Cette intro ne parlera peut-être qu’aux plus « anciens » d’entre nous… Mais imaginez-vous assis devant votre télévision, il y a Récré A2 et Actarus court vers son Golodrak alors que vous chantez le générique de la série mettant en scène le robot géant ! Eh bien c’est un peu de ça que nous allons vous parler aujourd’hui ! Il est temps de courir vers votre super robot géant en chantant… car dedans vous n’avez jamais peur de rien !
Retour vers le passé !
Sorti à l’origine en 1999 exclusivement au Japon sur PlayStation, Geppy-X n’avait jamais franchi les frontières nippones. Il revient aujourd’hui sur Nintendo Switch avec une restauration complète de ses animations et, surtout, une localisation française.
Dès les premières secondes, Geppy-X annonce la couleur. Ici, nous ne sommes pas devant un simple shoot’em up qui se contente d’enchaîner les niveaux et les boss en tirant et en esquivant les tirs ennemis. Le jeu cherche véritablement à reproduire l’expérience d’un anime de super robots.
L’histoire se déroule en 197X. La Terre est attaquée par l’Empire Démoniaque Cosmique. Celui-ci dispose d’une armée de gigantesques robots géants prenant la forme de bêtes sauvage. Heureusement, un laboratoire secret possède une arme capable de leur tenir tête : GEPPY-X.
Fabriqué par un professeur un peu farfelu typique de ce genre de série, Geppy-X est le top du top pour défendre la Terre. Pour le diriger, il ne faut d’ailleurs pas loin de 3 pilotes différents (tous caractérisés selon les standards de l’animation japonaise). Le héros qui n’a peur de rien (Kei), le rival avec sa grande classe (Jin) et le gros balaise au grand coeur (Riki). Les 3 sont donc amenés à collaborer, pilotant chacun une des parties de Geppy-X.
Une fois combiné, Geppy-X peut adopter trois formes différentes afin de s’adapter aux situations rencontrées. Puissance (Mode X3), vitesse (Mode X2) et équilibre (Mode X1) sont ainsi au cœur du système de combat.
Le scénario est volontairement grandiloquent et se découpe en épisodes, à l’image d’un anime avec générique d’intro, déroulement de l’épisode et générique de fin. Les dialogues sont théâtraux et les situations complètement grandiloquentes. Mais on retrouve l’ambiance des séries de robots géants qui joue sur absolument tous les clichés (mais vraiment tous… On ne vous en dit pas plus pour ne pas vous spoiler). On retrouve même des pages de publicités pour des produits dérivés de la série… Allant des figurines (dont on se prend à rêver), à la sauce type ketchup… Mais tout cela contribue au charme du titre.
Geppy-X, GO ! Accomplis ta mission !
Geppy-X est à la frontière entre un shoot’em up 2D à défilement horizontal et un anime interactif.
Le principe est classique : notre robot avance automatiquement, les ennemis arrivent de toutes parts et il faut faire parler les canons lasers ou les poings fulgurants pour progresser. À cela s’ajoute la possibilité de changer de forme en temps réel, ce qui apporte une petite dimension stratégique bienvenue. On peut ainsi « switcher » entre le mode X1 (équilibré), le mode X2 (vitesse et tirs à distance) et le mode X3 (la force brute). Toutefois, il ne suffit pas toujours de rester dans sa configuration favorite. Certaines situations encouragent à privilégier la puissance, d’autres la rapidité ou un compromis entre les deux.
Le jeu reste tout de même très arcade. On avance, on tire, on esquive et on apprend progressivement les comportements des ennemis et des boss.
Et lorsque l’écran commence à se remplir de projectiles, on comprend rapidement que Geppy-X n’est pas uniquement là pour faire joli.Les amateurs du genre devraient donc retrouver des sensations familières, tandis que les joueurs moins habitués aux shoot’em up pourront compter sur plusieurs fonctionnalités modernes particulièrement appréciables. On peut ainsi profiter d’un tir automatique pour les deux armes (principale et secondaire)… Cela évite de marteler le bouton de tir propre à chaque arme… Cependant, ça serait oublier le pouvoir secondaire de chacune des armes qui s’active après avoir maintenu le bouton de tir pendant quelques secondes. Les effets sont un peu plus dévastateurs, mais ils mettent notre robot à découvert le temps de la charge. Enfin, il est possible de lancer une attaque ultime dévastatrice qui va littéralement faire le ménage à l’écran.
Trois volontés unies !
Mais les possibilités ne s’arrêtent pas là… Il faut savoir que le code source original du jeu a été perdu, ainsi cette nouvelle mouture fonctionne grâce à l’émulation, avec tous les avantages que peut avoir ce système. En effet, on bénéficie de toutes les options accessibles lorsque l’on joue avec un émulateur, il est alors possible de revenir en arrière (utile quand on s’est pris un tir auquel on n’avait pas fait attention), et de sauvegarder quand on le souhaite pour reprendre une partie en cours plus rapidement. Ces apports sont les bienvenus et permettent à tous de profiter pleinement de l’expérience. Ils ne simplifient pas le jeu pour autant (chacun est libre ou non d’utiliser ces options) et permettent à tous les joueurs de profiter de l’expérience sans forcément rencontrer de la frustration.
Au niveau des autres améliorations pour cette ressortie, la plus notable est la reprise intégrale des passages d’animation. Le jeu original était réparti sur quatre CD-ROM et proposait des séquences dessinées à la main. La version d’origine affichait ces animations en 320 × 240 pixels à une fréquence de 15 images par seconde. Pour cette nouvelle édition, les bandes Betacam originales (format d’enregistrement vidéo professionnel sur bande magnétique développé par Sony) ont été restaurées et les animations remontées à leur cadence originale de 24 images par seconde. Les différents éléments de la série (génériques d’intro et de fin, épisodes, bandes-annonces, publicités et séquences en 3 dimensions) ont également bénéficié de cette restauration. Seules certaines séquences directement incluses dans le jeu n’ont pas été « redessinées ». Cela tranche parfois un peu avec le reste, mais ce n’est à aucun moment rédhibitoire, notamment grâce à la qualité du doublage japonais.
