A Night at the Races (Nintendo Switch) – Le test

A Night at the Races n’a rien à voir avec un mix de deux albums de Queen réunis en un et c’est bien dommage. Est-ce une raison d’en vouloir au titre des développeurs de chez Mushy Jukebox ? Non, certainement pas, car loin de nous proposer une expérience de Die’n Retry trop facile, ils ont voulu soigner l’emballage en inscrivant leur titre dans une ambiance de monde au bord du chaos, est-ce suffisant pour le rapprocher des cadors du genre que sont Super Meat Boy et Céleste, la réponse viendra après un dur apprentissage.

Super Point’n Click Boy

Les deux développeurs que sont Çavlan Erdost et Umut Derviş composent à eux seuls l’entièreté de leur studio Mushy Jukebox. Comme beaucoup d’indépendants, ils ont décidé de passer par la case Switch pour améliorer la visibilité de leur dernier titre, A Night at the Races, déjà sorti en décembre 2019 sur Pc. Mais la concurrence devient rude et il faut de plus en plus de sérieux arguments pour se faire une place sur l’eShop. Pour cela, ils tentent une approche intéressante, soigner l’histoire de leur Die’n Retry.

Tout commence dans une chambre un peu en bazar dont l’occupant semble avoir des problèmes pour joindre les deux bouts. La seule façon pour lui de s’en sortir est de participer, sur le darknet, à un concours de jeu vidéo dont le premier prix lui permettra de régler ses problèmes. L’ambiance est sombre et le monde qui nous entoure a un côté glauque plutôt réussi. Nous recevons régulièrement, à la fin de chaque monde, des nouvelles du monde via notre messagerie et découvrons ainsi par petite touche un univers bien peu avenant.

Tout est fait pour justifier nos plongées dans le jeu ainsi que nos remontées. Ainsi la fin du tutoriel coïncide ainsi avec un bug du jeu. Une petite promenade sur notre terminal nous permettra de le patcher pour y retourner. C’est toujours par petite touche que nous allons avancer dans cette histoire prétexte à nos déambulations dans le jeu à l’intérieur du jeu. Le découpage est assez salutaire et nous permet de reposer nos mains pendant quelques instants tout en nous accrochant de plus en plus à ce récit, car si son début semble bien sage, la tension montera au fur et à mesure, nous fournissant une raison de persévérer et d’aller toujours plus haut.

Car le plateformer/runner que l’on nous propose est un titre dont le level design est basé sur la verticalité. Il nous faudra grimper le plus vite possible jusqu’au point de sortie en utilisant correctement les éléments du décor mis à notre disposition et en évitant le plus possible les monstres et autres pièges qui nous barrent la route.

Dans ce jeu au cœur du jeu, nous incarnons un petit cube qui n’a d’autre choix que d’avancer, quoi que nous fassions. Nous pouvons l’orienter, mais aucune action de notre part n’est pas synonyme d’inaction pour notre avatar. Celui-ci continuera de se déplacer jusqu’à rencontrer un mur, qui le fera alors partir dans la direction inverse. Que nous nous trouvions sur une plateforme n’a aucune importance, il chutera tout simplement en bas de l’écran, entraînant notre mort. C’est bien simple, il faut tout le temps être attentif.

Once upon a speedrun

Contrairement à un Super Meat Boy ou un Céleste qui laisse du temps pour anticiper et préparer ses mouvements, A Night at the Races ne laisse pas plus d’une demi-seconde, et encore, pour choisir sa prochaine action. Heureusement le level design est assez permissif et nos quatre cœurs permettent quelques erreurs ou quelques libertés. Si les premiers niveaux ne demandent que de jouer avec les boutons de saut et de dash, très vite, il nous faut utiliser le stick pour décider de la direction que nous allons prendre et pour modifier celle-ci, même en plein milieu d’un saut.

