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Wax Heads (Nintendo Switch) – Le test

LarryL par LarryL
5 mai 2026
dans Tests Nintendo Switch
Temps de lecture: 14 mins
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Wax Heads
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Wax Heads est le premier jeu de Patattie Games, un studio composé du Britannique Murray Somerwolff et de l’Espagnole Rothio Tome. Ce « cosy-punk puzzle d’aventure » nous plonge dans l’univers des disquaires. Nous avons parcouru l’entièreté du titre : que nous donne ce jeu, disponible sur l’eShop depuis le 5 mai 2026 au prix de quinze euros ?

Quand Tiny Bookshop rencontre Coffee Talk

Wax HeadsWax Heads est un jeu narratif et de simulation qui nous plonge dans un univers punk et queer. Nous incarnons une nouvelle employée de Repeater Records, le disquaire de la ville et presque dernière enseigne à encore vendre des vinyles.

La boutique est gérée par Morgan MacIntyre, l’ancienne star mondiale du groupe Becoming Violet, qui a subitement quitté l’industrie musicale il y a quelques décennies à cause de différends avec plusieurs membres de son groupe, dont Willow, sa sœur. Sans entrer dans les détails, ces conflits latents vont nous revenir de plein fouet et nous allons tout faire pour essayer de sauver Repeater Records.

Grossièrement, Wax Heads est une sorte de mélange entre Tiny Bookshop et Coffee Talk. Nous alternons les phases de narration, dans lesquelles nous allons en apprendre sur la vie de nos clients, de notre boutique et des employés avec les phases de « simulation » (plutôt d’énigme) dans lesquelles nous allons essayer de trouver le bon disque pour le client.

Chaque client va venir avec des demandes très spécifiques qui nous obligent à connaître parfaitement l’univers musical créé par le jeu, et donc de fouiller les nombreux documents à notre disposition. Parfois (très rarement), les demandes seront limpides : nous aurons par exemple à donner le nouvel album de la star de la pop Mimi, une sorte d’ersatz de Taylor Swift.

Cependant, la plupart du temps, les demandes seront cryptiques : par exemple, un client est persuadé qu’un des nouveaux albums disponibles contient un code de triche pour son jeu vidéo préféré. Il faudra alors fouiller tous les nouveaux disques pour trouver sur la pochette arrière un tatouage indiquant ce fameux code de triche.

Mais là encore, ce sont des demandes « simples ». Sans divulgâcher, nous allons avoir des clients qui souffrent de pertes de mémoire, des clients qui viennent sans trop savoir ce qu’ils veulent, et d’autres qui ne recherchent pas un album spécifique mais une humeur !

Nous devrons nous aider de tous les documents à notre disposition pour nous permettre de répondre aux demandes des clients : réseaux sociaux, critiques, journaux locaux, pochettes d’album (et descriptifs) et même jukebox vont devenir nos compagnons de route.

Le jeu fonctionne par journée, et il faut en permanence faire attention au réassort. Chaque nouvelle journée signifie de nouveaux albums, de nouveaux scoops, mais aussi de nouvelles promotions qui nous obligent à rester en permanence à l’affût de la dernière actualité.

Nous avons aussi quelques rares passages dans le bar local où nous venons à la fois pour nous détendre après le travail mais aussi pour soutenir nos collègues qui jouent dans des groupes de musique émergents. Là encore, nos talents de conseiller seront mis à rude épreuve avec des collègues qui nous demanderont de leur choisir la boisson qui correspond à leurs envies.

Un jeu qui respire la passion et l’amour de la musique

Wax Heads est un jeu inégal, à l’envie indéniable, aux idées intelligentes, aux thématiques profondes mais aux limites marquées, que ce soit dans le gameplay ou le scénario. Nous avons apprécié l’ambition du titre qui développe un miroir intelligent de notre industrie musicale.

Les développeurs aiment la musique, et cette passion qui les anime se perçoit dans tous les détails du titre. Que ce soient les pochettes, les histoires de chaque artiste, de chaque client, nous sentons ce désir sincère de partager avec nous cet amour.

Le nombre de documents à aller lire est conséquent, et même si le nombre de disques est assez limité, nous apprécions le renouvellement quasiment quotidien de nos stocks, avec des disques aux styles variés et aux histoires à la fois crédibles et intéressantes.

Le mélange de simulation et de visual novel est bien pensé : Wax Heads réalise le rêve de nombreux joueurs de Coffee Talk en proposant vraiment de « jouer » le métier que nous incarnons. En apportant du gameplay au visual novel, le côté parfois lourd de ce genre de jeux est grandement atténué.

En termes de scénario, la structure, même si elle est peu originale, fonctionne. Nous finissons par avoir un peu d’empathie pour les personnages qui nous entourent et pour ces clients parfois casse-pieds mais avec un grand cœur. Morgan est certainement le personnage le plus réussi car le plus complet et complexe.

