SEGA AGES Shinobi (Nintendo Switch) – Le test

La game Sega Ages permet de (re)découvrir sur Switch les classiques de la fin des années 80 et du début des années 90, époque où Nintendo et Sega bataillaient pour conquérir le cœur des joueurs à travers leur machine respective. Les deux firmes japonaises se rendaient coup pour coup : pour contrer Mario, il y avait Sonic ; Wonder boy d’un côté, Zelda de l’autre. Tapis dans l’ombre, 2 autres jeux s’affrontaient également : Shinobi sur Master System et Ninja Gaiden sur Nes (connu sous le nom de Shadow Warrior). La bataille faisait rage dans la cour de récréation et il fallait choisir son camps. Mais les temps ont changé puisque c’est fin janvier 2020 que Shinobi Sega Ages est sorti sur la Nintendo Switch, issu du travail des habitués de chez M2.

Qu’est-ce qui fait la différence entre un shinobi et un Ninja ?

Réponse : rien. Les 2 noms proviennent d’une lecture différente du Kanji (chinoise ou japonaise) et servent à désigner cet espion ou mercenaire sévissant au Japon à la période Edo. De la même manière, rien ne distinguait les deux jeux de l’époque, dans leur parcours tout du moins : d’abord sortis en Arcade, tout deux ont connu par la suite une adaptation sur console de salon et de nombreux épisodes au fil du temps. Il est du coup plutôt étonnant et assez décevant de ne retrouver sur cette mouture Sega Ages que la version arcade qui ne reflète pas ce à quoi les joueurs avaient droit devant leur tube cathodique. Il aurait été assez simple de proposer la version Master System en plus. En revanche, cela permet au jeu de traverser le temps avec plus d’aisance. La grosseur des sprites, les couleurs et la fluidité apportent un vrai confort visuel et une meilleure qualité sonore, bien que le jeu ait garder certains bruitages (lors des sauts notamment) très vite désagréables. Manette en main, c’est très agréable même si certaines manipulations nécessaires à certains moments (se retourner et lancer un projectile) s’avèrent délicates sans stick arcade.

L’arcade à la maison

Comme souvent dans ce genre de jeu rétro, les développeurs ont mis à la disposition des joueurs de multiples réglages permettant de personnaliser son expérience de jeu. Il est d’abord possible d’adapter le challenge selon vos envies en choisissant la difficulté, le nombre de vie, la vitesse des tirs ennemis, la sélection du stage ainsi que l’activation ou non du rembobinage qui, clairement, peut faire perdre au titre de son intérêt. Vous pourrez aussi, si vous le souhaitez, personnaliser les commandes mais c’est surtout sur l’affichage que ces jeux sont attendus au tournant. Et il y en aura pour tous les goûts. De la taille de l’écran aux différents filtres en passant par l’habillage, il y a le choix. Les gars de chez M2 ont même été jusqu’à mettre les bruits ambiants d’une salle d’arcade lorsque l’on choisit l’affichage et l’habillage d’une borne. Le jeu est par ailleurs disponible en version japonaise ou internationale (en anglais) dans sa version d’arcade d’origine ou dans une version Ages rendant le jeu plus accessible (grâce à la tenue blanche de la revanche de Shinobi), finalement anecdotique étant donné la possibilité de sauvegarder, les crédits infinis ou le rembobinage.

