Quand Square Enix a annoncé que Final Fantasy VII Rebirth, ce monstre de puissance qui faisait déjà souffrir la PS5 sur certains panoramas, débarquerait sur la Nintendo Switch 2, c’était logique mais inquiétant techniquement. Après avoir pu poser nos mains sur la démo complète du Chapitre 1 et entamer les grands espaces de Kalm, le constat est sans appel : on tient là non seulement le meilleur portage tiers du lancement de la console, mais aussi une leçon d’optimisation qui enterre proprement les doutes techniques du premier Remake.
Retour à Nibelheim
La session débute là où tout a commencé dans nos souvenirs, et où tout déraille dans le lore : l’ascension du Mont Nibel. On retrouve immédiatement le doublage français, toujours aussi impeccable et qui ne souffre d’aucune compression audio disgracieuse, un détail important pour un jeu où les silences et les respirations de Séphiroth comptent autant que ses répliques.
La prise en main de Séphiroth est LE moment grisant que l’on attendait. Sur Switch 2, le rendu de sa puissance est tout aussi jouissif que sur les autres plateformes. Le jeu ne rame pas d’un iota lorsqu’on enchaîne les dashs dans la brume ou qu’on lance une Spirale Croisée avec Cloud sur le Gardien de Matéria. C’est fluide, sec, et terriblement satisfaisant. On a particulièrement apprécié le soin apporté aux vibrations HD.
Kalm et l’appel du Grand Large
Passé le drame de Nibelheim, on atterrit à Kalm. Et là, on respire. Là où le portage Switch du premier Remake souffrait parfois de textures qui mettaient une plombe à charger en arrière-plan, Rebirth sur Switch 2 fait preuve d’une maîtrise bluffante. Kalm est vivante, grouillante de détails et plus vaste que jamais. On a profité du court répit scénaristique pour grimper en haut du clocher avec Aerith lors d’un date improvisé ; la vue panoramique dévoile un level of detail (LOD) parfaitement stable. C’est propre, c’est net, et surtout, ça ne fait pas mal aux yeux.
La transition vers la Région de la Prairie via les souterrains est immédiate. C’est là que la magie (ou la sorcellerie) opère. On arrive dans l’immense zone ouverte, ce fameux monde qui a dévoré tant de ressources sur consoles de salon, et… ça tient. Oui, en mode docké, on note un peu de clipping au niveau de la végétation lorsque la Chocobo file à pleine vitesse. Certains buissons et cailloux apparaissent à une distance un peu trop proche du champ de vision. Mais – et c’est là l’essentiel – le framerate ne bouge pas d’un poil. L’action reste lisible à 100% même au cœur des escarmouches contre les monstres de la prairie. Et contre toute attente, c’est en sortant la console de son dock que le portage devient quasi parfait. Sur l’écran 1080p intégré, la densité de pixels plus élevée par rapport à la taille de dalle rend le clipping bien moins perceptible et la fluidité est souveraine.
Premières impressions
Ce portage Nintendo Switch 2 ne changera rien aux polémiques scénaristiques qui entourent Rebirth. Ceux que les « Whispers » et les libertés scénaristiques de Tetsuya Nomura hérissent resteront sur leur faim. Mais sur la forme pure, c’est un sans-faute presque inespéré. On a affaire à un travail d’orfèvre bien supérieur au portage du premier opus. C’est plus propre, plus ambitieux et techniquement mieux maîtrisé. Si les développeurs arrivent à contenir le clipping observé en mode docké d’ici la sortie finale – et on rappelle que la démo de Remake avait les mêmes petits soucis avant d’être patchée –, on tient là le jeu parfait pour démontrer la puissance de la nouvelle console de Nintendo. Vivement la suite, car les plaines herbeuses n’étaient qu’une mise en bouche ; on a hâte de voir ce que la Jungon ou le Gold Saucer donnent sur cette petite machine qui n’a décidément pas fini de nous surprendre.
































