Voir débarquer un jeu de la trempe d’Indiana Jones et le Cercle Ancien sur une console Nintendo, qui plus est en portable, a quelque chose de grisant. Après un lancement triomphal sur Xbox et PC fin 2024, puis un passage remarqué sur PS5, c’est au tour de la Switch 2 d’accueillir l’archéologue le plus célèbre du cinéma. On a pu parcourir les premières heures de cette version taillée pour la nouvelle machine de Nintendo, et si l’émotion est au rendez-vous, la technique impose quelques concessions qu’il faut avoir en tête avant de sortir le coupe‑vent et le fedora.
Une ambiance intacte, une narration qui percute d’entrée
Dès les premiers instants, le jeu donne le ton : MachineGames ne se contente pas d’un simple hommage, il tisse un véritable film interactif qui s’insère comme une suite spirituelle de la trilogie originale. On retrouve un Indy fidèle à lui‑même, fatigué, cabossé, mais toujours aussi charismatique, campé vocalement par Troy Baker dans une performance qu’on ne présente plus — et doublé en français par l’inimitable Richard Darbois, ce qui ajoute une couche de nostalgie immédiate. Le voyage débute par une reprise jouable de la séquence culte des Aventuriers de l’Arche perdue, avec son idole dorée, sa forêt humide, et son piège sphérique bien connu. Un prologue malin qui réapprend les commandes tout en posant la promesse : vous allez vivre une aventure, pas seulement la regarder.
C’est d’ailleurs sur ce prologue qu’on a pu juger des premiers efforts d’adaptation. La jungle, luxuriante mais techniquement exigeante, révèle assez vite les limites de l’exercice : ombres qui scintillent, textures qui s’affinent tardivement, apparition soudaine de feuillages en bordure d’écran. On sent que la densité végétale met à mal le moteur, et la fluidité en prend quelques coups mais qui restent discrets. Heureusement, une fois les environnements fermés atteints — couloirs de pierre, catacombes, intérieurs du Vatican — la magie opère. Les lumières sont superbes, les visages affichent une expressivité remarquable, et les détails des décors (inscriptions murales, reflets sur le marbre, flammes qui vacillent au rythme des pas) ne font pas pâle figure face aux versions plus musclées.
Le framerate, verrouillé à 30 images par seconde, tient la route dans les séquences linéaires, mais peut trébucher quand les grandes zones ouvertes se remplissent de passants. Au Vatican, premier véritable hub du jeu, on a constaté des petits ralentissements dès que la place grouillait de soldats fascistes, et le framerate des PNJ éloignés chutait de manière peu visible, un petit effet comique involontaire lorsqu’on prend de la hauteur. On note aussi de micro‑freezes systématiques lors des sauvegardes automatiques, qui surviennent très régulièrement — de quoi hacher un peu l’immersion.
Jouer à la première personne, un pari toujours payant
Quand le jeu respire, il est tout simplement superbe. La perspective à la première personne, tant débattue à l’origine, se révèle idéale pour incarner Indy au plus près : on ne voit que ses mains, son fouet, et l’objet contondant du moment. Cela amplifie le sentiment d’être l’archéologue, notamment lors des phases d’infiltration où chaque pas résonne dans les couloirs sacrés du Vatican. On s’habitue vite à cette absence d’avatar permanent à l’écran, et la mise en scène tire profit de chaque rayon de lumière, de chaque ombre portée.
Le gameplay, lui, brille par sa variété. En quelques heures, on alterne exploration libre à la recherche de secrets, énigmes environnementales à la difficulté bien dosée (rien d’insurmontable, mais assez gratifiant pour donner l’impression d’être malin), phases d’infiltration déguisé en prêtre, et combats improvisés. Car Indy se bat avec ce qu’il trouve : une guitare, une tapette à mouches, une bouteille, un balai… La palette d’objets transformables en armes de fortune est généreuse, et donne aux rixes un cachet bricolo‑bagarreur parfaitement raccord avec l’esprit des films. On sue, on frappe, on esquive, et on finit par fuir quand les renforts s’amoncellent, exactement comme un certain Dr Jones.
Le fouet, lui, n’est pas qu’un gadget : il sert à franchir des précipices, désarmer un adversaire, ou s’agripper à des corniches. L’approche verticale des niveaux tire pleinement parti de l’outil, et on se surprend à fouiller chaque recoin avec un plaisir d’explorateur.
En mode docké, le jeu déploie toute sa cinématographie : éclairages soignés, cadrages millimétrés, et la possibilité d’adopter un ratio 21:9 pour une immersion « grand écran ». En mode portable, la magie ne s’éteint pas. L’écran de la Switch 2 fait honneur aux extérieurs comme aux intérieurs, et même si quelques textures apparaissent moins fines, l’ensemble reste tout à fait confortable pour avaler un temple ou deux dans le train. Pouvoir emmener un tel blockbuster dans le creux de ses mains, c’est exactement ce qu’on attendait de cette console, et sur ce point, la promesse est tenue.
Une aubaine à surveiller de près
Après ces quelques heures passées à fouiner dans le Vatican, à assommer des chemises noires et à déchiffrer des inscriptions latines, l’envie de continuer est là, intacte. Indiana Jones et le Cercle Ancien reste un excellent jeu d’aventure, et le voir débarquer sur Switch 2 est une excellente nouvelle. Les accrocs visuels et les petits hoquets de framerate dans les zones ouvertes empêchent pour l’instant de crier au miracle technique, mais rien de rédhibitoire. Si MachineGames parvient à polir ces aspérités d’ici le 12 mai — ou via un patch post‑lancement — cette version pourrait bien devenir la compagne de route rêvée pour tous ceux qui souhaitent vivre une grande aventure, qu’ils soient au salon ou à l’autre bout du monde. On a hâte de remettre le fedora.






La preview fait plaisir !
Vraiment hâte de découvrir le résultat final ^^
Pour avoir fait le jeu sur Xbox, il est vraiment top.
On y retrouve totalement l’esprit d’un Indiana Jones. l’exploration des niveaux est vraiment cool, tout comme les énigmes a résoudre.