À la fois étonnant pour ce genre de jeu, mais parfaitement adapté au gameplay débridé, la relative proximité de la caméra ne plaira pas à tout le monde. Si Super Meat Boy, la référence du genre, basait tout sur sa précision diabolique, couplée à une caméra assez éloignée, ici, la précision n’est pas toujours primordiale et c’est davantage la capacité à réagir vite qui sera au cœur du gameplay dans un premier temps, avant de laisser la place à un apprentissage du niveau grâce à une mémoire musculaire qui deviendra essentielle.

Heureusement pour nous, la maniabilité est au rendez-vous et ne souffre d’aucun défaut. Tout répond parfaitement à nos sollicitations et aucun souci de précision n’est à déplorer. Il n’est jamais possible d’utiliser l’excuse des contrôles pour expliquer nos morts nombreuses. Les nombreux niveaux s’enchaînent et à chaque fois un classement mondial vient sanctionner notre performance, réussir à atteindre un top 10 sur certains procure un vrai sentiment de réussite, vite calmé par le niveau suivant. Avec plus de 200 niveaux, il y a forcément de quoi faire. Particulièrement adapté au speedrun, il plaira aux amateurs cherchant une expérience de jeu différente des mastodontes déjà cités.

Pour les joueurs cherchant à découvrir de manière détendue l’histoire qui leur est contée, il est possible de modifier la vitesse du jeu. En passant ainsi du simple à quasiment la moitié de la vitesse de départ, le challenge est alors à la portée de tous et permet de découvrir le niveau pour ensuite revenir à la vitesse normale ou pour avancer dans l’histoire. C’est une façon intelligente de rendre le tout accessible ou de mettre en place un mode entraînement. Plus classique, un appui sur B, en cas de raté lors d’une tentative de record, nous renvoie directement au début du niveau.

Pour terminer, il est temps d’évoquer les parties graphiques et musicales. Le design général du titre est assez travaillé. Que ce soit lors des phases narratives ou lors des moments de die’n retry, malgré des styles très différents, le soin apporté aux décors est louable. Le pixel art des tableaux proposés offre une ambiance sombre très réussie tandis que le côté très lisse du jeu de plateforme s’adapte parfaitement au côté frénétique du gameplay. De la même façon, la bande son s’adapte toujours à ces deux parties pourtant si différentes pour nous mettre toujours un peu plus dans l’ambiance.

Conclusion
Malgré une approche qui semble identique, A Night at the Races propose un gameplay bien différent des Die’n Retry phares de notre époque. Avec un gameplay bien plus axé sur la vitesse de réaction que sur l’apprentissage et l’extrême précision, il offre un challenge élevé qui sait renouveler les éléments qui le composent pour ne jamais lasser le joueur. De plus la narration mise en place dans cet univers sombre est vraiment captivante. Si les amateurs de speedrun à l’ancienne, renâcleront sur une caméra bien trop proche de l’action et le manque de préparation qu’elle induit, les joueurs cherchant une expérience plus frénétique seront aux anges avec le titre de Mushy Jukebox.
Points positifs
  • Les graphismes sont soignés, quelle que soit la phase en cours
  • Les deux expériences, narrative et platformer, s’enchaînent naturellement
  • La bande-son s’adapte à chaque phase
  • L’univers dépeint est bien sombre et prenant
  • La partie Die’n retry est très rythmée et technique ...
  • La durée de vie est conséquente avec plus de 200 niveaux
  • Le prix, 10 €, est vraiment très attractif
  • L’option de modification de la vitesse de jeu est vraiment très pratique et intelligente aussi bien pour les novices que pour l’apprentissage
  • La maniabilité ne souffre d’aucun défaut
Points négatifs
  • ... mais la caméra si proche ne plaira pas à tout le monde
  • mais pourquoi un titre qui combine deux albums cultes de Queen ?
7.5
Bon
Graphismes - 8
Bande-son - 7
Gameplay - 7
Maniabilité - 8
Durée de vie - 8
Narration - 7
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

1 commentaire

  1. ref aux 2 bijoux de queen !

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