Ninja, en théorie

Une fois sa configuration choisie, on peut se lancer dans le vif du sujet en insérer une pièce (appuyer sur le bouton X). Autant Ninja Gaiden pouvait proposer une cinématique d’introduction et une narration entre les missions, autant Shinobi se contente du strict minimum avec un simple écran de la mission et une phrase résumant votre objectif avant de vous plonger directement dans l’action. Le gameplay se résume à sauter, tirer des shurikens et donner des coups de poings/pieds au corps à corps. Vous pourrez recourir à un pouvoir une fois par niveau qui déclenchera une attaque de zone spectaculaire sur vos ennemis : le multi-clonage, l’attaque de foudre ou de vent ; attribuée arbitrairement dans chaque niveau. Par contre, au moindre coup encaissé, c’est la mort (ce qui n’est pas le cas d’un simple contact avec l’ennemi) contrairement à la version Master System qui proposait une barre de vie. Mais ce qui est plus surprenant, c’est l’amélioration que vous obtiendrez au cours du niveau en délivrant certains otages. Cette dernière transforme vos coups de pieds en coups de katana, normal, et vos shurikens en arme à feu… Déjà que le personnage était assez rigide dans sa posture et ses sauts lourds verticaux, on est bien loin du ninja agile et furtif qui saute en faisant des roulades et qui s’accroche au mur de Ninja Gaiden.

I’m a poor lonesome shinobi…

Malgré tout, il vous faudra parcourir les 5 niveaux à scrolling horizontal découpés en zones et ponctués par un boss. Si cela peut paraître faible, il ne faut pas oublier la difficulté que représentait le jeu à l’époque et le fait qu’il fallait ajouter une piécette pour obtenir un continu. Pour finir chaque zone, il ne faudra pas se contenter d’éliminer les vilains plutôt diversifiés (avec des zombis sur la fin…) puisqu’il vous faudra secourir les enfants kidnappés, leur nombre étant indiqué en bas à gauche de l’écran. Vous devrez jouer entre la partie haute et la partie basse du décor pour tous les sauver. Les environnements parcourus sont variés et parfois très beaux comme la forêt de bambous dans le dernier niveau mais à l’exception de la 1ère zone du 3ème niveau, l’entrepôt aux murs rouge vif faisant penser aux viscères d’un monstre. Chaque niveau est entrecoupé d’un mini jeu dans lequel vous devez lancer des shurikens sur des ennemis avant qu’ils n’arrivent sur vous. Si vous résistez à la vague, vous recevrez une vie supplémentaire. À part cela, le titre souffre d’un manque de variété dans son gameplay ; peu de phases de plateforme (sans doute pas un mal), pas d’options à ramasser, il y a finalement peu de choses dont est capable le ninja. Pour vous consoler, il vous sera possible de comparer votre score avec le monde entier et de revoir les performances des autres joueurs, tout comme la votre.

Conclusion
Ce Shinobi Sega Ages est un très bon moyen de découvrir une série phare de l'époque arcade/8-16 bits. Les développeurs ont fait un travail soigné en permettant aux joueurs de profiter de l'expérience originelle comme ils le souhaitent. En revanche, la découverte à un prix de 6.99€ et à ce tarif, il est vraiment regrettable de ne pas avoir intégrer la version Master System. Sinon, le titre a bien vieilli sur la forme mais garde les défauts du jeu d'époque sur le fond.
Points positifs
  • l'arcade qui vieillit bien
  • Une difficulté à votre convenance
  • la personnalisation de l'affichage
  • Des décors réussis dans l'ensemble
Points négatifs
  • Pas de version Master System
  • Un ninja tout raide
  • Scénario minimaliste
  • Gameplay qui manque de variété
6
Correct
Graphismes - 8
Gameplay - 5
Scenario - 3
Paramétrages disponibles - 8
Burgtasty
Ecrit par
1er jeu à plus de 100h : Secret of Mana. Jeu préféré à plus de 100h : Ocarina of Time. Les derniers en date : Animal Crossing, FE 3 Houses, MHW, Smash Bros

7 commentaires

  1. jerodoalle

    pour l epoque , c etait une tuerie ! et ca reste un enorme classique ….

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  2. Man Uto

    que de bons souvenirs sur ce titre.

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  3. Tungdil

    7€, c’est pas cher vu le nombre de piece de 5 et 10 francs que j’ai pu mettre dans la borne d’arcade.

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  4. Bien vu ! Mais ça reste pas donné pour la ROM d’un jeu de 1987.

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  5. Juliuxx Potter

    Trop rétro pour moi :/

    Répondre

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