Mimimi Games, petit studio allemand débarque en 2016 avec l’envie de ressusciter le genre des Comandos-like. Après s’être fait la main sur The Last Tinker, petit jeu de plateforme 3D, ils reviennent en 2016 avec Shadow Tactics: Blades of Shogun,. Nous avons dû attendre 10 ans pour le voir arriver sur une console de Nintendo, mais mieux vaut tard que jamais ! Est-ce que la recette qui a tant cartonné fin des années 90 est toujours aussi efficace de nos jours ? Eh bien préparez vos meilleurs pièges, affûtez vos katanas et faites reluire vos shurikens, c’est parti pour Shadow Tactics: Blades of Shogun !
Un Shogunat en péril
Nous sommes en 1615, le Japon sort à peine de siècles de guerres de clans, la bataille de Sekigahara est dans toutes les mémoires et le Shogunat Tokugawa tente de ramener enfin un semblant de paix sur l’archipel. Sauf qu’un mystérieux seigneur des ombres surnommé le Prince fantôme commence à rallier des seigneurs rebelles à sa cause et menace de replonger le pays dans le chaos. Le Shogun décide alors de mandater une cellule de cinq spécialistes pour traquer et éliminer cette menace dans l’ombre.
Ces cinq-là ne sont pas exactement faits pour travailler ensemble au départ. Il y a Hayato, le ninja de la bande et personnage principal du jeu, mercenaire professionnel qui se moque ouvertement du bushido et ne cherche au fond qu’à être payé. Mugen est le samouraï colossal du groupe, force de la nature capable de soulever des rochers et d’enchaîner plusieurs gardes en même temps, figure paternelle de l’équipe qui finira par devenir le cœur véritable de toute l’histoire. Yuki, jeune voleuse orpheline de guerre, est la petite agile du groupe, capable de tendre des pièges et d’attirer les gardes avec sa flûte. Aiko, kunoichi déguisée en geisha, peut se fondre dans la masse des soldats ennemis et éliminer en toute discrétion à l’aide de ses épingles à cheveux. Et enfin Takuma, le vieil homme à la jambe de bois et à l’humour tranquille, tireur d’élite accompagné de son fidèle tanuki Kuma, qui distrait les gardes depuis ses positions surélevées.
L’histoire sert de prétexte pour enchaîner les 13 missions de la campagne, mais les relations entre les personnages se nouent au fur et à mesure, et ce groupe qui n’était pas spécialement fait pour travailler ensemble finit par être plutôt intéressant à suivre, mais clairement ce sont de petites saynètes avant de lancer les missions. Ce n’est pas profond, mais c’est cohérent et ça tient la route.
Un mélange de tactiques et d’énigmes
Le principe de base est celui du Commandos-like dans toute sa splendeur : une carte vue de trois quarts, des gardes qui patrouillent avec leurs cônes de vision bien visibles, et vous qui devez-vous faufiler entre tout ça pour accomplir vos objectifs sans déclencher l’alerte. Mais Shadow Tactics rajoute un aspect solide avec les spécificités des personnages et la verticalité des niveaux.
La gestion des personnages est le cœur du jeu, et chacun des cinq est irremplaçable dans les situations qui lui correspondent. Hayato peut lancer ses shuriken en silence pour éliminer un garde isolé à distance, utiliser son grappin pour atteindre les toits et jeter de petits cailloux pour distraire une patrouille. Mugen peut enchaîner plusieurs ennemis à la fois avec son katana, balancer des rochers énormes sur des groupes compacts, et est le seul de l’équipe capable de vaincre un samouraï en combat direct. Yuki peut poser un piège mortel dissimulé dans les hautes herbes et attirer un garde vers lui à l’aide de sa flûte, mais attention, si elle siffle deux fois vers la même cible, le garde se met en alerte et part chercher. Aiko peut se glisser dans un déguisement de servante pour circuler librement et discuter avec les gardes pour les détourner de leur poste, à condition d’éviter les samouraïs qui la repèrent immédiatement. Takuma reste à distance et élimine les cibles prioritaires avec son fusil silencieux, mais ses munitions sont comptées et il ne peut ni transporter de corps ni se déplacer rapidement à cause de sa jambe de bois.
Mais par-dessus tout ça, Shadow Tactics rajoute un mode plus qu’intéressant : le Mode Ombre. Ce mode vous permet de programmer une action pour chacun de vos personnages disponibles, puis de déclencher toutes ces actions simultanément en appuyant sur un seul bouton. Trois gardes à éliminer en même temps pour éviter que l’un d’eux donne l’alerte ? Combiner une diversion d’Aiko avec une élimination silencieuse de Hayato et un tir de Takuma ? Quand tout se déroule comme on l’a planifié, ça ajoute un sentiment de fierté plus qu’agréable !
