Apparition (Nintendo Switch) – Le test

Certains jeux ont des concepts si simples, qu’au premier coup de joy-con, la partie se déroule sans accroc. Pour d’autres, il faut s’accrocher, et à force d’essais, la base du gameplay finit par percer. Apparition est de ceux-là. Développé par un seul homme : le polonais Mr Ciatsuk et édité par No Gravity Game, Apparition se définit comme un jeu d’horreur et de survie. Dans les faits, il emprunte davantage aux jeux d’arcade et aux roguelike avec des parties courtes.

Esprit es-tu là ?

Dans apparition vous incarnez un investigateur du paranormal qui cherche des preuves de l’existence de fantômes ou d’autres activités que la science peine à expliquer. Vous décidez donc d’aller dans la forêt fictive de Green Creek, célèbre pour avoir accueilli dans les années 2000 les méfaits, fictifs eux aussi, d’un tueur en série appelé The Plague. Vu le nombre de meurtres perpétrés dans ces lieux, vous espérer y trouver un bon nombre d’esprits errants, comme quoi le malheur des uns….

Vous voilà donc avec votre appareil photo, votre briquet et… une bougie. Sans doute que les lampes torches n’existent pas en Pologne… Arrivé sur place, vous êtes proche de votre voiture et une indication vous indique que vous pouvez y monter. Okay c’est parti… Ah non, c’est fini en fait. Revenir à la voiture met fin à vos recherches. Bon ben ça au moins je l’ai compris vite.

Deuxième partie, mais qu’il fait sombre ! Un petit tour dans les options du jeu, le réglage de la luminosité n’existe pas. Autant être clair tout de suite, oubliez tout de suite l’idée de jouer à Apparition s’il y a une source de lumière près de vous. On ne distingue absolument rien. Soit vous jouez dans le noir complet, soit vous lancez Pikmin 3. Ce n’est pas votre bougie qui va changer grand-chose. Jouer en plein jour est impossible, l’écran donne l’impression d’être vide.

Il n’y a aucune indication sur ce qu’il faut faire, c’est ça être un détective du paranormal. Ce n’est pas normal. Il faut se promener et chercher des indices. C’est quoi, des indices ? Peut-être le petit bout de papier qui traîne là-bas. Tient encore un autre. Sur chacun se pose une question : qui es-tu ? Quel est ton nom ? Es-tu méchant ? Bon pourquoi pas.

Oh chouette un feu de camp, et une table de ouija. Il est temps de faire parler les morts. Les papiers ramassés permettent de poser des questions et ce sont des esprits qui nous répondent. Ma première fois a été sans doute trop contemplative : après trois questions, mon cœur s’est mis à battre plus fort et des bruits de pas se sont faits entendre, précédant de quelques secondes ma mort… pas facile d’être détective.

Et ça continue encore et encore

Troisième partie, tiens y’a une maison par-là, à l’intérieur se trouve un matelas ensanglanté. Allez hop une photo, il est aussi possible d’allumer d’autres bougies et de fouiller dans les meubles. Quoi ? Encore ce bruit de pas ! Dégage, dégage, dégage ! Direction la voiture, je n’ai pas grand-chose, mais je ne suis pas mort. Tiens, avec ma photo je marque un peu de points cette fois-ci. Je commence à comprendre. Pas de long run dans Apparition, plutôt une succession de déambulations dans l’espoir de trouver une preuve, si possible macabre, d’une activité extra-sensorielle ou autre.

Quatrième partie, il est possible de s’équiper d’un trépied installable près du feu de camp, avec une séance de spiritisme sur la tablette de ouija, j’aperçois un fantôme, je peux le prendre en photo et vite retourner à ma voiture. Et hop deuxième preuve, le chemin s’éclaircit. Voilà, enfin le gameplay d’Apparition est compréhensible. Pas de scénario compliqué, juste une forêt et des indices qui apparaissent un peu aléatoirement.

Une fois ces bases comprises, malheureusement l’intérêt du jeu s’essouffle vite ; les parties s’enchaînent et se ressemblent désespérément. Il est certes possible d’améliorer notre équipement avec une caméra frontale ou de poser des pièges pour ralentir les monstres qui ne nous voudraient pas du bien. Mais, dès la fin de la première partie, ça reste désespérément plat au niveau du trouillomètre. Il n’y a plus aucune surprise à attendre, le côté roguelike détruit complètement le côté horreur. Des bruits de pas : okay je dégage, je n’ai pas de preuves, mais je suis vivant. Il n’y a pas de fin dans Apparition, juste une succession de recherches qui se ressemblent trop.

Côté technique, la luminosité vous empêchera de jouer hors noir complet autour de vous, les contrôles ne sont pas non plus irréprochables : leur raideur vous fera pester lorsqu’il sera nécessaire de bien viser sur le @!§%# de petit bout de papier. Une fois trop à droite, une fois trop à gauche, ces contrôles font penser à un homme politique en manque de voies. Le choix des touches est aussi problématique, notamment lors des phases de fuite. Il faut maintenir le bouton du stick enfoncé et en même temps se déplacer. Ce n’est franchement pas pratique.

Au bout de quelques parties, et bien que dans le noir total, vous ne pourrez plus vous perdre, tant la forêt de Green Creek ressemble plutôt à un bosquet. L’espace de jeu est désespérément petit. Au bout de quelques secondes de marche, le jeu nous informe que nous sommes sortis de la zone de recherche. C’est franchement dommage pour un roguelike.

Conclusion
Jamais vraiment effrayant et très redondant, Apparition rate le coche dans les deux catégories qu’il tente de réunir. Son aspect survival horror est détruit par la possibilité de s’enfuir pour revenir plus tard et son côté roguelike dans une forêt si petite n’apporte rien au titre. Si le concept de chasseur de fantômes pouvait rappeler Project Zero, il est bien loin de l’égaler et une fois ses mécaniques assimi-lées, il n’apporte plus aucune surprise ni plus aucun amusement. Si vous êtes fan de Survival horror indépendants, il faudra plutôt vous tourner vers Monstrum, certes pas exempt de défauts, mais ap-pliquant plus efficacement les mêmes recettes.
Points positifs
  • Le ouija est un gimmick de gameplay intéressant
  • Obligation de jouer dans le noir…
  • La progression par palier à chaque run réussit
Points négatifs
  • … mais obligation de ne jouer QUE dans le noir
  • Plus de peur après la première partie
  • La taille de la map est ridicule
  • Contrôles trop rigides et pénibles pour attraper les petits objets
4.4
Décevant
Luminosité - 4
Gameplay - 5
Jouabilité - 5
Fun - 4
Trouillomètre - 4
znicoboc
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW fut une révélation , le plaisir est encore plus fort qu'avant

Poster un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Mot de passe perdu

Please enter your username or email address. You will receive a link to create a new password via email.

S'inscrire