Le jeu a aussi quelques moments de grâce, comme la scène de cauchemar où nous devons gérer une boutique où les albums ont été entièrement réalisés par l’IA, ou la journée spéciale Roberta D où tous les produits de notre boutique ont été remplacés par des disques de cette artiste.

Wax Heads est un jeu intéressant… mais ses limites handicapent l’expérience. En termes de gameplay, certaines énigmes sont vraiment beaucoup trop alambiquées et peuvent ternir le plaisir du jeu, surtout pour ceux qui veulent à tout prix donner la bonne réponse (car ce n’est pas obligatoire).

Un travail minutieux et détaillé

Wax HeadsNous avons eu par exemple une cliente qui nous demandait un album triste. Nous avons essayé de lui donner des disques mélancoliques (selon le descriptif de l’album), en vain. Nous avons ensuite essayé de lui donner des albums dont la pochette semblait triste. Nous avons par la suite essayé les albums dont certains titres avaient l’air tristes, mais finalement aucune de ces réponses ne lui convenait alors qu’elles correspondaient à sa demande.

Le travail de recherche est parfois rébarbatif. Il y a beaucoup de documents et seule une minorité est importante pour le jeu. Même si l’univers musical est amusant et bien construit, il ne justifie pas non plus un tel travail minutieux pour trouver le petit détail planqué dans le journal local. Il aurait sinon fallu un moyen plus rapide pour accéder à tous les documents en même temps pour éviter les nombreux allers-retours.

Se déplacer dans la boutique est par ailleurs peu agréable : combien de fois avons-nous pris le mauvais chemin ? Repeater Records est composé de trois à quatre pièces par étage avec deux à quatre disques à chaque fois, ce qui nous amène à faire de longs trajets pour retrouver l’emplacement de certains vinyles. La navigation n’est pas très agréable et nous débloquons même un ascenseur qui, à cause de son animation, prend plus de temps que l’escalier.

Finalement, la progression est parfois frustrante : l’absence de gestion de notre boutique, même si elle est compréhensive car liée à la narration, nous laisse sur un sentiment déceptif. Nous trouvons les bons disques, et les récompenses ne sont pas à la hauteur de notre investissement (chansons de jukebox, objets de personnalisation, etc.).

En termes de scénario, le jeu connait aussi des limites. Si l’univers punk queer cosy anticapitaliste est intéressant, l’histoire est trop manichéenne pour vivre intensément les conflits de nos personnages. L’antagoniste est un méchant vilain pro-IA, misogyne, manipulateur, capitaliste à outrance sans aucune rondeur.

Finalement, ce manichéisme ternit la crédibilité de l’histoire et des personnages : comment peut-on croire qu’une des « gentilles » de l’histoire vive avec cet homme depuis vingt ans sans s’apercevoir qu’il est juste infect ? Finalement, les gentils sont trop gentils, sans défaut, et les méchants sont méchants, sans qualité, ce qui donne un côté « moralisateur » qui, scénaristiquement, limite l’impact émotionnel de l’histoire.

Mais d’importantes limites en termes de gameplay et scénario

La fabula (chronologie du récit à l’intérieur de celui-ci) est aussi peu claire. Le jeu fonctionne par journée, mais en réalité, nous avons l’impression que des mois voire des années se déroulent sous nos yeux. Cela crée un contraste étrange où nous voyons nos collègues qui nous parlent comme si nous les avions vu la veille, alors que les sorties musicales semblent nous dire que plusieurs mois se sont écoulés.

Dernier point, mais nous avons eu du mal à croire au postulat de départ. Nous sommes dans une petite boutique, un disquaire en proie à des problèmes financiers… mais nous sommes recrutés alors que la boutique semble déjà avoir de nombreux employés ! Si nous comprenons le besoin en termes d’interaction avec les collègues, l’absence de crédibilité sur ce point nous a régulièrement bloqués dans notre progression.

Malgré tout, Wax Heads reste un bon jeu, certes limité, mais avec une envie et un amour si grands que les défauts sont atténués. L’histoire reste intéressante, et les dialogues se suivent sans aucun problème. Les scènes sont par ailleurs assez courtes et, fait rare pour un jeu narratif, nous n’avons quasiment lu aucun dialogue en diagonale, preuve de la qualité d’écriture de ces derniers.

Faut-il craquer pour Wax Heads ? Tout dépend de vos goûts. Si vous cherchez une histoire autour de la musique dans un univers punk (anticapitaliste et communautariste (dans son sens originel)) et queer, le tout avec un gameplay cosy, alors le titre pourrait vous intéresser. Le jeu mérite le coup d’œil pour son envie et son univers détaillé qui dépeint parfaitement l’industrie musicale.

La durée de vie est correcte pour son prix. Nous avons terminé le jeu en neuf heures, tout en sachant que nous n’avons pas tant profité de la borne d’arcade (mais que nous avons lu entièrement tous les documents). La rejouabilité est en revanche nulle.

