. Deux boutons pour nos armes ajoutés à deux boutons pour les capacités spéciales ainsi qu’à la touche permettant de se retourner, voilà tout ce qu’il faut maîtriser en plus du stick gauche pour avoir une chance de sortir vivant de cette aventure. Notre vaisseau répond au doigt et à l’œil, que ce soit en docké ou en nomade, nous ne sommes jamais surpris par une maniabilité qui ne nous joue jamais de tours pendables.

Terminons ce test en évoquant la bande-son d’Astro Aqua Kitty. Elle est à la fois magnifique de sonorités chiptune entraînantes, tout en se montrant pas forcément adaptée pour le type de jeu qu’elle soutient. En effet, loin des shoot’em up à défilement horizontal dont les niveaux sont relativement courts, Astro Aqua Kitty propose des niveaux longs et des combats de boss qui demandent eux aussi du temps à cause de la recharge de munitions et de l’énergie, donc forcément entendre la même musique pendant plus de trente minutes finit par lasser. Et c’est vraiment dommage, car prises à part, les mélodies sont toutes accrocheuses. Les effets sonores sont eux dans la même veine et rappellent les grandes heures des shooters 16 bits.

Conclusion
Après un Astro Kitty sympathique, sa suite Astro Aqua Kitty rebat complètement ses cartes et ses mécaniques, devient-il ainsi un grand jeu ? La réponse est OUI. Mignon, intelligent et proposant un gameplay basé sur le shoot’em up et l’exploration, il offre une expérience à la fois exigeante et accessible. Pour un prix modique de 13 €, il nous entraîne dans son univers coloré et attachant pour de nombreuses heures et avec une rejouabilité certaine compte tenu des différents pouvoirs des personnages sélectionnables. Alors, ne cherchons plus le jeu indé de l’été, car le titre de Pikipod ne laissera personne indifférent. Il ne lui manque qu’une composante multijoueur pour exploser tout sur son passage.
Points positifs
  • Les graphismes en pixel art sont détaillés et fourmillent de détails
  • La direction artistique basée est vraiment accrocheuse
  • Les différentes couches de gameplay : shooter, exploration, levelling sont parfaitement accordées
  • Les ennemis varient agréablement
  • La gestion vie/énergie/munitions fonctionne très bien
  • Les combats de boss sont vraiment longs…
  • L’impression de grandeur des cartes est très présente
  • Les missions se renouvellent agréablement…
  • La bande-son Chiptune est un modèle d’énergie rappelant les grands moments de l’ère 16 bits…
  • Tout ça pour 13 €, vous attendez quoi ?
Points négatifs
  • …peut-être un peu trop d’ailleurs
  • …mais ne révolutionnent rien
  • … mais elle peut être lassante vu le temps nécessaire à parcourir chaque niveau
  • L’absence de multijoueur est dommageable
8.8
Génial
Graphismes - 9
Musiques - 8
Gameplay - 10
Level design - 8
Contrôles - 10
Mignon / Absence de multi - 6
Fun - 9
Prix / Durée de vie - 10
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

1 commentaire

  1. Sur l’eShop, c’est indiqué qu’il n’est qu’en Anglais. C’est dommage 🙁

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