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One Military Camp (Nintendo Switch 2) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
26 mai 2026
dans Tests Nintendo Switch 2
Temps de lecture: 9 mins
0
One Military Camp
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On ne compte plus les jeux de gestion qui nous ont fait enfiler le costume de l’architecte en chef d’un parc d’attractions, d’une cité perdue ou d’une colonie spatiale. Pourtant, lorsqu’un titre nous propose de diriger un camp militaire avec la rigueur d’un city builder et une bonne dose de dérision, on tend forcément l’oreille. C’est le pari d’One Military Camp, développé par le studio espagnol Abylight Studios, que l’on connaît notamment pour son travail d’édition sur des pépites comme Cursed Castilla ou le portage de Hyper Light Drifter. Avec ce nouveau projet, l’équipe quitte le registre du pixel art exigeant pour s’aventurer dans une gestion colorée et ouvertement parodique. Après de nombreuses heures passées à entraîner des recrues, à équilibrer des lignes électriques et à supporter les facéties d’un dictateur allergique aux fleurs, voici notre verdict complet.

Un prétexte « drôle » pour aller au front

One Military Camp

L’histoire ne cherche jamais à se prendre au sérieux, et c’est tant mieux. Un méchant nommé Dragan, sorte de mélange entre un antagoniste de dessin animé du samedi matin et un super-vilain de comics, a entrepris de dominer le monde. Dans la cinématique d’ouverture, on voit l’un de ses commandants raser toutes les fleurs d’une région simplement parce qu’il souffre du rhume des foins. Plus tard, la première mission du didacticiel nous fait littéralement sauver une cargaison de choux. L’humour est volontairement absurde, jamais cynique, et il parvient régulièrement à décrocher un sourire, même chez les trentenaires blasés. On y croise un sergent instructeur amateur de soupe et de patrie, des dialogues aux répliques décalées et une galerie de personnages croqués avec une malice évidente. Le ton est celui d’une parodie douce du monde militaire, totalement dénuée de second degré pesant ou de discours moralisateur.

Le cœur du jeu repose sur une boucle de gestion classique mais étoffée. On reprend une base laissée à l’abandon et on doit la transformer en un centre d’entraînement d’élite capable de produire des escouades opérationnelles. Cela passe par la construction de dortoirs, de cantines, d’infirmeries, de zones de loisirs et, bien sûr, de bâtiments dédiés à l’entraînement spécialisé. Chaque recrue possède des traits positifs ou négatifs, et il faudra les orienter vers une carrière adaptée : un soldat trop bavard sera parfait dans les communications, tandis qu’un as de la discrétion pourra devenir un espion hors pair.

Un camp à bâtir, une armée à forger

La gestion ne s’arrête pas au placement des murs. Il faut surveiller le niveau de bruit généré par chaque installation, car un champ de tir ou un cinéma placé trop près des baraquements empêchera vos troupes de se reposer. L’électricité doit être distribuée avec soin, les stocks de munitions et de nourriture doivent rester proches des bâtiments qui les consomment, et le moral des troupes exige un minimum de confort. Le jeu affiche clairement ces contraintes via des infobulles et des alertes, rendant la prise en main étonnamment fluide malgré la densité des paramètres. On se surprend à longuement réfléchir au plan du camp, à décaler une infirmerie de quelques cases pour éviter la pollution sonore, ou à déplacer une armurerie pour raccourcir les trajets des agents de maintenance.

Lorsque les soldats sont prêts, on les envoie en mission depuis la carte du monde. Là, le jeu adopte une approche entièrement passive : une jauge de progression se remplit pendant que vos hommes livrent bataille hors-champ. L’issue dépend des spécialités que vous avez développées et du nombre de troupes engagées, mais vous n’assistez jamais aux combats. Cette absence totale d’interactivité est sans doute la plus grande frustration du titre. On prépare minutieusement ses unités, on coche les prérequis, et on se contente de regarder une barre se remplir. Quelques séquences animées, même minimales, auraient apporté un souffle bienvenu.

Une interface intuitive mais une microgestion parfois étouffante

One Military Camp

Tout se pilote à la souris ou, sur console, au stick, et la version Switch 2 bénéficie d’un mode souris parfaitement adapté à ce type de jeu. La navigation dans les menus est réactive, l’interface affiche l’essentiel sans surcharge, et les notifications en haut de l’écran vous préviennent dès qu’un soldat a terminé sa formation ou qu’un bâtiment réclame une réparation. On ne perd jamais le fil, même avec une base tentaculaire.

Cependant, la microgestion des recrues peut rapidement devenir laborieuse. Chaque soldat doit être affecté manuellement à un bâtiment, puis réaffecté pour progresser dans sa carrière. Il faut également diriger les blessés vers l’infirmerie, renvoyer les dormeurs dans leurs quartiers, et ordonner aux équipes de maintenance d’intervenir. Quand la base dépasse une vingtaine de recrues, cette gymnastique constante génère une lassitude certaine. Le jeu gagnerait à proposer davantage d’automatisation, par exemple une IA capable d’envoyer automatiquement un soldat malade se faire soigner. Certains joueurs y verront une profondeur bienvenue, d’autres une source d’irritation. À noter que l’éditeur a déjà identifié quelques bugs mineurs et promet un patch day one conséquent, qui pourrait alléger certains de ces irritants.

