QUByte Classics – The Immortal by PIKO (Nintendo Switch) – Le test

Mais que se passe-t-il avec la Megadrive en ce moment ? Après la sortie d’une version mini, cherchant à concurrencer les NES et Super NES mini, après une apparition surprise sur le Nintendo Online, et après le retour des deux Shoot’em Up que sont Gley Lancer et Gynoug via l’éditeur indépendant Ratalaika Games, c’est au tour de QUByte de se lancer dans la course aux souvenirs du hérisson avec la mise en place de leur programme QUByte Classics. De quoi nous faire redécouvrir des titres qui n’ont pas, injustement peut-être, attiré notre attention à l’époque ? C’est ce sur quoi nous allons nous pencher dans la suite de cet article consacré à The Immortal, un jeu sorti sur Megadrive en 1991 après une apparition sur NES en 1990.

Une descente aux enfers

Si The Immortal nous titille doucement l’oreille, c’est peut-être parce que sa version NES fait déjà partie des jeux disponibles sur le Nintendo Switch Online, NSO pour les intimes. Et c’est ainsi, grâce à cette remarque anodine, que se présente la première occasion de casser du sucre sur le dos du studio en charge de cette nouvelle version. Celle-ci est censée être optimisée pour le jeu. Or, c’est bien la version du NSO qui est la plus présentable. Sans ajout de filtres graphiques ou d’étirement d’écran, la qualité du portage du titre NES est très douloureuse. Elle n’utilise même pas la totalité de l’écran en hauteur, et les options disponibles sont identiques à sa version NSO, à savoir la sauvegarde à la volée et… C’est tout. Si Ratalaika avait su proposer des options telles que le rewind et un menu de triche dans ses productions, celles de QUByte sont d’une pauvreté affligeante.

Le constat est malheureusement le même sur la version Megadrive, également disponible. La résolution est très faible. Que nous soyons en docké ou en nomade, ça pique franchement les yeux et ça fait mal aux souvenirs joyeux que nous avions sur la console du hérisson, qui pouvait faire bien mieux que cet amas de pixels disgracieux. L’application des filtres CRT ou de lissages donne un résultat encore pire ; le titre en devient quasi injouable tant il est baveux. Quant à l’étirement d’écran, il vaut mieux l’oublier. Le résultat est d’une floutitude rarement atteinte dans l’histoire de la floutitude. Eh oui, nous venons d’inventer ce terme en l’honneur de cette version de The Immortal.

Une fois notre choix entre les versions allant de Charybde à Scylla de ce titre fait, et les options graphiques étant remises à leurs plus bas niveaux, nous nous rendons très vite compte que les deux jeux sont sensiblement identiques. Si la version Megadrive propose plus de détails dans les décors et surtout des animations de morts pour nos adversaires, faire le jeu sur l’un ou l’autre support ne révolutionne en rien notre expérience, même si d’un point de vue personnel, ce titre nous aura au moins permis de relancer la version NSO…

Dark Retro Souls

Après ce triste point sur le travail de portage effectué, il est temps de parler de The Immortal pour ce qu’il est, à savoir un jeu d’aventure/réflexion en 3D isométrique. Malheureusement pour lui, pour tous ceux ayant eu un jour une Megadrive dans leurs mains, qui dit 3D isométrique, dit Landstalker. Et c’est là que la comparaison fait très très mal. The Immortal porte déjà très mal son nom. En proposant une aventure où nous allons mourir, remourir puis mourir à nouveau et pour finir, mourir encore et encore et encore, il fallait s’attendre à devoir gérer sa frustration, mais là c’est trop, car gratuit.

The Immortal nous offre trois vies et nous fait redémarrer dans la pièce précédemment visitée. Malheureusement, il existe tellement de façons différentes de trépasser que ces trois vies seront largement insuffisantes, et que l’utilisation des sauvegardes à la volée deviendra vite un palliatif au lancement de Joy-Con dans TA FACE ESPÈCE DE….. Pardon, nous nous emportons. Mais il faut dire que la trappe invisible en plein milieu de la pièce sans rien pour prévenir était, comment dire, vicieuse puissance mille. Et ce n’est que l’une des morts qui nous attend.