Niveau portage et traduction, Wax Heads s’en sort moyennement. Le jeu est entièrement tactile, ce qui apporte un véritable plus au confort de jeu. En revanche, la traduction est tout simplement incomplète ! De nombreux documents ne sont pas traduits, ce qui nous oblige à jongler entre le français et l’anglais. Certaines parties du jeu, notamment vers la fin, sont aussi en langue anglaise comme certains sous-titres de chansons ! Cette traduction incomplète est aussi frustrante qu’étonnante. Notons aussi quelques bugs qui, même s’ils ne sont pas dérangeants, peuvent gêner.

Les graphismes sont beaux, même si la direction artistique fut pour nous peu originale. Nous avons cette impression de voir les mêmes personnages et le même design pour tous les jeux cosy et narratifs, ce qui finit par nous lasser. En revanche, le travail sur les pochettes d’album, avant comme arrière (et sur le disque en lui-même), est impressionnant et montre bien l’amour des développeurs.

La bande-son nous laisse un sentiment mitigé. D’un côté, nous aimons le travail conséquent du studio : Wax Heads offre une trentaine de titres à écouter qui correspondent aux artistes inventés par le jeu. Malheureusement, ce jukebox n’est pas automatique (il faut sélectionner dans le menu pour les écouter) et surtout, cette playlist est très inégale.

Certaines chansons sont vraiment agréables à écouter mais d’autres sont au contraire une tannée. Nous sentons la patte de la compositrice derrière chaque morceau, ce qui laisse parfois un sentiment assez étrange où nous n’arrivons pas à croire que chaque artiste est différent. Malgré tout, il faut louer le travail derrière toutes ses chansons, la chanson Unstoppable de Mimi est aussi entêtante qu’énervante.

Nous vous joignons une vidéo de trente minutes qui montre le début du jeu (sans commentaire).

Conclusion

7 /10

Wax Heads est un jeu mi-figue, mi-raisin. Ce jeu de simulation narratif dans l’univers musical a d’excellentes qualités. Nous sentons la passion derrière cette expérience, nous sentons la volonté de bien faire les choses et de proposer un contenu conséquent et soigné pour le joueur. Nous avons apprécié l’univers créé et le détail apporté à chaque pochette et chaque groupe. L’histoire, bien que peu originale, est intéressante dans un univers punk et queer assumé. Malheureusement, toutes ces qualités sont amenuisées par un scénario parfois bancal, avec des personnages trop manichéens, un gameplay parfois frustrant, une traduction incomplète et une bande-son certes généreuse mais inégale. Si vous cherchez une expérience narrative autour de la musique, Wax Heads peut être une bonne pioche pour vous, à condition que l’univers vous parle.

LES PLUS

  • Un jeu qui respire l’amour de la musique
  • Un univers musical soigné, parfait miroir de l’industrie actuelle
  • Un jukebox d’une trentaine de chansons qui correspond à l’univers créé
  • Un travail minutieux sur la création des pochettes de tous les artistes
  • Une vie musicale qui avance en même temps que l’histoire
  • Une durée de vie correcte pour son prix (huit à douze heures pour quinze euros)
  • Un mélange narration et simulation intéressant
  • Des énigmes qui mettent en valeur l’univers musical

LES MOINS

  • Une traduction incomplète
  • Le design des personnages manque d’originalité
  • Un jukebox inégal, avec autant de bonnes chansons que de mauvaises
  • Une narration manichéenne qui empêche l’immersion dans le récit
  • Un gameplay qui peut parfois frustrer
  • Trop de documents pour pas grand-chose, avec une navigation peu confortable
  • Des énigmes avec des réponses peu logiques

Détail de la note

  • Gameplay 0
  • Contenu / Prix 0
  • Histoire 0
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0
  • Performance 0
7
Wax Heads
Date de sortie : 05/05/2026
eShop

Note finale

7
  • Gameplay 0
  • Contenu / Prix 0
  • Histoire 0
  • Graphismes 0
  • Bande-son 0
  • Performance 0

LES PLUS

  • Un jeu qui respire l’amour de la musique
  • Un univers musical soigné, parfait miroir de l’industrie actuelle
  • Un jukebox d’une trentaine de chansons qui correspond à l’univers créé
  • Un travail minutieux sur la création des pochettes de tous les artistes
  • Une vie musicale qui avance en même temps que l’histoire
  • Une durée de vie correcte pour son prix (huit à douze heures pour quinze euros)
  • Un mélange narration et simulation intéressant
  • Des énigmes qui mettent en valeur l’univers musical

LES MOINS

  • Une traduction incomplète
  • Le design des personnages manque d’originalité
  • Un jukebox inégal, avec autant de bonnes chansons que de mauvaises
  • Une narration manichéenne qui empêche l’immersion dans le récit
  • Un gameplay qui peut parfois frustrer
  • Trop de documents pour pas grand-chose, avec une navigation peu confortable
  • Des énigmes avec des réponses peu logiques

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