Le résultat permet surtout de retrouver l’ambition du projet original. Geppy-X n’est pas un simple « jeu avec des robots ». C’est un peu comme si on regardait l’excellente adaptation d’une production animée japonaise oubliée… et ça marche !
Ton pouvoir combiné est sans égal !
Visuellement, Geppy-X possède un charme très particulier. Les amateurs de vieux animes japonais devraient rapidement retrouver leurs marques : robots gigantesques, ennemis improbables, explosions, transformations, poses héroïques et mise en scène volontairement spectaculaire.
Le jeu assume tellement son inspiration qu’il peut donner l’impression d’avoir été retrouvé dans une vieille VHS provenant directement du Japon. Le titre ne cherche pas à moderniser son esthétique pour plaire au plus grand nombre. Il conserve cette identité très marquée qui faisait son originalité à la fin des années 90. Cette nouvelle version lui permet simplement de profiter d’une restauration propre et d’un affichage adapté aux écrans actuels.
Impossible de parler de Geppy-X sans évoquer sa partie sonore. La bande-son participe énormément à cette ambiance de série animée. Les musiques et les chansons sont dans le ton, tandis que les voix japonaises originales renforcent encore cette impression de regarder un véritable anime. D’autant plus quand on balance des tirs de laser et que l’on joue avec un générique chanté en même temps ! On devient véritablement « acteur » de la série.
Le casting vocal n’est d’ailleurs pas en reste, puisque l’on retrouve notamment Akira Kamiya (qui double Kei le héros, mais qui prête également sa voix à Nicky Larson), Shō Hayami (Sosuke Aizen dans Bleach ou encore Zechs Marquise dans Mobile Suit Gundam Wing), Shūichi Ikeda (Shanks dans One Piece), Ichirō Nagai ou encore Gorō Naya. Vous l’aurez compris, ce sont des comédiens de doublage connus et reconnus qui ont participé à ce titre et cela s’en ressent. Du côté musical, les amateurs de chansons de séries japonaises reconnaîtront également des noms comme Isao Sasaki, Akira Kushida et Hironobu Kageyama. Une chose est certaine, les amateurs de Japanimation auront de quoi se faire plaisir.
L’autre point positif est la traduction française des textes et les sous-titres qui permettent à tous de profiter de l’histoire (et des dialogues totalement décalés).
D’un point de vue visuel, plusieurs filtres CRT sont également disponibles, avec notamment un effet d’écran incurvé permettant de se rapprocher du rendu d’un ancien téléviseur. On recommandera d’ailleurs l’utilisation d’un filtre pour profiter d’une image plus acceptable (notamment lors des phases de jeu), l’image étant moins agréable sans cela.
Nous devons également préciser que hors cinématiques, la durée de vie du titre est assez réduite. Il est possible de finir le jeu en moins d’une heure si vous zappez les séquences animées… Ce faisant, vous vous privez tout de même de ce qui finalement contribue au « gameplay » du jeu. Au demeurant, vous en serez tout de même quitte pour débloquer un épisode cinéma (qui vous fera affronter du boss) et la possibilité d’explorer différents chemins dans le scénario principal. Les plus assidus pourront également tenter de compléter le bestiaire comptant pas loin de 164 créatures… De quoi augmenter un peu la durée de vie du titre.
En outre, le jeu conserve aussi une philosophie très « arcade » : finir l’aventure est une chose, mais maîtriser véritablement le titre et parvenir à éviter l’ensemble des attaques adverses en est une autre !
Si vous recherchez un shoot’em up moderne avec une progression complexe, des graphismes dernier cri et une tonne de mécaniques de jeux, vous risquez de rester sur votre faim, en revanche, si vous aimez les vieux animes avec des robots géants (Goldorak) et même les combats contre les monstres géants à la Bioman (ou Power Rangers), la Japanimation, les shoot’em up « arcade » et les histoires totalement décomplexées, mais totalement respectueuses du matériel dont elles inspirent, vous devriez trouver votre bonheur.
27 ans plus tard, on peut clairement se réjouir de découvrir ce jeu en dehors du Japon !
Geppy-X, robot animé style années 70 est disponible au prix de 38,99 euros sur l’eShop.
Conclusion
Véritable hommage à la trilogie Mazinger (Goldorak pour être plus précis), ce Geppy-X est un petit bonbon pour les amateurs du genre ! La sensation de jouer à des épisodes d’une série shonen avec des super robots est bien présente, grâce aux séquences animées parfaitement réussies. À la fois décalé, tout en restant sérieux pour le genre (mais avec des gros délires quand même), on prend beaucoup de plaisir à parcourir le jeu, pour peu que l’on soit sensible au genre. Le jeu est certes plutôt court (si on zappe les séquences d’animation) et la question du prix pourrait se poser… Néanmoins les amateurs ne le regretteront pas et les autres pourront attendre une bonne promo. Ce Geppy-X, robot animé style années 70 nous a tout de même conquis !
LES PLUS
- Les différents robots que l’on peut contrôler
- Le côté décalé assumé
- La diversité du gameplay
- Les options d’émulation (retour arrière, sauvegarde rapide, etc.)
- Textes en français !
- L’univers super robot
- Les séquences animées
LES MOINS
- Les phases de shoot pas forcément des plus techniques
- Un peu court si l’on fait fi des cinématiques
- Un petit peu cher pour les non amateurs