Les ennemis sont nombreux, très nombreux, classés sur plusieurs catégories. Le garde normal, sensible à presque tous les subterfuges disponibles dans le jeu, comme le saké de Mugen et le sifflement de Yuki, meurt en un coup par tout le monde. Ensuite les gardes aux chapeaux, ces derniers sont simples à tuer, mais ne sont pas dupes, ils ne réagissent à aucun subterfuge de notre équipe. Et pour finir les samouraïs, eux sont vraiment pénibles, uniquement tuables par Mugen, les autres personnages devront d’abord l’affaiblir une fois pour ensuite le tuer, chose assez difficile.
Un tas de défis et de la difficulté
Il n’y a jamais qu’une manière de finir un niveau. Si bien sûr vous pourrez vous amuser à trouver la route parfaite (d’ailleurs le jeu l’encourage à l’aide de défis de temps et autres objectifs), le jeu vous encourage à expérimenter différents aspects. Lors des premières missions par exemple, on va vous faire comprendre qu’il est possible de se cacher dans une calèche pour atteindre l’autre bout de la ville facilement, mais ce n’est pas obligatoire.
Par exemple, nous ne sommes pas forcément très doués, alors que notre solution classique consiste à tuer et à raser l’intégralité des gardes de la carte, efficace, fonctionnel, mais loin d’être rapide. Il nous aura pris environ 1h / 1h30 par niveau, et presque 4h pour la dernière mission ! Autant vous dire que c’est long, surtout quand on voit qu’après une mission de 1h30, le défi de rapidité était de 20 minutes… Oups, on a peut-être pris trop notre temps ?
Si on rajoute des défis comme : ne tuer personne, ne pas utiliser d’armes à feu, etc., on augmente bien évidemment la rejouabilité et surtout on découvre que chaque carte et mission sont formidablement bien construites pour permettre toutes sortes de chemins et de possibilités différentes pour arriver à notre objectif principal.
La difficulté est présente, plutôt graduelle, elle se corse bien évidemment avec le nombre de personnages dans votre équipe, car le jeu veut que vous jouiez un peu tout le monde lors d’une mission, mais nous avons tendance à nous focaliser sur un personnage, et c’est là que c’est la catastrophe, car chacun comme dit précédemment a ses facultés et ses situations utiles.
On meurt très souvent, on a des échecs en permanence, mais le jeu possède une sauvegarde rapide avec une touche, et on peut stocker jusqu’à 3 sauvegardes à la fois. Les chargements sur Switch 2 sont plutôt rapides, ce qui fait qu’un échec, si vous avez pensé à sauvegarder, ne sera jamais trop contraignant.
Un Japon féodal de toute beauté
Visuellement, Shadow Tactics est une vraie réussite. Les cartes sont denses, variées, fourmillant de détails qui donnent vie à cet univers du Japon de l’ère Edo, avec des décors qui vont du château enneigé à la forêt brumeuse en passant par des villages animés et des ports grouillants de mouvement. La direction artistique est soignée, chaque carte dégage une ambiance propre, et même en plein milieu d’une situation stressante où on recharge pour la dixième fois, on prend le temps d’apprécier l’environnement. Il y a parfois un peu de flous, mais c’est surtout le peu de modèles d’adversaires différents qui ajoute un petit côté lassant.
La bande-son accompagne tout ça avec une vraie fraicheur japonisante, jamais envahissante, toujours bien dosée entre les moments de tension et les instants d’exploration plus calmes. Le doublage japonais disponible dans les options est d’ailleurs un vrai plus pour l’immersion.
On retrouvera cependant une répétitivité inhérente au genre, les situations différentes se répètent régulièrement d’une mission à l’autre.
À noter que le jeu prend en compte le mode souris de la Switch 2. Le tutoriel le prend en compte et nous guide, mais nous n’avons pas réussi à trouver ça efficace pour jouer, le mode classique était plus efficace.
Conclusion
Shadow Tactics: Blades of the Shogun est une vraie belle surprise, ressuscitant un genre que l’on pensait mort et enterré, le Commandos-like. Mimimi Games signe ici un jeu dense, exigeant, inventif et surtout gratifiant. Les situations plus ou moins complexes auront à chaque fois plusieurs solutions possibles, notamment avec la bonne utilisation des différents personnages imposée à chaque mission. La verticalité des niveaux et le Mode Ombre ajoutent de la nouveauté à ce genre qui datait. Difficile, certes, mais tellement satisfaisant quand ils ont réussi ce passage un peu compliqué. La rejouabilité et le côté « speedrun » possible est agréable et rajoute encore à la durée de vie de près de 15-20h de base.
LES PLUS
- Un gameplay d’une précision exemplaire
- Le Mode Ombre
- Cinq personnages aux profils différents et complémentaires
- Une direction artistique soignée
- Des défis cachés qui décuplent la rejouabilité
- Une courbe de difficulté bien calibrée
- Une durée de vie solide pour la campagne principale
- Le doublage japonais excellent
- Les sauvegardes à volonté
LES MOINS
- Une difficulté prononcée qui peut décourager les moins patients
- Une légère répétitivité des situations en fin de campagne
- Limité à 3 sauvegardes automatiques à la fois
- Mode souris pas très pratique









