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Dread Delusion (Nintendo Switch 2) – Le test

fire_akuma par fire_akuma
7 juillet 2026
dans Tests Nintendo Switch 2
Temps de lecture: 7 mins
0
Dread Delusion
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Avec Dread Delusion, Lovely Hellplace vient dynamiter les certitudes de genre avec une élégance rare. Né de l’esprit d’un développeur solo, James Wragg, ce projet a mûri pendant des années en accès anticipé sur PC avant de sortir officiellement en 2024, puis d’atterrir sur nos Nintendo Switch 2 en ce début 2026. Autant le dire tout de suite : on tient là un OVNI qui ne ressemble à rien d’autre, et c’est précisément ce qui fait sa force.

Un monde suspendu entre deux cauchemars

Dread Delusion

Tout commence dans une cellule. On incarne un prisonnier sans nom, un rebut de la société livré à l’Inquisition, une organisation séculière qui a banni toute forme de culte divin. L’Union, le pouvoir en place, nous expédie en mission suicide : traquer Vela Callose, une officière de haut rang devenue pirate du ciel. Mais très vite, cette chasse à l’homme se mue en une quête existentielle vertigineuse. Que reste-t-il d’un monde brisé par la folie des dieux et l’hubris d’une civilisation disparue, les Embariens ? Peut-on réparer l’irréparable ou faut-il achever le patient ?

L’univers de Dread Delusion est un patchwork de royaumes flottants dérivant dans un ciel rouge sang, des îlots suspendus au-dessus d’une surface maudite où rôdent encore des morts-vivants. On navigue entre le Royaume de l’Horloge, ses automates et son dieu mécanique défaillant, les champignonnières hallucinées d’Hallowshire ou le Royaume Sans Fin, peuplé de cadavres conscients prisonniers d’un sortilège millénaire. Chaque région raconte une histoire, non pas à travers de longues cinématiques, mais par une accumulation de détails, de dialogues ciselés et de quêtes qui explorent des thèmes aussi lourds que la tradition contre le progrès, le poids des souvenirs ou la légitimité du sacrifice.

S’égarer pour mieux se trouver

La grande force du jeu, c’est son approche de l’exploration. Ici, pas de marqueurs qui pullulent sur une boussole ni de carte surchargée d’icônes. On avance à l’instinct, on scrute chaque mur à la recherche d’un levier caché, on grimpe sur des corniches improbables parce qu’on a le pressentiment qu’un passage secret s’y niche. Le level design est un modèle du genre, avec ses raccourcis, ses boucles et une verticalité omniprésente. La récompense n’est jamais bien loin : un fragment de savoir, une potion artisanale, ou plus important encore, l’un de ces précieux fragments de crâne bleuté qui servent de monnaie d’évolution.

Oubliez l’expérience et les niveaux. La progression fonctionne par un système de « Délires ». Toutes les trois esquilles trouvées dans le monde – que ce soit au détour d’un chemin ou en récompense de quête – on obtient un Délire, qu’on dépense pour augmenter l’une des quatre caractéristiques : Puissance, Ruse, Sagesse ou Charisme. Cela renforce les compétences associées, et c’est la seule manière d’évoluer. Conséquence directe : le jeu encourage une exploration méthodique plutôt que le combat systématique. Et c’est tant mieux, car…

Autant être franc, la partie action de Dread Delusion est son maillon faible. Les affrontements se résument à de lents moulinets d’épée, des parades approximatives et une gestion de l’endurance qui manque cruellement de nervosité. On est très loin d’un Morrowind, auquel le jeu est souvent comparé à tort. La sensation est bien plus proche d’un King’s Field ou d’un Lunacid, avec ce côté volontairement pataud et ces swings larges qui forcent à temporiser. Le souci, c’est que la difficulté ne suit pas. Même sans investir le moindre point en Puissance, on peut trucider la majorité des bestioles en spammant l’attaque lourde avant de faire un pas en arrière. La version Switch 2 inclut bien un mode difficile, absent à la sortie initiale sur PC, mais il ne transforme pas radicalement l’expérience. Le bestiaire est limité, l’équipement peu varié, et on comprend vite que la meilleure stratégie reste d’éviter purement et simplement les menaces, quitte à charmer magiquement les ennemis ou à crocheter une porte de derrière. C’est un jeu où l’on manie davantage la clé à molette que le glaive.

