En matière de jeux de course exclusifs à la Switch 2, force est de constater que pour l’instant le catalogue de la console n’est pas ce qu’il y a de plus fourni ; certes il y a Mario Kart World, Sonic Racing: CrossWorlds et Kirby Air Riders, mais pour ceux qui recherchent quelque chose de plus sérieux, de plus réaliste en matière d’engins motorisés, il n’y a rien. Cela tombe bien, Feral Interactive se lance sur le créneau en cette fin du mois de janvier 2026 avec le portage de GRID Legends initialement développé par Codemasters et édité par Electronic Arts. Alors, est-il temps de passer enfin aux choses sérieuses sur Switch 2 ? Le temps de faire la pression des pneus, de vérifier le niveau d’huile et de se caler dans notre siège baquet, voyons cela dès à présent !
Numéro 22, au rapport !
GRID Legends n’est pas une nouveauté ; sorti en 2022 sur PS4, PS5, XboxOne, XboxSeries et PC (et plus tard sur iOS et Android), le jeu avait reçu à l’époque un accueil plutôt favorable mais n’avait jusqu’alors pas été porté sur une console Nintendo. Un écueil rectifié puisque Feral Interactive (qui s’est notamment chargé de porter Hitman: Absolution ou encore GRID Autosport sur les consoles hybrides de Nintendo) propose maintenant le titre sur la Switch deuxième du nom. Pour l’occasion, le titre prend le nom de GRID Legends: Deluxe Edition puisqu’il ne se contente pas simplement de reprendre les éléments du jeu original, mais inclut également l’ensemble des DLC sortis postérieurement pour le titre sur les autres plateformes avec entre autres de nouveaux tracés et de nouvelles voitures. Au total ? Pour ne parler que des circuits, ils sont au nombre de 156 répartis sur 24 environnements différents. Dans ceux-ci, on retrouve des circuits réels comme Brands Hatch, bien connu des amateurs de la série TOCA (les origines de GRID), ou encore Bathurst mais aussi des tracés urbains dans des villes comme Moscou, Dubaï ou encore Paris. Et il n’y a pas que des tracés fermés puisque l’environnement d’Okutama au Japon propose aussi des courses sur route. Un léger regret à signaler (NDLA : peut-être très personnel !) : par rapport à GRID Autosport on perd par exemple la route de la Côte d’Azur ou encore le circuit anglais de Donington pour ne citer qu’eux, mais le contenu reste plus que conséquent. Au niveau des véhicules aussi, on est gâtés avec un roster qui va de la Renault Clio Cup à la Lotus Evija électrique. Les marques et modèles sont présents en nombre, Ferrari ou encore Porsche étant de la partie !
Dès le démarrage du titre (qui pèse 28,4 Go), nous sommes directement plongés dans la fonctionnalité majeure de GRID Legends, à savoir son mode histoire. Basiquement résumé, celui-ci vous met dans la peau de Numéro 22, parachuté coéquipier de Yume Tanaka au sein d’une écurie en perdition nommée Seneca. Même si nous pouvons décider de passer immédiatement aux autres modes de jeu, ce mode histoire qui durera entre 2 et 4 heures permet de s’immerger dans le monde de GRID avec une succession d’épreuves nécessitant d’apprivoiser progressivement les différents types de voitures et les différents circuits du titre. Le tout entrecoupé de cinématiques que ne renieraient pas certains documentaires Netflix (Drive To Survive a d’ailleurs été abondamment cité dans les tests d’époque sur les autres plateformes). Plaisant sur le plan de l’immersion, ce mode est malheureusement assez scripté malgré le recours à de véritables acteurs pour les cinématiques ; par exemple, même si l’on gagne alors que notre objectif était de finir dans les dix premiers, cela n’aura pas d’incidence sur le scénario qui se déroule de façon linéaire quoi qu’il arrive. De même, le fait que l’on soit nommé « Numéro 22 » n’aide pas à s’impliquer dans l’histoire. Toutefois, ce mode est loin d’être inintéressant et on rappellera qu’il s’agit d’une caractéristique que l’on retrouve dans la plupart des titres de la série TOCA Race Driver / GRID depuis l’opus sorti en 2002 sur PlayStation 2. D’ailleurs, l’une des équipes rivales contre laquelle il faudra se battre n’est autre que Ravenwest Motorsport avec son pilote phare Nathan McKane, un binôme déjà présent par exemple dans Race Driver: GRID.
Pléthore de catégories pour des plaisirs diversifiés
Comme GRID Legends: Deluxe Edition embarque tous les DLC sortis depuis 2022, on retrouve quatre autres histoires annexes, qui bénéficient également d’une scénarisation. Mais là encore on se retrouve dans une succession de courses entrecoupées de cinématiques sans que l’on se sente réellement maître du déroulement des événements. Le vrai cœur de GRID Legends, il faut le chercher dans son mode carrière. Là, et même si on est toujours nommé « Numéro 22 », on a la possibilité de créer sa propre écurie et de personnaliser (très succinctement) les caractéristiques de celle-ci. On pourra également avoir recours à des sponsors qui, en échange de défis à relever – comme un kilométrage spécifique à parcourir ou un certain nombre de dégâts à infliger à un adversaire en particulier –, nous récompensera en monnaie sonnante et trébuchante. Ce qui permettra non seulement d’acheter de nouvelles montures (même si certaines se débloquent automatiquement en remportant certains championnats), mais également d’améliorer les performances de notre coéquipier et/ou de notre mécano, ou encore de nos voitures.
