Ultra Off-Road 2019: Alaska (Nintendo Switch) – Le test

Qu’est-ce qu’on connaît vraiment de l’Alaska dans nos contrées ? Son saumon bien sûr, des souvenirs de cours de géographie avec le Détroit de Béring qui sépare le continent américain du continent eurasiatique ? Ses paysages de neige et de glace. Grâce à Ultra Off-Road Simulator 2019 : Alaska, vous allez vous ouvrir à tout autre chose de ce 49ème état américain, le plus grand de tous et un des plus sauvages et rudes.

Une école de la frustration, de la rage et de la souffrance

On ne va pas y aller par quatre chemins. Dès les premiers instants passés sur Ultra Off-Road Simulator 2019 : Alaska, on sait qu’on a affaire à une véritable simulation. Les trois jauges principales commencent à diminuer dès la première seconde de jeu. L’essence bien sûr, avec un moteur qui consomme au moins autant qu’un avion de ligne ou qu’une formule un. La faim du conducteur ensuite qui le tenaille tout au long de chaque trajet. L’état du véhicule enfin qui va en s’empirant au moindre soubresaut sur la route. On comprend tout de suite qu’on ne va rigoler et qu’avec les développeurs du studio IceTorch Interactive, c’est du sérieux. Pourtant, après avoir parcouru quelques dizaines de mètres, une pizza apparaît devant nous. On comprend vite qu’il faut la récupérer pour pouvoir faire remonter sa barre de faim. Puis un bidon d’essence surgit et on le récupère automatiquement. Est-ce vraiment sérieux ça dans une simulation ? Tout est à l’avenant dans ce jeu. On passe du coq à l’âne sans aucune transition. Les modes de jeu sont assez restreints. Un didacticiel tout ce qu’il y a de plus basique. Le mode normal avec toutes ses jauges à surveiller en plus de la route.

Mais le mode trajet gratuit existe aussi et ce dernier ne nous laisse que les difficultés liées au terrain et à la conduite en supprimant toute la partie gestion. Enfin, le choix de véhicules est assez limité, on a droit à six voitures et c’est tout. Le rendu de la physique des véhicules n’y est pas. Ces monstres mécaniques s’envolent et plongent dans des ravins avec la grâce d’un éléphant qui s’est pris pour une colombe. Pour les plus acharnés, les développeurs ont mis en place la possibilité de modifier les réglages complets de la voiture. Ça va des éléments du moteur au changement de vitesse en passant par les assistances à la conduite et les coefficients de puissance, de frein, sans oublier bien sûr le pourcentage Ackermann. Pour ceux qui ne le sauraient pas, cela concerne le dispositif géométrique des liaisons dans la direction d’un voiture (merci Wikipédia…). Malheureusement, toutes ces options ne changent en rien le côté risible du jeu.

Une école du cirque ?

Vous connaissez le vrai problème des tortues ? Un problème mortel pour elles ? C’est que lorsqu’elles sont sur le dos, elles ne savent pas se retourner et meurent alors bêtement dans cette position. Dans Ultra Off-Road Simulator 2019 : Alaska, il arrive (très souvent) qu’on contrôle mal son véhicule et qu’on se retrouve sur le toit. Pas d’inquiétude, on ne meurt pas comme une tortue, on se tortille en bougeant les roues dans tous les sens, et comme par magie, notre voiture se retrouve sur ses quatre pneus, prête à repartir. Un vrai numéro de clown ! Le plus gros problème de Ultra Off-Road Simulator 2019 : Alaska, c’est Spintires : Mudrunner, l’autre simulateur de conduite de l’extrême sorti il y a quelques mois sur Switch. Et la comparaison n’est vraiment pas en faveur du premier. En Alaska, on n’a pas de vue derrière le volant par exemple. On voit toujours le véhicule de l’extérieur. On peut faire tourner la caméra autour mais on ne peut pas entrer dans l’habitacle.

On n’a pas non plus accès à la carte pour savoir où on se trouve et si notre objectif est encore loin. On a juste droit à une boussole dans le coin en bas à gauche de l’écran avec une indication de la position de notre but, et de temps en temps, on voit sur l’écran de jeu apparaître la distance qui nous sépare du point d’arrivée. Dans Spintires, on se réapprovisionne en essence dans des stations essence, pas en roulant sur un tonneau ou un jerrican de fioul. Dans Spintires, on a un treuil pour se sortir des situations délicates. Dans Ultra Off-Road, on reste coincé au milieu d’un bouquet d’arbres sans arriver à comprendre comment s’en sortir. On croise aussi des arbres qui ont mystérieusement poussé en plein milieu de la route, pile entre les deux ornières creusées par les pneus des véhicules qui passent. Ce jeu, c’est un peu Ubu qui conduit un quatre-quatre au fin fond de l’Alaska.

Conclusion
Malheureusement, Ultra Off-Road Simulator 2019 : Alaska n’a rien pour lui. Il n’est pas fun à jouer, n’est pas réaliste, provoque des sentiments de rage et de frustration au lieu de pousser le joueur à vouloir se dépasser. Graphiquement, il n’est pas très joli non plus et la maniabilité n’est clairement pas au rendez-vous. Que vous soyez fan de simulation ou pas, passez votre chemin, ne vous infligez pas ce calvaire.
Points positifs
  • On cherche encore... Les réglages très poussés ?
Points négatifs
  • Une physique aux fraises
  • Une seule musique
  • Pas de map
  • Pas de vue cockpit
3.4
Mauvais
Graphismes - 4
Son - 4
Gameplay - 2
Durée de vie - 3
Fun - 4
martien martien
Ecrit par
Je joue depuis l'Atari ST et j'ai acheté la Gameboy Day One. Bref, je suis un vieux joueur, mais j'aime les nouveautés autant que les jeux rétros...

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