À la fin des années 90, en 1999 pour être plus précis, alors que Theme Park dominait le marché des jeux de gestion de parcs d’attractions, la licence de Bullfrog Productions et Electronic Arts, Theme Park, a vu un concurrent nommé RollerCoaster Tycoon débarquer sur PC. Cette nouvelle licence a vite conquis le cœur des amateurs de jeux de gestion avec les deux premiers opus RollerCoaster Tycoon et RollerCoaster Tycoon 2. C’est en 2017 qu’Atari nous offre une compilation, regroupant les deux premiers opus, se nommant RollerCoaster Tycoon Classic. Neuf ans plus tard, cette compilation arrive sur Nintendo Switch 2. Après toutes ces années, le charme opère-t-il toujours autant ?
Un monde d’amusement
Avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons une petite présentation rapide de la licence RollerCoaster Tycoon. Créée par Chris Sawyer et éditée par Hasbro Interactive, la série RollerCoaster Tycoon a connu un immense succès entre 1999 et 2004, avec trois épisodes majeurs et plusieurs extensions. Cette licence nous propose de construire et gérer un parc d’attractions. Il faut dire que dans ces années-là, RollerCoaster Tycoon était l’une des références du genre.
Depuis, quatre titres sont sortis, à savoir RollerCoaster Tycoon 3D sorti sur Nintendo 3DS en 2012, RollerCoaster Tycoon World sur PC en 2016, RollerCoaster Tycoon Touch sur Android et iOS en 2017 et RollerCoaster Tycoon Adventure sorti sur PC et consoles en 2018. Malheureusement, aucun de ces titres n’a réussi à convaincre les amateurs de la licence. Mais passons, et revenons dans le vif du sujet avec ce RollerCoaster Tycoon Classic.
On ne va pas se mentir, l’arrivée de RollerCoaster Tycoon Classic sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2 a été et est une excellente chose pour les amateurs du genre et de la licence, surtout lorsque l’on voit le contenu présent dans cette compilation.
Le jeu propose en effet RollerCoaster Tycoon avec ses extensions Added Attractions (également appelée Corkscrew Follies) et Loopy Landscapes, RollerCoaster Tycoon 2 avec ses extensions Wacky Worlds et Time Twister, ainsi que le Toolkit. Ce mode regroupe plusieurs outils hérités de RollerCoaster Tycoon 2, notamment l’éditeur de scénarios et le concepteur de montagnes russes, qui avaient largement participé au succès du deuxième épisode. Nous reviendrons sur ce mode un peu plus bas.
Si RollerCoaster Tycoon a réussi à se distinguer de ses concurrents, c’est avant tout grâce à la liberté offerte au joueur. Là où de nombreux jeux de gestion de l’époque se concentraient principalement sur l’aspect économique, le titre de Chris Sawyer allait beaucoup plus loin. Il permettait non seulement de gérer les finances du parc, mais également de créer ses propres montagnes russes, de personnaliser l’environnement dans les moindres détails et même d’observer les réactions individuelles des visiteurs. Une formule particulièrement novatrice à l’époque qui a rapidement séduit les amateurs de gestion comme les passionnés de parcs d’attractions.
Un contenu gigantesque
Dans la précédente partie, nous avons commencé à évoquer le contenu de ce RollerCoaster Tycoon Classic. Nous allons rentrer dans le détail du contenu de cette version Nintendo Switch 2 qui, sans spoiler, est le même que les versions sorties précédemment. Nous évoquerons les réelles nouveautés un peu plus tard.
Le moins que l’on puisse dire est que le contenu proposé est juste énorme et nous offre de nombreuses heures de jeu en perspective. En effet, avec la présence de RollerCoaster Tycoon 1 et 2, et de leurs extensions respectives, ce ne sont pas moins de quatre-vingt quinze scénarios qui nous sont proposés. Ces scénarios sont répartis en dix niveaux de difficulté, chacun contenant entre neuf et dix scénarios, sachant que seulement neuf scénarios répartis dans trois niveaux de difficulté sont disponibles au départ. Terminer un scénario nous permettra d’en débloquer de nouveaux mais également de débloquer les autres niveaux de difficulté. À cela s’ajoute quarante trois scénarios supplémentaires avec les différentes extensions incluses dans le titre.
Dernier point pour les amateurs de création, le Toolkit, qui peut paraître banal de nos jours, mais qui était très impressionnant en 2002. C’est ici que nous allons pouvoir laisser libre court à notre imagination, c’est en quelque sorte le mode bac à sable de ce RollerCoaster Tycoon Classic. En effet, deux modes s’offrent à nous : le concepteur d’attractions et l’éditeur de scénario de parc.
