Pokémon Let’s Go, Pikachu et Évoli (Nintendo Switch) – Le test

C’est à l’occasion des 20 ans séparant la sortie japonaise des épisodes originaux Rouge et Vert (Bleu en occident) ainsi que son édition spéciale Jaune ayant pour particularité d’imposer Pikachu au départ que le premier épisode de LA franchise de RPG la plus populaire débarque en faisant peau neuve sur Nintendo Switch. Un grand plongeon à la fois nostalgique pour les vieux de vieille et accessible au grand public ayant retrouvé de l’intérêt pour la franchise par le biais du carton qu’est Pokémon GO sorti en 2016 sur smartphone. C’est un pari (peu risqué) que Nintendo à décider de prendre pour célébrer les débuts de ce qui est devenu un véritable phénomène culturel. Alors que vaut ce Pokémon Let’s Go Pikachu & Evoli ?

Faire du neuf avec du vieux

La paire de jeux ne s’en est pas cachée une seconde, il s’agit d’un remake des jeux Pokémon parus sur Gameboy en 1999 en France, vous retrouverez donc la région de Kanto, terre foulée plusieurs fois par les vétérans de la série que ce soit dans la version originale ou alors les premiers remakes Rouge Feu/Vert Feuille sur Gameboy Advance. Cette région est bien sur accompagnée de la génération de Pokémons que les jeunes des années 90-2000 connaissent par cœur grâce au PokéRap en fin d’épisode du dessin animé accompagnant le jeu.

La structure narrative du jeu respecte strictement celle présente à l’époque, vous êtes un jeune dresseur en devenir habitant à Bourg-Palette et le jour est venu pour vous de capturer votre premier Pokémon. C’est ainsi que vous rencontrerez le professeur Chen qui après un bref tutoriel sur le nouveau système de capture (sur lequel nous reviendrons plus tard) que vous vous retrouverez le propriétaire d’un Pikachu ou Evoli (selon votre version choisie), vous voici parti avec votre voisin et rival pour parcourir Kanto en quête des 8 badges détenus par les champions des arènes Pokémon de chaque ville permettant d’accéder à la ligue Pokémon et atteindre le rang de Maître de la ligue.

L’intégralité du jeu respecte bien le level design du matériel d’origine, ainsi les structures des villes, grottes, etc… rappelleront bien des souvenirs aux anciens joueurs et accueilleront les nouveaux assez simplement notamment grâce au système de capacités secrètes (CS) simplifiées n’imposant plus d’avoir un Pokémon spécifique dans l’équipe connaissant cette capacité pour pouvoir utiliser des capacités comme Coupe, Surf ou Vol. Une amélioration qui apporte un peu plus de confort dans les déplacements au sein de ce monde.

Le monde en soi est plus vivant que jamais car pour la première fois dans la série, exit le système de rencontres aléatoires dans les hautes herbes interrompant vos déplacements en permanence pour vous forcer à combattre (ou fuir) un Pokémon sauvage, ici les Pokémons vivent et se déplacent librement dans les hautes herbes, cavernes et étendues d’eau, ces derniers fuient à votre vue ou essaient même de vous foncer dessus, la sensation de vraiment vivre dans le monde de Pokémon est bien plus présente avec cet ajout qui faisait probablement partie des fantasmes des joueurs tant cela paraissait peu probable qu’il soit implémenté avec les limitations techniques des consoles portables.

Graphiquement le jeu est également le plus beau Pokémon sorti à ce jour, merci à la puissance que la Nintendo Switch apporte face aux consoles portables jusqu’alors fer de lance des jeux de la franchise. Chaque Pokémon est modélisé en haute définition en 3D, les animations en combat sont spectaculaires et la sensation d’échelle est bien présente, dans un combat face à un très grand Pokémon (Onix par exemple) la caméra sera plus reculée et orientée vers le haut pour bien montrer la différence de taille en combat. Cette sensation d’échelle se retrouve également lors de vos déplacements dans le monde où les Pokémons visibles à l’écran auront tous leur taille qui leur est propre.