Un portage lumineux, une maniabilité perfectible

Dread Delusion

Techniquement, le portage sur Switch 2 est une franche réussite. La direction artistique, qui marie des textures volontairement baveuses et une 3D low-poly évoquant la première PlayStation, fait des merveilles sur l’écran portable comme sur la télé. Les couleurs sont saturées à souhait, les ciels rougeoient, et l’ambiance oscille en permanence entre la mélancolie pesante et l’émerveillement. La bande-son lo-fi, planante et parfois inquiétante, enveloppe parfaitement cette errance solitaire. On pourra juste pester contre une distance d’affichage un peu juste par moments, mais rien qui ne vienne gâcher le tableau.

Là où le bât blesse, c’est la maniabilité. Le jeu a été pensé pour le clavier et la souris, et l’adaptation sur console est raide comme un passe-partout. Les premiers instants sont laborieux : les menus sont confus, les touches pour lancer un sort ou utiliser un objet ne sont pas présentées de manière contextuelle. Un comble pour un titre aussi contemplatif. Et surtout, c’est une énorme déception : aucune option de visée gyroscopique ni de mode souris n’a été implémenté. Sur Switch 2, qui met justement en avant ce type de fonctionnalités, c’est un rendez-vous manqué qui aurait pourtant changé la fluidité des interactions.

Il faut une bonne vingtaine d’heures pour boucler l’aventure principale, davantage si on s’attarde sur les nombreuses quêtes annexes. Et on aurait tort de les snober, car elles réservent les plus beaux dilemmes moraux du jeu. Faut-il laisser un village renouer avec des rituels sanguinaires pour assurer sa prospérité ? Peut-on pardonner à un dieu-machine qui efface l’existence de ses sujets pour préserver l’ordre ? Ces embranchements narratifs, rarement binaires, donnent envie de relancer une partie pour explorer d’autres voies, d’autres philosophies.

Conclusion

5.8 /10

Dread Delusion est un jeu profondément imparfait. Son bestiaire est chiche, son système de combat tourne à vide, et sa prise en main sur console frustrera les moins patients. Mais il déploie une telle puissance d’évocation, une telle sincérité dans son écriture et un tel sens du mystère qu’il serait criminel de le réduire à ses tares mécaniques. C’est une œuvre qui ne cherche à imiter personne, qui avance avec ses gros pixels et ses idées folles, et qui parvient à rendre fascinante la lente déliquescence de son monde. On ne saurait le recommander à tout le monde. Mais à ceux qui sont prêts à accepter le pacte – troquer un peu de confort moderne contre une immersion totale dans un rêve étrange et mélancolique –, il offre un voyage dont on ne revient pas tout à fait indemne.

LES PLUS

  • Une direction artistique qui détonne
  • Une exploration gratifiante
  • Une écriture ciselée
  • Une progression qui récompense la curiosité
  • Une ambiance sonore irréprochable
  • Une durée de vie honnête

LES MOINS

  • Des combats anecdotiques et sans saveur
  • Une adaptation console qui manque de finesse
  • Une progression qui peut laisser sur la touche
  • Un bestiaire et des équipements trop limités
  • Une technique qui divise
  • Un jeu uniquement en anglais

Détail de la note

  • Graphismes 0
  • Direction Artistique 0
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Durée de vie 0
  • Gameplay 0
  • Optimisation 0
  • Contrôles 0
  • Accessibilité 0

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5.8
Dread Delusion
Date de sortie : 17/03/2026
eShop

Note finale

5.8
  • Graphismes 0
  • Direction Artistique 0
  • Histoire 0
  • Bande-son 0
  • Durée de vie 0
  • Gameplay 0
  • Optimisation 0
  • Contrôles 0
  • Accessibilité 0

LES PLUS

  • Une direction artistique qui détonne
  • Une exploration gratifiante
  • Une écriture ciselée
  • Une progression qui récompense la curiosité
  • Une ambiance sonore irréprochable
  • Une durée de vie honnête

LES MOINS

  • Des combats anecdotiques et sans saveur
  • Une adaptation console qui manque de finesse
  • Une progression qui peut laisser sur la touche
  • Un bestiaire et des équipements trop limités
  • Une technique qui divise
  • Un jeu uniquement en anglais

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