La frontière entre le jeu vidéo et le cinéma est parfois ténue. Il arrive, pour notre plus grand plaisir, que nous ayons l’impression d’assister à des courts métrages manette en mains. Et cela tombe bien car c’est l’objectif des parisiens de ZDT Studio, qui comporte au sein de ses rangs quelques acteurs du monde cinématographique. Ce savoureux mélange entre film d’animation et jeu vidéo proposé aujourd’hui est Darwin’s Paradox, un titre dans lequel nous incarnons un poulpe. Cette cuisine à la sauce Konami, pour l’édition, est-elle à la hauteur de nos espérances ? Méfiance, le poulpe ne supporte pas la surcuisson sous peine d’être immangeable !
Attention aux ventouses !
Dans Darwin’s Paradox, nous jouons le rôle d’un poulpe arraché à l’océan pour l’entreprise Ufood afin de proposer à ses clients de nouvelles recettes de potages à base d’octopode. C’est pour cette raison que nous nous retrouvons dans un complexe industriel de fabrication de soupe. Mais très rapidement, nous allons découvrir que cette usine n’est pas normale et recèle un complot mondial que nous tenterons de compromettre tout en essayant de nous échapper.
Le scénario de base est donc simple mais efficace. Très vite, nous nous attachons à notre poulpe qui semble doué d’émotions malgré son absence de parole. De plus, l’histoire nous est racontée tout au long du jeu à travers les décors et les divers éléments que nous pouvons lire lors de notre aventure. C’est drôle, parfois un peu émouvant, bref, bien pensé et digne d’un court métrage de très bonne facture.
Des compétences paradoxales
Charles Darwin n’avait pas réussi à comprendre pourquoi les poulpes étaient aussi intelligents et avaient un QI assez proche de celui de l’homme. Cette intelligence, qui se niche en partie dans ses tentacules, permet à notre poulpe d’utiliser de nombreux super pouvoirs. Grâce à ses ventouses, il est capable de s’accrocher à presque toutes les surfaces et peut dont se déplacer en toute tranquillité sur des murs ou des plafonds. Lorsqu’il est en danger, notre héros peut se protéger en jetant de l’encre pour ne plus être visible mais il peut aussi, tel un caméléon, changer la couleur de sa peau et se camoufler dans son environnement. Nous allons donc jongler entre ces différentes capacités pour sortir notre créature de ce mauvais pas.
Un jeu de plateforme, puzzle et infiltration
Dans Darwin’s Paradox, nous n’allons pas dézinguer tout ce qui bouge pour avancer. Au contraire, nous allons devoir faire un peu fonctionner notre cerveau. Nous sommes ici dans un jeu de plateforme en 2D dans lequel nous devons bouger des caisses, appuyer sur des boutons, sauter au bon moment et surtout, patienter. Patienter ?! Eh bien oui ! Il va falloir parfois attendre le bon moment pour agir afin qu’un ennemi s’éloigne ou qu’un mécanisme meurtrier s’arrête de fonctionner. Nous ne sommes donc pas dans un jeu où le speed run a sa place. Nous avons beaucoup aimé cette façon de jouer alliant plateforme classique, petites réflexions et infiltration. Les environnements et les défis à relever se renouvellent régulièrement et nous n’avons pas l’impression de répéter constamment les mêmes actions. De plus, certains passages sont parfois d’une difficulté suffisante pour avoir une grande satisfaction de réussir à les traverser. Mais si vous recherchez un jeu nerveux avec des défis impossibles à relever, il faudra repasser. Heureusement, Darwin’s Paradox se démarque par son approche cinématographique qui saura ravir le plus grand monde.
Un film vivant
Darwin’s Paradox est un jeu en 2D mais nous n’avons pas du tout l’impression d’être limité dans deux dimensions. En effet, les mouvements de caméra sont très bien gérés afin d’apporter de la profondeur à notre environnement. Et surtout, les décors que nous voyons à l’écran sont aussi fascinants que vivants. C’est bien simple, parfois, nous nous sommes arrêtés pour simplement observer la scène derrière notre poulpe afin d’en profiter. De plus, ces dernières nous permettent souvent d’en apprendre davantage sur l’univers et l’histoire du jeu. Et pour couronner le tout, c’est beau ! Que demander de plus ? Une belle bande-son évidemment ! Et comme dans tout bon film d’animation, le visuel s’accompagne d’une belle musique et de bruitages à la hauteur de nos attentes. Bref, si nous n’avions pas la manette en main, nous sortirions les popcorns afin d’en profiter au maximum. Ajoutons à cela un humour très efficace et nous obtenons de quoi passer un excellent moment devant notre écran.
Enfin, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Darwin’s Paradox est prévu au prix de 25 € environ sur le Nintendo eShop. Nous l’avons terminé en un peu plus de 7 heures. Le tarif nous paraît donc élevé par rapport à la durée de vie malgré la grande qualité du jeu.
Conclusion
Darwin’s Paradox est une pépite vidéoludique, un petit bonbon que l’on aime prendre pour se donner du réconfort. Le mariage entre le cinéma et le jeu vidéo fonctionne très bien. Les mécaniques, l’univers du jeu, les graphismes ainsi que la bande-son ont été bien pensés. La durée de vie est un peu courte par rapport au prix affiché mais la qualité est au rendez-vous. Vous ne serez pas déçus de mettre la main sur cette belle œuvre.
LES PLUS
- De la plateforme, de la réflexion et de l’infiltration
- Un film interactif
- De beaux graphismes
- Une bande-son efficace
- Un humour qui fait mouche
LES MOINS
- Un prix un peu élevé
- Un peu court