Le mode carrière consiste en une succession d’épreuves à réaliser dans quatre niveaux de difficulté progressifs (Rookie, Semi-Pro, Pro et Gauntlet), à chaque fois dans des catégories différentes ; voitures de tourisme, GT, électrique, ou encore spéciales, sans parler des épreuves « Challenge » qui regroupent elles aussi plusieurs catégories comme le Drift, les courses de camions ou encore des courses mélangeant différentes catégories de véhicules ; vous pouvez ainsi vous retrouver dans une course opposant des Mini Cooper à des muscle cars américaines… Bien que très classique dans son fonctionnement, ce mode carrière, grâce à toutes ses catégories différentes, n’en est pas pour autant linéaire puisque le jeu ne se contente pas de courses se déroulant sur plusieurs tours, mais propose aussi des courses par élimination (toutes les 30 secondes, le ou les deux derniers sont éliminés) ou encore des courses d’un point à un autre. Et rien n’empêche d’alterner entre l’une ou l’autre catégorie pour varier les plaisirs. Enfin, si l’envie nous prend de compléter l’ensemble des compétitions disponibles, sachez que nous sommes partis pour un long, très long moment (plusieurs dizaines d’heures au bas mot…).
Enfin, le mode jeu libre permettra de jouer à sa guise ; soit en participant à une course rapide avec des paramètres déterminés aléatoirement (circuit, voiture, météo notamment), soit à une course simple où l’on aura la main sur tous les aspects de la course, soit encore à un championnat où là encore il sera possible de personnaliser tous les éléments que l’on souhaitera. À côté de cela, il y a également la possibilité d’accéder à des épreuves dynamiques en ligne, qui changent régulièrement et qui permettront de récupérer diverses récompenses, comme de nouveaux badges ou de nouvelles livrées par exemple. À ce sujet, il faut noter que ce mode multijoueur n’est pas exclusif à la Switch 2 et qu’il sera donc possible d’affronter des joueurs de GRID Legends jouant sur iOS ou Android, dernières plateformes sur lesquelles le titre est sorti. Dommage qu’on ne puisse pas affronter des joueurs PC, Xbox ou PlayStation, mais le titre étant vieux de quatre ans sur ces derniers supports, il n’y a de toute façon plus beaucoup de joueurs en ligne à l’heure actuelle (NDLA : constat fait au moment d’écrire ces lignes)…
Le plaisir de conduire à fond les ballons
La grande force du titre, c’est son gameplay très plaisant. De la petite Mini Cooper à la Porsche 962C, chaque véhicule propose un comportement routier bien spécifique. Bien sûr, nous sommes ici sur une conduite SimCad, à mi-chemin entre arcade et simulation, mais pour le coup les différences de comportement sont marquées entre une traction et une propulsion, entre une compacte et un sport prototype, et permettent un renouvellement du gameplay au passage d’une catégorie à une autre. Les sept vues disponibles, depuis la vue pare-choc jusqu’à la caméra éloignée en passant par trois vues intérieures, sont toutes parfaitement jouables et chacun y trouvera chaussure à son pied. Le seul petit reproche que l’on pourrait faire au jeu concerne les épreuves de Drift, où le comportement des voitures est un peu trop rigide et manque de fluidité dans les enchaînements de dérapages, même si l’on finit par s’y faire au bout de quelques essais. Dans tous les cas, même dans les niveaux de difficulté les plus élevés et sans aucune assistance au pilotage, le titre reste parfaitement jouable, même avec les contrôles par défaut qui utilisent les gâchettes ZR et LR pour l’accélérateur et le frein sur les Joy-Con. Mais GRID Legends: Deluxe Edition est également jouable avec les manettes Pro et Nintendo GameCube, et hormis pour cette dernière vous pourrez utiliser le stick droit pour contrôler l’accélération et le freinage.
L’intelligence artificielle des adversaires est d’un très bon niveau ; tout d’abord, il y a le concept d’ennemi juré, représenté en course par une icône rouge. En fonction des contacts que l’on aura avec les autres concurrents, ceux-ci pourront devenir franchement revanchards, n’hésitant pas à nous percuter à leur tour ou à faire de l’obstruction quand on tentera de les dépasser. Autant dire que si vous avez trop d’ennemis jurés lors d’une même course, celle-ci vire vite à la foire à l’empoigne ! Mais ce n’est pas tout, car votre coéquipier d’écurie (identifié par une icône verte) pourra également venir vous protéger des attaques adverses et vous aurez également un adversaire désigné (icône violette) qui devra être battu en priorité. De façon générale, les courses sont loin d’être scriptées et il arrive souvent aux autres concurrents de commettre des erreurs s’ils sont sous pression, ou de se crasher sans intervention de notre part, ce qui permet parfois de rebattre les cartes de la course.