Pour ceux ayant suivi les dessins animés également vous ne serez pas dépaysé, les modèles des personnages en jeu sont complètement fidèles reprenant exactement le design des personnages, que ce soit le professeur Chen, Pierre, Ondine ou bien Jessie, James & Miaouss de la Team Rocket, l’intégralité du casting est présent.

Impossible de ne pas mentionner la bande-son qui reprends les thèmes originaux remaniés pour l’occasion, les nouveaux joueurs ne s’en rendront probablement pas compte mais ces musiques sont la madeleine de Proust pour ceux ayant complétés les anciens jeux. Ces musiques, qui à l’époque étaient déjà devenues des classiques pour la série et qui vont frapper en plein cœur les joueurs que ce soit le thème en combat, les centres Pokémon ou encore la mythique musique de Lavanville (si vous l’avez en tête maintenant c’est cadeau !).

Attrapez-les tous !

Pokémon Let’s Go est un RPG dans lequel vous devrez capturer des créatures appelées Pokémon ayant chacune des spécificités qui lui sont propres parmi les 153 disponibles en jeu. Les Pokémons sont caractérisés par des « types » (Feu, Plante, Psy, Eau, Electrik, Roche…) ayant chacun l’ascendant sur d’autres et une faiblesse selon une certaine logique, par exemple les Pokémons de type Feu seront puissants contre les Pokémons de type Plante mais vulnérables aux Pokémons de type Eau.

En combat, vous aurez donc le choix entre 4 attaques que votre créature aura apprise au préalable, utiliser des objets ou bien changer de Pokémon pour s’adapter à ce que l’adversaire aura sorti de son côté. Chaque Pokémon vaincu rapportera de l’expérience à votre équipe entière augmentant le niveau et donc les statistiques de chaque Pokémon présent dans votre équipe et ce jusqu’au niveau maximum étant placé à 100.

Jusque-là rien de nouveau pour les habitués si ce n’est à noter l’absence dans cet opus de la possibilité de donner des objets à tenir aux Pokémons permettant d’approfondir un peu plus l’aspect stratégique.

Passons au vif du sujet et ce qui est probablement le plus attendu de ce test, le système de capture ! Les paragraphes de combat et de capture sont volontairement séparés car dans cet opus les deux fonctionnalités sont bien distinctes.

Comme dit plus haut, les Pokémons se déplacent en liberté dans le monde, afin de les capturer il suffit d’entrer en contact avec eux directement. Ainsi se lance un « mini-jeu » de capture similaire à ce qui se faisait dans le jeu mobile Pokémon GO, Joycon ou Pokéball Plus à la main vous devrez mimer le geste d’un lancer de Ball en direction du Pokémon sauvage vous faisant face (en mode portable il suffit de viser avec le gyroscope et appuyer sur « A » aucun risque de donner des coups de Switch à votre voisin de devant dans le bus rassurez-vous).

Un niveau de probabilité de capture est représenté par un cercle de couleur allant du vert pomme au rouge vif, plusieurs facteurs peuvent influencer la facilité de capture comme l’utilisation de baies permettant de calmer les mouvements de votre futur (on l’espère) compagnon de combat ou encore l’utilisation de Balls plus puissantes comme les Super et Hyper Ball. Plus vous progresserez dans le jeu et plus les Pokémons sauvages auront un niveau d’expérience élevé et seront difficiles à capturer.

La capture permet également de faire gagner de l’expérience à l’ensemble de votre équipe et constitue d’ailleurs le moyen le plus fiable de monter en niveau rapidement, notamment grâce au système de « chaîne » grâce auquel la capture répétée d’un seul et même Pokémon vous confèrera des bonus d’expérience supplémentaire ainsi qu’une plus forte probabilité d’obtenir une version avec de meilleures statistiques de ce Pokémon voire l’une des tant convoitées versions « shiny » aux probabilités d’apparition très faibles et affichant des couleurs alternatives pour votre créature.

