Au fil des années, la scène indépendante a permis l’émergence de nombreux auteurs solo accouchant de tout autant de pépites. On pense tout de suite à Minecraft, Undertale, Papers Please ou Stardew Valley… Alors quand on sait que le jeu testé aujourd’hui a été conçu intégralement par un seul homme pendant 9 ans, on ne peut que s’enthousiasmer et rêver d’un nouveau chef-d’œuvre. Mais en lançant le jeu, le choc est brutal.
C’est marrant, ce sont toujours les araignées qui ont le mauvais rôle
Le jeu se présente comme un platformer 3D agrémenté de phases d’action, et nous propose d’incarner Honeybee, une abeille qui a pour mission de rassembler les fragments des 4 cristaux élémentaires disséminés dans 16 niveaux, détruits par les araignées du monde entier, et ce sans savoir ni pourquoi ni comment elles s’y sont prises… et c’est l’introduction qui le dit ! Ladite introduction est conçue, comme quelques autres cinématiques, sous forme de bande dessinée qui semble avoir été dessinée sur une feuille A4 par un enfant, puis scannée et intégrée dans le jeu telle quelle (on voit clairement les bords du scan…). Le doublage est tout aussi amateur, les acteurs lisent simplement leur texte, sans émotion, parfois dans des micros de mauvaise qualité… Ça promet pour la suite.
Et puis nous arrivons enfin en jeu et… bon sang que c’est laid ! Les textures sont simplistes, les couleurs jurent et les modèles 3D sont extrêmement pauvres. Honeybee est pénible à manier, nous ne pouvons nous déplacer que dans 8 directions, dans un jeu 3D de 2025 ! Et nous n’avons aucune idée de quoi faire ni où aller, et à force de tourner en rond en ramassant des gemmes disséminées un peu partout, nous finissons par comprendre qu’il s’agit d’un niveau hub qui permet en fait de rejoindre d’autres niveaux. Mais une fois dans lesdits niveaux, le problème est le même : où aller, que faire ? Rien n’est expliqué et les niveaux sont trop chargés. Il est difficile de s’orienter et nous sommes constamment harcelés par les ennemis, notamment ces espèces de moucherons qui arrivent sans cesse, et les araignées ont trop de points de vie.
Nous pouvons nous défendre avec une brindille qui sert d’épée mais nous ne savons jamais si on touche l’ennemi ou non, et à chaque pression sur la touche, l’arme fait un bruit d’épées qui s’entrechoquent, ce qui, mélangé à tous les autres effets sonores qui se superposent, fatigue très vite et on préfèrera éviter les ennemis le plus possible. En fouillant tant bien que mal nous finissons par rencontrer l’un des amis d’Honeybee et nous apprenons enfin que les gemmes servent à apprendre de nouvelles compétences auprès de lui, par exemple butiner les fleurs pour regagner de la santé ou grimper aux échelles… Eh non, Honeybee ne sait pas voler, elle peut seulement planer sur quelques mètres.
En vérité, ces compétences seront inutiles : le jeu est tellement bugué qu’il est possible d’escalader presque toutes les parois en appuyant sur la touche de saut très rapidement, ce qui permet de traverser les niveaux plus rapidement, même s’il s’agit toujours de trouver où aller…
A Bug’s Life
En profitant de cet énorme bug, il est assez facile de trouver les deux premiers morceaux de cristal du premier monde, mais où sont les deux autres ? Eh bien l’un d’entre eux est en fait caché tout au fond du niveau hub, à côté d’une bulle flottante qui explique enfin qu’il s’agit d’un des fragments et qu’ils sont disséminés dans chacun des niveaux… Le dernier fragment a été acquis grâce à un énième bug qui a déclenché sans raison le script permettant de le libérer de la cage dans laquelle il était enfermé. Les 4 fragments du premier monde en poche, nous retournons au hub et… rien. Il faut deviner que pour accéder aux mondes suivants, il faut sauter dans une montgolfière cachée dans le hub, et même la coccinelle qui attend devant se garde de nous le dire ! Et survient le bug ultime : le jeu plante pendant le chargement. Impossible d’accéder aux trois-quarts du jeu ! Tous ces efforts pour ça…
Conclusion
Moche, bugué, à la limite de l’injouable, The Bee Hive ne donne vraiment pas l’impression d’avoir été développé pendant 9 ans. Tout est pauvre et amateur, et en plus le jeu plante après le premier monde. Le jeu est sorti en fin d’année dernière et ce problème n’a pas été corrigé, c’est tout simplement honteux. Même sans ça il aurait été de toutes façons difficile de le recommander, surtout vendu à plus de 11 euros sur l’eShop ! On aurait aimé découvrir un bon petit jeu de plateforme, fait avec passion et surtout respectueux du joueur, mais on est ici très loin du compte. Évitez ce jeu à tout prix. 9 ans de développement, vraiment ?
LES PLUS
- Le jeu démarre...
LES MOINS
- ... mais plante après le premier monde
- C'est laid
- Les niveaux sont mal conçus et illisibles
- À la limite de l'injouable
- Les règles fondamentales du jeu ne sont pas expliquées
- Bugué de partout