Des visuels et une bande-son qui font mouche

Graphiquement, One Military Camp adopte un style cartoon coloré, évoquant un dessin animé pour enfants. Les bâtiments sont lisibles, les animations des soldats sont fluides et expressives, et l’ensemble respire la bonne humeur. On surprend régulièrement ses recrues en train de se ridiculiser à l’entraînement ou de déambuler avec des airs ahuris, ce qui renforce le caractère vivant du camp. Sur Switch 2, le titre est un chouïa moins détaillé que sur PS5 ou PC, mais la différence est discrète et n’altère en rien la clarté de l’affichage. Le jeu tourne sans la moindre baisse de framerate, même lorsque l’écran se remplit de bâtiments et de personnages.

La partie sonore suit la même veine légère. Les musiques militaires, avec leurs cuivres et percussions, instillent un sentiment patriotique bon enfant. Les effets sonores sont ponctués de petits cris amusants lorsque les recrues progressent ou se blessent. Aucun doublage intégral, mais les quelques voix présentes collent au ton de la parodie.

La version portable en souffrance, mais un correctif à l’horizon

One Military Camp

Un point noir important concerne le mode portable de la Switch 2. Dans cet état, l’interface devient quasi inutilisable : les textes sont tout simplement illisibles, et la qualité visuelle chute au point de rendre le jeu franchement disgracieux. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le mode tactile n’est pas non plus supporté — Abylight Studios nous en a expliqué la raison technique, et un patch day one est annoncé pour régler à la fois ces problèmes d’affichage et le support de l’écran tactile. En attendant, on ne peut que déconseiller de lancer le jeu loin de son dock.

La campagne principale occupe une place centrale et s’étale sur une vingtaine d’heures, en fonction de votre aisance avec les outils de gestion. Le mode bac à sable, lui, permet de paramétrer l’expérience comme on l’entend et offre une rejouabilité théoriquement infinie. Les mécaniques de spécialisation et les équilibrages budgétaires très serrés incitent à expérimenter différentes configurations, même si l’absence de variété dans les missions pourra freiner les ardeurs des joueurs les plus exigeants.

Conclusion

7 /10

One Military Camp est un city builder attachant, accessible à tous les âges, qui assume son humour potache et sa direction artistique enjouée. La profondeur de gestion, symbolisée par des systèmes de bruit, de carrières et de territoire, séduira les amateurs du genre, tandis que les novices trouveront dans le didacticiel et l’interface claire une porte d’entrée idéale. La déception vient d’une trop grande passivité des missions et d’une microgestion parfois redondante, deux points qui pourraient être corrigés par de futures mises à jour. Sur Switch 2, le jeu offre une expérience tout à fait solide une fois docké, mais l’état actuel du mode portable et l’absence de tactile pénalisent l’ensemble. Avec le patch day one promis, le titre pourrait retrouver tout son éclat nomade, et dans ce cas, on tiendrait un parfait compagnon pour bâtir une armée de bras cassés entre deux trajets. En l’état, c’est une comédie militaire imparfaite mais sincère, qui mérite l’attention de ceux qui cherchent un jeu de gestion à la fois profond et léger.

LES PLUS

  • Humour absurde et décalé qui arrache régulièrement un sourire
  • Direction artistique cartoon colorée, lisible et pleine de vie
  • Animations des soldats expressives et amusantes
  • Interface claire, bien pensée, avec des notifications réactives
  • Système de gestion exigeant (bruit, électricité, stockage, moral)
  • Mode souris parfaitement adapté sur Switch 2 (en dock)
  • Performances stables, sans ralentissement ni chute de framerate
  • Mode bac à sable offrant une rejouabilité solide
  • Accessible à tous les âges, idéal pour découvrir le genre

LES MOINS

  • Missions entièrement passives
  • Microgestion des recrues vite chronophage et répétitive
  • Équilibre économique parfois trop restrictif
  • Manque flagrant d’automatisation pour les tâches quotidiennes (soin, repos, maintenance)
  • Mode portable quasi inutilisable
  • Absence de prise en charge de l’écran tactile
  • Légèrement moins détaillé visuellement que sur PS5 et PC
  • Quelques bugs résiduels identifiés par l’éditeur

Détail de la note

  • Gameplay 0
  • Accessibilité 0
  • Direction Artistique 0
  • Graphismes 0
  • Durée de vie 0
  • Bande-son 0
  • Optimisation 0

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7
One Military Camp
Date de sortie : 28/05/2026

Note finale

7
  • Gameplay 0
  • Accessibilité 0
  • Direction Artistique 0
  • Graphismes 0
  • Durée de vie 0
  • Bande-son 0
  • Optimisation 0

LES PLUS

  • Humour absurde et décalé qui arrache régulièrement un sourire
  • Direction artistique cartoon colorée, lisible et pleine de vie
  • Animations des soldats expressives et amusantes
  • Interface claire, bien pensée, avec des notifications réactives
  • Système de gestion exigeant (bruit, électricité, stockage, moral)
  • Mode souris parfaitement adapté sur Switch 2 (en dock)
  • Performances stables, sans ralentissement ni chute de framerate
  • Mode bac à sable offrant une rejouabilité solide
  • Accessible à tous les âges, idéal pour découvrir le genre

LES MOINS

  • Missions entièrement passives
  • Microgestion des recrues vite chronophage et répétitive
  • Équilibre économique parfois trop restrictif
  • Manque flagrant d’automatisation pour les tâches quotidiennes (soin, repos, maintenance)
  • Mode portable quasi inutilisable
  • Absence de prise en charge de l’écran tactile
  • Légèrement moins détaillé visuellement que sur PS5 et PC
  • Quelques bugs résiduels identifiés par l’éditeur

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