Autre système hérité de Pokémon GO, le système de bonbons, en effet si à l’époque vous étiez limités au niveau du stockage de vos créatures et aviez la contrainte de devoir vous rendre sur le PC d’un centre Pokémon, ici tout est portatif et accessible directement dans les menus, chaque Pokémon capturé peut être envoyé au professeur Chen en échange de bonbons permettant d’améliorer les statistiques des Pokémons que vous souhaitez optimiser au mieux pour le combat. Jamais le slogan de la franchise « Attrapez les tous ! » n’aura été autant pris au pied de la lettre que sur ces opus Let’s Go.

Anciens joueurs et sceptiques à ce système n’ayez crainte ! Si le système de capture « à la Pokémon GO » remplace le sacro-saint affrontement contre chaque Pokémon sauvage, le jeu propose un très (très) grand nombre dresseurs à affronter un peu de partout, la stratégie et le combat restant tout de même au cœur de l’expérience de jeu. En soi, le nouveau système de capture apporte de la fraîcheur et de la variété à un gameplay resté immobile pendant une vingtaine d’années et manette en main le changement de rythme s’accepte très rapidement.

Petite fonctionnalité « bonus », un parc dans lequel vous pourrez transférer vos Pokémons capturés dans le jeu Pokémon GO est présent, ce dernier aura cependant pour seule utilité de vous aider à compléter plus rapidement le Pokédex, les statistiques de vos Pokémons transférés étant de toutes manières recalculées… En contrepartie vous aurez également droit à des bonus dans Pokémon GO.

Un jour je serais le meilleur dresseur

Si l’histoire principale du jeu peut se compléter en un grand minimum de 15 heures (en fonçant tête baissée), vous pourrez facilement en ajouter le double pour compléter le Pokédex (sans tricher avec le GO Park).

L’aventure se parcourt sans grande difficulté, la courbe de progression respecte la logique de votre parcours sans pour autant vous imposer de longues sessions de farm d’expérience pour augmenter votre équipe. Cependant à partir du 6ème badge la difficulté augmentera d’un cran pour passer de « très facile » à « un peu moins facile ». L’histoire du jeu est conçue pour être parcourue de A à Z sans grande frustration pour les néophytes ou ceux se replongeant après des années d’absence. Une bonne connaissance des forces et faiblesses de chaque type est néanmoins nécessaire pour pouvoir d’en sortir aussi aisément.

Pour les plus acharnés, le sel du jeu comme tout opus vient dans l’après Ligue Pokémon, que ce soit les quelques combats de très haut niveau débloqués une fois la ligue battue ou bien ses longues heures de farm permettant d’atteindre le niveau 100 avec chaque Pokémon de votre équipe (dont vous optimiserez en plus les statistiques à l’aide du nouveau système de bonbons). En soi, la durée de vie globale du titre n’a de limite que votre propre motivation, que ce soit pour juste aller lancer des combats en ligne et affronter d’autres dresseurs, récupérer toutes les CT, compléter entièrement le Pokédex avec des Pokémons « shiny » ou bien venir à bout des 153 maîtres, des dresseurs Pokémon spécialistes d’un seul Pokémon en particulier que vous devrez affronter en combat « miroir » avec le même Pokémon sans aucun droit d’utiliser des objets. Ces combats de maîtres s’ils sont une bonne idée sur le papier semblent proposer un challenge que très peu de personnes oseront relever tant la quantité de farm d’expérience requise est colossale (bonne chance à ceux qui monteront des Rattata niveau 70).