Beau, oui, comme Bowie
Esthétiquement, GRID Legends: Deluxe Edition s’avère vraiment très agréable à l’œil ; les véhicules sont très bien modélisés, ils se froissent, s’abîment, perdent des pièces au fur et à mesure des écarts de conduite tandis que les décors regorgent de détails avec des feux d’artifice dans le ciel, et des animations en dehors de la piste (grandes roues, trains ou métros qui passent, public qui réagit à ce qui se passe en piste, etc.). Tout au plus peut-on reprocher les textures des arbres et de certains bâtiments qui jouxtent la piste et qui se détaillent au dernier moment, mais lancé à 150 ou 200 km/h, il faut vraiment avoir le nez dessus pour le remarquer. Les différentes conditions météorologiques, qu’il s’agisse de la pluie, du brouillard, de la tempête ou de la nuit, peuvent se combiner et sont elles aussi fort bien reproduites ; on pourra s’émerveiller devant la pluie qui s’écrase sur le pare-brise de sa monture, celle soulevée par le passage des autos et qui dégradera la visibilité ou encore devant les éclairs qui viennent zébrer le ciel. Un mot également sur les temps de chargement, réduits au maximum (une dizaine de secondes tout au plus) et qui permettent d’enchaîner les courses quasiment sans temps mort.
La fluidité est également sans faille, tout au plus avons-nous noté à une ou deux reprises un freeze de quelques dixièmes de secondes sur un circuit en particulier (à Dubaï, pour être plus précis…). Hormis cela, même avec sept ou huit voitures à l’écran, cela reste d’un excellent niveau que l’on joue en mode performance où l’accent est mis sur la fluidité ou en mode graphismes où l’on perd en images par secondes mais où l’on gagne en qualité à l’écran. Quant au mode qui permet d’économiser la batterie, disponible en utilisant la Switch 2 en mode portable, il pourra servir pour les longs trajets mais au prix d’un downgrade graphique tout de même assez conséquent. Que voulez-vous, on n’a rien sans rien !
Les tympans sont également gâtés puisque l’ambiance sonore de GRID Legends: Deluxe Edition est très travaillée. Ainsi, le son des mécaniques est un régal, et les spécificités de certains moteurs comme le flat 6 de la Porsche 911 GT3, le 4 cylindres boxer turbo de la Subaru WRX STI ou encore le timbre si particulier des moteurs de Supertourisme comme celui de la Renault Laguna sont particulièrement bien reproduits. Même celui des véhicules électriques comme la Lotus Evija ont bénéficié du même soin. Il en va de même pour les sons annexes à l’instar des explosions du pot d’échappement, à une exception près ; en effet, le rendu des pneus qui crissent sur l’asphalte est parfois décevant à entendre, surtout sur sol sec. Enfin, en course, on bénéficiera des commentaires des speakers ou encore des clameurs du public qui favorisent l’immersion dans la compétition. Enfin, les musiques sont théâtrales, plaisantes et s’adaptent en fonction des événements de course, même si après quelques heures certains d’entre nous préféreront la couper.
GRID Legends: Deluxe Edition est disponible sur le Nintendo eShop au tarif de 29,99 euros.
Conclusion
Comme dit en introduction de ce test, il n’y a à l’heure actuelle pas de jeu de course « sérieux » sur Nintendo Switch 2. GRID Legends: Deluxe Edition, en tant que premier titre de son espèce disponible sur la console, joue donc sur du velours. Pour autant, il dispose de sérieux atouts pour nous séduire : non seulement son contenu est plus que complet mais sa prise en main est très agréable et grâce aux nombreuses options de personnalisation disponibles, chaque joueur pourra trouver une façon agréable de profiter du titre. Certes, il n’est pas parfait non plus, puisque son mode histoire bien qu’intéressant reste perfectible et que le mode carrière, malgré sa diversité peut finir par lasser, mais à trente euros, on tient là un très bon jeu de course pour notre Switch 2 bien aimée !
LES PLUS
- Tarif plus que raisonnable
- Contenu très complet, tant au niveau des voitures que des circuits ou des catégories
- Esthétique très agréable et fluidité (quasiment) sans faille
- Sons et ambiances travaillés
- Temps de chargement réduits à leur plus simple expression
LES MOINS
- Modes histoire bien scénarisés, mais n’impliquant pas assez le joueur
- Pas de possibilité de disputer de qualifications (place sur la grille de départ prédéterminée)
- Manque plusieurs tracés sympathiques (la Côte d’Azur par exemple) présents dans GRID Autosport
- Pas de version physique (mais c’est vraiment pour pinailler…)






Merci pour le test.
Précommandé hier, je me languis de pouvoir le lancer et le lustrer comme je l’ai fait avec GRID Autosport.
Au fait, c’est la première fois que je précommande un jeu sur le store, il sera jouable le jour de sa sortie ou en avance ?
Merci.
Le jour de sa sortie !