Gunhouse (Nintendo Switch) – Le test

Si votre kif culinaire c’est la pizza au foie de volaille et que votre summum auditif a été atteint le jour où Vanessa Paradis a chanté du Rammstein, bref si vous aimez les mélanges improbables alors n’attendez plus et jetez-vous sur Gunhouse. Car le titre de Necrosoft Games est sans aucun doute fait pour vous. Mais les mélanges, ça peut donner tout et n’importe quoi. Et si le meilleur (un peu fantasmé avec Vanessa d’accord…) a déjà évoqué, il ne faut pas oublier les milliers d’enfants traumatisés par leurs essais infructueux sur la recette du Gloubiboulga. Qu’en sera-t-il avec Gunhouse ? Réponse en fin de test…

[mode Tetris on] ta tatata tatata tatata tatata tata ta ta ta ta

Gunhouse, c’est d’abord toute une histoire. Sorti en 2014 sur la PS Vita, il n’a pas pu profiter d’un parc de console suffisamment étoffé pour se faire connaître. Qu’à cela ne tienne, les développeurs de Necrosoft Games n’avaient pas dit leur dernier mot : croyant dur comme fer dans leur poulain, ils le relancèrent sur smartphone. La concurrence étant rude, l’histoire n’a pas retenu Gunhouse dans son hall of fame du jeu vidéo. Eh bien tant pis,et dans une sorte de gambit dame désespérée (et oui c’est comme ça qu’il faut dire normalement), sa sortie sur Nintendo Switch ressemble à une tentative de la dernière chance. Alors maintenant qu’il est là, penchons-nous sur son cas.

Gunhouse nous propose un curieux mélange de style : du puzzle-game avec des tétrominos (comme dans Tetris) et du tower defense. Une curieuse mixture aux premiers abords. Ces deux styles sont associés, mais en deux phases distinctes. Pour récupérer des armes pendant la partie de tower defense, nous devrons réussir des empilements de tétrominos sous forme de carrés. Plus le nombre de carrés sera important et plus nos armes seront puissantes. Ces empilements ne sont pas à réaliser au hasard. Qui dit tower défense dit routes différentes. C’est le cas dans Gunhouse. Les ennemis arriveront de trois niveaux de hauteurs différents. Nos armes sont activables sur chacun des niveaux, mais il est nécessaire que le carré soit à l’emplacement adéquat. Ça se complique hein….

Résumons : il va falloir réussir des empilements de tétrominos pour former des carrés à des hauteurs différentes pour activer des armes, très bien. Mais ce n’est pas tout, que nous les réalisions à gauche ou à droite de la grille, ces carrés activeront soit une arme principale, soit une arme spéciale. Celles-ci ont des effets différents qu’il faudra apprendre à connaître pour pouvoir les utiliser correctement contre nos ennemis.

C’est l’une des forces de Gunhouse, il se montre assez simple à comprendre (enfin j’espère…), mais très vite il nécessite une pause et une analyse de notre partie. Comment faire pour améliorer nos mouvements de blocs est sans doute la première d’une longue série de questions, y répondre soi-même procure un vrai plaisir et permet d’avancer un peu plus loin dans le jeu.

Cette phase de puzzle est assez courte, après la fin d’un timer que l’on vilipende très rapidement, c’est la partie tower defense qui s’enclenche sans temps mort. Celle-ci est assez sommaire, une fois qu’un ennemi apparaît sur l’un des chemins, nous enclenchons l’arme qui lui correspond. Il est dommage que nous n’ayons aucune information sur le type d’ennemis qui apparaîtra.  Une fois la vague passée, c’est à nouveau le puzzle game qui prend les rênes. Il n’y a malheureusement aucune stratégie dans la partie tower defense. Elle n’est qu’une excuse pour alterner frénétiquement les deux phases sans laisser le temps de réfléchir.

Une fois une partie terminée, nos réussites nous ayant apporté des espèces sonnantes et trébuchantes, il nous sera possible de les échanger contre des améliorations, de nouvelles armes ou contre des cœurs supplémentaires. Les améliorations permettent de charger davantage nos armes lors de la partie puzzle en enchaînant les carrés sur la même route. Ce n’est pas facile, car ce satané timer vous empêchera de réfléchir ! Les armes supplémentaires ont des spécificités différentes de celle de base. Seules trois sont sélectionnables simultanément, à nous de nous constituer un roaster adapté à notre style de jeu : entre les attaques en ligne puissantes et les attaques plus dispersées, mais moins destructrices, c’est à nous de choisir.

« I’m sorry that i made you cry » (John Lennon)

Gunhouse propose donc un challenge corsé basé sur un rythme rapide d’alternance entre puzzle et défense. Très vite addictif, les phases s’enchaînent et le temps passe sans que nous nous en soyons rendu compte. L’envie d’aller plus loin, ou de recommencer un ancien niveau pour récolter plus de monnaie et ainsi upgrader nos armes nous tient sur le titre de Necrosoft Games pendant quelques heures. Toutefois, la difficulté générale, une fois atteints les niveaux plus élevés, est assez décourageante et fera abandonner les moins accrocheurs, d’autant plus qu’une fois la routine mise en place, Gunhouse peine à se renouveler.

D’un point de vue graphique, Gunhouse fait dans le style cartoon un peu trash rappelant assez Cuphead. C’est joli et très coloré. Les animations sont correctes et ne gênent jamais la lisibilité de l’arrivée des vagues d’ennemis. Tous les monstres ont un design qui leur est propre tout comme les armes (mention spéciale pour le lance-légume). La musique est aussi particulièrement soignée. Les compositions de Disasterpeace (déjà à l’oeuvre sur FEZ et Hyper Light Drifter), dans un style électro, sont variées et font la part belle au rythme dans une ambiance très pop.

La prise en main, que ce soit en docké ou en nomade, est excellente. Notons d’ailleurs la possibilité de faire tout le titre en tactile. C’est suffisamment rare qu’un développeur utilise cette possibilité de l’écran de la Switch pour le signaler. Dans ce dernier cas, les parties gagnent en vitesse et en facilité, pas de beaucoup, mais ça reste non négligeable vu la difficulté générale du titre.

Un bien beau constat pour l’instant. Certes, mais il manque quelques possibilités pour faire de Gunhouse un très bon jeu. C’est d’abord l’absence d’un mode multiplayer qui est assez regrettable. Celui-ci aurait pu apporter un peu de diversité dans les parties. C’est ensuite le manque d’un tableau de score en ligne, toujours agréable pour mesurer ses progrès dans un jeu difficile. Et enfin, il manque cruellement d’options de jeu, notamment concernant la difficulté. Faire de Gunhouse un jeu avec une courbe de difficulté plus dosable lui ouvrirait davantage de portes au lieu d’en faire un jeu réservé au fan de difficulté.

Points positifs
  • Un mélange de gameplays étonnant sur le papier qui en fait fonctionne…
  • Le style cartoon est vraiment réussi
  • Tout comme les musiques
  • La possibilité de jouer en tactile en mode nomade
  • La jouabilité est bonne même en docké
  • Les parties sont intenses
  • Petit prix de 7€
Points négatifs
  • … mais qui lasse au bout d’un certain temps du à sa répétitivité et à sa difficulté
  • Pas de multijoueur
  • Pas d’option de personnalisation de parties
6.6
Correct
Graphismes - 8
Musiques - 7
Gameplay - 7
Jouabilité - 8
Evolution - 3
znicoboc NT
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW fut une révélation , le plaisir est encore plus fort qu'avant

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