Commençons par le concepteur d’attractions qui est l’un des modes les plus intéressants car il nous permet de pouvoir créer nos montagnes russes comme bon nous semble, sans limite d’espace, ni de budget. Une fois notre attraction terminée, il est possible de la tester et d’analyser les statistiques. Ce n’est pas tout, car il est également possible de l’enregistrer pour pouvoir la réutiliser dans n’importe quel parc du jeu.
Passons maintenant à l’éditeur de scénario de parc. Comme son nom l’indique, nous allons pouvoir créer nos propres scénarios en fixant les conditions de départ et les objectifs à atteindre. Mais ce n’est pas tout, puisque ce mode nous permet également de créer notre parc de toutes pièces en modelant le terrain comme bon nous semble, en y ajoutant des points d’eau et en y installant des attractions et des éléments de décors.
Le Toolkit laisse libre cours à notre imagination et à nos envies sans contraintes. De quoi rajouter un bon paquet d’heures de jeu.
Un gameplay toujours addictif
Plus de vingt ans après sa sortie, le gameplay de RollerCoaster Tycoon Classic est toujours aussi addictif. Nous débarquons dans notre parc, nous construisons une attraction qui va attirer de nouveaux visiteurs et nous faire gagner plus d’argent, et nous recommençons dans le but de pouvoir créer des attractions encore plus ambitieuses pour attirer encore plus de monde.
S’ajoute à cela, un équilibre entre la gestion et la créativité puisque nous devons gérer nos finances, fixer les prix des attractions, des stands de nourriture, de souvenirs, etc., ou encore le prix du parc. Nous devons également recruter notre personnel (agents d’entretien, mécaniciens, agents de sécurité et animateurs), mais attention à en recruter suffisamment pour garantir un parc entretenu, mais pas trop non plus pour ne pas creuser un déficit dans les caisses. Le tout en développant notre parc avec l’achat d’attractions, l’aménagement de décors, l’optimisation des allées (ajouter des bancs, des poubelles etc.), tout en surveillant nos finances.
Autre point important, chaque scénario est différent et ne se cantonne pas à avoir x visiteurs en x temps ou avoir une certaine valeur de parc en x temps. Chaque scénario a ses propres contraintes de temps, d’argent, d’espace. À nous de composer pour optimiser notre parc au mieux et dans les délais impartis pour remplir nos objectifs.
Les visiteurs jouent également un rôle important pour rendre le gameplay addictif, car en plus d’avoir des noms, ils expriment leurs pensées pendant leur visite dans le parc, peuvent se perdre, avoir faim, soif, envie d’aller aux toilettes, exprimer un avis sur les prix ou un ressenti sur les attractions. Bref, ce sont plein d’éléments que nous pouvons surveiller afin de nous aider à améliorer notre parc pour attirer encore plus de monde et faire encore plus de bénéfices. Observer les réactions des visiteurs reste très satisfaisant, surtout lorsque nous arrivons à inverser la tendance en notre faveur.
Un portage réussi sur Nintendo Switch 2
La première question que l’on est en droit de se poser lorsqu’un jeu de gestion pensé pour le PC débarque sur console est simple : le portage sera-t-il à la hauteur ? Car porter d’un jeu pensé pour le PC et donc le combo clavier/souris à une console et sa manette n’a pas toujours été une réussite. Nous allons couper court au suspense : oui RollerCoaster Tycoon Classic est un excellent portage sur Nintendo Switch 2.
On ne va tout de même pas se mentir, l’utilisation de la manette n’est pas aussi précise qu’une souris surtout pour positionner nos attractions, des éléments de décors ou encore concevoir des montagnes russes, mais les développeurs ont réussi à rendre le titre facile à prendre en main et accessible. En effet, les menus sont clairs et facilement accessibles. De plus, les aides contextuelles et les tutoriels qui apparaissent en bas de l’écran permettent de comprendre facilement le fonctionnement du jeu et les principales commandes. Il ne faut pas plus de quelques minutes pour prendre en main le jeu.
RollerCoaster Tycoon profite également des fonctionnalités spécifiques de la Nintendo Switch 2. En portable, grâce à son écran, les éléments à l’écran restent lisibles, la prise en main ne change pas de la manette. Ce n’est pas tout, puisque le jeu supporte également l’écran tactile de la console. Ce dernier nous permet de naviguer entre les menus, positionner les attractions, des éléments de décors ou encore faire les chemins dans nos parcs. Si la présence du tactile est appréciable, son utilisation montre rapidement ses limites lorsque l’on souhaite effectuer des placements précis. La taille parfois réduite de certains éléments rend les manipulations moins confortables qu’avec la souris.