Nous déambulons dans un donjon à la recherche de notre maître Mordamir. Celui-ci a bien laissé un message, mais il ne nous est pas adressé. Nous retrouverons d’ailleurs le corps du destinataire dès la seconde pièce explorée. Que se passe-t-il dans ce donjon ? Le fin mot de l’histoire ne sera dévoilé qu’à la toute fin de l’aventure, après un nombre incalculable de sauvegardes honteuses. Entre les pièges et les monstres, il nous faudra aussi utiliser nos méninges pour utiliser les bons objets aux bons endroits, sous peine… De mort, eh oui encore.

Les combats contre les monstres sont aussi un brin frustrants. Sans fournir aucune indication sur leurs fonctionnements, nous nous retrouvons à taper n’importe comment en espérant venir à bout de notre ennemi. Un travail de portage du manuel d’époque aurait été le bienvenu. Après mûre réflexion et observation, nous nous rendons compte que les ennemis tapent dans un certain sens, il faut alors taper dans le sens contraire pour en venir à bout sans se faire toucher. Facile, sauf quand il faut combattre contre des ombres, dans le noir. Là, ça devient la fête à l’improvisation et nous sommes heureux de nous en sortir vivants.

Les poilus me diront que la difficulté est une composante essentielle des jeux de l’époque. Qu’il fallait suer du sang et des larmes pour découvrir une conclusion bien souvent lamentable. Mais difficile ne veut pas dire injuste, et Landstalker en est l’exemple parfait. C’est d’ailleurs ce qui en a fait l’un des porte-étendards de la Megadrive. Il n’est pas simple d’en venir à bout, mais nos morts ne viennent jamais de nulle part. Il est aussi facile de faire un parallèle avec la série des Dark Souls. Ceux-ci sont réputés pour leur difficulté, mais pas pour leur injustice. L’apprentissage fait partie du plaisir. Là, les signes avant-coureurs de danger n’existent pas, et les combats contre des monstres invisibles sont justes incompréhensibles, tout du moins pour les pauvres testeurs que nous sommes.

Conclusion
Nous pourrions continuer à épiloguer sur ces deux versions de The Immortal, mais le travail de portage réalisé par Piko est tellement faible que tout ce qui faisait le charme de ce jeu dans les années 90 se retrouve noyé dans une bouillie de pixels qui ne lui rend jamais hommage. La version NES du NSO, pourtant sans fioritures, est bien plus appréciable. QUByte devra faire bien mieux avec les autres licences qu’il a acquises, car pour l’instant, le compte n’y est pas. The Immortal n’en reste pas moins un jeu rétro à la difficulté frustrante toute droite tirée d’un abonnement à « Fais-moi mal magazine », qui possède toutefois une narration intéressante et un gameplay exigeant.
Points positifs
  • Le système de combat pourrait être intéressant…
  • La narration énigmatique ne nous donne jamais de réponses avant le dénouement
  • Les animations de morts sont nombreuses et pleines d’humour noir
  • Les sauvegardes à la volée sauvent des Joy-Con et des écrans de télé
Points négatifs
  • … Si seulement il était expliqué
  • Les deux versions sont vilaines graphiquement
  • Les filtres disponibles sont à fuir comme la peste
  • Les trop nombreuses morts gratuites sont vraiment frustrantes
  • La version NES disponible avec le NSO est plus agréable
5
Moyen
Graphismes - 5
Bande-son - 4
Gameplay - 5
Narration - 8
Option / Portage - 5
Frustration gratuite - 3
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

Laisser un commentaire

Mot de passe perdu

Veuillez entrer votre nom d’utilisateur ou votre adresse e-mail. Vous recevrez un lien pour créer un nouveau mot de passe par e-mail.

S'inscrire