Pour finir, un point sur le mode deux joueurs, l’intégralité du jeu est contrôlable à l’aide d’un seul joycon mais si le second est secoué à tout moment une seconde personne peut venir vous assister. Ce second joueur pourra vous aider pour les captures de Pokémons, envoyer vos Pokéballs en même temps augmentera les probabilités de capture facilitant ainsi le processus général mais votre coéquipier ne vous aidera pas seulement dans cette tâche car il pourra combattre à vos côtés. Le combat en mode 2 joueurs utilise donc votre équipe de Pokémons qui sera partagée, le système n’est pas vraiment équilibré car vous pourrez affronter des dresseurs adverses à 2 Pokémons contre 1, ce qui met clairement en position de faiblesse n’importe quel adversaire et facilite drastiquement la progression en plus de donner plus d’expérience aux 2 Pokémons utilisés en combat.

L’ajout de cette possibilité de jouer à 2 est un très bon ajout en soi pour profiter de l’expérience à plusieurs sur un même canapé mais pour ceux décidant de parcourir le jeu de cette manière l’expérience risque d’être vraiment bien plus facile qu’elle ne l’est déjà.

Conclusion
Craint par les fervants défenseurs de la "série principale" et plutôt vu comme une passerelle pour les nouveaux joueurs vers le prochain épisode introduisant la future génération de Pokémons prévu pour 2019, Pokémon Let's Go Pikachu & Evoli lève tous préjugés en proposant la première véritable expérience Pokémon RPG sur console de salon. Ce remake des versions originales parues sur Gameboy en 1999 est une véritable ode au travail accompli par Gamefreak les ayant amenés jusqu'ici, conciliant gameplay classique qui n'est plus un secret pour les vétérans avec un brin d'innovation via le nouveau système de capture soufflé à l'oreille des développeurs par le jeu mobile Pokémon GO, le jeu trouve un parfait équilibre entre combats et capture de Pokémons. Une grande partie des mécaniques vues comme des contraintes à l'époque sont ici balayées pour proposer une expérience agréable à parcourir à tout moment, que ce soit la suppression des rencontres aléatoires ou le stockage des Pokémons disponible dans un menu directement. Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute que la Pokémania viendra s'emparer de la majorité des possesseurs de Switch et pousser certains hésitants à sauter le pas pour aller lancer des Pokéballs en ces périodes de fêtes approchant à grands pas.
Points positifs
  • + L'expérience Pokémon Jaune (Rouge/Bleu/Vert) remise à neuf dans le respect des originaux
  • + Graphiquement au-dessus de tous les jeux Pokémon sortis à ce jour
  • + Les Pokémons visibles physiquement dans le monde renforçant l'immersion
  • + Les personnages du dessin animé fidèlement représentés en jeu
  • + Un cocktail de nostalgie
  • + Les combats toujours aussi grisants
  • + Le nouveau système de capture diablement efficace et apportant de la diversité
  • + Un mode deux joueurs
  • + Accessible aux néophytes
  • + Les combats & échanges en ligne ajoutés (adieu câble Link)
  • + Pouvoir personnaliser son Dresseur et son starter (en plus de pouvoir lui faire des papouilles)
  • + Une durée de vie extrêmement longue pour les complétionnistes/stratèges
  • + Très orienté sur les combats et l'optimisation (contrairement aux aprioris)
Points négatifs
  • - Peu de difficulté pour l'aventure principale
  • - Des contrôles au gyroscope imprécis par moments
  • - Les contrôles à un seul joycon très déroutants au départ
  • - Un système de recherche d'échanges en ligne très anecdotique
  • - Les maître dresseurs, un moyen un peu "trop simple" de gonfler la durée de vie artificiellement (et seul contenu post-ligue concrètement)
9.4
Excellent
Graphismes - 10
Bande-son - 10
Nostalgie - 10
Accessibilité - 10
Gameplay - 10
Durée de vie - 10
Stratégie - 10
Ergonomie - 8
Post Game - 7
Ecrit par
Joueur Nintendo depuis la N64 et vénérateur d'Edmund McMillen. Je stream occasionnellement aussi, follow @AntwnSan

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