Cependant, le gros point positif de cette version Nintendo Switch 2 est sans conteste la possibilité de jouer en mode souris. Eh oui on peut avoir tendance à oublier que la Nintendo Switch 2 offre la possibilité de transformer nos Joy-Con 2 en souris, et RollerCoaster Tycoon Classic en tire merveilleusement bien parti. Nous nous retrouvons donc avec un Joy-Con 2 en main et le second sur la table à naviguer à la souris dans les menus. Cela devient un réel plaisir et devient presque naturel de créer ses propres montagnes russes, des chemins et d’aménager nos parcs. Ici, le mode souris est tout sauf un ajout gadget. Il permet de se rapprocher de ce que proposait l’expérience sur PC à l’époque. Un très gros avantage pour un jeu dont l’utilisation originale a été pensée pour la souris.
L’âge des jeux se fait malgré tout ressentir à travers sa caméra isométrique. Malgré les possibilités de rotation, certains éléments du décor peuvent masquer la vue et compliquer ponctuellement le placement d’attractions ou de chemins.
Malgré quelques limites héritées de l’âge du jeu, cette version Nintendo Switch 2 constitue sans aucun doute l’une des meilleures façons de découvrir ou redécouvrir RollerCoaster Tycoon Classic aujourd’hui. Les développeurs ont su exploiter intelligemment les fonctionnalités de la console, en particulier le mode souris des Joy-Con 2, pour proposer un portage aussi confortable que convaincant.
Le charme intemporel de RollerCoaster Tycoon
Passons à la dernière partie de ce test. C’est peut-être le point qui divisera le plus : les graphismes et la bande-son. Pour rappel, les deux premiers RollerCoaster Tycoon sont sortis respectivement en 1999 et 2002, nous sommes donc loin de ce que peut proposer une licence plus récente telle que Planet Coaster. Cependant, le jeu présente toujours un certain charme avec sa 2D isométrique. Bien sûr, plus nous zoomons, plus les graphismes seront pixelisés et beaucoup moins agréables, mais avec un zoom à mi-distance, le jeu reste propre avec des attractions facilement identifiables. L’identité de la licence est fortement lié à cette direction artistique, même si aujourd’hui, elle peut déplaire.
À côté de cela, nous n’avons pas constaté de gros ralentissements ou baisses de framerate.
Du côté de la bande-son, c’est simple, il n’y a pas de grosses compositions musicales. L’ambiance sonore repose sur la vie du parc grâce aux musiques des attractions, aux cris des visiteurs dans les attractions à sensations, ou encore au bruit des wagons sur les montagnes russes. Dit comme ça, on peut s’attendre à un brouhaha pouvant vite devenir désagréable. Il n’en est rien et c’est justement cette bande sonore évoluant au fur et à mesure que nous agrandissons notre parc qui en fait tout son charme. Il en est même difficile d’imaginer une bande-son omniprésente, puisque les musiques des attractions et tous les sons (cris des visiteurs, bruits des montagnes russes, etc.) font partie intégrante de l’expérience.
Conclusion
Au début de ce test, nous nous demandions si le charme des deux premiers RollerCoaster Tycoon opérait toujours avec ce RollerCoaster Tycoon Classic. La réponse est oui grâce à plusieurs points. La durée de vie est énorme (pour un jeu vendu 29,99 €), l'utilisation des spécificités de la Nintendo Switch 2 apporte un gros plus au titre, avec une mention spéciale au mode souris. Ce dernier sublime le jeu et rend la création de nos parcs et de nos attractions vraiment agréable. Malgré l'âge des jeux, les graphismes apportent toujours un charme qui a déjà conquis les joueurs plus de vingt ans en arrière et la bande-son permet de renforcer l'ambiance parc d'attraction. Et surtout, pouvoir jouer à RollerCoaster Tycoon Classic partout où nous le voulons, ça n'a pas de prix. Bref, il s'agit là d'un excellent titre pour les amateurs de jeux de gestion et les fans de la première heure de la licence RollerCoaster Tycoon.
LES PLUS
- RollerCoaster Tycoon où l'on veut, quand on veut
- Un contenu énorme
- Le mode Toolkit
- Les fonctionnalités de la Nintendo Switch 2 très bien exploitées
- Un bon gros shot de nostalgie
- Des graphismes et une bande-son d'époque
- Le mode souris
- Un gameplay toujours aussi addictif
- Une formule toujours aussi efficace
LES MOINS
- Une caméra parfois contraignante
- Un manque de précision par moments
- L'utilisation du tactile décevante













